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Prof et plus si affinités
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Prof et plus si affinités
mort
12 septembre 2009

La nuit s'avance

La consigne 72 des défis du samedi portait sur la notion de temps qui passe : l'heure la plus longe, ou la plus courte, c'est selon...
Voici ma participation.

Dali_montre


Sous un soleil de plomb Sur les marches glacées Mes pas résonnent Ma bouche est sèche J’ai mis mon habit d’oiseau noir Sans ailes Celui qui me ceint Les larmes se retiennent Et puis tout se restreint Regards portés vers les Autres Que je veux plein d’amour Mais tout est aveugle Tout est assourdi Il n’y a rien sur mes lèvres Juste le silence Parfois l’ébauche d’un sourire Je me retourne Tout le monde est là Les assis Les debout Les vivants Qui voudraient le rejoindre Et le mort Tellement vivant Que l’on entend son rire Taper contre les vitraux Ma voix s’élève Je dis des mots Auxquels je ne crois pas Je ne retiens que l’Amour C’est déjà trop Et pas assez Ma voix s’élève Et se fait plus sûre Ma voix assène Ma voix martèle Il faut aimer Nous devons aimer Face à la bière C’est dérisoire Et puis si vrai Ma voix s’arrête Les larmes coulent La gorge sèche J’enveloppe d’un regard Tous ceux qui l’aiment Tous ceux qu’il aime Le savent déjà trop C’est le manque qui est insupportable C’est l’absence Qui devient présence Et que l’on hait Quelques gouttes bénies Sur son corps meurtri Sur son corps éteint Au-dessus du portrait Au sourire immense Un défilé sans fin Un amour sans fin Une douleur sans fin La fin la fin Je ne veux pas achever Il le faut bien A-t-on le choix

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10 septembre 2009

Immortels, nous le sommes peut-être...


Evanescense - My immortal

Ce soir, trente et un mille étoiles brillent dans le ciel. Tu ne les souffleras pas. Elles sont de celles à la flamme éternelle.

10 septembre 2009

"Peu de chose nous console car peu de chose nous afflige." PASCAL

DSC_0012

F. aurait eu 31 ans aujourd'hui.
Pas la peine d'expliciter, je crois.
Mon texte pour les défis du samedi aurait bien donné le ton de cette journée, mais il ne paraitra qu'à la date prévue, comme d'habitude. La consigne était de parler de l'heure qui nous parait la plus courte, ou la plus longue, c'est selon...

Alors je corrige, je remplis mon carnet de bord des noms de mes loustics de l'année, je verrai Pumpkin ce soir, j'essaye d'oublier que je ne sers pas à grand-chose, aussi...

Pourtant, ne croyez pas que je vais particulièrement mal. Je suis entre deux eaux et, heureusement, LycéeDésiré me permet d'avoir du positif.

Simplement, le coeur mis à nu, ça fait mal.

9 septembre 2009

Mi figue, mi raisin

Bon, ben voilà. Je fais des efforts pour faire des entrées qui tiennent la route sans trop en sortir, mais il y a des soirs, des jours où ça va moyennement.
Je me sens encore et toujours impuissante face à la mort, dont je parviens à parler en cours de façon presque détachée (merci, Blaise et ses Pensées), mais la réalité revient systématiquement, laide, implacable et inacceptable. Alors je rumine, je me tais, je m'agite, je suis dans le remuement (dixit Blaise, again) pour éviter de sombrer.

Voilà, c'était la minute vérité.

Sinon, les cours n'avancent pas trop mal. Je donne beaucoup de mon énergie dans ces premiers jours pour ne rien laisser passer, pour élever le niveau et mettre le nez dans le guidon. Et puis je maintiendrai au maximum tout cela jusqu'à juin. Je me forge ma réputation, ne l'oublions pas.
A propos de guidon, j'ai eu moult compliments sur ma Harley sans moteur. Tout le monde se demandait à qui était ce petit bijou cyclo sur le parking des profs (oui, placé bien en vue, devant la porte de la salle desdits profs).

Tout à l'heure, une élève de STG m'a fait mal sans le savoir. Je commence une phrase par "Dans notre foyer culturel, européen et judéo-chrétien...", ce qui la fait bondir. Je m'y attendais, certes. Je prends toujours de nombreuses précautions quand je parle de "notre" culture. Elle se braque un peu et me dit : "Ce n'est pas la mienne ! Et je la refuse !"
La prof de l'école publique républicaine que je suis a eu mal d'entendre cela. A la fin de l'heure, je lui en ai touché deux mots. Elle a été étonnée de voir que j'avais été blessée et s'est excusée. Le plus important, c'est qu'elle a entendu ce que je lui disais : au sein de l'école, on lui offre la culture du pays dans lequel elle vit, et, qu'on le veuille ou non, la société dans laquelle nous vivons découle de ce foyer religieux et culturel. L'échange s'est fini sur : "Cela ne peut pas faire de mal de s'ouvrir un peu...", avec un sourire. Qu'elle m'a rendu.

Eiffel_expo_universelle

A part ça, je suis déçue parce que mon blog pour les élèves ne tourne pas pour l'instant. Je m'acharne quand même (comment cela, je suis têtue ?) et continue à publier des entrées avec les devoirs à faire, etc.

Et vous, comment ça va ?

27 août 2009

Rétro pédalage

Je me force à reprendre le fil de mes entrées, pour retrouver un semblant de rythme. J'ai du mal à penser "comme avant". Comme si la mort de F. m'avait replongée dans des sensations anciennes, presque occultées. La vase remonte. L'échelle des valeurs se remet d'aplomb aussi.
Mes pensées (oui, le terme est prétentieux : je ne suis ni Pascal ni Cioran, encore moins Baudelaire ou Bobin) tournent autour de la mort en général, de la mienne aussi et évidemment; de la place de la religion; de l'amour, celui qu'on renie souvent, celui qu'on accepte...
Je ne sais comment les présenter encore. Tout est mélangé.
Je dors mal, par blocs de quelques heures. Pas endormie avant une heure du matin, réveillée au moins quatre fois en sursaut, le lit étant le témoin et la preuve de mon agitation nocturne.

Et puis ce matin, j'ai reçu le courrier de rentrée du lycée. Le programme annoncé pour deux jours. Ambitieux mais salvateur : je me dois de replonger dans le quotidien.

Un beau vélo m'attend, même s'il ne tolère pas de porte-bagage, apparemment. Je ferai l'essai d'aller au lycée en me chronométrant et en constatant si, oui ou non, ce trajet est fatal à ma fraîcheur.

Felt_claire_orange

Le mien est noir, aux écritures orangées, avec la selle blanche.

En attendant, je vais déjeuner puis je ferai une sieste : arriver à la rentrée avec des cernes sous les yeux, ça ne fait guère crédible ni sérieux.

Non ?

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26 août 2009

Et ça continue, encore et encore...

Je suis là.
Je vous lis.
Je vous guette.
J'ai la gueule de bois.
Impression que j'ai mal dormi et que tout va reprendre, comme avant.
Images fugaces du passé qui resurgissent.
Noeuds à la gorge, identiques à ceux que j'ai sentis il y a longtemps.
Mauvais sommeil.
Envie de câlins, d'en faire, d 'en donner, d'en recevoir.
Et pourtant la vie continue, avec ou sans lui, avec ou sans moi.
Envie d'aider S. et sa famille, plus encore que possible.

Pour reprendre mes droits sur la vie, je pars chercher un vélo d'occasion, là. Vous voyez, tout reprendra son cours : je suis à nouveau futile...
N'est-ce pas ?

v_lo2

25 août 2009

Il pleut sur la ville comme il pleure sur mon coeur

Ce matin, dernière étape des funérailles. La journée d'hier a été bouleversante.
Le prêtre a parlé de ma "conviction" en lisant, et nous avons souri de cette erreur. J'ai simplement ajouté,  à la fin de la première lettre de Jean, une reprise d'une phrase de ce texte : "Nous devons aimer", en regardant l'assistance, dans cette église bondée d'au moins deux cents trois cent cinquante personnes.
La vidéo a été visionnée ce matin plus de 330 775 fois. Internet peut aussi produire des miracles et tant d'amour...

Edit de 20h : ici comme ailleurs, j'ai fait des coquilles dans les titres... J'ai corrigé. Le soleil a pointé son nez au cimetière et après. Certaines images se gravent; elles sont tristes ou belles, ou les deux. La famille a voulu que je reste.
Le nombre de visionnages a doublé depuis ce matin. C'est beau. Tant d'amour...

oiseaux_coeur

24 août 2009

FET

 

La nuit n’est jamais complète
Il y a toujours puisque je le dis,
Puisque je l’affirme,
Au bout du chagrin, une fenêtre ouverte
Une fenêtre éclairée.
Il y a toujours un rêve qui veille
Désir à combler, faim à satisfaire,
Un cœur généreux,
Une main tendue, une main ouverte,
Des yeux attentifs,
Une vie, la vie à se partager.

Paul Éluard

23 août 2009

Il restera de toi...

Mon père aimait cet écrivain...

"Il restera de toi" de Simone Weil

Il restera de toi
Ce que tu as donné.
Au lieu de le garder dans des coffres rouillés.

Il restera de toi de ton jardin secret,
Une fleur oubliée qui ne s'est pas fanée.
Ce que tu as donné
En d'autres fleurira.
Celui qui perd sa vie
Un jour la trouvera.

Il restera de toi ce que tu as offert
Entre les bras ouverts un matin au soleil.
Il restera de toi ce que tu as perdu
Que tu as attendu plus loin que les réveils.
Ce que tu as souffert
En d'autres revivra.
Celui qui perd sa vie
Un jour la trouvera.

Il restera de toi une larme tombée,
Un sourire germé sur les yeux de ton cœur.
Il restera de toi ce que tu as semé
Que tu as partagé aux mendiants du bonheur.
Ce que tu as semé
En d'autres germera.
Celui qui perd sa vie
Un jour la trouvera.


C'est tellement mieux que l'extrait de la Bible que je vais devoir lire, et qui fait partie des textes les "moins pires" du catalogue "Je suis la Vie", gentiment donné par le curé... Oui, on doit choisir dans un catalogue du pack all included de l'Eglise.

Qui veut un Rennie ?

22 août 2009

Page noire, écriture blanche

snow

Oui, il n'y a rien à dire face à la mort.
Les mots sont creux, ou déplacés. Je sais tout cela.
Pourtant je cause un peu ici. Seule.
Le mois d'août n'aide pas.
C'est le mois du soleil. Du repos.
Dans tous les sens du terme.

Lundi, je mettrai mon habit noir.
Celui qui cache le coeur meurtri.
Celui de l'affront au soleil.
Ce soleil qui était jaloux de toi.

Lundi, je lirai mon texte devant une église bondée.
On compte sur moi.
Ma voix sera tendue comme un arc.

Lundi, ta famille verra cette vidéo que j'ai faite.
Ces images qui me font pleurer.
Et puis on la diffusera.

J'ai pris conscience que je n'avais pas de photo avec toi.
Je pleure aussi pour cela, sans doute.
J'ai ta voix en tête.

Lundi.
Lundi.
D'ici-là, faites-moi signe...

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