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Prof et plus si affinités
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Prof et plus si affinités
22 octobre 2009

Endormez-vous... jusqu'en 2012.

J'adore le dessin de Martin Vidberg, intitulé "Bonne nuit les petits", daté d'aujourd'hui.

Il résume parfaitement le dégoût que je peux avoir de cette république bananière qui s'affiche sans honte. (Désolée, ici il ne rend rien, il faut donc aller sur le site de l'actu en patates).

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22 octobre 2009

La lumière du vide

Je crois qu'outre le manque de temps certain, je n'ai pas écrit depuis deux jours ici parce que j'aimais à me voir petite fille, au milieu de ce texte. Encore au centre de la pièce...
Mais il faut bien avancer. Encore et toujours. C'est usant, je trouve. Faire comme si on allait, faire comme si on savait encore le bonheur, la joie, faire comme si la douleur s'estompait...
Je vois S. plongée dans celle-ci, et je retrouve d'une certaine façon ce que j'ai vécu il y a un peu plus de quinze ans. Nos stigmates sont différents, notre deuil aussi -chaque deuil l'est-, mais c'est toujours, pour qui sait voir, la chair qui trinque, le corps qui dit la douleur à l'intérieur. Les yeux, la peau, la maigreur, les rondeurs, peu importe : rien ne ment.

DSC_0004

Le vide occupe tout l'espace, alors.

Je ne sais que vous dire d'autre, là, ce matin. Je ne suis pas "que" dans ces angoisses et cette tristesse, même si elles ont la première place. Il y a aussi le vide sentimental subi/choisi, le côté je-suis-débordée-au-lycée et je m'y prends mal pour organiser des sorties (je ne sais ni n'ose faire), et puis le temps qu'il faut pour ranger l'appartement alors que je vis seule, organiser ma soirée de samedi...

Allez, je vais commencer le ménage pour cesser de geindre. Cela me sera toujours plus utile.

19 octobre 2009

Remember the time

Ce que Papistache m'a gentiment demander de faire est loin d'être évident pour moi : je n'ai guère de souvenirs avant mes sept ou huit ans. Je sais plus ou moins pourquoi, d'ailleurs. Alors évoquer "mon plus ancien souvenir" relève du défi...

Moi_petite

J'ai peut-être cinq ans. Ou un peu moins. Le matin, nous sommes allées ma mère et moi voir quelqu'un en blouse blanche qui m'a fait une piqûre. Je déteste les piqûres. Mais j'ai été courageuse, paraît-il. Enfin, c'est le souvenir que j'en ai. Peut-être n'y a-t-il aucune piqûre dans cette histoire. Je ne le saurai jamais.
Je n'ai aucune idée de ce que j'ai pu faire durant la journée. Arrive le soir. Ma mère prépare à manger (une soupe ? ça sent les légumes) et s'active en cuisine.
Je suis assise confortablement par terre dans l'entrée, au carrefour de toutes les pièces. Je vois ma mère à droite, ma chambre un peu derrière moi sur la gauche, la porte d'entrée face à moi. Je joue avec une poupée ou un nounours. Ou autre chose. Je n'ai jamais été très poupées, pour une fille (vive les clichés).

Je me sens comme une héroïne. J'ai sans doute un pansement depuis le matin. Je n'ai plus mal.

La lumière est très jaune autour de moi. J'ai l'impression qu'il est tard. On attend, je le sens bien.

Soudain, des clefs dans la porte d'entrée. Cet homme immense, brun, au menton qui râpe un peu, semble content de me voir. Je sais qu'il est beau. Mais je refuse de l'admettre. Il demande comment s'est passée la piqûre. Evidemment, il le sait déjà car il adore le téléphone. Mais je l'ignore encore à mon âge. Il se baisse vers moi. Je ne sais plus s'il m'a prise dans ses bras. Mais en moi-même, je me dis, avec mes mots d'enfants, basés sur des impressions : "Il est étranger. Il est trop brun. Il vient d'un autre pays. Et moi je ne lui ressemble pas."

Je trouve qu'il nous dérange, ma mère et moi. Nous étions dans la quiétude du soir, avec l'odeur des légumes, la lumière jaune, mes jouets, et moi au centre de tout.

Ce soir-là, j'ai dû comprendre beaucoup de choses.

Cet homme, c'était mon père.

Cet homme, c'était mon père, celui qui m'a élevée, acceptée, adoptée.

Cet homme, c'est celui qui a refusé d'avoir d'autres enfants pour ne pas faire de différences.

Cet homme, c'est celui qui m'a donné son nom.

J'ai su tout cela bien tard, alors que je n'étais plus en âge de jouer, assise dans l'entrée, dans la quiétude du foyer.

Cet homme nous a donné un foyer. Un lieu chaud et rassurant.

Je l'ignorais, à quatre ou cinq ans. J'ai commencé à lui ressembler très vite. Et deux ans après sa mort, alors que j'avais moins de vingt ans, j'ai compris qu'il m'avait laissée petite fille, perdue sans lui, au milieu de l'entrée.

Je trouve qu'il fait froid, depuis.

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18 octobre 2009

Procrastination

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Musée d'Orsay, fin septembre 2009

J'aurais dû, j'aurais dû écrire un peu sur le blog aujourd'hui, oui. Au lieu de cela, j'ai jeté quelques photos de paysages citadins ce matin.
Alors demain, je tâcherai de raconter ma première fête au lycée, mes copies, ma soirée entre filles qui approche, et puis, à la demande de Papistache, peut-être, oui peut-être, écrirai-je mon plus ancien souvenir... Qui sait ?

18 octobre 2009

Un peu de ciel, ça rend moins terre-à-terre...

Parfois, certains soirs ou certains matins, le ciel s'offre à moi depuis le balcon...

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Et tous les mercredis soirs, j'ai droit à ceci...

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17 octobre 2009

Une surprise par semaine !

Quelque chose d'étrange m'est arrivé ce matin,  à la fin de mes deux heures de cours avec les ES. Amouna, élève un peu dissipée et souvent en franche camaraderie avec un groupe de garçons hâbleurs, est venue me voir. Elle a patiemment attendu que le dernier élève, le plus lent, sorte de la salle. Elle avait l'air embarrassé.
Elle m'a demandé si je serais d'accord pour qu'intervienne en cours une association, et qu'elle préférait me le demander à moi plutôt qu'à l'administration directement. Forcément, je demande quel type d'association. "Une association contre l'homophobie".

symbole_femme

Et pas la moindre, apparemment : la LGBT. Amouna a un contact dans l'association, qui a l'air de connaître les procédures : le lycée doit inviter des intervenants extérieurs à entrer dans l'enceinte de l'établissement, avec une autorisation. J'avais remarqué des rainbow flags (elle semble ignorer le sens de la chose car elle découvrait l'expression dans ma bouche, même en lui montrant sa dernière copie parsemée d'arc-en-ciel) et le symbole de la femme, disséminés sur sa trousse ou ses feuilles...
Je ne m'avance pas trop, et dis qu'il me faudrait plus d'informations si je veux parler en plus hauts lieux de cette idée.

Avant de sortir de la salle, je lui demande, en précisant bien qu'elle n'a aucune obligation de me répondre, pourquoi elle s'investit dans ce type de lutte et d'association. C'est une fausse question et je le sais, mais Amouna ne s'en doute guère, je crois. Elle bafouille, rougit comme un coquelicot, et me fait deviner qu'elle est gay. Les seuls mots qui ressortent de son embarras, sont "Ben... moi...", accompagnés d'un geste de la main.

Je lui dis qu'elle peut me parler quand elle le veut, si elle me comprend bien. Je la rassure en banalisant l'aveu, et pour cause.

Ceci étant, je descends les escaliers en souriant, dans un premier temps : la confiance qu'elle me porte en moins de deux mois de cours est touchante et flatteuse, surtout que je ne suis pas prof principal de la classe. Mais que faire de cette bombe à retardement concernant l'association ? Justement, je ne suis pas PP. Je ne suis pas l'infirmière, non plus. Et encore moins CPE ou CO PSY.

Je n'ai pas non plus souvenir d'avoir parlé d'homosexualité en cours, ou de tolérance à cet égard. Alors pourquoi Amouna m'a-t-elle choisie ? Ai-je été percée à jour sans le vouloir, contre mon gré ? A-t-elle déjà ce fameux gaydar que je n'ai pas ? Damned !

Il me reste deux ou trois alternatives : m'assumer et revendiquer le droit des homosexuels au sein du lycée ou me montrer gay friendly, comme on dit. Cela me créerait une sacrée réputation, là... Ou bien refiler le bébé et l'eau du bain à autrui, ce qui ne me convient guère non plus : si Amouna s'est adressée à moi, et qu'elle est sincère, elle m'a tendu une perche, que je ne peux décemment laisser tomber sans rien faire. Ou encore essayer de lui parler à part, afin de savoir ce qu'elle veut vraiment au travers de cette intervention, qui pourrait aussi la mettre en porte-à-faux dans la classe ou le lycée : elle est arabe ET gay... Dernière solution, que je dois envisager même si cela ne m'arrangerait guère : je lui plais... :-s

Bon, vivement les vacances, que je ne doive pas gérer un Jack-in-the-box toutes les semaines...

jack

16 octobre 2009

Tristement drôle

Bac_L_patatis_

Le Bac L, patatisé par Martin Vidberg

15 octobre 2009

Voie lactée

galaxies

Entendu sur Fip ce matin, et ça donne la pêche ! Asteroids galaxy tour...

J'en ai bien besoin, car j'ai envie de dormir dès le réveil...

15 octobre 2009

Ils z'ont des chapeaux ronds...

Promis promis, demain je raconterai mon week-end breton, mais et je vous fais visionner en exclusivité mondiale l'album y attenant !

Départ le samedi après quatre heures de cours le matin. Valisette fuschia prête, je file prendre bus, métro puis train après avoir déjeuné rapidement. Je regarde le tableau des départs avec un brin de... de quoi, d'ailleurs ? J'allais écrire nostalgie, mais non. Tendresse ? Bof. Je vais continuer à chercher.
Après trois kilomètres de quai à parcourir, j'arrive enfin dans le wagon de tête, direction Vannes. Je suis cernée soit par des Anglais, soit des vieux, soit un cumul des deux. L'un d'eux a parcouru autant de quai que moi et semble en avoir souffert : son repose-tête dégouline de sueur. D'instinct, je regarde le mien car cela m'écoeure...

Ipod sur les oreilles, je m'endors. Ma semaine a été longue, j'ai cumulé pas mal de stress avec l'histoire des rasoirs, le résultat est donc logique. Je corrige quand même quelques copies au réveil.
Je retrouve Ga à la gare. Petit tour au bord de l'eau, mais c'est marée basse. Retour chez elle, on attend ses amis avant d'aller dans une crêperie locale succulente.

Coucher un peu tardif, donc réveil itou. Petit-déjeuner brunch vers 10h30 le dimanche. On se prévoit plein de choses et nous sommes prêtes à... 16h ! Grande flemme, essayages de chapeaux et masques, et bavardages ont eu raison de nous, je l'avoue. Direction la foire fouille pour trouver un jeu de tarot (oui, ce magasin est très local et j'ai fait le voyage juste pour ça).

Ensuite, café et gâteau conceptuel chez une copine de Ga. Celle-ci a trois enfants, dont un hyperactif. L'aînée a douze ans et mesure environ 1,75m... Mais ce n'est encore qu'une petite fille dans sa tête, heureusement. Elle me balance quand même : "Ouais, je savais que vous étiez prof : vous avez une tête de prof. Et puis les habits, tout ça... Et la façon de parler." Damned, je suis donc si facile à démasquer ?

Retour le soir chez Ga pour un poulet-frites maison, en matant et en commentant "Nos plus belles années", que je n'avais jamais vu, shame on me.

NOS_PLUS_BELLES_ANNEES__1973_

Dodo, réveil le lendemain pas tard car Ga doit emmener son titi joli à l'école. Ensuite, j'aurais dû l'accompagner à la piscine mais j'ai été prise d'une grosse crise d'angoisse, et j'ai laissé mon canard gonflable, mon maillot anti sexy et mes lunettes grâcieuses dans la valise...

A la place, j'ai fini de corriger des copies en attendant le retour de Ga. Puis direction la Mc Do parce qu'on en avait bêtement envie. Achat de maquillage, parfum et CD à graver. Direction la mer. Le temps passe trop vite. Ga somnole sur le sable. Moi, je parle, je parle, je parle, pour la maintenir à flot : l'heure de mon train approche...

_ Euh, Ga, il est 15h20 ?
_ Mmmgrpghmmmm.
_ Ah oui, quand même. Je pars dans 30mn.
_ ... On va y aller.

Et là, racing surréaliste de Ga dans les rues de Vannes. Raccourcis, virages en tête d'épingle, excès de vitesse. J'ai mal au coeur mais je n'ai pas peur. Les minutes défilent. On rigole quand même.

Les pneus crissent, on arrive en courant presque et nous entendons la délicate voix de la dame de la sneufeu : "Tintintintinnahhh... Mesdames et messieurs, le TGV en direction de Paris Montparnasse prévu à 15h56 aura environ dix minutes de retard..."

Aouch ! J'ai failli vomir pour rien ! Au final, je suis bien arrivée, sauf que j'avais oublié dans le coffre, après notre course citadine, le maquillage acheté l'après-midi.

Piouh, ayè, j'ai fini de raconter mes petites histoires océanes !

14 octobre 2009

Espace-temps

femme_double

Il n'y a pas si longtemps que ça, enfin, il me semble, je n'avais pas de cernes bleus lorsque j'étais fatiguée. On ne me faisait pas remarquer non plus que j'avais de "jolis cheveux blancs sur les tempes".
Mes collègues d'une vingtaine d'années ne m'intègrent pas vraiment dans leur groupe. En revanche, les plus âgées, oui... Je psychote peut-être, me direz-vous. Mais je crois que je commence vraiment à vieillir. Mes bientôt 34 ans auront bon sonner "jeune" pour beaucoup d'entre vous, je persisterai à le dire : je change et je ne suis plus aussi résistante qu'auparavant.
Ou alors je m'adapte mal au rythme du lycée. Pourtant, je mange correctement, je dors au moins sept heures par nuit, je m'aère un minimum.
A côté de ça, j'ai des collègues qui me rajeunissent et me disent que je ne fais pas mon âge. Etrange décalage.

Il n'empêche que je dois faire une sieste cet après-midi pour tenir en cours du soir au Louvre, et que je dois aussi aller chez Sephora pour acheter de bons produits efficaces... Bientôt l'anti-rides ?

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