20 octobre 2014

"Chacun son Marcel"

Samedi, je suis allée visiter l'exposition consacrée à Marcel Duchamp au centre Pompidou. Inutile de dire que j'étais déjà enthousiaste rien qu'à l'idée, puisque les expos sur le surréalisme ont toujours cet effet sur moi. 

Je reconnais que j'ai été assez bluffée par la scénographie, qui n'était pas prétentieuse -comme cela arrive souvent- et s'avérait intelligente : l'idée est de montrer les filiations, les inspirations de Duchamp en peinture. C'est d'autant plus judicieux que l'on connaît mal cet artiste dans ce domaine.

Ce qui m'a frappée, c'est la souplesse et l'ouverture d'esprit de Duchamp : il regarde des toiles, va à des présentations, des salons, des expositions, et fait son miel de tout cela. Du fauvisme, il passe au cubisme en y mettant sa touche personnelle. Il est capable de créer trois toiles totalement différentes sur le même thème (le jeu d'échecs, qui l'a passionné toute sa vie). Le portrait de son père était saisissant sur le plan de l'intensité et des couleurs froides (affadies sur mes photographies).

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Quant à ses oeuvres les plus célèbres, la roue de vélo, par exemple, j'ai adoré les explications de Duchamp.

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Sur à la toile la plus célébre de l'artiste, "Nu descendant un escalier", j'ai appris que l'on considérait à l'époque (en 1912) que Duchamp avait peint une toile qui tuait définitivement la peinture, et que l'on ne pourrait plus rien peindre après cela -mazette ! 
J'ai senti que tous les visiteurs n'étaient pas aussi enthousiastes que moi, et que certains venaient là car il faut avoir vu cette expo parisienne, même si l'on est vierge de tout surréalisme... C'est risqué, car quand on s'y frotte, même depuis longtemps, on peut être surpris.

En tout cas, j'ai pris tout mon temps pour voir cette exposition assez longue et fort riche. J'ai souvent souri des prises de notes de Duchamp; j'ai aimé revoir des toiles de Kupka et de Redon, ainsi qu'un Cranach magnifique qui a inspiré Duchamp pour une couleur.

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"Nu descendant un escalier"

 

Et puis, évidemment, j'ai pris des photos et des notes pour mon cours de TL puisque l'on retrouvait ça et là du Man Ray, entre autres.

Vous l'aurez compris, j'ai aimé ce moment à Pompidou. Si vous n'avez pas peur d'être contenancés, courez-y vous aussi.

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06 octobre 2014

Ma petite Pologne

Vendredi soir, j'étais un peu plus polonaise que d'habitude. Car, pour ceux qui l'ignoreraient, je suis un quart polonaise. 

J'ai longtemps cherché à savoir en quoi je pouvais l'être, justement. Mon mémoire de maîtrise portait sur le sujet, par exemple. Je me suis concrètement confrontée à l'écart rencontré entre ce que l'on croit avoir en soi, et ce qui est vraiment. J'ai admis, parce que mon histoire personnelle m'y portait aussi, que le sang n'avait pas grand-chose à voir avec l'identité, finalement. 

Alors j'ai pris ce "quart polonais" pour ce qu'il était : un simple hasard, qui ne me constituait pas plus que les trois autres -sauf si je m'acharnais. 

Vendredi, pourtant, Cally et moi avons choisi un repas thématique préparé par un grand chef polonais, Adam Chrzastowski, qui a fait ses armes chez Robuchon. Il était venu de Cracovie pour préparer devant une dizaine de convives clients, un dîner gastronomique bien loin de la betterave et de la vodka.

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Cidre artisanal Lorek sur granité de cannelle

J'ai trouvé dans quasiment chacun des plats ce que j'avais relevé de caractéristique dans la culture polonaise : le mélange des genres, l'association des paradoxes, l'aspect parfois dur qui cache d'infinies subtilités.

Mon coup de coeur a été pour le premier plat principal : pierogi d'oie, fromage fumé de montagne, haricots blancs et pruneaux fumés, sur une sauce de bière brune. Selon moi, c'était l'harmonie parfaite. Les entrées n'étaient pas en reste (mosaïque d'esturgeon fumé et bouillon d'écrevisses "à la polonaise"), je dois bien l'avouer, mais j'ai remarqué qu'il y a toujours un plat qui nous marque, et pour moi ce fut celui-ci.

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Mosaïque d'esturgeon

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Essence d'écrevisses à la polonaise

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Ravioles d'oie d'avoine

 

Le second plat était fort bon aussi : une selle de chevreuil en croûte de sarrasin. Quant au dessert, il s'agissait d'un gâteau de fromage blanc revisité. Vous savez, ce fromage blanc épais au goût si caractéristique, que l'on retrouve dans les desserts de la rue des Rosiers ? C'était celui-là même, impossible à trouver en France, qui était servi avec des raisins imbibés d'alcool de groseilles, et recouvert d'un gâteau cuit à la vapeur (à 72°C, précisément).

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J'ai retrouvé autour de la table une sorte d'intelligentsia polonaise ou, du moins, certaines personnes qui cherchaient à se distiguer de cette façon. J'ai souri intérieurement devant cet entre-soi. J'ai surtout souri à Cally, car c'était notre anniversaire de rencontre, et que ce repas exceptionnel donnait à notre quotidien souvent lourd, un air de fête inattendu.

 

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30 septembre 2014

"Pour ne pas vivre seul", chantait Dalida

Après une sixième (?) version des emplois du temps, nous appliquons ces derniers bon an mal an, en comblant comme nous le pouvons les derniers couacs. Je n'ai plus mon heure solitaire du lundi de 14h à 15h, et c'est déjà ça. On se contente de peu, cette année, face au fiasco de la rentrée.
Ceci étant, il reste encore des élèves mal affectés, au bout d'un mois de cours. C'est gênant, quand il y a le bac, au bout.

A part ça, je lutte contre la morosité ambiante et la loi des séries en voyant des amies autour d'un bon repas, en relisant Madame Bovary (diable, j'étais trop jeune la première fois !) -le comble sur la morosité- ou en allant au cinéma le dimanche soir. Nous avons vu Hippocrate, le week-end dernier. Le film est assez bon, et, je crois, dresse un portrait tout à fait juste du milieu médical dans lequel on demande d'accomplir des miracles avec des bouts de ficelle.

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Mais ce n'est pas tant le film dans son ensemble qui m'a marqué pendant plusieurs heures; c'est le personnage de la vieille dame qui souffre et attend de mourir dignement. J'ai retrouvé en elle les mêmes expressions que celles de Mamy, la reine mère, ma grand-mère paternelle. J'ai vécu à nouveau les derniers instants où l'on parle à celle qui est déjà loin, en soins palliatifs. J'ai revu les dents usées par l'âge, et le sourire si doux, malgré tout. J'ai pleuré, sans aucun contrôle, en voyant les bleus sur sa peau si fragile, en entendant ses soupirs de lassitude, en devinant sa patience et sa conscience de la fatalité. Elle, l'ancienne gymnaste, clouée dans un lit d'hôpital à guetter les escarres et les métastases.
Et en me demandant ensuite s'il y aura quelqu'un, un jour, près de moi, pour décider d'arrêter les machines.

Tout s'est confondu;  Mamy, ma mère, moi, ces trois générations de femmes et je serai sans doute la seule, à la fin, à tenir le fil de notre histoire. 

Quand je vous disais que la question de la transmission me taraudait...

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19 septembre 2014

Electrique

Parfois, on a un mauvais karma. Ou, du moins, on le ressent comme ça.

Hier, le joli orage de 16h qui nous a libéré d'une chaleur moite et oppressante, a grillé mon téléviseur quasi neuf ainsi que le lecteur DVD. J'ai découvert ça en rentrant, après mes huit heures de cours, une AG agitée, des propos déplacés et des complications au lycée...

Pour la télé, qui n'a pas un an, je crains que la Keufna ne m'envoie bouler, alors que la prise de ce téléviseur n'est pas équipée de terre. Si tel est le cas, il faudra ensuite passer par l'assurance habitation. En voilà un programme réjouissant !

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Pour le lycée, nous allons recevoir dans nos casiers les énièmes emplois du temps maladroits -euphémisme- aujourd'hui. Tout le monde est tendu, à bout de nerfs, même. Je suis étonnée que personne n'en soit venu aux mains encore. 
Par miracle, mes élèves sont calmes, prennent des notes, donc choupinoux (pour l'instant). Certains ont tenté un blocus hier matin, sans grand succès et surtout sans forcément savoir pourquoi ils le faisaient véritablement.

Vivement la fin de la journée, que j'avale la grosse pilule de mon emploi du temps, et que je passe en mode week-end avec une sortie au théâtre demain, suivie d'un petit restau entre amies.

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25 juillet 2014

"Faire le mal est plus aisé que faire le bien" (Hugo)

Malgré le fait que je sois en vacances, je ne m'y sens pas encore : je n'arrête pas. Nous continuons à nous installer (c'est sans fin !), et nous préparons notre voyage prochain en même temps (départ lundi !).

Dans nos dernières installations, il y a eu un grainetier acheté d'occasion, qui a été chargé par nos petits bras dans le coffre dans ma Twingo, attaché par des sangles multiples. J'ai aussi fait le tri dans mes breloques, et remis à neuf une boîte à bijoux qui date de l'époque où mon père était vivant, c'est dire. 

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A gauche, c'est briqué; à droite, pas encore.

 

Frotter les cuivres et l'argenterie prend du temps, j'avais oublié. En donnant de l'huile de coude, j'ai pensé à la série Downton Abbey (la saison 3 a été engloutie en peu de temps ces derniers jours) dans laquelle on voit les domestiques briquer l'argenterie, parfois. Je vais avoir du mal à patienter pour voir la saison 4, d'ailleurs.

Sinon, nous sommes allées à la Comédie Française voir Lucrèce Borgia, avec Guillaume Gallienne dans le rôle titre. J'avais miraculeusement réussi à avoir des places il y a quelques mois, et j'étais impatiente d'y assister. Ce ne fut pas du tout une déception. Volontairement, je n'avais lu aucune critique pour être vierge de tout a priori (jai bien fait, car F. Pascaud se lâche gratuitement, par exemple).

Gallienne Lucrèce


J'ai trouvé Gallienne crédible de bout en bout. L'arrivée de son personnage est très belle : poitrine offerte, il avance lentement au fil des planches placées sous ses pas, sur une musique sacrée. Puis, on l'habille progressivement d'une robe noire (de Christian Lacroix) pendant les premiers dialogues. La question du travestissement est particulièrement intéressante dans cette mise en scène, d'autant que le rôle de Gennaro est tenu... par une jeune femme.

Une ou deux scènes étaient un peu moins réussies que les autres, mais le pari d'être entre "le sublime et le grotesque" de Hugo était amplement tenu. Il n'est pas évident de ne pas sombrer dans le ridicule avec un tel texte.
L'ovation finale, très longue, était assez parlante, même si le public qui va assister à ce genre de spectacle est souvent acquis avant le lever du rideau.

Dans un tout autre genre, j'ai vu hier soir au cinéma Qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu ? : je craignais la caricature, et c'est ce qui s'annonce au début, mais le film s'améliore progressivement, et, il faut bien le dire, s'avère drôle -parfois malgré soi. Chantal Lauby est irrésistible. Quant au fond, on ne peut pas dire que l'on ressort perturbé dans ses fondements, mais je comprends le succès populaire de ce film : c'est un reflet comique de la société française brassée aujourd'hui, avec ses faux tolérants, ses idées préconçues, ses mélanges, ses échecs et ses réussites.

A part cela, je tenais à vous dire que je songe très sérieusement à rendre ce blog accessible uniquement sur autorisation. Au fil des années, je sais que j'ai gardé des lecteurs fidèles et indulgents, mais d'autres sont moins bienveillants. Par ailleurs, pour la première fois depuis que j'ai lancé ce blog (qui a presque douze ans !), je réfléchis beaucoup trop avant d'écrire : je commence à me censurer. 
Il ne me reste que peu d'alternatives : soit je débute un tout autre blog, mais je tiens à celui-ci; soit je restreins les accès (et cela signifie ne plus être visible pour de nouveaux lecteurs); soit j'arrête tout. Concernant cette dernière possibilité, je la récuse pour l'instant par principe : je ne vois pas pourquoi (et surtout pour qui) je m'empêcherais de tenir un blog, aussi futile fût-il (ah ah).
Je me donne jusqu'à septembre pour décider. D'ici-là, vous pouvez me donner votre avis : je serais ravie d'avoir d'autres regards sur cette question qui me turlupine depuis un moment.

 

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16 juin 2014

Derrière les cartons, il y a...

Il y a bien sûr eu le déménagement, et donc un (court) laps de temps sans internet. Surtout, les cartons, encore vaillants, eux, ont occupé la place. L'administratif domine encore, et le bac est bel et bien là à son tour.

Ceci explique donc cela.

Passés ces différents tracas et ces incontournables obligations, je dois dire que je me sens parfaitement bien dans ce nouveau nid, perchée face à Paris : quand je lève la tête de mon bureau, la dame de fer me salue, avec la tour Montparnasse qui lui tient compagnie.

Je gagne environ quarante-cinq minutes (!) de sommeil en plus le matin, et comble du luxe, je me fais surprendre en arrivant au lycée en maximum quinze minutes au lieu de... quarante-cinq, voire cinquante minutes auparavant. Certes, surveiller les épreuves du bac n'est pas une sinécure, surtout quand on doit gérer des soucis d'organisation latents de l'adminitration; certes la centaine de copies de terminale L qui me tend les bras ne me réjouit guère; certes nous sommes exangues par ce déménagement; mais quelle récompense et quelle satisfaction de voir sa jolie vie se simplifier encore ! 

Le vrai luxe est là, je crois : dans la simplicité. Je reste donc contemplative, et je me mets à rêver de sorties parisiennes pour rattraper ces semaines de tunnel (j'ai raté Matthethorpe et je m'en veux terriblement), pour parachever ce doux bonheur.

En attendant, je relis Lorenzaccio par crainte d'avoir un sujet en TL sur cette oeuvre, et par souci de maîtrise de la pièce. Je continue à ranger mon farfouillis dans les cartons. Je cherche les bibliothèques de mes rêves. Et je m'occupe au mieux de Cally et moi, car l'essentiel est là.

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18 avril 2014

Vertigineuse

Hier, j'avais décidé d'emmener Cally à un concert d'une chanteuse qu'elle aime beaucoup : Emilie Simon. Nous étions dans une petite salle sympathique de banlieue, pour le premier concert de la tournée de la demoiselle. Malgré un début de concert tardif, dû à une première partie légèrement trainante, mais surtout à de menus soucis techniques, j'ai beaucoup aimé la voix si particulière -et pas du tout décevante en live- d'Emilie Simon.

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Sous des airs de poupée à l'ancienne, elle a un regard audacieux, et son côté chaperon rouge se transforme vite en chaperon trash avec sa guitare électrique et son énergie. Fan de technique, la chanteuse a mis au point un accessoire intéressant qu'elle fixe à son bras pour faire varier sa voix à distance, grâce à son ordinateur au logo de pomme.

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On oscille entre Mazzy Star, Camille, Charlotte Lebon, Emilie Loizeau... tant sur le plan physique qu'artistique. Quand Emilie Simon se met à parler, on dirait une petite fille timide, qui bascule dans une douce provocation l'instant d'après, quand elle chante.

Les morceaux du dernier album m'ont beaucoup plu, surtout celui sur Paris ("Paris j'ai pris perpète"). J'aurais aimé entendre la reprise de "Wicked game" en rappel, mais...

Mais sans vraiment prévenir, en l'espace de quelques secondes (minutes ? je ne sais), j'ai fait une sorte de crise vagale au milieu de la fosse... Cally a eu juste le temps de voir ma suée et ma couleur verdâtre, puis de m'attraper. Je ne sais ce qui s'est passé les instants d'après : je n'entendais plus rien, je ne voyais plus rien malgré mes yeux ouverts. Cally m'a emmenée jusqu'à la porte de la salle de concert je ne sais comment, avec l'aide d'une seule jeune femme qui m'a épaulée. (NB : tous les autres spectateurs ralaient et se plaignaient, alors que Cally scandait un "pardon, malaise !" à répétition... C'est très rassurant.)
Une fois assise (nous étions debout depuis 20h, et il était 23h15 environ), un gentil vigile m'a donné un verre d'eau et du sucre. J'avais recouvré la vue mais pas encore tout à fait l'ouïe. Je crois que j'ai raconté un peu n'importe quoi. Ensuite, nous sommes reparties avant que la foule ne sorte de la salle.
J'ai vaguement entendu "Wicked games" derrière la porte.


En soi, un malaise de ce type n'a rien d'exceptionnel, cependant cela m'est si peu arrivé dans ma vie que j'en suis fort étonnée. Par ailleurs, je me rends compte que je ne supporte pas de perdre le contrôle, de ne rien maîtriser. Et autre constat : je suis sans doute bien plus fatiguée que je ne le crois...

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17 juin 2013

La dernière séance

Cally adore le cinéma. Pour ma part, j'y vais (allais ?) fort peu. Je suis difficile à convaincre et souvent peu motivée. Pourtant, je ne voulais pas léser Cally et la freiner dans ses envies cinéphiles. Donc, nous sommes allées voir quelques films ces dernières semaines. Il est grand temps de les évoquer ici.

MUD

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La bande-annonce semblait assez alléchante, et présentait un film sur la manipulation, dans la lourdeur de l'ambiance propre aux états américains du sud.
J'ai eu une petite déception : finalement, il n'y a guère de plan machiavélique, et l'histoire qui se voulait pesante est relativement banale (un amour passionnel toujours décevant). Pourtant, les enfants qui jouent sont impressionnants de naturel, et Matthew Mc Conaughey est très convaincant dans un rôle plutôt sérieux. Quant à Sam Shepard, il est totalement crédible. Ils participent à la création de ce tableau du Mississipi à la fois beau, pauvre et injuste.
Nous avons donc passé un bon moment, mais ce film ne laissera pas un souvenir impérissable.

 

SONG FOR MARION

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Pour faire plaisir à ma mère, après un excellent restaurant japonais, nous avons vu ce film avec Terence Tramp (excellent) et Vanessa Redgrave (lumineuse). On ne peut pas dire que la mise en scène soit époustouflante, mais cette histoire très humaine est fort touchante, quoique simpliste (la femme a un cancer, elle veut chanter, son mari est un ours et se révèle progressivement). J'ai à la fois ri et pleuré, certainement grâce au talent des acteurs principaux, sortes de monuments du cinéma qui pourraient transcender n'importe quel film kleenex. Evidemment, ma mère a adoré.

 

GATSBY LE MAGNIFIQUE

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Je connaissais l'histoire, sans avoir lu le livre (comme cela arrive pour de nombreuses oeuvres). J'avais beaucoup aimé l'adaptation de Shakespeare par Luhrmann (à tel point qu'il est même sur la liste de bac de mes élèves). Là, je dois reconnaître que la patte du réalisateur est reconnaissable, avec une maîtrise technique en plus. Malheureusement, on devine les images trafiquées pour la 3D, même dans la version standard.
La blonde -dont je ne retiens jamais le nom- qui joue Daisy est passablement insipide, alors que Di Caprio est véritablement excellent. Je trouve qu'il a un relief incroyable, son jeu "actor studio" étant totalement maîtrisé. A cet égard, la scène au cours de laquelle il sombre dans la rage et la violence contre son rival est d'une grande justesse. Quant au narrateur-personnage, interprété par l'acteur de Spiderman (Tobey Mc Guire), il reste dans une gamme plutôt monocorde, avec le même air de ravi de la crèche que dans d'autres films. Sinon, le côté mélo de l'histoire ressort parfois trop (le coup de la lumière verte au bout de la jetée). J'ai quand même passé un bon moment, admirant les scènes de fête et le jeu de Di Caprio.

SHOKUZAI 1 & 2

Shokuzai

SHOKUZAI+CELLES+QUI+VOULAIENT+OUBLIER

SHOKUZAI+CELLES+QUI+VOULAIENT+SE+SOUVENIR

Dans un tout autre genre, nous avons vu les deux volets de la série japonaise de Kurosawa sous forme de films, deux samedis d'affilée. Le principe de l'histoire semble simple : une petite fille joue avec quatre de ses camarades dans la cour désertée de l'école. Un homme parvient, sous un prétexte fallacieux, à faire venir cette enfant dans le gymnase, devant le regard de ses amies. Il la viole et la tue. La mère de l'enfant cherche à savoir pourquoi les autres enfants ne se souviennent de rien. Elle exige un tribu d'elles, en échange de la mort de sa fille, car elle les estime responsables.
On retrouve ses fillettes quinze ans plus tard, sous forme de quatre épisodes. Elles ont effectivement oublié le visage de l'agresseur, mais elles sont toutes profondément marquées par cet événement : l'une vit dans la peur des agressions, une autre n'a jamais eu ses règles et refuse d'être femme, certaines vivent recluses, etc...
L'ambiance de ces deux films est étonnante : avec rien ou quasiment, le malaise est créé. La peur, aussi. On assiste à la déconfiture de ses vies, au massacre de ces existences dans un Japon aux codes exigeants, et pourtant moderne. L'esthétique est très épurée, tant sur le plan des décors que de la mise en scène, ce qui rend certains passages extrêmement efficaces.
L'actrice (Kyôko Koizumi) qui joue le rôle de la mère est inquiétante et très belle, je trouve, même si certains plans ne la flattent pas toujours.

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19 mai 2013

La patience est une vertu

Je me suis dit chaque jour de cette semaine que je devais venir ici, parler de mille et une choses telles que le voyage sur Budapest, Beckett et Frot, les news du lycée, les perles, les sorties cinéma (Grandmaster et Song for Marion), de mes lectures d'agreg, du noirot malade, et me voilà submergée par la dernière ligne droite de l'année.

Je dois plutôt corriger dans l'urgence des copies fastidieuses, remplir les bulletins au fur et à mesure, finir mon descriptif, j'en passe et des meilleures.

En bref, quand je reviendrai, j'aurai de la matière, c'est sûr.

D'ici-là, je verrai si je fais des apparitions...

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04 février 2013

Un mois

Hier, Cally et moi étions ensemble. Ou plutôt devrais-je dire : hier, Cally et moi étions encore ensemble, comme la plupart des jours de ce dernier mois. Hier, cela faisait un mois que nous nous connaissions. Et cela donnait l'impression de fêter nos dix ans. Comme une évidence.

Ne pas être avec elle le soir me paraît incongru. Nous avons les mêmes envies, les mêmes lignes de vie, la même échelle de valeurs. Je la trouve évidemment belle, et elle me le rend bien. Nous avons déjà un projet de week-end en février, mais chut : j'en reparlerai plus tard...

De fait, je suis donc occupée soit par le lycée (bien prenant cette semaine, et j'étais fatiguée), soit par Cally : je profite des moments avec elle. A cela s'ajoutent les occupations quotidiennes, les élèves qu'il faut faire tenir jusqu'aux vacances, les conseils de classe qui vont débuter la semaine prochaine, les copies qui ont patienté sur mon bureau car l'état amoureux ne permet aucunement de s'y intéresser, les sorties...

Ah oui, les sorties : comme la séance pour "Lincoln" était complète, j'ai réussi à emmener Cally à celle d' "Alceste à bicyclette" avec Luchini et Wilson. Nous n'avons pas été déçues, vraiment. Le film donne une image de l'humanité qui n'est pas glorieuse, mais qui résonne avec la pièce de Molière, évidemment.
Sinon, il y a eu aussi samedi soir une sortie théâtre sur l'affaire Sacco et Vanzetti : à recommander, même si le démarrage est un peu long. Et puis jeudi soir (c'est ce qui m'a épuisée, de sortir en pleine semaine), nous sommes allées voir Magik Malik en concert : j'avais pris ces billets pour Flûtine... J'ai bien senti que le bonhomme était impressionnant musicalement, mais je n'apprécie pas vraiment le jazz fusion expérimental. J'ai donc fait des micro sommeils pendant le concert, main dans la main avec Cally. Jolie façon de tourner la page symboliquement, je crois.

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A part ça, j'ai pris des places pour le concert de Biolay en mars : Cally et moi l'aimons beaucoup. Je voulais garder la surprise, mais elle a deviné assez vite... Tant pis : nous nous réjouirons à l'avance.

Je constate que nous bâtissons vite, Cally et moi. Sans doute parce que nous sommes à des âges où nous savons ce que nous voulons, ce que nous ne voulons pas, et que nous avons conscience des casseroles que nous nous traînons. Nous les acceptons. Souvent, Cally me dit qu'en choisissant d'être avec moi, elle "prend tout", tout le lot, tout le stock et que cela lui plaît. La réciproque est vraie.

Pour continuer à avancer, j'ai mis en vente le bureau de Flûtine. J'ai aussi en tête de trouver une solution pour nous rendre nos dernières affaires. Je ne nie rien toujours pas ce qui nous unissait; pourtant je me rends bien compte du déséquilibre dans lequel nous étions. Je ne veux pas recommencer les mêmes erreurs. Je crois que j'ai bien compris tout cela. Grâce à la séparation, grâce à Cally, et grâce à moi.

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