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Prof et plus si affinités
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Prof et plus si affinités
agregation
14 avril 2012

Coumifade : n.f. association de sentiments paradoxaux

Cette dernière semaine a été plus chargée que je ne l'aurais cru. Les élèves étaient assez excités à l'idée d'être bientôt en vacances, et complètement passifs niveau travail. Le mélange est forcément détonant.

J'ai eu droit à un festival de perles toutes les minutes durant certains cours, dont j'ai oublié les trois quarts. Je me suis en revanche éclatée en faisant mes cours sur Baudelaire et Verlaine. C'est déjà ça.

Après chaque journée de travail, j'ai visité plusieurs appartements : je me verrais dans un seul d'entre eux, mais j'ai peur de m'éloigner encore plus en banlieue. J'ai beau savoir que si l'on veut me voir, cela n'empêchera rien; que si je veux aller sur Paris aussi souvent que je le fais aujourd'hui, cela sera possible; j'ai quand même une barrière psychologique. Et puis il ne s'agit pas d'un achat anodin, même si j'ai dû revoir mes ambitions à la baisse.

Sinon, je me sens fatiguée, évidemment. J'ai eu un gros coup de barre hier soir. Le lycée y est pour beaucoup, mais je sais que les oraux de l'agreg débutent demain, aussi... Asa les passera. Et cela charrie beaucoup (trop) de pensées.

Alors demain, je partirai à l'heure où blanchit la campagne pour rejoindre Flûtine chez elle. Nous irons ensuite randonner, nous aérer. Retour le 21, pour pouvoir voter le 22, bien entendu. Cette présidentielle me laisse perplexe, comme de nombreux analystes politiques. C'est pour cela qu'elle est d'autant plus importante : tout est possible, hélas. Et j'ai toujours le même frisson quand je glisse mon enveloppe dans l'urne : une fierté, un sentiment de liberté, de responsabilité m'envahissent.

Ce soir, j'irai à un concert classique avec ma mère -fait exceptionnel. Finalement, je procède encore à certains changements, et cela a du bon. Ah, et puis je me suis offert ça d'occasion, après Ally Mc Beal, Six feet under, Boston justice, et Downton Abbey :

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12 avril 2012

Oscillations

J'oscille entre découragement, enthousiasme, sensation de liberté, et étouffement. Là, un début de migraine m'inquiète pour ma journée.

Hier, deux commissions éducatives : une élève a démissionné, l'autre passera en conseil de discipline. Sentiment d'échec, même si j'ai tout essayé pour les aider. Quand l'autre ne veut pas recevoir, il n'y a pas grand-chose à faire.

Et puis ma banquière m'a refroidie en m'annonçant ce que je pourrais emprunter en cas d'achat immobilier. Je dois revoir mes projets à la baisse. Vivre en région parisienne est vraiment un défi. Pour autant, je visite des appartements, et j'aime bien : j'ai l'impression d'avoir encore mûri.

Beaucoup de colère en moi, toujours. Ai-je été bête, l'an dernier, de faire cours au moment des révisions alors que d'autres se font porter pâle et se payent dix jours (dix !) pour préparer les oraux ? Trop d'honnêteté nuit, souvent.

Mais le soleil repointe son nez. Alors ça va aller.

2 avril 2012

Appelle un ami

Je reviens d'un petit jogging modeste, mais c'est une remise en route. Je cours comme un métronome, avec une régularité sans faille. J'ai repris aussi les adbos, même si je ne m'y mets pas tous les soirs. Je mange super équilibré et je me régale. Pour résumer, la cure de remise en forme a commencé.

Il faut que je compense des mois de fatigue cumulée, le travail au lycée qui s'alourdit à cause d'une certaine ambiance, et des déceptions, des déconvenues dues à la préparation d'agreg... Pour autant, je ne regrette rien : j'ai tellement appris pendant deux ans, qu'il serait idiot de renier tout cela. Appris sur les auteurs, les textes, et moi, bien entendu, mais aussi sur ceux qui m'entourent.

Par exemple, j'ai beaucoup apprécié la réaction de trois ou quatre collègues, dont je me suis rapprochée cette année, et que j'aurais crues moins "sensibles". J'ai compris qu'Asa n'était pas une amie, au sens le plus beau du terme. J'ai constaté que Tinette m'aimait comme je suis, exactement. Je me tourne encore plus vers ceux qui sont francs, généreux, et qui ne cherchent pas à faire du mal -consciemment ou non.

Si je suis honnête avec moi-même, je sais très bien que je n'ai pas assez travaillé pour avoir l'agreg cette année. C'est dû en partie à l'usure de la première année. Je ne suis pas jalouse d'Asa, et c'est ce qui me rassure sur moi-même. En revanche, je prends très mal toutes les petites humiliations cumulées, l'absence de soutien ou d'aide, et surtout, surtout, les mensonges, volontaires ou non. Si j'en parlais maintenant, on penserait que je vis mal mon échec et que j'envie Asa. J'ai donc deux solutions : soit me taire à jamais, soit attendre un certain temps pour en parler plus calmement que nous ne saurions le faire actuellement.

A part ça, je redécouvre la volupté des voluptés intellectuelles : choisir un livre qui nous fait envie. J'ai cumulé au moins une vingtaine d'ouvrages en deux ans, en me disant sans cesse : "après l'agreg, après l'agreg...". J'y suis. Le premier roman que j'ai choisi est sombre, mais peu importe : il s'agit de La Route de Cormac McCarthy, dans une édition limitée. Je ferai sans doute une entrée juste sur mes lectures et mes activités culturelles du moment. Pour étirer le temps et le plaisir de retrouver le blog, des repères, des envies...

helmut-newton-sigourney-weaver-los-angeles-1983

Sigourney Weaver par Newton en 1983

 

Car je croule sous les envies, voyez-vous, messieurs dames. En premier lieu, des envies de lectures, mais aussi d'expositions : je vais nous offrir la carte Sésame du Grand Palais pour commencer par celle consacrée à Helmut Newton. J'ai hâte d'y être ! Il y aura aussi Berthe Morisot, entre autres.
Et puis dimanche, randonnée de 17km de prévue avec des gens que je ne connais pas encore mais dont je vais faire la connaissance jeudi soir. C'est l'aventure, je vous dis !

En plus de tout cela, je veux resserrer mes liens sociaux et amicaux. Avec un tel programme, j'en ai au moins pour six mois d'occupations !

 

30 mars 2012

By the way

Finalement, je vais plutôt bien. Je vous raconterai cela ce week-end sans doute. Au programme, sont prévus : deux sorties théâtre dont une scolaire, un déjeuner au balcon avec Tinette, un jogging, des abdos, des cours à préparer. Ah oui, je vise les 6 kg de moins pour la fin de l'été. Alors il faut se remettre au sport.

Je reviens vite, c'est promis, mais avoir une vie sociale à nouveau (en plus du lycée), cela occupe !

 

PS : au lycée, d'ailleurs, cela bouge méchamment à cause de la DHG et du reste...

27 mars 2012

Comme un animal blessé

Comme a si joliment résumé Dolly ce matin, je lèche mes plaies. Et je le fais bien.

Evacuation d'une grande colère hier au parc : tronc d'arbre mort qui en a pris pour son grade; coups de poing; pensées jaillissantes; phrases torturées et incisives; pleurs; longue marche rapide.

Prise de recul parfaite sur mon environnement aujourd'hui.

Pourvu que cela dure.

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26 mars 2012

Pastéis de nata

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Après un voyage en car de vingt-six heures, trois nuits de neuf heures, quelques larmes, deux spectacles, et des plats de légumes réconfortants, je reviens un peu par ici. Inutile de dire que rater l'admissibilité n'était pas dans mes projets. Le plus dur, c'est qu'Asa l'a eue. Je suis traversée par mille pensées et sentiments contradictoires, que je tâche d'assumer pour ne pas les garder en moi et qu'ils pourrissent sur pied...

Pour l'instant, je n'ai guère envie d'en dire plus : l'ensemble manque de clarté. Disons que je dois essayer d'oublier les gens autour et les opinions que je leur attribue sur moi, pour me recentrer sur moi-même. Le retour au lycée cette semaine me fait peur, en fait. Je me sens fragilisée.

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A part ça, le voyage sur Lisbonne s'est bien passé : pas d'incidents graves, pas de pertes humaines, rien de catastrophique. Nos quarante-deux adolescents étaient majoritairement très bien, hormis quelques exceptions, ce qui est naturel. Les journées étaient chargées côté profs, et nous étions bien fatigués après ces quelques jours sous le soleil portugais, mais cela en valait la peine. J'ai beaucoup aimé la ville et ses environs. Le style manuélin est splendide. Et j'ai évidemment goûté aux pâtisseries fameuses de Belém.

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Demain, je retournerai en cours avec le coeur lourd de beaucoup de choses : l'agreg ratée, le retour de Flûtine chez elle, un kilo pris au Portugal, la crainte de devoir affronter les abrutis de service...

En attendant, donc, je vais préparer mes cours, et poursuivre ma liste de projets divers et variés pour les mois à venir.

 

17 mars 2012

Lisboète quelques jours

Voilà, voilà : la valise est prête, avec son lot de vêtements, mais aussi de copies et de livres... Je ne sais trop quand j'aurai l'occasion de travailler, mais on ne sait jamais. Et si par miracle j'allais encore à l'oral cette année, il faudrait que je me mette à bosser de suite.

On perd encore une journée, d'ailleurs : les résultats sont annoncés pour le 22, actuellement. Vingt-quatre heures de plus à patienter...

Cette "pause" portugaise va me permettre de respirer quelque peu entre le lycée et l'agreg. Du moins, je l'espère.

Retour le 23 au soir, si tout va bien. D'ici-là, je vous souhaite le même soleil que celui prévu sur Lisbonne ! (Non, je ne vous nargue pas. Je n'oserais pas !)

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15 mars 2012

Travel's car

Depuis la reprise, je suis comme qui dirait à nouveau dans un tunnel : les bulletins (83 en une journée), les conseils de classe, la reprise des cours avec des secondes complètement décalés par les vacances, les corrections de bacs blancs, les soucis dans l'équipe de lettres...

Et puis sinon, je me prépare à partir en voyage scolaire ! Je n'en ai jamais fait quand j'étais TZR. Je sais bien que ce n'est pas une sinécure, mais la destination compensera : Lisbonne...

Départ samedi, retour vendredi. Si vous entendez qu'un car d'adolescents s'est crashé avec ses accompagnatrices (quatre femmes), vous saurez que c'est moi -en mode humour noir pour contrer toute malédiction. En effet, nous partons en car : vingt-quatre heures aller, itou au retour... J'avais fait ça très jeune pour aller en Pologne. Là, je risque de moins bien le vivre.

Mais le retour me paraitra léger si je suis... admissible. Ze cherry on ze cake : les résultats tombent le 21, en plein pendant le voyage. Précision encore : Asa en fait partie aussi. Nous serons donc ensemble, à l'étranger, avec tous nos grumeaux, lorsque nous découvrirons les résultats. J'ai déjà demandé à Flûtine de regarder pour moi et de m'envoyer un sms aussitôt. Je crains ma réaction, dans tous les cas...

D'ici-là, nous aurons profité du beau temps (environ 24° 18° l'après-midi en ce moment), de la ville, du changement... Je me suis dit que quoi qu'il arrivât, il faudrait que nous trinquions le soir même. C'est d'ailleurs le soir avec sortie en ville de prévue, ça tombe bien.

Et cela n'a rien à voir, mais voici mon futur joujou de sac :

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Ma mère a repris mon ancien appareil numérique, et je me suis offert celui-ci sur vent*privée. Vivement que je le reçoive !

 

12 mars 2012

Paroles complètement dégelées

Agrégatif ou pas, si vous le pouvez, foncez voir l'adaptation théâtrale de l'oeuvre de Rabelais au théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis ! J'avais acheté mes places le 1er septembre, sceptique : comment mettre en scène un tel texte ?

Dès les premières minutes, le ton est donné : Rabelais est un grand fou qui ose tout, qui fait rire, et sa gouaille, sa vivacité sont étrangement vivants sur scène.

paroles gelées

Les acteurs sont dynamiques et touchants, mais surtout la mise en scène est d'une rare intelligence. Tous les thèmes rabelaisiens sont abordés : la littérature, le rire, les voyages, le gigantisme, la scatologie, l'érotisme, la nourriture, la joie, les angoisses... Les mises en musique sont extrêmement pertinentes (une chanteuse classique est parmi les acteurs) et lumineuses.

Nous avons entendu, miss R. et moi-même, des profs de lettres guindées désapprouver ("Heureusement que je suis venue : je n'emmènerai pas mes élèves voir cela !" ou encore "C'est comme une fois, dans une mise en scèèèèène faite par une collègue, elle a eu l'audace de faire entrer un élève sur scène sur une trottinette ! Le proviseur était ou-tré !"), ne sentant pas que la littérature est quelque chose de vivant, de dérangeant, et que l'apparente légèreté de Rabelais n'est... qu'apparente.

Quel enchantement de pouvoir retrouver le plaisir du texte de cette façon ! Si je le pouvais, j'emmènerais le lycée voir ce spectacle, moi !

5 mars 2012

Y'a comme une erreur

Je pense que le calendrier, fourbe comme il est, me trompe et cherche à me faire mal : il n'est pas possible que je reprenne demain. Et encore moins avec 8 heures d'oraux d'affilée.

Non pas que je ressente une grande fatigue comme cela a pu être le cas récemment, mais je ne suis pas non plus en grande forme. Et je dois bien reconnaître qu'à l'approche des résultats de l'agreg, je me tends quelque peu...

Je reporte des projets plus ou moins ambitieux (lire enfin des livres par choix et non par obligation, même si je suis contente de découvrir certains auteurs; chercher un appartement dans lequel investir; reprendre correctement mon régime; retisser mon réseau social et amical...).

Non, je pense qu'il y a erreur : je ne peux pas reprendre demain.

Et pourtant, j'y serai à 7h30...

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