11 janvier 2013

Luxuriance de l'existence...

Pas d'inquiétude, je vais plutôt bien même si je suis incrédule...

Je suis là, à peu près :

La chevelure

Ô toison, moutonnant jusque sur l'encolure !
Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir !
Extase ! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure
Des souvenirs dormant dans cette chevelure,
Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir !

La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,
Tout un monde lointain, absent, presque défunt,
Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique !
Comme d'autres esprits voguent sur la musique,
Le mien, ô mon amour ! nage sur ton parfum.

J'irai là-bas où l'arbre et l'homme, pleins de sève,
Se pâment longuement sous l'ardeur des climats ;
Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève !
Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant rêve
De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts :

Un port retentissant où mon âme peut boire
A grands flots le parfum, le son et la couleur ;
Où les vaisseaux, glissant dans l'or et dans la moire,
Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire
D'un ciel pur où frémit l'éternelle chaleur.

Je plongerai ma tête amoureuse d'ivresse
Dans ce noir océan où l'autre est enfermé ;
Et mon esprit subtil que le roulis caresse
Saura vous retrouver, ô féconde paresse,
Infinis bercements du loisir embaumé !

Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues,
Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond ;
Sur les bords duvetés de vos mèches tordues
Je m'enivre ardemment des senteurs confondues
De l'huile de coco, du musc et du goudron.

Longtemps ! toujours ! ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde !
N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir ?

Charles Baudelaire

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05 octobre 2012

Stop affaire ! Poètes en soldes !

Mercredi, j'ai vu Tinette pour son anniversaire : j'ai profité de cette occasion pour lui offrir l'album pléiade sur Montaigne, afin de la remercier pour les deux années de préparation de l'agreg. Je dois préciser que ce cadeau assez docte reflète juste le goût prononcé de Tinette pour cet auteur -sur lequel je suis tombée en explication de texte à l'oral et en dissertation à l'écrit- qu'elle lit chaque soir...

J'avais aussi pour elle un album de Michèle Bernard, Quand vous me rendrez visite, qui compte beaucoup pour moi : j'avais travaillé pour cette magnifique chanteuse, dans cette usine photographiée sur la couverture du CD... Nous en avions parlé récemment, Flûtine, Tinette et moi.
Mais l'album m'a été envoyé un peu tard : j'ai dû le déposer au domicile de Tinette tout à l'heure. Juste après, pour me changer un peu les idées et sortir de cette semaine de dingue, j'ai fait un crochet à la Keufna.

aragon_triolet

Certains magasins font des sortes de soldes en ce moment, et je voulais regarder un peu les appareils photos, les amplis, les home cinémas... Au détour d'un rayon, je tombe sur des livres soldés. Généralement, il s'agit d'ouvrages dont personne ne veut, invendables, sur la dentelle de nos grands-mères, la culture du maïs en Amérique du sud ou les vers de terre.
Mais là, je vois tout de suite que les ouvrages sont intéressants : Hanna Arendt avec Condition de l'homme moderne, de la philo "facile", de beaux livres de voyage et des poètes. Aloysius Bertrand, Aragon, Michaux. J'ai craqué pour les deux derniers, avec Le Fou d'Elsa et L'Infini turbulent. Je ne peux même pas dire que les livres sont abimés. J'ai acheté ces poètes -j'ai failli écrire "mes poètes"- avec le sentiment d'accomplir un geste important et dérisoire : sauver du pilon de la poésie; être la gardienne d'un temple mis à sac. Heureuse et désoeuvrée, j'ai fait un sms à Tinette pour lui dire que la poésie n'était plus importante pour grand monde.

C'est à la fois me placer sur un piédestal puisque moi, je la sauve et je l'aime; sombrer dans une certaine mélancolie et un pessimisme latent en me disant que la poésie est soldée car personne n'en veut; et être satisfaite d'en lire, car je ne dois pas être la seule à me réjouir à l'idée de faire une affaire avec des livres "beaux".

Pour finir, un vers d'Aragon, au débotté :

"J'ai passé dans tes bras l'autre moitié de vivre" (Cantique des cantiques, Le Fou d'Elsa)

 

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23 mai 2011

Pensées galvaudées. Tant pis.

sac_h_pital

C'est fou comme on peut dire "je t'aime" en se taisant.

Ça déborderait presque.

Envie de relire, de parcourir Eluard.

plante_h_pital

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13 avril 2011

Ultime day : épique

Avant de vous raconter mon épreuve de leçon, ze cherry on ze cake, laissez-moi débuter par mes frasques avec la SNCF.

cerise_cupcake

Ce matin, réveil à 6h. Pti déj, préparation, maquillage, et le reste; encas et sandwiches (pain complet, mâche, viande des grisons, chèvre frais, excusez du peu); Robbe-Grillet et Rimbaud glissés dans ma sacoche pour y jeter un oeil pendant le trajet. Départ de la maison à 7h05. Mais comme hier, je vois au loin le train me passer sous les yeux. Pas grave, me dis-je, il y en a toutes les 10mn en heure de pointe, et je suis convoquée à 8h15 donc c'est large.
Mais c'était sans compter sur l'imagination débordante de la SNCF en ces jours de concours : le prochain train était annoncé pour... 7h36. A cause d'une avarie technique, les autres avaient été annulés. Petite panique : j'appelle Flûtine pour qu'elle prévienne le lycée.
Pour faire court, sachez que j'ai eu le train prévu, que j'ai trotté ensuite dans le métro et que je suis arrivée au lycée Buffon à 8h13 exactement. Deux minutes avant l'appel et le tirage des sujets. Heureusement que je suis de nature solide, quand même.

Et nous voilà au moment fatidique : le tirage au sort. La leçon, je le rappelle, est une épreuve physique : six heures de préparation, et 50mn de passage en tout.
Je discute avec un agrégatif qui est dans les mêmes attentes que moi (et beaucoup d'entre nous) : pas Rimbaud, pitié, pas lui; le film de Melville siouplé, pitié; et Robbe-Grillet en deuxième position dans ce tiercé : moindre mal.
On me propose deux petits papiers. Je prends celui de gauche sur une impulsion. Je l'ouvre.

Effroi : "Poésies 1870-1871. Poésies 1872. Règles et dérèglements." Rimbaud, donc. Je redescends, digne, en salle de préparation. Je commence à réfléchir. Je demande à mes camarades leur douleur rimbaldienne : l'enfance, l'érotisme. Je ne m'en sors pas si mal.

Je n'ai rien laché pendant les six heures. J'avais mal au ventre sur la fin. Des sortes de crampes. Un gros glouglou récurrent. J'ai avalé deux tic tac menthe forte, histoire de faire allusion face à ses aigreurs d'estomac.
Mais j'avais sous les yeux onze pages quasiment entièrement rédigées, un plan qui me paraissait potable, et de nombreuses références. J'ai bien fait attention de ne pas m'appuyer sur des textes hors corpus (c'était l'un des pièges).

Je suis encore allée un peu trop vite (33mn au lieu de 40). Mais j'étais fluide, claire et je n'avais pas fumé les pages de mon Rimbaud pour élaborer un plan fumeux.
Questions du jour en entretien : connaissez-vous les interprétations des spécialistes sur le titre "L'Orgie parisienne" ? quel poète a repris la voie ouverte par Rimbaud si lui a repris celle ouverte par Baudelaire ? pourriez-vous expliquer "Racine - après lui, le jeu moisit" ? quelle différence faites-vous entre norme, référence et règle ?

J'avais les réponses à toutes ces questions, sauf la première. Et puis j'en ai oublié, vous imaginez bien. Je suis sortie, un brin branlante, quelques secondes. Sourire aux lèvres. Je l'avais fait. Ne pas sombrer devant Rimbaud. Ne pas me laisser écraser. Etablir un plan d'étude, comme un plan d'attaque. Avoir des choses à dire. Sortir la tête haute de ces trois épreuves.

Je l'ai fait.

Et si je n'ai pas l'agreg, je ne regretterai rien concernant mes prestations. Je suis allée au bout de mes capacités face à ces sujets. Je n'aurais pas pu faire mieux.

Ensuite, comme chaque jour, j'ai appelé Flûtine et Tinette. Envoyé des sms aux plus proches, pour tout clôturer dignement. J'ai pris le métro, en ayant soudain faim. Flûtine n'étant pas encore rentrée à la maison, j'ai décidé de me balader du côté de Saint-Lazare. Sur le trajet, j'ai cherché sur Google le nom de la femme qui m'avait interrogée en leçon : impression de la connaitre. Vue au capes ou ailleurs ? Ah, ben c'est l'inspectrice régionale de lettres. Gloups.

Sur St Laz, envie d'un moka chocolat blanc et d'une tranche de cake au thé et aux framboises dans une enseigne bien connue. Il y avait du bruit, je crois, mais je n'entendais quasiment rien. J'étais encore dans ma bulle. Sept heures  de réflexion d'affilée, c'est dur d'en sortir.

Cake

Je vous jure, monsieur l'agent, qu'il y avait un cake dans cette assiette !

Puis direction la Keufna, pour voir : je ne suis pas sortie de ma caverne depuis un mois. J'ai zieuté un boitier Nikon qui me tente, acheté un CD d'Otis Redding par simple envie depuis quelques jours (je l'avais en cassette audio il y a des décennies), et trois dvd : des classiques de la collection René Château (Nana, Les Liaisons dangereuses, Boule de suif).

Et là, pour tout vous dire, je sens la fatigue tomber progressivement. Impression d'avoir -enfin ?- des cernes. Flûtine ne va pas tarder. Je crois que je suis bien. Je peux attendre les résultats sereine. J'ai joué le jeu. Mais il va quand même falloir que je me repose un peu, je crois...

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11 avril 2011

D-Day

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Scrabble "arrangé" hier soir par Flûtine

 

Première épreuve, passée. Il s'agissait de la littérature comparée. Je suis tombée sur... Neruda, un extrait du chant II, l'un des plus célèbres : "Les hauteurs du Macchu Picchu". Je ne sais pas du tout ce que vaut ma performance : impression d'être passée un peu à côté du texte, tout en me disant que les questions sont faites pour déstabiliser, gratter là où ça fait mal et que je ne dois pas me fier à cela.

Exemple de questions retorses auxquelles j'ai eu droit : pourquoi Neruda écrit-il Macchu Picchu et non Machu Picchu (qui est la bonne orthographe) ? les entrailles de la terre, toute cette thématique, cela vous évoque quoi  dans la mythologie ? faites toutes les remarques nécessaires sur l'expression "les lampes de la terre".

J'ai tenu le temps imparti, j'ai bien fait une intro et une conclusion (choisissant un vers du passage pour terminer en beauté), j'ai articulé, j'ai accepté des auditeurs (qui ne m'ont rien dit après...). Et je n'ai pas sombré malgré mes réponses vides; j'ai tout enchainé, stoïque.

Pour l'explication de texte et la leçon, mes préférences portent sur 50% des auteurs. C'est peu et c'est beaucoup. Exemples de sujets tombés en leçon : Néron dans Britannicus, le corps dans les Essais 1, la jalousie dans La Jalousie (je tire mon chapeau à Inthemood). Gloups.

Je vais me lever très tôt demain... Il faut tenir physiquement. Heureusement, Flûtine est là pour s'occuper de moi. Elle et bien d'autres ont l'air d'avoir aussi passé un oral aujourd'hui, en même temps que moi. C'est peut-être ce qui me rend plutôt sereine. Allez savoir.

 

 PS : si quelqu'un a la réponse concernant l'orthographe du Ma(c)chu Picchu, je suis preneuse : cela me taraude.

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04 avril 2011

Néoblouzer : découvrir des mots rares qui ne sont pas des néologismes.

J'ai enfin entamé la lecture de Césaire, et je peux vous dire que je comprends mieux les propos de mes collègues, qui me disaient que Charles d'Orléans était quasiment plus simple à lire. Je n'ai jamais vu autant de mots rares, que même le TLF ne connait pas. Ils appartiennent souvent au vocabulaire botanique, médical ou encore à des régionalismes. De fait, j'ai divisé mon temps de lecture par trois : j'ai lu hier 50 pages en deux heures. Hum.
Pour m'éclairer, j'ai lu ensuite ma prise de notes sur la littérature comparée. Très dense.

Sinon, j'ai aussi révisé mes cours sur Robbe-Grillet, qui a toujours ce pouvoir soporifique absolu  sur moi. Impression d'avancer lentement avec lui, en fait.

photomaton__2_

Photomaton pris hier. Cliquez !

 

Vers 20h, alors que je m'étais réveillée à 6h30 (un dimanche, oui, je sais), j'ai stoppé la machine et je me suis commandé des makis en récompense. Je les ai mangés devant deux épisodes de la saison 5 d'Ally Mc Beal. L'avantage, c'est que ça me détend, cette série. Au lit à 22h, car mes yeux baissaient le rideau.

A part ça, mon programme du jour portera sur Césaire encore et Montaigne. On verra ce qu'il me reste sur le timing pour envisager plus. Et ma seule "récréation", c'est Karouf. Pffff. Heureusement que j'ai encore demain (dernière journée donnée par le proviseur) pour poursuivre.

Je continue donc à courir dans cette dernière ligne droite, en sentant la ligne d'arrivée, un peu comme les chevaux. On verra bientôt si je suis pur-sang ou canasson.

Edit de 19h25 : 110 pages de Césaire, deux leçons de grammaire (l'infinitif et le morphème QUE), relecture des cours sur Montaigne. Je sature, alors direction abdominaux devant Canal !

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28 mars 2011

Haussoir : n.m. Caractère de ce qui permet d'élever ses capacités. Tenir le haussoir.

Prescription médicale : chaque jour, lisez au moins une heure. Le week-end, la prise est plus importante : entre cinq et six heures de lecture sont nécessaires. L'ordonnance vaut encore pour deux semaines.

Donc, hier et aujourd'hui, j'ai consacré quelques heures à Nazim Himet, Racine et la grammaire. Heureusement, mon proviseur a accepté de me donner trois jours -répartis soigneusement- pour réviser. Demain, vendredi et mardi prochain, je n'irai donc pas au lycée. J'ai choisi des jours relativement légers, qui ne feront pas perdre trop d'heures aux élèves. J'en profiterai pour lire et lire encore, mais aussi aller chez le coiffeur et me chercher un pantalon noir.

Ben oui, car avec mes kilos perdus, je n'ai plus vraiment de chouette pantalon à mettre. C'est drôle car pendant la période d'attente des résultats de l'écrit, je m'étais fait cette remarque dans une boutique : je regardais, presque insconsciemment, ce que je pourrais m'acheter et donc porter pour les oraux, si oraux il y avait...

Le souci, c'est que j'ai presque des tocs dans le cadre des examens : je dois porter certains vêtements, certains bijoux, avoir mes gris-gris, me mettre du vernis aux orteils même si personne ne les verra, et tutti quanti. Alors j'anticipe, pour me sentir vraiment à l'aise devant mes jurys.

Sinon, j'oscille entre assurance et doute. Il parait que c'est sain et plutôt normal (comme je n'aime pas ce mot !).

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Et pour finir, je vous offre une citation de Pablo Neruda, parce que c'est le printemps : mes plantations de jardinières me l'indiquent. J'ai choisi des freesias et des renoncules cette année. J'ai planté les germes de la beauté. J'attends les fleurs.

"Le printemps est inexorable."

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21 février 2011

Paligoussir : avoir mal partout à force d'avoir bricolé et rangé.

Si le salon est à l'image de mon esprit, un peu pêle-mêle, en désordre, et chargé, ma chambre, quant à elle, respire maintenant la sérénité. En effet, depuis mes premiers achats chez mon amikea, jusqu'aux derniers, datant de ce matin même, je me suis occupée de réaménager ma chambre : armoire fringante, nouvelles lampes, dessus de lit clair et léger, allègement de la pièce, rangements.

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Je souris bêtement en me couchant, et au réveil itou. En fait, je suis contente parce que je suis passée à un ensemble bien plus clair, plus lumineux et loin d'une ambiance estudiantine -j'ai passé l'âge, quand même.
Mon dimanche a donc été consacré à cela, une bonne partie de mon lundi aussi. Comment ça, j'ai autre chose à faire ? Ouiiiiii, c'est vraiiii. Pourtant cela ne m'a pas empêchée d'entamer Neruda (tout aussi obscur par instants qu'Akhmatova, mais la démarche littéraire se comprend un peu mieux, peut-être... quoique...).
D'un autre côté, j'ai mal à la tête depuis cet après-midi (trop de bricolage ?). Alors je fais c' qu' j' peux, ma bonne dame.

Demain, lecture encore, et passage chez le vétérinaire pour vérifier la cicatrisation des gencives du noirot. Ceci dit, je vois bien qu'il est très en forme : il joue, fait des bêtises, mange avec appétit. Il dort même dans le tiroir d'un meuble en instance de voyage vers une brocante, et il y place son jouet préféré, la nuit.

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Il y aura aussi au programme deux tonnes de repassage environ. Et mes préparatifs pour rejoindre Flûtine en train jeudi. Ce n'était pas prévu, et j'adore ça.

Sinon, hier soir, j'ai hésité entre deux films pour me détendre : Cabaret de Bob Fosse, et Match point de Woody Allen. Au dernier moment, j'ai opté pour Allen. Je m'attendais à quelque chose de drôle, de faussement léger. Et j'ai trouvé le film lent, sombre, presque plombant. C'est normal, docteur ?

PS : mes envies de clarté touchent aussi à mon blog, dont j'aimerais changer les couleurs. Je ne sais que faire, en revanche, comme géniales associations...

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15 février 2011

J'ai l'âme slave

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Je lis actuellement Anna Akhmatova, que je ne connaissais pas avant l'agrégation, je le reconnais. Sa vie à elle seule est déjà une aventure, une douleur, à la mesure d'autres auteurs russes qui ont subi les régimes totalitaires bien connus de ce pays. Quant à son écriture, elle est très... russe. Je ne sais comment dire cela autrement. J'ai toujours eu du mal avec les romans de Dostoievski ou les pièces de Tchekhov mais je reconnais l'aspect torturé, l'ambiance pesante, les silences, la cruauté, la beauté qui se mêlent dans ces pages. Akhmatova, c'est pareil. C'est très russe. Et le quart de Polonaise que je suis tente (comme si nous étions encore à l'époque des théories génétiques fumeuses : comment le sang pourrait-il transmettre une culture ? Pfff, n'importe quoi, moi !) de s'y plonger.
D'autant que ces derniers jours, je ne me sens pas au mieux de ma forme psychologique. Ce matin, j'ai insulté Conforama et tous ses saints en effectuant le montage hasardeux d'un meuble... Car j'essaye d'améliorer mon quotidien et ma santé mentale en réaménageant, dans la mesure de mes possibilités, certaines parties de mon appartement. Je pleure aussi facilement. Je m'endors en lisant l'après-midi. J'étouffe.
Je n'ai qu'une envie : souffler. Etre dans les bras de Flûtine, en silence. Tant de mots, parfois, m'épuisent. Les mots des livres du programme, les citations à apprendre, mes propres mots en cours, la répétition, les mots vains, les discussions plates, les mots inutiles de la plupart de mes cours de fac, les mots vides des mails commerciaux, et tous les autres.

Et pourtant. Pourtant il est bon se s'y lover dans les transports, en oubliant l'agitation ambiante. J'ai fait cela hier avec Akhmatova. Une sorte de bulle, un espace feutré offert à moi, même si elle dit la souffrance de la solitude, de la censure, de la violence.

Je lutte contre mes anciens démons, ceux que certains ont lu ici parfois -souvent. L'image de soi sur un plan intellectuel est beaucoup au centre de mes tourments. J'ai beau savoir que je ne dois rien espérer de l'agrégation, que je ne dois pas en attendre un changement quelconque, j'y accorde bien plus d'importance que je n'aurais cru.
J'ai, pendant des années, chercher à me tirer une balle dans le pied pour que ce que je suis corresponde à ce que je crois être. C'est-à-dire une fille banale, pas bien brillante, besogneuse mais pas une lumière.
Cependant, de façon paradoxale, je n'arborais comme seule valeur, comme seule qualité, que ma culture. Forcément, le concours me ramène au point zéro : je ne sais pas grand-chose. Tinette me disait il y a peu de temps que passer l'agrégation dans ces conditions et à mon âge, c'était l'équivalent d'une psychanalyse. Je confirme que je suis retournée comme une crêpe, et bien plus chamboulée que prévu (l'avais-je même prévu ?).

Alors imaginez mon état actuel, face aux pronostics de l'écrit... Scenarii divers et variés :

1) Je ne suis pas admissible.
Je n'aurai pas assez de recul pour me dire que ce n'est pas bien grave, que "c'est déjà un honneur que d'être nominée", une belle performance, une riche expérience, blablabla. Car il y aura le regard de Flûtine, celui de Tinette, celui de Comtesse, celui d'Asa, celui de et de et de (et le vôtre !)... En tout cas, le regard que je leur/vous imagine. Et je me conforterai dans ce que j'ai toujours cru : ne pas être bien douée.

2) Je suis admissible mais je ne décroche pas l'agreg.
Encore pire, peut-être. Regret de ne pas avoir saisi ma chance, surtout avec un sujet de didactique taillé sur mesure (ça n'arrive pas deux années de suite). La "place du con", comme en sport, quand on est au pied du podium, quatrième. La honte d'avoir échoué si près. La gêne de mon entourage sans doute. La réjouissance de certains collègues jaloux, qui eux aussi se sont plantés de la même façon. Ma crainte d'avoir fait exprès de rater l'oral.

3) Je suis admissible puis admise.
Je penserai qu'il s'agit d'une erreur. Le niveau était vraiment bas, cette année. Et puis, une fois que j'aurais admis le fait que oui, je suis agrégée, il faudra que je m'adapte à ce nouveau moi qui accepte de réussir, même dans des conditions peu évidentes (plein temps, formation pas extraordinaire).

Tout est là, en fait : j'ai tellement changé en un an, qu'il s'agisse du plan physique ou mental, que je suis perdue. Je ne me reconnais plus vraiment. Les spectres refont surface sans doute parce que je ressens une fatigue de coureuse de fond, que l'échéance des résultats approche, et puis, allez savoir à quoi tout cela tient. Des idées ?

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10 octobre 2010

Le prochain épisode

Finalement, hier, je suis rentrée plus tôt que prévu : le cours sur Rimbaud (six heures d'affilée !) n'était que remarques linéaires, toutes basées sur une interprétation relevant de la masturbatintellectuelle. Néologisme compréhensible, je crois, mais je développe quand même.

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En effet, le professeur voit du s*xe (évitons les moteurs de recherche glauques ici) partout chez Rimbaud, même dans les recoins les plus cachés. Nous étions, je crois, tous fort sceptiques à force d'entendre parler d'onanisme dès l'âge de sept ans, de rêve de perte de virginité chez les jeunes filles, de sod*mie et j'en passe.
Nous savons effectivement que Rimbaud semblait avoir peu de complexe vis-à-vis du s*xe, mais de là à lire toute son oeuvre en fonction de ce paramètre, je ne suis pas d'accord.
J'ai donc quitté le cours vers 16h30. Il paraît qu'ensuite, les propos du prof sont passés du s*xe à Dieu, pour parler d'Une Saison en enfer. Pendant ce temps-là, je filais sur mon scooter, en me disant que j'adoptais une attitude quasi rimbaldienne en m'échappant ainsi d'un cours d'agrégation...

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