24 novembre 2009
Mon ego et moi-même
Avant de m'atteler à corriger des copies, sachez que les STG ont fait grève à ma place ce matin, mais juste une heure : celle de mon cours. Sont pas futés, vraiment.
Ceux qui devaient passer un oral avec moi cet après-midi ont annulé (enfin, le garçon n'a pas eu le courage des filles de me le dire).
Ensuite, j'ai crû que les ES ne viendraient pas pour une petite heure de cours de français à 14h, mais si ! Donc mon ego est remonté quelque peu par rapport au matin. Nous avons décidé avec mon collègue d'annuler les TPE afin que je ne souffre pas pendant deux heures, seule...
Sinon, je me sens bien dans cet établissement, vraiment. J'y ris, on m'y connaît, on m'appelle par mon nom, je râle comme les autres, on se soutient mutuellement. Les documentalistes m'ont même demandé d'écrire une petite critique "coup de coeur". A moi. Rien qu'à moi. Et mon blog pour les élèves tourne à 35 visites quotidiennes environ.
Pardon pour ceux qui le sont encore, mais je suis heureuse d'avoir quitté le statut de TZR.
Allez, les copies m'attendent ! Et je n'ai pas oublié Orlan etc...
Edit de 19h30 : Au secours, sauvez-moi ! Les copies me font peur : j'ai trouvé des "contes orientalaux" et "par simple intuissiant" ou encore "pour exemplifier"... Et tout cela en ES. HELP !
17 juin 2009
TZR en RAD
Aujourd'hui, j'ai dû aller dans mon RAD (établissement de rattachement administratif) pour signer mes préférences de TZR au cas où je repiquerai pour une cinquième année... C'est le Proviseur qui m'a "accueillie" (dans une immonde robe fleurie des années 80...) par un grâcieux : "Oui, c'est pour quoi ?" Sur son visage, je lisais plutôt : "Qu'est-ce qu'elle veut, celle-là, encore ?" Certes, des parents venaient de quitter son bureau et cela semblait avoir été pénible pour elle, mais bon.
J'explique la raison de ma venue. Nous basculons dans un secrétariat : "Ginette, vous pouvez vous occuper de madame... madame... Supertzr ? Elle doit signer... je ne sais quoi !"
Tant de considération m'émeut toujours.
Sinon, j'ai appris que la moyenne avant d'avoir un poste fixe quand on est TZR est d'environ huit ans. Ça fait peur. Et si je décroche le pompon, cela relèvera du miracle, vraiment.
Autrement, au milieu du brouhaha ambiant de ma halte-garderie au collège, certains élèves ont des questions simples mais efficaces : sur le récit des origines du mal version biblique, ça se bouscule. Exemple : "Mais madame, ça veut dire qu'Adam et Eve ils ont des enfants... qui ont eu des enfants... et tout ça jusqu'à moi ?!", m'a interrogée le petit Kimimi qui est... noir.
J'adore qu'un adolescent de douze ans relève ce genre d'absurdité. :-)
04 avril 2009
Faith
Voilà, j'ai visité le lycée classé APV non loin de chez moi. Il a l'air neuf, doté d'outil techniques à la pointe, tout ça. J'ai alpagué un collègue de math (il n'y en avait aucun dans ma matière pour les portes ouvertes), qui m'a donné la température sur l'établissement. Rien n'est parfait, mais celle-ci semble plutôt bonne. L'ambiance et la solidarité entre profs ont été mises en avant, ce qui est essentiel.
J'ai donc décidé de mettre ce lycée en premier choix. Mon nombre de points est moins ridicule qu'avant, mais je sais qu'il reste léger face aux mastodontes avec beaucoup d'ancienneté, ou aux "bonussés"... Je dois à la fois y croire sans y croire trop. Comment doser ?
Pour le reste des voeux, c'est plus variable...
03 avril 2009
Compact comme un sushi
Ce matin, pour la première fois vraiment, je crois que j'ai été un peu dépassée. En faisant rentrer la sixième sport en cours, je cause avec un élève d'un détail sur le pas de la porte. Soudain, je vois James par terre, sa chaise tombée. Dans le brouhaha ambiant, il ne m'entend pas. Il se précipite alors vers Bombay, sans doute responsable de sa chute. Et là, je n'ai guère le temps d'agir : James accule Bombay dans un coin, lui donne des coups sourds (genou dans l'estomac, par exemple). Je leur crie d'arrêter; quelques autres se collent à eux; je bouscule ceux qui me gênent, j'attrape James par le sweat, qui décolle presque sous ma force... Il n'a qu'une envie, c'est d'y retourner, mais mon intervention semble l'étonner. "Me touche pas !" commençait-il par dire, mais sa phrase s'efface quand il voit que c'est moi...
Je hurle qu'il va prendre la porte. Je fonce au bureau, avec un bon coup de sang. J'en ai trois ou quatre qui viennent fouiner au-dessus de mon épaule pour voir ce que j'écris. Je les renvoie sèchement, sans grand succès : c'est à qui emmènera le fautif dans les couloirs. Bombay vient aussi, pour me dire que c'est lui qui a cherché James. Grand bien lui fasse, je le renvoie aussi puisqu'il a fait tomber James au début.
Je relève la tête, et, justement, plus de James à l'horizon. "Mais Madame, il est sorti, vous lui avez dit !" Je suis furax. Je comprends avec du recul que je suis partie trop vite vers le bureau... Pas le temps de faire un rapport, le zozo revient dans la classe, je nomme l'un des délégués pour les renvoyer vers la CPE.
Malgré tout cela, le "calme" a été fort relatif ensuite. Les élèves ont vu mon énervement et se sont rassérénés pendant cinq minutes. Ensuite, la classe a repris ses mauvaises habitudes.
Et j'en ai viré un troisième vingt minutes après, car il ne cessait de parler à voix haute de tout ce qui lui passait par la tête.
A part ça, impression d'avoir mal géré l'affaire. J'ai rédigé le rapport après mes cours. Je ne sais à quoi il servira. Le contact physique brutal que j'ai eu avec eux m'a perturbée.
Sinon, un petit scooter de 50cm3 au bruit de moustique géant ne savait pas conduire ce matin : il s'est accroché à mon rétroviseur.
Et là, j'ai très envie d'un japonais. D'une orgie de délices japonaises.
01 avril 2009
Faites vos jeux !
En allant chez Hermione, j'ai tilté : les mutations intra ont débuté ! Enfer et damnation, PERSONNE ne m'a prévenue. Ni dans mon établissement de rattachement, ni ailleurs. Voilà un bel exemple de pourritude. Et je n'ai que jusqu'à lundi midi pour me lancer dans la grande loterie nationale.
Pour tout dire, c'est l'enfer.
Plusieurs lycées non loin de chez moi et classés APV offrent un poste. Mais je ne sais rien de ces établissements. Ni si j'ai la moindre chance d'y accéder.
Je ferai les portes ouvertes de l'un d'eux samedi matin. Avec deux risques : 1) que ça me plaise beaucoup, que j'y croie, et que je n'aie pas le poste; 2) que ça me déplaise beaucoup, et que je sois encore plus désemparée pour mettre un lycée en premier choix.
Quelqu'un a une solution ? Des échos pour moi ? Parce que là, ça devient urgentissime...
Faites vos voeux, rien ne va plus !
13 mars 2009
Rainbow
Bilan du jour
Mon stylo quatre couleurs a été dérobé alors que je relevais les copies de la 6ème sport. La semaine dernière, c'était mon criterium qui avait disparu. Je l'avais "retrouvé" en morceaux dans les mains de Moumou, bavard impénitent et hâbleur pénible.
Outre le fait que ces menus larcins me vexent (j'ai toujours eu l'oeil du sioux, vif et en alerte), je me dis qu'il va falloir que je sois un peu plus parano et aux aguets. Et ça m'énerve.
Sinon, la 6ème ballon est vraiment plus faible que la 6ème fusée : les premiers sont parvenus à faire environ sept questions sur vingt dans une certaine agitation, alors que les seconds ont quasiment tout fait dans le calme...
A part ça, la serrure de ma salle de classe est totalement explosée et n'a pas été changée. C'est maintenant un trou béant dans lequel certains rigolos aiment à passer leurs doigts pendant que je fais cours... Je me demande combien de temps cela va prendre à être réparé...
12 mars 2009
La reine des colles
Ce matin, j'avais trois heures de cours. J'aurais dû partir vers 11h45 du collège. Mais c'était sans compter sur l'humour de certains élèves anonymes : ils ont mis de la colle glue à l'intérieur des verrous de porte de deux salles de classe. Dont celle de Bibi, évidemment.
Au retour de la récréation, donc, je découvre que ma clef bloque et ne veut rien savoir. Je me penche en subtile enquêtrice, et trouve un filet de colle le long de la serrure. Bingo. Je pense à ce moment-là être la seule victime ,et rumine intérieurement sur mon bizutage un peu lourd. J'envoie chercher quelqu'un rapidement, et une volée de sixièmes part en courant, évidemment. Je croise deux autres collègues, dont une qui découvre ahurie que sa salle de classe est aussi inaccessible que la mienne. Une CPE et un surveillant débarquent, on a droit aux suspicions à l'encontre de deux élèves de 3ème, et mes gnomes sont encore plus énervés que d'habitude.
Bref, je change de salle pour cette heure-là, mais toutes mes affaires sont dans la mienne. La fin de la leçon, les feuilles d'exercices, de bêtes craies, mes stylos... Heureusement, j'avais eu la bonne idée de garder sur moi mon sac à dos avec mes papiers, mes clefs, etc.
J'ai improvisé la suite du cours dans l'agitation (en lycée, ce type d'impro aurait été fort ardu, mais là aucun souci de maîtrise face à un cours sur... l'impératif), d'autant que six élèves étaient convoqués chez la CPE et sont revenus au compte-goutte. Cela n'a fait qu'ajouter à l'ambiance électrique. Les 6èmes, on ne peut pas les perturber gratuitement : une nouvelle prof, une nouvelle salle, l'histoire de la colle... Tout cela a fait la une de leur petit journal de classe.
J'achève enfin mes heures de cours, et vais aux nouvelles. Le monsieur de la loge tente de rassurer tout le monde en annonçant qu'il va percer la serrure. On commence déjà à évoquer le célèbre José, celui qui s'occupe de la maintenance et du bricolage.
Le souci, c'est que Saint José n'est pas parmi nous à 11h30. J'ai entendu plusieurs fois, au milieu de mes allées et venues pendant deux heures, la question "Il est où est José ?". A force, cela en devenait comique.
Autre trait d'humour, celui de Droopy, le principal, qui m'a soutenu que jamais au grand jamais, ce genre de choses n'était arrivé dans ce collège ! Amen.
Au final, après deux heures d'attente pour moi (qui m'ont permis de découvrir qui étaient mes collègues de lettres, alléluia), José est arrivé, José a su, José a ronchonné. Et José a fait. A coup de perceuse à percussion, pied de biche (ils étaient deux dessus !), tournevis et coups de marteau pendant trente minutes, José a vaincu la glue.
J'ai récupéré mes affaires à 14h. J'ai filé, la faim au ventre, en me demandant si demain la porte de ma salle serait réparée étant donné qu'elle est presque défoncée... En craignant aussi que les petits malfrats de service ne recommencent. Et, pour finir, en me disant que l'argent de l'Etat, le nôtre, donc, pourrait servir à bien d'autres choses qu'à changer des verrous englués.
Comme l'Education Nationale, remarquez...

Teasing
Pourquoi suis-je rentrée à 14h30 au lieu de 12h ?
Pourquoi suis-je la reine de la glue ?
Pourquoi me sentè-je fatiguée ?
Vous saurez tout cela d'ici à ce soir... Mais là, je dois rattraper le temps "perdu" et travailler un peu...
09 mars 2009
Je suis l'âme errante
Je sens que je ne vais faire que passer dans ce nouvel établissement : j'y entre, je fais cours, je sors. Aucun collègue ne me parle, alors qu'une nouvelle tête à cette époque de l'année, cela intrigue.
Je survis comme je peux dans ce collège au profil difficile. Impression de ne pas savoir faire, alors que je ne pense pas être trop mauvaise prof, globalement. Encore un élève renvoyé aujourd'hui, deux carnets remplis, donc trois rapports. Mal aux deux tympans. Je n'avance pas dans le cours, non plus. Ce à quoi j'avais pensé comme travail pour une semaine m'en prendra trois, je pense.
Ces chers petits s'envoient pour rigoler des pointes de compas dès que j'ai le dos tourné. J'ai évité les blessures. Youpi.
Ils vont aussi faire une lettre au prof que je remplace, sur idée du prof principal. C'est sympa, mais ils comptent tous mettre "Revenez !", ce qui est terriblement flatteur pour moi, même si cela ne devrait pas m'atteindre : c'est pure logique. Je suis l'élément étranger qui perturbe leurs habitudes.
A quand la stabilité d'un poste pour être celle à qui l'on dit "Revenez !" ?
André Breton, lorsqu'il demanda à Nadja "Qui êtes-vous ?" répondit "Je suis l'âme errante"...
06 mars 2009
Prière
La prière du professeur de ZEP : "Donne-moi aujourd'hui le courage d'y aller. Pardonne à ceux qui vont m'offenser comme je pardonnerai au ministère qui m'a laissée tomber."» Anne Roumanoff

















