NY 1
J'écoutais ça en préparant ma valise... De circonstance, alors que je viens d'arriver sur New-York !
J'écoutais ça en préparant ma valise... De circonstance, alors que je viens d'arriver sur New-York !
Consigne 55 : cette fois-ci, c'était la soif...
"Après la pluie"
Ils étaient là, face à face. Elle avait longtemps attendu ce moment espérant que ce serait LE bon, enfin, oui. De discussions sans fin aux promesses coquines, elle l’avait fait patienter deux mois sur le net. Mails, dial, MSN, puis l’image qu’elle avait cédée via la webcam, à bout de patience : elle voulait le voir aussi.
Passées ces premières épreuves, elle avait accepté de le rencontrer. Sans se précipiter, elle avait voulu le tester sur bien des plans, comme on choisit une nouvelle voiture après un essai de conduite. C’était affreux, elle le savait et l’assumait parfaitement.
L’homme devenait à son tour un produit de consommation. Mais là, arrivée à trente-cinq ans, elle voulait une valeur sûre. Regarder Friends ou Ally Mc Beal devenait pathétique à force de s’y reconnaître. Pourtant, le personnage d’Ally lui parlait tellement ! Elle se souvenait encore de certains épisodes, comme celui dans lequel l’un des personnages masculins n’avait qu’un seul défaut : il mangeait et parlait en même temps. Des morceaux de salade restaient collés à ses dents. Ou encore celui qui avait un rire de cochon, horrible. Et Ally qui ne pouvait pas aller au-delà de ces défauts, à la fois minimes et énormes.
Le test de la promenade sur les quais de Paris avait été une réussite. Marche lente, furetage dans les vieux livres, pause sur le Pont des Arts, crêpe dans les Halles… Parfait : il n’avait rien contre la douceur ni contre une grande dose de romantisme.
Sa voix, aussi. C’était important, la voix, pour elle. Elle n’avait rien de renversant, mais rien de repoussant non plus.
Elle avait donc échafaudé toute une liste de paramètres et de critères à cocher, à remplir, à nuancer. L’un des derniers tests était celui du restaurant. Et elle savait très bien que le dernier, le plus fatal, le plus excitant et le plus angoissant aussi, viendrait après : faire l’amour ensemble.
Ils étaient donc là, face à face, dans ce restaurant. Elle aurait voulu le laisser choisir, mais elle s’était dit qu’il valait mieux se régaler les papilles en cas de déconvenue, plutôt que de prendre le risque de mal manger.
Les petites assiettes tournaient devant eux, contenant des mets japonais délicieux. Le rythme irréprochable des tapis donnait presque le tournis. Ou avait au moins un caractère hypnotique.
La discussion ronronnait. Rien d’extraordinaire, non plus, mais comparé à d’autres mâles qu’elle avait voulu rencontrer, celui-ci avait un certain relief. Les assiettes défilaient, s’empilaient doucement entre eux. L’atmosphère était lourde au dehors comme au-dedans : le temps était à l’orage, il faisait chaud et moite. Elle, sensible à ce genre changement, commençait à étouffer. Lui ne semblait pas en souffrir. Il parlait. Et il tentait de lui frôler la main, doucement.
La bouteille d’eau et celle de vin blanc trônaient entre leurs verres. Leurs verres quasi vides. Et par principe, elle refusait de se servir. Oui, l’égalité des sexes, blabla, ne pas attendre que l’homme fût galant si l’on voulait être traitées en égales de ces messieurs, gnagnagna. Toutes ses copines tenaient ce discours. Mais elle résistait. Somme toute, cela faisait aussi partie du jeu de séduction.
Au-dessus des algues et des sashimis, il lui faisait des yeux de merlan frit : il avait été fort patient jusque-là, mais on sentait bien que son désir était prêt à rompre les digues. Emoustillé par l’idée que c’était enfin LE soir où ils feraient l’amour, il se lâchait dans ses propos. La mangeant des yeux, il jouait sur le double sens de ses phrases et parlait de son envie de goûter ses sushis en prenant tout son temps ou, au contraire, de dévorer ses makis…
Elle souriait à peine, faisant semblant de ne pas comprendre l’ambigüité de ses propos. Elle ne pensait qu’à une chose : savoir s’il allait enfin la servir en eau. Elle n’en pouvait plus de ressentir la soif, mais elle s’obstinait à attendre. Fichue sauce soja salée ! Et cette température qui ne cessait d’augmenter… De petites gouttes de condensation perlaient le long de la bouteille en verre.
Les assiettes continuaient à s’empiler. Ils n’avaient évidemment plus faim depuis longtemps. Etrangement, elle qui était non fumeuse, avait envie d’allumer une cigarette à ce moment-là. Enfin, elle se voyait fumer une cigarette, imaginant que cela la calmerait. Sans savoir si cette drogue douce avait tant de vertus. L’eau s’était réchauffée mais peu lui importait : elle rongeait son frein en attendant. Lui, croyant qu’elle ne voulait plus rester en ce lieu, mais bien avoir chaud pour d’autres raisons, s’empressa de demander l’addition, émoustillé.
Et là, il se saisit de la bouteille d’eau, enfin. Elle vit parfaitement le mouvement de son bras, de sa main, lentement se décomposer. Au même rythme, un sourire commençait à percer sur son visage de femme douce mais opiniâtre.
Il se versa un verre, en finissant la bouteille et en s’étonnant qu’elle n’eût pas soif.
Elle, la bouche presque pâteuse, avec cette désagréable impression d’avoir la langue gonflée, ne put sortir un seul mot. Elle pensa très fort à Ally Mc Beal à ce moment-là. Elle se leva sans un mot, croisa la serveuse qui revenait avec l’addition, sortit rapidement du restaurant pour qu’il ne puisse pas la rattraper, et s’échappa par quelques petites rues presque en courant, malgré la chaleur.
Non, l’homme avec qui elle voudrait passer le reste de sa vie ne pouvait pas la laisser mourir de soif. Et elle ne pouvait pas faire avec.
Elle reprit son rythme de marche assez lent et régulier. Le ciel était sombre. Il se mit à pleuvoir très doucement. Elle leva les yeux vers le ciel, et sourit. Lorsque la pluie s’intensifia, elle s’arrêta de marcher, pencha la tête en arrière, ramenant ses cheveux pour dégager son front et sourit complètement.
Inconsciemment, elle se mit à entrouvrir la bouche pour avaler l’eau. Elle était belle et étrangement offerte. Comme si elle faisait l’amour avec la pluie.
Sur le trottoir d’en face, un homme sans parapluie la regardait. Il la trouva magnifique.
Il traversa.
Dans six heures, je décolle vers Ailleurs. Loin. De l'autre côté de l'océan. Je laisserai ici mes soucis, le collège, mes amours bancales, mes angoisses.
Je veux profiter (j'ai failli écrire quelque chose d'incorrect mais qui me plaît : "je me veux profiter...") de ce premier voyage depuis un bail. Le dernier, en dehors de l'Espagne estivale sur les cotes touristiques, c'était la Laponie. Il y a peut-être quatre ans, déjà...
J'ai pris de quoi écrire, de la musique, des livres, mon ordinateur portable et surtout, surtout, mon matériel photo. Je reprends mes passions enfouies on ne sait où -la photographie et l'écriture.
Vers deux heures du matin (heure française), je serai à New-York. Au programme, taxi avec Kim, un peu de repos, et dîner en ville. Là-bas, il sera sept heures du soir. Pas question pour moi de perdre une minute, même si je suis fatiguée.
Pour les abonnés à la newsletter du blog, petite surprise dans la journée. Pour les autres, des nouvelles as soon as possible sur le blog. Je tâcherai d'être fidèle et régulière à cette plateforme qui me lie à "chez moi", où que je sois.
A très vite, de l'autre côté de la Terre...
Je le dis sans honte : ce matin, j'ai fui le collège à l'idée de ne pas y revenir pendant quinze jours. Les élèves ont été épuisants cette semaine, et assez insupportables.
Là, je finis de préparer mes bagages, je vais passer l'aspirateur, faire tourner un sèche-linge et repasser deux trois choses. Sinon, je crois que je suis prête pour ma virée américaine ! Seul souci : je dors tellement mal en ce moment que je n'ai qu'une envie, là, tout de suite : faire une sieste...
Et puis, comme ça, cette phrase entendue sur France Inter, dite par Richard Bohringer et que je m'attribue : je suis une désespérée joyeuse, et non une joyeuse désespérée.
J'ai effectivement commencé le Paul Auster, qui m'a happée dès les premières lignes. Je prépare au quotidien mon voyage (là, je ne vais pas tarder à anticiper la valise...), ce qui me prend du temps.
Je dors mal et me réveille beaucoup. Je suis en manque d'amour, je crois...
Mes élèves atteignent des sommets : ce matin, crise ingérable à cause d'une guêpe qui était dans la classe (impossible de savoir comment elle était entrée). Ils hurlaient, couraient dans la salle, ouvraient et fermaient les fenêtres, n'obéissaient à aucune consigne...
Autre exemple, de rédaction cette fois-ci : le sujet était inspiré de documents vus en classe sur les sirènes. "Vous rencontrez une sirène sur le lieu de vos vacances. Vous racontez cette rencontre et vous décrivez la sirène". La pièce maîtresse du paquet de la 6ème fusée disait ceci en substance, sur environ huit lignes pas plus : je rencontre une sirène - on plonge sous l'eau ensemble - elle me présente ses copines sirènes - je leur demande de me remonter à la surface toutes en même temps - les marins les tuent en sortant de l'eau - je porte plainte - je gagne - j'ai plein d'argent - je m'offre une Porsche Cayenne (écrit porche KN).
Véridique.
Sinon, je poursuis mon régime et mes entraînements sur la wii fit.
Allez, la valise m'appelle -et le repassage aussi...
Dans quatre jours et moins de 19 heures, je serai sur le départ pour New-York ! Alors, selon vous, dois-je me lancer dans mes lectures américaines maintenant, ou attendre d'être sur place pour en savourer la quintessence ?
Il s'agit de la désormais célèbre Trilogie new-yorkaise de Paul Auster et de Tout ce que j'aimais de Siri Hustvedt (sa femme).
Les musées nationaux sont gratuits depuis hier pour les enseignants (enfin, ils le redeviennent, quoi) ! Alors je vais peut-être en faire un aujourd'hui. J'irai, brandissant ma carte de prof et une fiche de salaire, puisque le fameux Pass Education ne doit être encore mis en place. D'ailleurs, pour rire, je le demanderai demain au collège. Gniark gniark gniark !
Ah que mon été sera culturel, à défaut d'être sous le soleil des tropiques... (Oui, je fais partie de la tranche du Français sur deux qui ne partira pas cet été en vacances)
Voilà, j'ai visité le lycée classé APV non loin de chez moi. Il a l'air neuf, doté d'outil techniques à la pointe, tout ça. J'ai alpagué un collègue de math (il n'y en avait aucun dans ma matière pour les portes ouvertes), qui m'a donné la température sur l'établissement. Rien n'est parfait, mais celle-ci semble plutôt bonne. L'ambiance et la solidarité entre profs ont été mises en avant, ce qui est essentiel.
J'ai donc décidé de mettre ce lycée en premier choix. Mon nombre de points est moins ridicule qu'avant, mais je sais qu'il reste léger face aux mastodontes avec beaucoup d'ancienneté, ou aux "bonussés"... Je dois à la fois y croire sans y croire trop. Comment doser ?
Pour le reste des voeux, c'est plus variable...
Consigne 54 : il fallait insérer une série de phrases entendues au hasard dans la rue, dont on nous donnait la liste.
Tu es partie trois mois
Sur un coup de tête
Comme on prend le train
Sans un adieu
Sans un demain
Alors vas-y
Achève-moi
Il fait sec là
Il fait froid
Au-dedans comme au
Dehors
Je pensais que c’était plus clair
Toi et moi
Mais tu t’en vas
Mais je m’en vais
Contre mon gré
Contre moi-même
Plus jamais contre toi
On s’aperçoit
On s’étoile
On s’étiole
De toutes les façons
On se voit
Là-bas
Si loin
Tu es partie trois mois
Trois heures
Trois ans
Trois jours
Tu ne savais plus
Et je ne sais pas comment je vais
Faire
Il fait si sec
Il si froid
Ici
Là-bas