19 mai 2014

Ne vous déplaise...

J'avais beaucoup hésité, pour des raisons financières mais aussi et sourtout par peur d'être déçue.

Le première fois que je l'aie vue en concert, c'était à l'Olympia, en 1993. Elle m'avait bouleversée. Je l'écoutais depuis l'âge de quatorze ou quinze ans (oui, je n'avais que peu de goût pour les chanteurs de mon époque). Ensuite, je n'ai plus vraiment compté le nombre de fois où je l'ai vue, émerveillée, en me disant que si je pouvais être une autre, je serais elle, Juliette Gréco.

Progressivement, j'ai senti que l'âge l'atteignait, même si je m'y refusais. J'ai continué à acheter ses albums (en collaboration avec Jean-Claude Carrère, Marie Nimier, Abd Al Malik, Biolay...), et me suis convaincue qu'il fallait que je reste sur mes souvenirs déjà un peu anciens. Les années ont passé. De loin en loin, je souriais en l'entendant à la radio, en la voyant -rarement- à la télévision : son côté petite fille malicieuse, débordant de goût pour la vie, intact, m'a toujours émue.

Et puis, l'annonce de son dernier album m'a rendue méfiante : Juliette Gréco interprétant Brel n'avait rien d'exceptionnel. Et pourtant... Les nouveaux arrangements de Gérard Jouannest (immense monsieur !) et la maîtrise de Gréco sur le répertoire du grand Brel (elle reste à mes yeux sa plus grande interprète), ont su me convaincre à l'écoute de l'album.

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Mais ce n'est pas celui-ci qui est la source de mon article sur le blog.

Innocemment, je dis un jour à Cally que Gréco passe à l'Olympia pour deux soirs, mais que je crains d'être vraiment déçue, ou triste, ou les deux. En discutant ensemble, Cally trouve les mots pour me convaincre d'aller la voir, peut-être une dernière fois, osons le dire, puisque la dame a quatre-vingt-sept ans maintenant.

 

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C'était vendredi, après une semaine très chargée, que nous avons vu "la Gréco" chantant Brel et d'autres titres de son répertoire, sur la scène de l'Olympia. En nous installant dans la salle, je suis prise d'un doute : les trois-quarts des spectateurs ont au moins soixante-cinq ans, et le reste est definitly gay.

La première partie est à oublier : un jeune homme chante sur son synthé tel un adolescent dans sa chambre, en scandant des paroles insipides qu'il cherche à caser dans ses rythmes. Puis vingt minutes d'attente.

Jouannest ouvre le bal avec un accordéonniste (ce seront les seuls musiciens) et est acclamé à juste titre. Et Gréco entre, comme à son habitude, depuis le fond de la scène, entre deux spots lumineux verticaux, posés au sol. Je suis frappée par ses épaules qui tombent, comme chez les vieilles femmes, et très émue de "retrouver" la dame dans sa robe noire aux manches chauve-souris. Quelques secondes, et la voici devant le micro, dans un premier tonnerre d'applaudissements.
Et là, le miracle arrive : il n'y a plus de vieille femme, mais une chanteuse toute droite, habitée par les textes, maîtrisant son chant. Seul le détail d'un prompteur qui la rassure, à ses pieds, me dit que la mémoire pourrait être défaillante.

De bout en bout, je suis bouleversée de le revoir, de l'entendre, de partager avec elle les mots de Brel, Ferré, Gainsbourg... Le public sait quels sont les morceaux de bravoure et de génie : "Ces gens-là", "La chanson des vieux amants", "J'arrive", "La Javanaise"... Je souris, aussi, à son annonce : "Je ne devrais pas, mais je le ferai quand même !" avant d'entamer "Déshabillez-moi", et de trouver en cette femme encore tant de sensualité.

Après presque une heure trente de spectacle, elle repart, épanouie, pleine d'amour, au bras de son mari, portant dans ses bras des bouquets de roses offerts par les fans. Il n'y aura pas de rappel, et personne ne semble lui en vouloir.

Moi, je ravale mes larmes depuis plus d'une heure, je conserve cette émotion que si peu d'artistes me procurent, aussi longtemps que possible. Je me suis nourrie de tout; j'en ai fait mon miel.

Je regrette juste que cette dame qui a traversé plus de vingt ans de mon existence, n'ait jamais su ce qu'elle représentait pour moi, égoïstement.

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18 avril 2014

Vertigineuse

Hier, j'avais décidé d'emmener Cally à un concert d'une chanteuse qu'elle aime beaucoup : Emilie Simon. Nous étions dans une petite salle sympathique de banlieue, pour le premier concert de la tournée de la demoiselle. Malgré un début de concert tardif, dû à une première partie légèrement trainante, mais surtout à de menus soucis techniques, j'ai beaucoup aimé la voix si particulière -et pas du tout décevante en live- d'Emilie Simon.

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Sous des airs de poupée à l'ancienne, elle a un regard audacieux, et son côté chaperon rouge se transforme vite en chaperon trash avec sa guitare électrique et son énergie. Fan de technique, la chanteuse a mis au point un accessoire intéressant qu'elle fixe à son bras pour faire varier sa voix à distance, grâce à son ordinateur au logo de pomme.

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On oscille entre Mazzy Star, Camille, Charlotte Lebon, Emilie Loizeau... tant sur le plan physique qu'artistique. Quand Emilie Simon se met à parler, on dirait une petite fille timide, qui bascule dans une douce provocation l'instant d'après, quand elle chante.

Les morceaux du dernier album m'ont beaucoup plu, surtout celui sur Paris ("Paris j'ai pris perpète"). J'aurais aimé entendre la reprise de "Wicked game" en rappel, mais...

Mais sans vraiment prévenir, en l'espace de quelques secondes (minutes ? je ne sais), j'ai fait une sorte de crise vagale au milieu de la fosse... Cally a eu juste le temps de voir ma suée et ma couleur verdâtre, puis de m'attraper. Je ne sais ce qui s'est passé les instants d'après : je n'entendais plus rien, je ne voyais plus rien malgré mes yeux ouverts. Cally m'a emmenée jusqu'à la porte de la salle de concert je ne sais comment, avec l'aide d'une seule jeune femme qui m'a épaulée. (NB : tous les autres spectateurs ralaient et se plaignaient, alors que Cally scandait un "pardon, malaise !" à répétition... C'est très rassurant.)
Une fois assise (nous étions debout depuis 20h, et il était 23h15 environ), un gentil vigile m'a donné un verre d'eau et du sucre. J'avais recouvré la vue mais pas encore tout à fait l'ouïe. Je crois que j'ai raconté un peu n'importe quoi. Ensuite, nous sommes reparties avant que la foule ne sorte de la salle.
J'ai vaguement entendu "Wicked games" derrière la porte.


En soi, un malaise de ce type n'a rien d'exceptionnel, cependant cela m'est si peu arrivé dans ma vie que j'en suis fort étonnée. Par ailleurs, je me rends compte que je ne supporte pas de perdre le contrôle, de ne rien maîtriser. Et autre constat : je suis sans doute bien plus fatiguée que je ne le crois...

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05 novembre 2013

Nos élèves m'ont donné une autorisation de sortie

Puisque je devrais être en cours, mais que nos élèves ont fait blocus ce matin (je suis arrivée en pleine arrestation d'un de mes anciens secondes...), le lycée a fermé ses portes à midi. Me voici donc revenue à la maison, alors que la pluie s'acharne à tomber dehors.

Je vais prendre le temps d'écrire un peu ici, car je sais bien que je déserte trop...

J'ai envie de parler musique tout d'abord. La dernière fois, j'évoquais Asaf Avidan. Là, je passe dans un tout autre genre, car j'avais remporté deux places pour un concert classique au théâtre des Champs-Elysées : un chef anglais dirigeait l'orchestre de Paris (Mozart, Dutilleux, Beethoven). J'ai beaucoup aimé entendre cet ensemble (environ quarante musiciens), car on n'a pas souvent l'occasion d'entendre des morceaux classiques en live.Le public était plutôt âgé, ce qui montre bien que ce type de musique en concert est peu accessible, globalement. Enfin, c'est ce qu'il m'a semblé.

Sinon, pour mon anniversaire, j'ai reçu les deux albums de Stromae. Très sceptique au début, je dois le reconnaître, j'ai pris le temps d'écouter et je trouve les paroles et les jeux de mots assez fins. Clairement, le premier album ("Cheese") est musicalement trop techno pour moi, mais je suis bien plus réceptive sur le second. Je ne pensais pas écouter ce genre musical un jour, mais Cally et moi avons des goûts tellement différents que je m'ouvre à d'autres sons.

Ensuite, toujours sous l'influence de Cally, je vais un peu plus au cinéma (ce qui n'est guère difficile puisque je n'y allais quasiment pas). Nous avons vu Blue jasmin de Woody Allen, La vie d'Adèle et Gravity.
Le dernier Allen est faussement drôle. Je l'ai même trouvé très sombre. On jongle et on oscille entre rire et gêne pour ce personnage féminin qui chute de très haut. J'étais à la fois contente d'avoir vu ce film, et comme assombrie par l'histoire de cette femme.
Sinon, plus je songe au dernier Kechiche, plus je le trouve profond, finement mis en oeuvre et en abyme.

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Quant à Gravity, je dois avouer que c'était la première fois que je voyais un film en 3D. Je m'attendais à quelque chose de spectaculaire, une expérience unique étant donné le bruit que l'on faisait autour de ce film. Au final, j'ai passé un agréable moment, mais rien n'a bouleversé mon existence. On est loin de La vie d'Adèle qui remue bien après son visionnage, ou d'Alabama Monroe (vous en ai-je parlé ?). Disons que Gravity est divertissant et bien fait. Et c'est déjà pas mal, en regard de ce qui est parfois proposé au cinéma... En plus, les images de l'espace sont belles et apaisantes, et Sandra Bullock s'en sort plutôt dignement.

Enfin, nous avons vu l'exposition du Luxembourg "La Renaissance et le rêve". Je ne sais si je dois la recommander ou non : rien ne m'a marquée, en dehors d'un manuscrit de sonnet de Michel-Ange. Voir son écriture m'a émue. Ceci étant, je crois qu'il faut avoir de solides connaissances sur le XVIème siècle pour apprécier et comprendre la démarche. J'avais beau savoir que le sommeil fascinait depuis l'Antiquité tous les artistes, j'ai été finalement peu réceptive aux oeuvres. Je suis bien plus intriguée par Braque et Valloton (à venir !).

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Bien, chers lecteurs fidèles, je vasi me concentrer sur un sujet de didactique de l'agreg, car je stagne totalement dans ce domaine... Et c'est bien ce qui m'inquiète et me prend du temps, aussi : les angoisses m'empêchent trop souvent d'agir.

 

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14 octobre 2013

Tunnels

Submergée, tel est le terme. Je suis toute la semaine dans un tunnel, en espérant en voir le bout. Mais le vendredi soir, je sais que je n'ai pas fini : cours toute la journée à la fac le samedi. Je l'ai choisi, je l'assume. Pourtant, je commence à me demander si je gère correctement mon planning. Je suis déjà en retard sur mes lectures d'agreg. Bref, je délaisse le blog, hélas.

Il y a une liste mentale des sujets que j'aimerais aborder ici :

  • la suite et la fin de notre voyage au Cap-Vert
  • le dernier album de Juliette
  • les films Alabama Monroe, Mother
  • les cours et les élèves, avec les bonnes surprises, les désespoirs, les questionnements
  • les échos de mon inspection et le tutorat qui s'achève
  • les petits plats de Cally pour nous, pour moi
  • mon père

 

Voilà ce qui me vient à l'esprit.

Et les copies m'attendent désespérément, la préparation de la semaine de cours aussi. Je tâcherai d'en sortir pour préparer des surprises culinaires pour Cally.

C'est par où, la sortie du tunnel ?

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 Edit de 17h10 : une tarte meringuée aux deux citrons cuit au four, et mon parmentier de courgettes attend patiemment son tour. C'est bon de faire autre chose que de travailler pour le lycée ou l'agreg...

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23 septembre 2013

Torturé génial

Puisque le Cap-Vert est encore et toujours en attente, j'ai quand même envie de vous parler du concert que j'ai vu hier soir : Asaf Avidan à l'Olympia.

Ce jeune homme mince et sec, coiffé à l'iroquoise, impose dès la première chanson le respect. Sa voix n'est pas trafiquée sur l'album. Et c'est bien sur ce point que je l'attendais.

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J'imaginais, sans trop y penser, un artiste tourmenté et sombre, absorbé par ses interprétations. J'ai vu un artiste torturé, certes, mais génial et quasi joyeux. Il parlait pas mal entre les chansons, se payant le luxe de quelques délires et emballant le public, évidemment.

Outre ces menus détails, musicalement, Asaf Avidan est excellent. Bien entouré, il assure avec beaucoup d'énergie, allant parfois jusqu'au rock saturé. Mais je l'ai vraiment préféré dans les moments de grâce où sa voix n'est plus qu'un cri maîtrisé, qu'une douleur faite beauté.

Il transcende ses souffrances (amoureuses essentiellement) pour en faire des chansons. C'est exactement ce que je préfère dans l'art.

Si vous avez l'occasion de le voir sur scène, n'hésitez pas. Et sinon, il reste l'album...

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15 juillet 2013

La femme sans visage

Hier soir, Cally m'a montré la photo d'une femme, en me demandant si je la reconnaissais. L'image était petite, j'y ai jeté un oeil, j'ai vaguement lancé, sceptique, un : "Lara Fabian ?". Evidemment, la réponse était tout autre : il s'agissait de Lady Gaga.

Je n'aurais pas pu la reconnaître : je n'identifie jamais son visage (et sa musique non plus, d'ailleurs). Je suis infichue de dire à quoi elle ressemble.

Plus tard, dans la nuit, je me suis interrogée sur ce point. Suis-je la seule à ne pas savoir quel est le visage de cette femme ? Est-ce intentionnel ? Si tel est le cas, je trouve cela perturbant. Comment peut-on choisir d'être méconnaissable, et en faire une marque de fabrique ?

Dans le cas du groupe Daft Punk, les membres ont choisi de cacher leur tête, ce qui me paraît totalement différent : on entretient le mystère, on voile son identité. Mais si le casque est ôté, ce qui est le principe même de cette astuce, leurs visages apparaîtront et seront alors identifiables (ce qui a été le cas récemment). Il me semble qu'ils ont choisi ces casques non seulement pour l'aspect marketing, mais aussi pour que l'on se concentre sur leur musique.

daft punk casques

Dans le cas de Lady Gaga, on dirait que c'est le contraire : l'image prime tellement, qu'on en oublierait la musique. Car si cette femme est bien connue pour quelque chose, c'est pour ses provocations (la fameuse robe de viande périssable et sanguine), pour ses changements de look que les fans ont du mal à suivre, et pour ses goûts souvent douteux. Mais musicalement ? Je ne suis sans doute pas la bonne personne pour répondre à cette question, puisque je n'écoute pas Lady Gaga : elle m'indiffère, car les rares fois où je l'ai entendue, j'ai trouvé que tout se ressemblait et que c'était sans intérêt. Ma petite réflexion pourrait donc être nulle et non avenue, si l'on me disait qu'elle a apporté sa pierre à l'édifice musical du XXIème siècle.

Cependant, comment expliquer le succès d'une femme méconnaissable d'un mois à l'autre si ce n'est par sa musique ? Ou bien, c'est le fait de parvenir à une forme d'invisibilité notoire qui force le respect et l'admiration. Faire parler de soi en étant invisible à force de visibilité.

Cela me fait étrangement penser à nos élèves qui se voilent et se couvrent d'une robe pour devenir invisible aux yeux des hommes, et qui sont stigmatisées au sein du lycée. Et, à force d'être répandues, deviennent progressivement invisibles, par la banalité du fait. Chez Lady Gaga, c'est l'absence de points de repères physiques qui amène à la reconnaissance, aussi paradoxal que cela puisse paraître.

Je me perds sans doute dans mes "réflexions" (que le mot est grand pour si peu !), mais cette histoire d'image renvoyée aux autres me paraît être au coeur de notre monde moderne, et sans cesse mouvante. On pourrait aussi dériver sur l'usage de l'image sur facebook, ou encore sur instagram.

Et tout cela me laisse perplexe.

 

 

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03 mai 2013

Goulasch et compagnie

Si je vous parle d'un opéra qui a été inspiré par celui de Garnier, d'un palais, de thermes et de bains chauds, d'une synagogue, d'un mémorial de l'holocauste, d'un château, et d'un fleuve qui est dit "bleu", devinerez-vous où je passe mes vacances ?

Je suis allée pour la première fois à l'opéra hier soir, dans cette capitale européenne, et j'ai souri tout du long, je crois. Puccini et sa Butterfly m'ont enchantée. Je n'ai qu'une envie : y retourner.

C'était juste un petit mot en passant, et en souriant bêtement...

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19 avril 2013

L'enfant des bois et l'ovni d'Israël

Pour nos trois mois, outre des gâteaux divins, j'ai eu droit à un album qui me faisait méchamment de l'oeil : celui de Woodkid. Entendu sous forme de single d'abord sur le net, le phénomène s'est répandu partout, dans les magazines, les boutiques culturelles, les critiques.
D'abord séduite par l'ambiance, j'ai depuis mieux écouté. Malheureusement, un papier m'a orientée dans mes goûts : on parle beaucoup de "fake" concernant Woodkid, comme le Canada Dry. Woodkid semble être génial, ça a l'air novateur et décoiffant, ça dépasse X ou Y, et finalement, ça fait pschitt.

Woodkid-The-Golden-Age

Disons que la vérité oscille entre génial et banal : à force de l'entendre, j'ai l'impression d'avoir un mélange entre Antony & the Johnson d'un côté, et Muse de l'autre. Ambiance à la fois sombre et éclairée, morceaux intimistes et symphoniques, mix de mélodies simples ou orchestrales. Sauf que la voix, justement proche d'Antony, reste parfois sans saveur : il y a une sorte de monotonie qui ne rappelle pas les fragilités délicieuses du modèle premier.

Pourtant, certains morceaux, ou plutôt certains passages de quelques titres me serrent la gorge, comme cela peut arriver.

Bien moins qu'avec Asaf Avidan, autre ovni musical de ces dernières semaines. Inutile de dire que je m'abstiens certains jours de l'écouter, car il me bouleverse trop. Et, par chance, j'irai voir Avidan en fin d'année.

En attendant, ce soir, concert offert par ma banque : j'ai gagné deux places pour le zénith de Damien Saez, excusez du peu. Voir une sorte de Baudelaire musical déjanté du XXIème siècle, j'ai hâte ! Même si je n'aurais pas acheté les places moi-même, je suis très curieuse de voir Saez sur scène. En gros, soit je déprime après le concert, soit je l'encense. Ou alors il y aura une troisième voie...

Allez, au moment où la note est publiée, j'attends l'arrivée du chanteur sur scène...

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11 avril 2013

Dézar !

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Je m'étonne parfois moi-même d'être si pertinente dans mes choix : j'avais demandé plusieurs stages l'été dernier, et je participe en ce moment à une formation en histoire de l'art sur Paris, Zola et le XIXème siècle. Aujourd'hui, nous avons passé la journée aux Arts décoratifs et au Jeu de Paume. Je me suis éclatée avec mon nouvel ipad pour prendre des notes et des photos. La semaine prochaine, je remets le couvert dans d'autres musées parisiens, avec des conférences pour couronner le tout.
Je sens que je vais vraiment m'amuser en classe à montrer tous les tableaux qui m'exaltent, toutes les images qui, évidemment, rendront mes cours encore plus clairs, grâce à cet objet dont je me passais jusque-là, mais qui me semble maintenant totalement nécessaire.

Sinon, je devais parler de Benjamin Biolay, que j'ai vu au Casino de Paris pour son dernier concert dans cette salle. Je l'avais déjà vu il y a deux ou trois ans, avec l'album La Superbe, dans une petite salle de banlieue qui n'était pas à la dimension du bonhomme. Cependant, je l'avais déjà trouvé très bon, à la fois techniquement, musicalement et sur le plan de l'ambiance. Certes, il fume et boit entre deux couplets, mais qu'importe.
Cette fois-ci, donc, grande salle, public parisien bobo (et beaucoup homo), et nouvel album. Pourtant, Biolay a eu l'élégance de chanter pas mal de morceaux des précédents albums, voire des plus anciens. L'ampleur musicale est impressionnante. On pense inévitablement à Gainsbourg, dans une version plus pop, plus tendance, plus profonde, aussi. Cerise sur le gâteau, le dernier soir, en rappel, Vanessa Paradis et Orelsan (présents en duo sur Vengeance) ont chanté avec Biolay. Le grand luxe pour ce concert de deux heures, que Cally a adoré. Pendant plusieurs jours, et encore maintenant, j'ai gardé des airs complets en tête, au réveil, en journée, chantonnés du bout des lèvres au lycée ou plus "vocaux" chez moi.

Sinon, je suis dans la lecture d'Eluard pour l'agreg : il me fait le même effet que Rimbaud il y a deux ans. C'est beau. Ah oui, c'est beau. Mais comment l'analyser ?

Et puis hier soir, nous étions dans le flot des parapluies sur le parvis de l'hôtel de ville pour manifester contre l'homophobie. Je n'aime pas avoir à faire cela car je nous croyais plus évolués, mais ça m'a fait du bien de me sentir à nouveau moins seule face à la bêtise. L'ambiance était bonne enfant, le tout manquait d'organisation, mais qu'importe.

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Pour finir sur un art culinaire, je vous le dis : si vous avez l'occasion de goûter au sublime en venant sur Paris, avec les patisseries de Conticini, faites-le. J'ai offert pour nos trois mois deux merveilles (l'éclair au chocolat et la tartelette à l'orange) à Cally, car elle est d'un palais fin et adore les grands cuisiniers. Après cette expérience, je ne mangerai plus jamais d'autres éclairs (et ce n'est pas ma patisserie favorite, loin s'en faut). Je veux aussi absolument goûter à son Saint-Honoré. Le dessert qui paraît simple est totalement sublimé par Conticini. C'est la perfection sucrée. Tout simplement.

 

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18 mars 2013

Monsieur le Marquis de la Réglisse Divine

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Oui, je sais, c'est sans doute indécent de dire cela mais : où sont passées mes vacances ? Je n'ai rien compris ! J'étais épuisée, grippée, soulagée d'être au repos. Puis je suis partie sur Amsterdam (cf. l'album photo), alors que mon noirot avait une urgence vétérinaire assez méchante. Retour sur Paris (avec le chat qui fait pipi partout car sa collerette l'insupporte), jolis moments encore avec Cally, courses, Tinette qui passe à la maison, concours de tir à l'arc. Et puis voilà, j'ai dû préparer les oraux blancs qui débutent demain, et un paquet de copies de première me tend les bras : je vais en récupérer trois cette semaine sans même faire cours. Le comble.

Donc je disais : où sont passées mes vacances ? C'est à n'y rien comprendre. J'imaginais quinze jours si longs, si réparateurs que la reprise me serait légère. Et pourtant, je sens le poids de celle-ci, déjà...

C'est sans doute parce que je profite vraiment de mon repos, et que le contraste est flagrant. Je me sens étrangement détendue, même si la fatigue est parfois présente, ou que je trouve que je vieillis malgré mes airs encore poupins...

Sinon, j'avance lentement dans Mme de Sévigné : je lis autant de notes que de texte. Je pensais avoir fini ce week-end, et il me reste encore... deux cents pages. Pfiouh !

Côté tir à l'arc, j'ai remis le pied à l'étrier après environ quatre ans sans concours : j'ai géré au mieux la pression, et je suis arrivée en milieu de tableau final. Cela m'a rassurée pour la suite des événements, car je ne m'entraine quasiment pas et j'ai gardé des automatismes sains. Il faut juste que je me détende pour rester fluide comme aux entrainements. A suivre...

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