23 novembre 2009
"Je n'aime pas les fenêtres, j'aime les trous"
Hier, j'ai déconnecté un peu de ma morosité et du rythme boulot-boulot-boulot en voyant Peps. Chez elle, nous avons fait un brunch. Elle avait fait les choses en grand :
Ensuite, après divers papotages, direction l'abbaye de Maubuisson. Je voulais la visiter depuis longtemps, et Peps voulait m'emmener à l'expo Orlan qui se déroulait dans ces lieux.
Elle se la jouait parce qu'elle connaissait déjà l'artiste dérangeante, pffff ! Nous avons traversé la grange aux dîmes, le parc, des petits ponts de bois en chantonnant, et enfin l'abbaye. Des oeuvres d'Orlan étaient exposées en divers endroits. Certaines m'ont plu, d'autres moins. Il faut dire que l'artiste prend son corps en guise de champ d'expérimentation et s'en sert pour dénoncer certaines dérives.
Alors la chochotte qui est en moi (peur des aiguilles, de la chirurgie...) a du mal, par moment.
Mais ses robes vides dans la salle des religieuses étaient vraiment très belles. Je compte faire un album photos dès que je le pourrai, mais là je dois m'activer un tant soit peu face à la masse de choses que j'ai à faire pour cette semaine...
Je complèterai ma note avec le sac de Peps, des photos, et quelques descriptions des oeuvres que nous avons vues, promis !
Edit de 18h25 : entre deux copies, j'ai créé un album photos sur mon dimanche et Maubuisson. Bon visionnage, avant d'avoir les explications...
02 novembre 2009
Fidèles au-delà du possible
01 novembre 2009
Un air de pluie...
Un petit air de mon après-midi, pour commencer...
Et puis j'ai essayé de travailler, aussi, ce matin...
19 octobre 2009
Remember the time
Ce que Papistache m'a gentiment demander de faire est loin d'être évident pour moi : je n'ai guère de souvenirs avant mes sept ou huit ans. Je sais plus ou moins pourquoi, d'ailleurs. Alors évoquer "mon plus ancien souvenir" relève du défi...
J'ai peut-être cinq ans. Ou un peu moins. Le matin, nous sommes allées ma mère et moi voir quelqu'un en blouse blanche qui m'a fait une piqûre. Je déteste les piqûres. Mais j'ai été courageuse, paraît-il. Enfin, c'est le souvenir que j'en ai. Peut-être n'y a-t-il aucune piqûre dans cette histoire. Je ne le saurai jamais.
Je n'ai aucune idée de ce que j'ai pu faire durant la journée. Arrive le soir. Ma mère prépare à manger (une soupe ? ça sent les légumes) et s'active en cuisine.
Je suis assise confortablement par terre dans l'entrée, au carrefour de toutes les pièces. Je vois ma mère à droite, ma chambre un peu derrière moi sur la gauche, la porte d'entrée face à moi. Je joue avec une poupée ou un nounours. Ou autre chose. Je n'ai jamais été très poupées, pour une fille (vive les clichés).
Je me sens comme une héroïne. J'ai sans doute un pansement depuis le matin. Je n'ai plus mal.
La lumière est très jaune autour de moi. J'ai l'impression qu'il est tard. On attend, je le sens bien.
Soudain, des clefs dans la porte d'entrée. Cet homme immense, brun, au menton qui râpe un peu, semble content de me voir. Je sais qu'il est beau. Mais je refuse de l'admettre. Il demande comment s'est passée la piqûre. Evidemment, il le sait déjà car il adore le téléphone. Mais je l'ignore encore à mon âge. Il se baisse vers moi. Je ne sais plus s'il m'a prise dans ses bras. Mais en moi-même, je me dis, avec mes mots d'enfants, basés sur des impressions : "Il est étranger. Il est trop brun. Il vient d'un autre pays. Et moi je ne lui ressemble pas."
Je trouve qu'il nous dérange, ma mère et moi. Nous étions dans la quiétude du soir, avec l'odeur des légumes, la lumière jaune, mes jouets, et moi au centre de tout.
Ce soir-là, j'ai dû comprendre beaucoup de choses.
Cet homme, c'était mon père.
Cet homme, c'était mon père, celui qui m'a élevée, acceptée, adoptée.
Cet homme, c'est celui qui a refusé d'avoir d'autres enfants pour ne pas faire de différences.
Cet homme, c'est celui qui m'a donné son nom.
J'ai su tout cela bien tard, alors que je n'étais plus en âge de jouer, assise dans l'entrée, dans la quiétude du foyer.
Cet homme nous a donné un foyer. Un lieu chaud et rassurant.
Je l'ignorais, à quatre ou cinq ans. J'ai commencé à lui ressembler très vite. Et deux ans après sa mort, alors que j'avais moins de vingt ans, j'ai compris qu'il m'avait laissée petite fille, perdue sans lui, au milieu de l'entrée.
Je trouve qu'il fait froid, depuis.
15 octobre 2009
Ils z'ont des chapeaux ronds...
Promis promis, demain je raconterai mon week-end breton, mais et je vous fais visionner en exclusivité mondiale l'album y attenant !
Départ le samedi après quatre heures de cours le matin. Valisette fuschia prête, je file prendre bus, métro puis train après avoir déjeuné rapidement. Je regarde le tableau des départs avec un brin de... de quoi, d'ailleurs ? J'allais écrire nostalgie, mais non. Tendresse ? Bof. Je vais continuer à chercher.
Après trois kilomètres de quai à parcourir, j'arrive enfin dans le wagon de tête, direction Vannes. Je suis cernée soit par des Anglais, soit des vieux, soit un cumul des deux. L'un d'eux a parcouru autant de quai que moi et semble en avoir souffert : son repose-tête dégouline de sueur. D'instinct, je regarde le mien car cela m'écoeure...
Ipod sur les oreilles, je m'endors. Ma semaine a été longue, j'ai cumulé pas mal de stress avec l'histoire des rasoirs, le résultat est donc logique. Je corrige quand même quelques copies au réveil.
Je retrouve Ga à la gare. Petit tour au bord de l'eau, mais c'est marée basse. Retour chez elle, on attend ses amis avant d'aller dans une crêperie locale succulente.
Coucher un peu tardif, donc réveil itou. Petit-déjeuner brunch vers 10h30 le dimanche. On se prévoit plein de choses et nous sommes prêtes à... 16h ! Grande flemme, essayages de chapeaux et masques, et bavardages ont eu raison de nous, je l'avoue. Direction la foire fouille pour trouver un jeu de tarot (oui, ce magasin est très local et j'ai fait le voyage juste pour ça).
Ensuite, café et gâteau conceptuel chez une copine de Ga. Celle-ci a trois enfants, dont un hyperactif. L'aînée a douze ans et mesure environ 1,75m... Mais ce n'est encore qu'une petite fille dans sa tête, heureusement. Elle me balance quand même : "Ouais, je savais que vous étiez prof : vous avez une tête de prof. Et puis les habits, tout ça... Et la façon de parler." Damned, je suis donc si facile à démasquer ?
Retour le soir chez Ga pour un poulet-frites maison, en matant et en commentant "Nos plus belles années", que je n'avais jamais vu, shame on me.
Dodo, réveil le lendemain pas tard car Ga doit emmener son titi joli à l'école. Ensuite, j'aurais dû l'accompagner à la piscine mais j'ai été prise d'une grosse crise d'angoisse, et j'ai laissé mon canard gonflable, mon maillot anti sexy et mes lunettes grâcieuses dans la valise...
A la place, j'ai fini de corriger des copies en attendant le retour de Ga. Puis direction la Mc Do parce qu'on en avait bêtement envie. Achat de maquillage, parfum et CD à graver. Direction la mer. Le temps passe trop vite. Ga somnole sur le sable. Moi, je parle, je parle, je parle, pour la maintenir à flot : l'heure de mon train approche...
_ Euh, Ga, il est 15h20 ?
_ Mmmgrpghmmmm.
_ Ah oui, quand même. Je pars dans 30mn.
_ ... On va y aller.
Et là, racing surréaliste de Ga dans les rues de Vannes. Raccourcis, virages en tête d'épingle, excès de vitesse. J'ai mal au coeur mais je n'ai pas peur. Les minutes défilent. On rigole quand même.
Les pneus crissent, on arrive en courant presque et nous entendons la délicate voix de la dame de la sneufeu : "Tintintintinnahhh... Mesdames et messieurs, le TGV en direction de Paris Montparnasse prévu à 15h56 aura environ dix minutes de retard..."
Aouch ! J'ai failli vomir pour rien ! Au final, je suis bien arrivée, sauf que j'avais oublié dans le coffre, après notre course citadine, le maquillage acheté l'après-midi.
Piouh, ayè, j'ai fini de raconter mes petites histoires océanes !
26 septembre 2009
Déclics
Je programme ce post pour être synchrone avec les défis du samedi... pendant que je ferai cours. La consigne 74 portait sur une citation de Lamartine : "objets inanimés, avez-vous donc une âme ?"
Voici mon texte, qui s'intitule : "Déclics".
Elle n’en a jamais rien su. Des nuits à l’attendre dans le
noir, de la poussière qui s’entassait sur mon corps, de la sueur qui coulait le
long de mes hanches lorsqu’elle me tenait. Rien non plus sur la jouissance
qu’elle me donnait du bout des doigts, des fenêtres qu’elle ouvrait sur ma vie,
des pupilles qui se dilataient, encore moins de ma solitude dans le coffre de
métal qui devait me protéger.
Elle sait pourtant le bonheur du soleil d’hiver sur mes
joues, et mes paupières délicates. Les ombres ne m’ont jamais fait peur. Je ne
pouvais pas avoir peur : elle était là.
Jamais elle n’a tremblé.
Ah, si, une fois. Enfin, elle a eu peur de trembler. Elle a
craint de rater l’image parfaite, de ne pouvoir la saisir. Je sais qu’elle aime
les portraits. Elle dit qu’elle rend les gens beaux. Qu’elle ressort d’eux
cette beauté, parfois insaisissable.
C. était là, dans la lumière déclinante du début de soirée,
après une promenade dans les monts auvergnats. Les pantalons et les pulls
avaient souffert, mais nous étions arrivés jusqu’à Saint-Nectaire. Nous étions
passés par les champs interdits. Les chemins de traverse. Le moment était
parfait.
C., assise sur un banc de fortune, perdue dans le fil de ses
pensées, vraisemblablement heureuse à ce moment-là, précis et infime. Prête à
se lever, seule sa main se mouvait, comme un signe de départ.
Elle m’a pris entre ses mains légèrement tremblantes, à la
fois empressées et savourant l’instant parfait. La lumière. L’arbre noueux en
arrière-fond. Ne pas manquer le tronc ancien, qui entourait le visage de C..
Les yeux de cette dernière ont braqué notre regard, et ont ébauché un sourire.
C’était le signal.
Elle n’a pas tremblé. Le portrait serait parfait, forcément.
En noir et blanc, forcément.
Plus tard, quand C. sortirait violemment de sa vie, elle me
rangerait dans une valise rembourrée. Je l’ai attendue des mois, des années
peut-être. Ma meilleure amie. Ma plus belle amante. Celle qui se cache derrière
moi pour mieux se voir au travers des autres. Inconnus ou personnes aimées.
Il y a maintenant des milliers de cadeaux que nous avons
faits ensemble. De l’infiniment petit. Des nus. Du très proche. Des œuvres
d’art. Paris. Beaucoup de portraits.
Elle n’a jamais tremblé. Juste failli une fois. C’était il y
a longtemps. Des mois, des années, c’est sûr.
Elle n’en saura jamais rien. Des nuits à l’attendre dans le
noir, de la poussière qui s’entasse parfois sur mon corps, de la sueur qui
coule le long de mes hanches lorsqu’elle me tient. Rien non plus sur la
jouissance qu’elle me donne du bout des doigts, des fenêtres qu’elle ouvre sur
ma vie, des pupilles qui se dilatent, et encore moins de tout l’amour que l’on
s’échange, entre deux miroirs…
21 septembre 2009
Le poids des mots, le choc des photos
C'est bizarre : j'ai des photos que je trouve très intéressantes, mais je ne parviens pas encore à les mettre en ligne ici. Peut-être parce qu'elles me dérangent, à leur façon. Il s'agit d'animaux que je suppose empaillés, bardés d'objets luxueux. Des visages qui semblent souffrir, au milieu de paysages étranges. Les images en soi sont belles. Ce qu'elles dégagent, c'est autre chose.
Je les avais évoquées dans une autre entrée, il y a peu de temps, en disant que les surréalistes les auraient adorées. Je crains sans doute de vous mettre mal à l'aise. Ou alors ces photographies me renvoient à la mort, si je suis honnête avec moi-même... Images sur papier glacé, images glaçantes, taxidermie, luxe ostentatoire, esthétisme à froid, le beau pour le beau...
Dans le lot, j'en sors certaines aux reflets changeants et argentés, un ou deux autoportraits extrêmement subtiles, de la déco aux couleurs tendance -noir, blanc, métal-, un gant qui me fait penser à la Nadja de Breton, encore et toujours (c'est fou comme ce texte m'aura marquée !)...
J'aimerais retourner aux grands magasins, cette fois-ci armée de mon boîtier Nikon, et en faire de véritables images, tellement belles qu'on en oublierait presque leur "obscure clarté"...
Si je n'avais pas été enseignante, j'aurais voulu être photographe.
A vous de voir ce que vous pouvez en déduire... Et moi.
11 septembre 2009
Constats matinaux

J'ai un début de mal de tête.
Plusieurs cauchemars dans la nuit.
Vais me faire un thermos de café pour le lycée.
La chaîne de restau "Le paradis du fruit" s'est refait une beauté. Les prix aussi.
J'ai quatre cinq rouges à lèvres Chanel. Je ne pensais pas en avoir autant.
Mes cheveux ont bien poussé : je peux commencer à me faire un ersatz de queue de cheval.
Hier soir, j'ai pris des photos des vitrines des grands magasins : les surréalistes auraient adoré.
Il me reste à les mettre en ligne ici.
Ou pas.
J'ai repris mon plan de lecture analytique sur Pascal ce matin en moins de 15mn.
Il y a des jours où je m'étonne moi-même.
Je vais mettre mes Kickers basses aujourd'hui, en espérant pouvoir encore marcher ce soir.
Je me suis acheté à la Keufna de nouveaux écouteurs pour mon ipod, alors que j'étais entrée pour une cartouche d'imprimante.
Mon imprimante a soif de noir, encore.
Sur ce, l'ECJS m'appelle, et Blaise aussi.
A ce soir, fidèles lecteurs courageux, qui risquez la déprime en me lisant régulièrement.
Ou alors je suis votre catharsis.
Comment cela, mes cours me tapent sur le système ?
04 septembre 2009
En attendant mieux
J'ai décidé de faire une entrée visuelle, avec des images qui me plaisent, dont deux faites samedi dernier, quand j'ai vu Emy.
13 août 2009
Le riche ne sue pas, ou alors du Chanel.
Voilà, ma première journée de retour est passée de façon fulgurante. Je devais faire des courses chez Karouf pour remplir le frigidaire, mais ma maman cocotte m'a monopolisée pour aller chez mon amikea et acheter des croquettes de luxe pour ses minoux...
Je suis quand même parvenue à trier mes photos de vacances avec Micahuète et à les classer, ouf !
En fait, je ne sais guère par où commencer car nous avons vécu quelques aventures saugrenues et amusantes. Entre autres :
- une randonnée en forêt derrière l'immeuble, au cours de laquelle nous nous sommes perdues...
- la découverte hasardeuse d'une plage océane qui s'est avérée être un endroit privilégié pour les couples gays, les nudistes et tous ceux qui veulent rencontrer quelqu'un de façon furtive...
- une autre randonnée de six heures aller-retour sur la plage jusqu'à la dune du Pyla, au cours de laquelle nous avons bien failli y rester (j'exagère à peine) et qui a donc occasionné un véritable coup de chaud...
- quelques coups de soleil bien sentis, à l'effet bi-goût vanille/fraise.
- un restaurant chinois au service démesurément lent.
- une visite d'une ville de riches au col de polo rose relevé, armés des deux mêmes modèles de Ray-Ban à la mode.
- du shopping à n'en plus finir, car Micahuète comme moi-même ne nous en lassons pas !
Alors bon, je me réserve le récit de la rando plage pour les jours à venir, en vous donnant la réponse de mon ersatz de devinette : je suis partie sur Arcachon, et la ville de riches, c'est le Cap Ferret (ça, c'est l'appellation pauvre, parce qu'on doit dire "Je vais au Ferret" quand on n'est pas du petit peuple).




































