30 septembre 2014

"Pour ne pas vivre seul", chantait Dalida

Après une sixième (?) version des emplois du temps, nous appliquons ces derniers bon an mal an, en comblant comme nous le pouvons les derniers couacs. Je n'ai plus mon heure solitaire du lundi de 14h à 15h, et c'est déjà ça. On se contente de peu, cette année, face au fiasco de la rentrée.
Ceci étant, il reste encore des élèves mal affectés, au bout d'un mois de cours. C'est gênant, quand il y a le bac, au bout.

A part ça, je lutte contre la morosité ambiante et la loi des séries en voyant des amies autour d'un bon repas, en relisant Madame Bovary (diable, j'étais trop jeune la première fois !) -le comble sur la morosité- ou en allant au cinéma le dimanche soir. Nous avons vu Hippocrate, le week-end dernier. Le film est assez bon, et, je crois, dresse un portrait tout à fait juste du milieu médical dans lequel on demande d'accomplir des miracles avec des bouts de ficelle.

Hippocrate-Affiche-2-France

Mais ce n'est pas tant le film dans son ensemble qui m'a marqué pendant plusieurs heures; c'est le personnage de la vieille dame qui souffre et attend de mourir dignement. J'ai retrouvé en elle les mêmes expressions que celles de Mamy, la reine mère, ma grand-mère paternelle. J'ai vécu à nouveau les derniers instants où l'on parle à celle qui est déjà loin, en soins palliatifs. J'ai revu les dents usées par l'âge, et le sourire si doux, malgré tout. J'ai pleuré, sans aucun contrôle, en voyant les bleus sur sa peau si fragile, en entendant ses soupirs de lassitude, en devinant sa patience et sa conscience de la fatalité. Elle, l'ancienne gymnaste, clouée dans un lit d'hôpital à guetter les escarres et les métastases.
Et en me demandant ensuite s'il y aura quelqu'un, un jour, près de moi, pour décider d'arrêter les machines.

Tout s'est confondu;  Mamy, ma mère, moi, ces trois générations de femmes et je serai sans doute la seule, à la fin, à tenir le fil de notre histoire. 

Quand je vous disais que la question de la transmission me taraudait...

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01 août 2012

"La perspective de vivre non loin des feuillus me réjouit"

Voilà, je suis aux portes de mon futur chez moi, je signe demain après-midi... Quelle étrange sensation que celle-ci, oscillant entre fierté d'avoir mené ce projet de bout en bout avec ma mère, d'investir vraiment, de quitter un lieu dans lequel j'ai habité quatre ans, de se projeter dans un autre...

clef_serrure

Il y a aussi toute la question de la filiation : à qui sera transmis ce bien en cas de décès ? Je n'ai plus que ma mère, et mon père et ma grand-mère paternelle ne peuvent pas voir ce que j'ai accompli. J'aurais adoré les silences satisfaits quoiqu'un peu angoissés de mon père, et l'enthousiasme envahissant de Mamy, qui aurait voulu "des photos, des photos, ma poule !" pour se faire une idée... Elle m'aurait aussi aidée à sa façon, en m'offrant, sans aucune insistance, là un canapé, ici un pot de peinture. Sa générosité se mêlait à un fort égocentrisme, mais elle était irrésistible. Je pense beaucoup à mes morts, au moment de cette transition importante dans ma vie. Je crains même de pleurer au moment de la signature.

Ce soir, je verrai l'appartement vide et je ferai le point avec les vendeurs, fort sympathiques et précautionneux. Demain, j'aurai les clefs. MES clefs.

Nda : J'écris ce mot avec un F depuis mon adolescence car C., cette prof-amie qui a sans doute été mon premier amour, avait dit une fois en cours que dans cette lettre, on voyait la serrure. Je voyais dans cette remarque une poésie infinie. Depuis, je n'ai plus jamais écrit le mot "clef" autrement.

Ensuite, viendra le temps de la peinture avec de courageux bénévoles, puis l'encartonnage des livres, et le déménagement...

Et sinon, cela n'a rien à voir, mais j'ai fait environ 1400 abdos, trois joggings et une piscine en cinq jours. Bilan : 300gr de perdus. Pffff.

 

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24 octobre 2011

18 + 18

Je pensais l'an dernier en avoir fini avec le spectre de mon anniversaire, avec cette date irrémédiablement accolée à celle de la mort de mon père. Je me disais que je me réjouissais enfin, que je sortais plus légère de toutes ces années de deuil.

Et puis voilà qu'octobre s'est avancé, cette année, tapi dans l'ombre d'une angoisse. J'ai mis un peu de temps à  formuler ce qui m'alourdissait : j'entame maintenant une "autre tranche" de ma vie, puisque cela fera dix-huit ans que mon père est mort, alors que je venais d'avoir dix-huit ans. Autant d'années sans lui, qu'avec lui. Enfin, pire encore : si l'on compte la petite enfance, mon absence de souvenirs avant l'âge de sept-huit ans, et le moment où l'on commence à vraiment échanger intellectuellement avec les adultes, cela se réduit à une peau de chagrin...

Il n'empêche que, dans les chiffres, voilà qui tombe presque rond : j'ai deux fois mon âge, et je bascule définitivement vers des années au-delà de la période que j'ai vécue avec lui.

Je ne peux pas conjurer le sort, aller contre cet état de fait. Alors, je le formule, du mieux que je peux, quand ces angoisses me mènent la vie dure. Je tâche de profiter de ce que la vie m'offre, même si j'ai toujours du mal à me projeter dans l'avenir, tant la mort me paraît "facile", proche, inévitable et sans logique.

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Je m'extasie sur les petites choses; je contemple, je savoure.

Hier, j'ai emmené Flûtine à Giverny, et c'était beau. Il y avait une exposition de la collection Clark, et puis la maison, si chaleureuse, de Monet. Et, malgré le monde, le jardin et les nymphéas qui apaisent...

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A la fin de la journée, grosse céphalée qui m'a anéantie temporairement. Impossible de reprendre la voiture. Le retour a été silencieux, mais aussi pittoresque. Enorme cocktail Molotov de cachets le soir, tard. Aujourd'hui, je vais mieux. Qui a parlé de somatisme ?

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16 octobre 2011

Petites douleurs, petits bonheurs

Il fait grand beau sur Paris, nous avons même déjeuné sur le balcon. Avant, nous sommes allées à la piscine. Je suis assez peu fluide dans cet élément, mais je parviens à améliorer un peu les choses : j'ai fait 27 longueurs de 25m en 45mn. Ne riez pas : pour quelqu'un qui a peur de l'eau, c'est l'équivalent des championnats du monde, là.

Nous alternons petits joggings et piscine depuis que Flûtine est là, alors que nous sommes moyennement en forme mais cela fait le plus grand bien.

Et avant la piscine, j'ai voulu voter pour le second tour des primaires. (Je n'avais pas pu y aller au premier tour, passons) J'arrive, et j'annonce que je suis en attente de ma nouvelle carte d'électeur, ayant fait la demande sur le site du service public. Et là, gros hic : comme je n'existe pas encore dans ma ville, et que je n'existe plus dans l'ancienne (ils m'avaient radiée des listes sans que je le sache), je n'ai pas pu voter. Cela fait deux fois que je suis frustrée dans mon droit civique. Je suis en colère contre moi-même parce que j'aurais dû m'inscrire bien plus tôt sur les listes, mais aussi contre cet empêchement de pouvoir voter alors que je le veux.

A part ça, nous sortons aussi au théâtre : nous avons vu vendredi La Douleur de Duras avec Dominique Blanc. J'étais très fatiguée, et j'avais du mal à me concentrer. Ou alors c'était une défense de ma part : ce texte m'avait bouleversée quand je l'avais lu il y a des années. D. Blanc est évidemment impeccable, aussi rigide que les mots l'imposent. J'attendais peut-être trop de cette pièce dont j'avais beaucoup entendu parler : cela m'arrive souvent d'être un brin déçue face à une oeuvre trop admirée.

douleur duras

Et hier soir, Flûtine m'a invitée à une représentation de Derniers remords avant l'oubli de Lagarce (pièce au programme de l'agreg). C'était la deuxième mise en scène que je voyais de ce texte, ce qui m'a permis de le découvrir encore autrement, et d'apprécier certains points, certains traits. Je reste cependant sur ma position initale : Lagarce est intéressant, vraiment, mais de là à le choisir pour un programme d'agrégation... J'y vois un laboratoire du langage (comme Robbe-Grillet l'an dernier, me direz-vous) mais je ne ressens pas d'émotion particulière, ou de plaisir de la lecture. Lagarce me semble être fait pour être joué, et non lu.

Ce soir, séance de travail avec Asa et Tinette, ce qui nous fera le plus grand bien : non pas de travailler, mais se voir. Nos semaines ont été difficiles, pour diverses raisons : le blocus (qui a continué jusqu'à vendredi...), l'enterrement de leur ancienne collègue et surtout amie...

Je n'ai jamais vécu ce type de deuil, celui de quelqu'un que l'on a choisi de faire entrer dans sa vie, et qui nous a choisi également. Y penser me noue, et me renvoie à d'autres décès, d'autres douleurs, dont celle liée à mon père, évidemment...

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13 octobre 2011

Aux poubelles, citoyens !

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En dehors de débats politiques télévisés qui n'en sont guère, en dehors de propos aberrants entendus à la radio ce matin ("NS a sauvé le monde économique"), en dehors d'une naissance qui tombera fort certainement au moment du deuxième tour des primaires, on n'entend pas parler de ce qui se passe dans certains établissements, dont le mien.

Depuis mardi, des élèves et des personnes extérieures au lycée bloquent l'accès aux bâtiments, brûlent des poubelles en y jetant des déodorants et des fumigènes, jettent des oeufs sur les profs qui tentent d'apaiser les choses et de discuter, balancent des tracts aberrants et illogiques, se font bousculer méchamment par les CRS (oui, pas la police municipale) et créent un climat délétère de violence (paradoxal, je sais). Ils se filment, par ailleurs, pour montrer leurs exploits sur fessebouc.

Le lycée a été fermé ce matin à 10h30, hier à midi. Les DST de samedi matin sont annulés. Pour demain, grosse interrogation, mais on nous a annoncé que s'il y avait encore blocus, on fermera l'établissement dès 8h.

L'objectif des "manifestants" est d'atteindre le seuil du 22 octobre, et de reproduire le schéma de l'an dernier : ne pas travailler pendant quinze jours, avant les vacances de la Toussaint.

Nous n'en rions pas, et nous n'en pleurons pas non plus. C'est surtout lassant, assez inquiétant pour de multiples raisons, et anti démocratique de ne pas laisser travailler ceux qui le veulent, et de dégrader les bâtiments. L'un de mes élèves de l'an dernier est dans les meneurs, et semble devenir abruti par ce "pouvoir". Il est aujourd'hui en première S, et menace les profs avec des fumigènes sous leur nez...

Et puis ce soir aux actualités, on apprend qu'une prof d'une quarantaine d'années s'est immolée en pleine cour de son lycée. Son geste est sans doute à la hauteur de son désespoir. Aussi fragile fut-elle, elle est une manifestation violente du fameux malaise enseignant dont on se gausse, bien souvent.

Aujourd'hui, il y avait aussi une cérémonie funèbre pour une collègue qui s'est battue pendant quatre ans environ contre un cancer. Je ne l'ai pas connue, mais Asa et Tinette m'en parlaient souvent. Alors se projeter dans cette situation d'enterrer un(e) collègue/ami(e), et voir ses propres amies meurtries, ça remue.

Une drôle d'ambiance, en ce moment, au lycée.

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01 novembre 2010

Kub or

kub

Hier, cela faisait dix-sept ans. Chiffre totalement flou, abstrait, qui signifie beaucoup et reste assez vide de sens, pourtant.
Hier, j'ai failli culpabiliser de faire autre chose que de me consacrer au passé. Juste failli.
Hier, j'ai pris le train le long d'un lac.
Hier, je suis repartie avec de la nourriture dans les sacs, des bières locales, et du pain rond et doux.
Hier, nous avons pris la voiture sous des trombes d'eau incessantes.
Hier, j'ai bu du bouillon réconfortant avec des cheveux d'ange.
Hier, cela faisait dix-sept ans, et aujourd'hui, c'est la Toussaint.
Je n'ai pas besoin de ces dates pour penser à lui.

J'apprends à vivre sans oublier; j'apprends à avancer en souriant; j'apprends à dévorer l'existence sans la mordre.

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13 juin 2010

RHPS

Voilà, ma première année en poste fixe s'achève. Ou plutôt, les cours s'achèvent. C'est le début des réunions pédagogiques, des oraux du Bac, des copies à corriger en un temps réduit, des orientations rocambolesques, des papiers administratifs sans queue ni tête... J'ai aussi ajouté des oraux d'entraînement pour mes élèves de ES, entre deux réunions, mardi et mercredi.
A part ça, je poursuis aujourd'hui mes séances de bricolage et réaménagement : j'ai démonté un meuble ce matin, par exemple, et vais le remonter chez ma mère en fin de journée. Comme il ne peut être télétransporté, nous allons faire des aller-retour nombreux et faire du sport avec tous les étages montés dans la journée.
J'ai encore trois gros sacs de choses à ranger.

Sinon, cela n'a rien à voir, mais mes renoncules ont été attaqués par de minuscules moucherons verts, et j'ai dû faire de grandes coupes radicales. J'ai donc deux jardinières quasi vides, maintenant. Mais les pensées fleurissent, fleurissent, fleurissent...

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Je dors mal, en ce moment. Ce matin, j'avais les yeux ouverts à 5h. J'ai forcé le sommeil jusqu'à 6h50. Pourtant, je me sens fatiguée. Je vais prendre un café, tenez. Je reviens après.

Voilà. un pti kawa force 4.

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Je disais donc que je dormais mal. Pourtant, après ma semaine surchargée (trois conseils de classe, dont un comme PP, et j'en passe), je devrais dormir comme un bébé.
Je crois surtout que je n'ai toujours pas évacué mes angoisses depuis l'enterrement de ma grand-mère, et que cela me travaille. Ce n'est qu'une théorie, mais qui me paraît plausible. ce énième décès me renvoie à la mort de ma mère et à la mienne : nous sommes dorénavant la seule famille de l'autre.
Et si je mourais demain, qui saurait ce que je ressens, ce que je pense, vraiment ? Avec Flûtine, j'ai trop l'impression qu'elle me comprend sans un mot, et j'ai peur de ne rien exprimer, finalement. Il faudra que je revienne sur ces points plus tranquillement.

Et puis il faut quand même que je parle de mon expérience du "Rocky horror picture show" avec Emy et ses amies. J'avais vu il y a fort longtemps des extraits du film. Je pense que j'étais trop jeune. J'avais même totalement oublié que Susan Sarandon avait l'un des premiers rôles...

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L'OVNI passe au studio Galande depuis des années, en version "interactive" : des acteurs jouent, commentent, animent pendant la diffusion du film.
On doit aussi apporter certains objets pour nous-même alimenter les réactions... Par exemple, j'ai été trempée pendant tout le film car nous avions été aspergés d'eau au cours d'une scène sous la pluie... Et puis en rentrant, j'ai retrouvé des grains de riz dans mes sous-vêtements et mes cheveux : durant les mariages, on se reçoit l'équivalent de la production en riz de la Chine sur soi...
Outre cet aspect, les acteurs ont opté pour une version archi trash du jeu : beaucoup de termes outranciers, du sexe -"du cul " serait plus juste-, des simulations d'actes sexuels avec des spectateurs, à demi dénudés de gré ou de force... Pourtant, l'ensemble est drôle et pimpant. On peut dire que l'on est bien loin des spectacles planplan et à la morale catéchisante. Je me suis dit d'ailleurs, en voyant la réaction excessive de certains spectateurs, qu'il devait y avoir une fonction cathartique à ce spectacle.
En conclusion, je ne suis pas fan, mais c'est une expérience à faire.

Je sens bien que j'avais mille autre choses à vous écrire, mais le temps presse avant mon petit déménagement... Allez, je file vers mes tournevis !

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01 juin 2010

Coeur mou

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Peut-on avoir le coeur mou ? C'est ainsi que je sens le mien.
La reprise de ce matin m'a paru extrêmement difficile -d'autant que j'avais fait ce cauchemar récurrent du prof cette nuit : les élèves ne m'écoutent pas, sont insolents, etc. Par ailleurs, Flûtine repartait aussi en fin de matinée, et cette séparation m'a semblé être l'une des plus dures, étrangement. Nous n'allons pas nous revoir avant deux semaines...
D'un autre côté, je suis tellement submergée au lycée que je vais avoir de quoi m'occuper : il me reste un paquet de copies de seconde, tous les bulletins des trois classes à remplir, le conseil à préparer (Kracoukass est en arrêt depuis mi mai et a prolongé jusqu'au 10 juin; on dit qu'il ne veut plus revenir...), les dossiers des premières à remplir, les programme à finir, les révisions à entamer, les oraux d'entrainement pour les élèves volontaires, les descriptifs que j'irai chercher lundi prochain et sur lesquels je devrai travailler...

A part ça, j'ai quand même encore perdu 1,4kg mais je ne le sens pas vraiment : tout cela devient du muscle, je crois.

Aujourd'hui, les inscriptions pour l'Agreg ont été ouvertes. Eh bien, voilà, je suis inscrite pour la session 2011. J'ai presque tous les livres du programme (une fortune encore à dépenser), et Tinette me coache.

Allez, je retourne à mes bulletins. J'aimerais vous parler un peu plus de ce qui me tourmente depuis l'enterrement vendredi (rien de très original, d'ailleurs), mais je tourne autour.

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28 mai 2010

Entière

Je suis rentrée il y a moins d'une heure. J'ai quelques vertiges, que je pensais dus à la faim, mais finalement non. La fatigue, sans doute.
La journée s'est passée; je la raconterai peut-être. Ou pas.
La voici en quelques photos...

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J'avais sur moi le foulard de Flûtine. J'aurais aimé plus.
J'aurai plus demain.

D'ici-là, j'aurais dormi et j'offrirai un visage plus frais, souhaitons-le...

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27 mai 2010

Coutumes

J'ai l'esprit un peu embrouillé, aujourd'hui. J'ai encore cauchemardé cette nuit. Je crains que ce énième décès ne m'atteigne plus que je ne le crois. Non pas que je ressente un amour soudain pour ma grand-mère, loin s'en faut, mais l'on sait bien que toute mort rappelle d'autres événements, renvoie à des angoisses existentielles, personnelles.
Par ailleurs, notre culture étant ce qu'elle est, on ne peut envisager de ne rien ressentir pour des gens de sa famille. Comme si l'amour était génétique ! Je suis donc aussi dans une certaine forme de culpabilité : quand ma mère m'a demandé ce que je voulais choisir comme couronne et comme fleurs, j'ai été prise de court. Je n'y avais pas même songé... Je me demande si demain je parviendrai à "tenir mon rôle".
En plus, il y aura au moins l'une de mes cousines, peut-être l'autre aussi, ainsi que des gens du village, scrutateurs, qui vivent un enterrement comme une fête, un événement qui les sort de leur routine. Avez-vous remarqué comme certaines personnes semblent se réjouir d'être vivantes face un cercueil ? Je ne porte aucun jugement, puisque je réagis aussi d'une façon tristement humaine. J'ai juste besoin d'évacuer ici des pensées qui me traversent, et dont j'essaye de me débarrasser avant demain...

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Je me demande aussi bêtement sur ce que je vais porter. Hier soir, pendant le cours du Louvre, je me suis interrogée sur nos codes de couleur, selon les cultures et les pays : en Afrique de l'ouest et centrale, le blanc est la couleur du deuil, tout comme dans certains pays d'Asie. Je me disais qu'un enterrement pour lequel tout le monde porterait des habits clairs sonnerait tout autrement. Il y a des épisodes d'Ally Mc Beal dans lesquels la mort est traitée sous un angle très novateur : les cérémonies funèbres se déroulent sous des gospels joyeux, par exemple.
Je crois que je commence à (vouloir ?) penser comme mon père... Il aimait cette idée d'un enterrement gai, où l'on entendrait des rires, où l'on mangerait un bon repas (ce que l'on faisait dans le village de ma grand-mère, il y a encore peu), où les gens ne seraient pas accablés...
Tout cela n'est que de la théorie, certes, mais j'y songe de plus en plus et j'apprécie au moins cette idée. Surtout quand on sait que nous serons aux antipodes demain.

Départ vers 9h30, donc, pour ma province d'origine. Levée du corps vers 15h maximum, puis enterrement au bout du village, à quelques kilomètres de là. Retour à la maison tard le soir.

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