15 septembre 2014

Gemmes et germes

Mes élèves ont beau avoir l'air fort sympathiques au premier abord, et se tenir tout à fait correctement, je ne peux pas dire que je passe une bonne rentrée. Demain, nous aurons une troisième version des emplois du temps (classes et profs), et nous sommes toujours dans le flou quant aux décisions prises par l'administration. Par ailleurs, nous avons un véritable problème d'élèves redoublants non affectés (dans tout le département, et surtout dans les villes les moins riches, quel étrange hasard).

Préavis de grève déposé, heure syndicale, angoisses et énervements seront au programme de cette folle journée de mardi. NB : j'ai cauchemardé deux fois en trois nuits sur toutes ces turpitudes, je m'en passerais bien.

A part ça, dans la vraie vie, je suis traversée par pas mal de réflexions sur la mémoire, la transmission, la famille, et sur mon propre épanouissement dans le monde professionnel d'une part, et personnel d'autre part.
J'avais songé à un projet qui m'ouvrait d'autres perspectives, mais mon inspectrice m'a informée que c'était impossible : je voulais passer une certification d'anglais pour enseigner la littérature dans cette langue. Que nenni : on m'a répondu que je pouvais passer cette certification, mais qu'elle ne servirait qu'à faire joli sur un CV. Voilà de quoi refroidir mes ardeurs linguistiques.

Alors je réfléchis autrement. Une amie avec qui je communique par lettres depuis ma khâgne (elle était ma prof de philo en hypokhâgne, justement) m'a ouvert les yeux sur quelque chose que je savais déjà mais que j'avais besoin d'entendre d'une personne extérieure : l'agrégation, peut-être, ne correspond pas à ma façon de concevoir la littérature. Elle serait trop rigide, pas assez vivante ou souple. Je ne me cherche pas d'excuse sur le sujet. Je cherche juste à me décaler d'un pas, à voir ce concours comme une étape et non comme une fin en soi.
Ne pas avoir l'agreg (ou l'avoir) ne changera rien à ma façon de vivre la littérature et de la transmettre aux élèves, autant que faire se peut. Alors je tourne autour d'autres projets encore peu identifiables, mais en germe, et j'attends de voir ce qui ressortira de tout ce mûrissement.
Il en est de même pour m'inscrire au tir à l'arc : je ne sais que faire.

Sinon, nous avons vu hier soir Gemma Bovery avec Luchini. Je n'espérais pas le chef d'oeuvre de l'année, mais à cause du programme de TL (et de Luchini), j'avais envie de voir ce film. Je ne peux pas parler de déception ni d'enthousiasme : il y a des passages judicieux (sur la sensualité de Gemma ou sur l'indéfectible Charles), des décors très réussis, entre deux siècles, et une fin bien trop décevante car tirée par les cheveux. A mon sens, Fabrice Luchini "tient"  le film : avec un autre acteur, c'eut été un magistral flop.
Il me reste à lire la BD qui a inspiré le film, pour parfaire le tout.

gemma bovery

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16 juin 2014

Derrière les cartons, il y a...

Il y a bien sûr eu le déménagement, et donc un (court) laps de temps sans internet. Surtout, les cartons, encore vaillants, eux, ont occupé la place. L'administratif domine encore, et le bac est bel et bien là à son tour.

Ceci explique donc cela.

Passés ces différents tracas et ces incontournables obligations, je dois dire que je me sens parfaitement bien dans ce nouveau nid, perchée face à Paris : quand je lève la tête de mon bureau, la dame de fer me salue, avec la tour Montparnasse qui lui tient compagnie.

Je gagne environ quarante-cinq minutes (!) de sommeil en plus le matin, et comble du luxe, je me fais surprendre en arrivant au lycée en maximum quinze minutes au lieu de... quarante-cinq, voire cinquante minutes auparavant. Certes, surveiller les épreuves du bac n'est pas une sinécure, surtout quand on doit gérer des soucis d'organisation latents de l'adminitration; certes la centaine de copies de terminale L qui me tend les bras ne me réjouit guère; certes nous sommes exangues par ce déménagement; mais quelle récompense et quelle satisfaction de voir sa jolie vie se simplifier encore ! 

Le vrai luxe est là, je crois : dans la simplicité. Je reste donc contemplative, et je me mets à rêver de sorties parisiennes pour rattraper ces semaines de tunnel (j'ai raté Matthethorpe et je m'en veux terriblement), pour parachever ce doux bonheur.

En attendant, je relis Lorenzaccio par crainte d'avoir un sujet en TL sur cette oeuvre, et par souci de maîtrise de la pièce. Je continue à ranger mon farfouillis dans les cartons. Je cherche les bibliothèques de mes rêves. Et je m'occupe au mieux de Cally et moi, car l'essentiel est là.

construction_-tour_eiffel

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15 avril 2014

Transition

Ces vacances ont un premier goût un peu particulier : je pense à ceux qui passent l'oral, au lycée Saint-Louis, en ce moment. Je lâche les vannes de la fatigue, aussi : hier après-midi, j'ai sombré deux heures dans le canapé, en ayant beaucoup de mal à émerger. Je reprends mes marques, cest-à-dire que je retrouve un peu le temps de vivre. Du moins, de faire autre chose que de culpabiliser ou travailler intellectuellement sans cesse.

Alors j'oscille entre soulagement et dépit.

Je repense à prendre soin de moi. Je cuisine à nouveau : hier soir, capellini au gorgonzola et à la pancetta. J'envisage de préparer un cheescake.
Petit tour de shopping samedi, même si j'ai une image de moi quelque peu négative en ce moment... J'ai acheté un joli chino bleu très clair chez Gap, et un pull chiné dans les mêmes tons.

Pas encore eu l'occasion de m'installer devant un film à la maison, mais nous avons vu ce week-end un film parfait pour débuter les vacances : 47 ronin avec Keanu Reeves. L'intrigue est téléphonée, mais j'adore ces ambiances japonaises. J'ai aussitôt pensé à la trilogie de Hearn, sur un Japon féodal et magique. On y retrouve la question de l'honneur -centrale-, l'amour impossible, les combats de samouraïs, les quêtes qui semblent perdues d'avance... Ce n'est pas une histoire à vous retourner la tête, c'est certain, mais il y a de quoi passer un agréable moment (malgré une araignée au rôle déterminant, la garce).

47 ronins

Sinon, côté lecture en liberté, j'ai choisi un roman aux antipodes de l'agreg : Matheson, Le jeune homme, la mort et le temps. De la science-fiction, quoi de mieux pour éloigner le spectre du concours ?

Matheson


Et puis le programme de terminale L est tombé pour l'an prochain : Eluard reste, comme prévu, et c'est... Flaubert qui débarque avec Madame Bovary. Cela m'enchante : je pense depuis plusieurs mois à relire ce roman, qui me fascine de plus en plus. Je vais donc demander à garder ce niveau et cette section l'an prochain. C'est un joli (et peu ambitieux) projet auquel je peux me tenir.

31 juillet 2013

Saveurs épicées

Je ne comprends pas où est passé le mois de juillet. Quelqu'un l'aurait-il vu ? Il a filé sans que je m'en rende compte...

Il faut dire que je n'arrête pas : entre les menues préparations de dernière minute pour le voyage (J- 3 !), le rangement de mastodonte (une journée complète pour les papiers...), les lectures d'agreg, les nuits d'orage, les siestes, le shopping soldes, l'ostéopathe, les week-end à la mer ou à la campagne, et les recettes de cuisine, cela laisse peu de temps pour voir le temps défiler.

Hier soir, j'ai cuisiné ma première soupe asiatique : lait de coco, sauce soja, poulet, bouillon Pho, piment, citronnelle, kumbawa, nouilles de riz... En dessert, un pain d'épices allégé (peu de miel, cardamome, cannelle, gingembre, fenouil, noisettes, amandes) a complété le tout. J'étais ravie de préparer tout cela pour Cally.

soupe1

soupe2

Sinon, je trouve que Nabokov est bien trop intelligent dans son écriture. Cela me ralentit, que diable ! Et le sujet de la comparée de l'agreg cette année me remue et me chamboule : poétique du récit d'enfance. Le souvenir, ce qui reste, ce qui s'efface, la filiation, la famille, les morts, être vivant, le recul face au passé... Tous ces sujets se bousculent en moi et je résiste parfois en ralentissant la lecture, car cela m'est douloureux et/ou perturbant.
Il me restera Walter Benjamin à lire le long des plages et des volcans (indices sur ma destination !), si je parviens à finir Nabokov avant samedi.

A part ça, je crois que je vais bien, globalement, et ce n'est pas une évidence ni un acquis, d'où l'intérêt de le dire.

Et vous, rares lecteurs estivaux, vous allez comment ?

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23 juillet 2013

En attendant l'orage

Il pluviote vaguement, et le tonnerre est encore lointain. J'en profite pour faire ma petite pause blog, à raconter des choses sans intérêt, un peu comme les JT estivaux.

J'avance lentement mais sûrement dans mes lectures d'agreg : j'ai commencé la comparée par Enfance de Nathalie Sarraute (lue plus vite que prévu), et j'ai enchaîné sur Autres Rivages de Nabokov (qui va me donner plus de mal, je crois). Il me restera ensuite Walter Benjamin. La thématique du programme, ainsi que les oeuvres, me chamboulent plus que je ne voudrais : on remue les souvenirs, on brasse l'enfance, on la traite de diverses façons, on aborde les questions littéraires, celles de la création artisitique, et puis celle du style, aussi.
Ce remue-méninges me bouscule, donc : je repense à mon père (et crois même en avoir rêvé), je me replonge à mon tour dans mes maigres souvenirs. Et pourtant, pour la première fois sans doute, j'ai l'impression de mieux les voir -les recevoir ?-, de leur donner un air neuf, presque d'en redécouvrir... Et je les partage, bien que maladroitement, avec Cally : c'est peut-être cela, qui est neuf. J'apprends à parler, à me confier, même si je pense que ce que je raconte est sans intérêt.
Peut-être qu'à l'approche de mes quarante printemps, je m'apprends moi-même, et j'apprends à aimer.

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Toujours côté livres, j'ai choisi pour l'anniversaire de quelqu'un que je n'avais jamais vu, des ouvrages qui m'ont marquée il y a longtemps, et que je n'ai jamais relus : Le Passeur de lumière de Bernard Tirtiaux et Siddartha de Herman Hesse. C'était mon époque "spiritualité' ou "recherche de sérénité", disons. L'écriture faussement simple de Hesse m'était précieuse. Revenir à cette source m'a par ailleurs replongée dans des lectures passées, forcément associées à des gens disparus de diverses façons, à des périodes révolues : Blixen, Mc Cullers, Bobin, James...

Et puis je me suis acheté deux livres pour mon plaisir, donc pour après l'agreg : George Steiner, Ceux qui brûlent les livres et Le Jeune homme, la mort et le temps de Richard Matheson (mort récemment). Quant à des lectures alliant le travail et le plaisir, j'ai opté pour le Dictionnaire de poétique d'Aquien, La Chambre claire de Barthes (le programme des terminales L porte entre autres sur Eluard et Man Ray : je vais m'éclater là-dessus !) et Précis de grammaire pour les concours de Maingueneau (celui-ci fait moins rêver, je le reconnais).

Ce week-end dernier, je l'ai passé sur Honfleur en compagnie de Cally et de l'une de ses meilleures amies. Ce que j'en retiens, c'est que je suis heureuse de la complicité que nous avons Cally et moi, et qui ne cesse d'augmenter, de s'affiner. Je progresse beaucoup aussi en société... Deviendrais-je moins sauvage, moins méfiante ? Du coup, j'étais plutôt drôle en soirée, et surtout détendue. C'est bon de savoir que l'on peut progresser, s'améliorer, tout simplement changer en vieillissant, même si parfois cela désarçonne un peu.

A part ça, j'ai enfin investi dans un casque audio digne de ce nom. J'ai choisi un AKG pliable en partie (et en harmonie avec mon Ipod rouge acheté à NYC), dont je profiterai pendant les vacances. Je vais l'essayer demain, en allant chez l'ostéopathe qui me traite pour mes migraines. D'ailleurs, le comble m'est arrivé ce matin : j'ai pris un nouveau médicament anti-douleur qui m'a déclenché des effets secondaires impressionnants. Heureusement, mon médecin m'avait prévenue, mais être dans un tel état à cause d'une toute petite pilule me laisse pantoise : ce rien m'a mise KO pendant deux heures, et je m'en relève doucement.

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Bon, ce n'est pas tout ça, mais l'orage, c'est pour quand ?


04 mars 2013

Déconstruction, reconstruction

J'ai l'impression d'être encore à un carrefour de ma vie ces derniers jours.

Cally et moi sommes depuis deux mois ensemble, et tout me semble trop beau. Pas d'ombre au tableau, et c'est comme si nous nous connaissions depuis des années. Je m'interroge profondément sur ce qui lui plaît en moi, et je ne comprends pas pourquoi elle prend "tout le lot", avec ses défauts, ses faiblesses (alors que je fais pareil de mon côté, je le sais bien). En théorie, je comprends. Dans la pratique, c'est autre chose : je cherche la faille, je mets en place des stratégies quasi inconscientes pour entacher ce bonheur. Je me dis que, forcément, Cally va prendre conscience que je ne suis pas si belle, pas si intelligente, pas si drôle et tutti quanti : donc qu'elle partira. Ou qu'elle aura envie d'autres femmes.

Oui, j'ai du mal à sortir du schéma fabriqué à la fin de mon histoire avec Flûtine. Le boomerang me revient en pleine tête. Peur d'être trahie. De ne pas mériter ce qui m'arrive. Peur de croire que l'on peut m'aimer totalement. Alors je travaille sur ces points, car je ne veux surtout pas gâcher ma chance. Cally a raison : on a morflé dans nos vies; là, nous avons droit au bonheur. On ne vole rien. Mais à l'idée de perdre tout cela, justement,  je suis nouée. Il me faut donc revenir à un état qui me permettrait de vivre l'instant sans craindre l'avenir.

En attendant, mes week-end sont toujours aussi délicieux et se déroulent comme de la soie. Nous avons fait des rouleaux de printemps maison hier soir, une raclette à deux, une balade en forêt dans la fraicheur d'un soleil d'hiver, reçu des amis de Cally vendredi soir car ils m'ont apporté un sommier et un matelas quasi neufs, des lectures partielles, du repos...

Et puis ce matin, après avoir rangé la cuisine, j'ai consulté mes mails. Etant toujours inscrite sur une liste d'agreg, j'ai découvert avec stupeur que le programme de l'interne 2014 était tombé le 1er mars... Evidemment, j'y jette un oeil, puis deux, en frémissant intellectuellement mais pas que.

Bilan : Guillaume d'Orange dont je ne connais goutte, Madame de Sévigné est maintenue encore un an, Montesquieu que j'apprécie de plus en plus, Stendhal que je n'ai pas lu depuis des siècles car il me pèse souvent, Eluard mon chouchou de la vingtaine. A cela s'ajoutent un film de Chabrol, et en littérature comparée ("Poétiques du récit d'enfance") Walter Benjamin que je n'ai jamais lu, Vladimir Nabokov qui me reste assez étranger malgré tout ce que l'on dit sur lui, et Nathalie Sarraute qui me fascine.
Première impulsion : yesssss, Eluard, c'est un signe ! Puis la littérature comparée qui me paraît bien plus accessible cette année.
Deuxième impulsion : je ne veux pas que cela nuise à ma vie de couple. Mais Cally et Tinette me motivent, et Cally reprendra des études en septembre. Je n'ai pas envie de vivre mon agrégation comme les deux autres années : j'ai envie de partager réellement, et si je m'y mets, ce sera pour réussir. Je me donne jusqu'à demain pour prendre une décision. Une fois qu'elle sera prise, aucun retour en arrière à envisager, qu'il s'agisse d'un refus ou d'une dernière tentative.

En attendant, je mets à jour ma musique pour avoir un ipod plein de nouveautés à écouter dans le train qui nous mènera aux Pays-Bas...

amsterdam-tulipes-libres

PS : j'ai aussi décidé de m'inscrire à un concours sympathique de tir à l'arc pour ma reprise des concours... Quand je vous dis que je suis à un tournant !

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03 janvier 2013

Laisser agir

J'ai frôlé l'insomnie, cette nuit. C'est si rare que j'avais envie de le noter quelque part. Vers une heure du matin, j'ai fini le roman que Miss R m'avait offert, L'Homme qui voulait vivre sa vie de Douglas Kennedy. J'avais de bons espoirs car je voulais lire un livre de cet auteur depuis un moment. Je trouve que l'intrigue fait un assez bon scénario de film, mais elle est prévisible, et sur le plan littéraire, je n'ai rien vu de fulgurant. (Désolée, miss R...)

Mes journées passent dans une ambiance étrange : à la fois angoissée par instant (avec des pointes selon les jours), anesthésiée à d'autres, ou encore tranquille. Je ne sais pas trop où en j'en suis.

Je lutte parfois violemment pour ne pas contacter Flûtine (avant-hier, par exemple) ou alors j'ignore royalement cela, sachant que c'est inepte (comme hier). Elle voudrait que nous nous voyions courant janvier, pour nous rendre nos affaires et "parler en face à face". Pour se dire quoi, exactement ? La grosse différence entre elle et moi, c'est qu'elle me souhaite d'être heureuse, qu'elle me dit que "ohlala qu'est-ce qu'elle va être chanceuse celle qui me rencontrera"; tout cela dans une sérénité plus ou moins apparente (un soulagement ?). Alors que de mon côté, l'idée que Flûtine soit dans les bras d'une autre me révulse toujours autant.
Sans doute cherche-t-elle à s'ôter de la culpabilité en agissant ainsi (-> tu as mal maintenant, pourtant tu seras tellement bien sans moi, avec une autre qui t'aimera vraiment), mais ma colère ne retombe pas et mon dégoût à l'imaginer avec Mamie Nova (ou une autre) reste le même.

Alors, pour lutter contre ces passages à vide et ces angoisses qui me coupent les jambes, j'agis. J'ai par exemple transformé ma table de cuisine. Cette ancienne table de salon était noire, et j'avais décidé de la garder lors du déménagement car elle tenait dans ma nouvelle grande cuisine. Mais la couleur me gênait. J'ai alors opté pour un enduit d'application (n°1), une peinture à glacis (couleur artichaut, n°2) et une cire mat (rouge, n°3), qui m'attendaient depuis août.

IMG_2365n°1

 

IMG_2366
n°2

 

IMG_2382

n°3

 

Le résultat final me plaît, même s'il ne faudra pas que je pose sauvagement des objets dessus :

IMG_2385

Sinon, toujours dans mes "actions", j'ai rechargé la batterie de mon scooter qui ne démarrait plus. Je l'ai démontée puis remontée, branchée sur un appareil spécial, et tout fonctionne à nouveau. J'aime bien me sentir débrouillarde : cela flatte mon petit ego mal en point.

Pour le reste, je tâche de corriger un peu mais les copies avancent au ralenti. Ce n'est rien comparé aux cours qui n'ont pas bougé d'un iota. Evidemment, la reprise m'angoisse aussi beaucoup car je ne me sens pas reposée (euphémisme) ni prête à affronter certaines difficultés vaillamment.  D'un autre côté, le rythme de forcené qu'on nous impose m'aidera à moins penser à Flûtine, peut-être...

Ah et puis sinon, je ne sais que faire pour les places de concert que j'avais achetées pour elle et moi (le 31 janvier) : c'était mon cadeau pour son anniversaire (le 9 janvier...) et nos trois ans (le 10...). Je ne peux les rendre; je vais avoir un mal fou à les revendre; je ne me vois pas y aller avec quelqu'un d'autre, ou alors je vais pleurer tout du long; je ne sais si elle ira ni avec qui si je les lui donne. C'est ce que l'on appelle un choix cornélien, si je ne m'abuse...

 

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30 novembre 2012

Allô, la terre ?

J'ai peine à croire que cette semaine est enfin achevée... Trois conseils de classe, vingt-deux heures de cours, des élèves de seconde énervés et désarçonnés face à leurs lacunes, deux élèves en tutorat en heure supplémentaire, un mot dans un carnet, un dossier à remous entre un prof et une élève menteuse, des copies, des bulletins, et j'ajoute à cela une grande prise de conscience personnelle : voilà ma semaine grossièrement résumée.

Je n'ai même pas eu l'énergie d'aller au tir mardi : je me suis écroulée de fatigue à 21h30-22h chaque soir... Tous les collègues semblent être dans le même état, ce qui est à la fois rassurant et inquiétant.

Durant cette lobotomie générale, ma seule véritable "sortie" fut d'aller à une soirée adhérents Keufna hier : j'en suis ressortie à 20h20, comme s'il était 23h. Pathétique. J'ai bavé devant un ensemble Nikon à 1169€, et j'ai dépensé dix fois moins en m'offrant le dernier album de Benjamin Biolay, celui de Saez (à écouter quand on est en forme), un triple cd de Chet Baker (une lubie et une envie que j'avais depuis longtemps), un ouvrage de Baudrillard (Harry m'a tentée en m'en parlant), et les saisons 2 à 4 de Mad men (je n'ai pas résisté à l'envie de poursuivre cette série). Pour le reste, il s'agit de petits cadeaux pour ma mère et Flûtine.

Quand je pense que je suis tellement abrutie par cette semaine que je ne sais que vous raconter d'autre, je trouve cela vraiment affligeant. J'aimerais vous parler de ma prise de conscience profonde, mais celle-ci m'est trop personnelle pour être étalée ici. Sachez juste que je suis encore dans un virage, que j'entame un changement tout à fait positif, même si cela prendra un peu de temps.

Sinon, j'ai enfin terminé le roman de Delillo, Cosmopolis : l'univers créé est plutôt fascinant, par son ambiance, sa densité, sa complexité. L'hsitoire est assez simple en apparence : un homme d'affaires puissant traverse NYC dans sa limo, il est persuadé qu'il va être tué dans la journée, et il est pris dans une sorte d'immense embouteillage... Par instant, j'ai eu l'impression que l'oeuvre me dépassait totalement, qu'il s'agissait d'un chef d'oeuvre que je frôlais à peine, que je comprenais partiellement. La traduction m'a parue excellente (quel travail avec Delillo !), et le style de l'auteur transparait malgré celle-ci. Je serais curieuse de voir le film...

don-delillo-cosmopolis

Après vous avoir fait signe ici, je crois que la sieste m'appelle, sans que je puisse y résister...

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05 octobre 2012

Stop affaire ! Poètes en soldes !

Mercredi, j'ai vu Tinette pour son anniversaire : j'ai profité de cette occasion pour lui offrir l'album pléiade sur Montaigne, afin de la remercier pour les deux années de préparation de l'agreg. Je dois préciser que ce cadeau assez docte reflète juste le goût prononcé de Tinette pour cet auteur -sur lequel je suis tombée en explication de texte à l'oral et en dissertation à l'écrit- qu'elle lit chaque soir...

J'avais aussi pour elle un album de Michèle Bernard, Quand vous me rendrez visite, qui compte beaucoup pour moi : j'avais travaillé pour cette magnifique chanteuse, dans cette usine photographiée sur la couverture du CD... Nous en avions parlé récemment, Flûtine, Tinette et moi.
Mais l'album m'a été envoyé un peu tard : j'ai dû le déposer au domicile de Tinette tout à l'heure. Juste après, pour me changer un peu les idées et sortir de cette semaine de dingue, j'ai fait un crochet à la Keufna.

aragon_triolet

Certains magasins font des sortes de soldes en ce moment, et je voulais regarder un peu les appareils photos, les amplis, les home cinémas... Au détour d'un rayon, je tombe sur des livres soldés. Généralement, il s'agit d'ouvrages dont personne ne veut, invendables, sur la dentelle de nos grands-mères, la culture du maïs en Amérique du sud ou les vers de terre.
Mais là, je vois tout de suite que les ouvrages sont intéressants : Hanna Arendt avec Condition de l'homme moderne, de la philo "facile", de beaux livres de voyage et des poètes. Aloysius Bertrand, Aragon, Michaux. J'ai craqué pour les deux derniers, avec Le Fou d'Elsa et L'Infini turbulent. Je ne peux même pas dire que les livres sont abimés. J'ai acheté ces poètes -j'ai failli écrire "mes poètes"- avec le sentiment d'accomplir un geste important et dérisoire : sauver du pilon de la poésie; être la gardienne d'un temple mis à sac. Heureuse et désoeuvrée, j'ai fait un sms à Tinette pour lui dire que la poésie n'était plus importante pour grand monde.

C'est à la fois me placer sur un piédestal puisque moi, je la sauve et je l'aime; sombrer dans une certaine mélancolie et un pessimisme latent en me disant que la poésie est soldée car personne n'en veut; et être satisfaite d'en lire, car je ne dois pas être la seule à me réjouir à l'idée de faire une affaire avec des livres "beaux".

Pour finir, un vers d'Aragon, au débotté :

"J'ai passé dans tes bras l'autre moitié de vivre" (Cantique des cantiques, Le Fou d'Elsa)

 

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29 août 2012

Cosmogirl

Les vacances se réduisent à une peau de chagrin. J'ai du mal à croire qu'elles sont passées comme un coup de vent, absorbées par mon projet immobilier. Hormis quelques jours sur Avignon, je n'aurais pas beaucoup bougé... J'ai presque honte de l'avouer, mais je suis fatiguée. Pourtant, m'approprier de plus en plus mon appartement m'apporte un certain équilibre. Même si je mets bien plus de temps pour aller et venir sur Paris en transports, le retour est si apaisant qu'il compensera ces aléas.

Aujourd'hui, je vais effectuer quelques démarches dans ma nouvelle ville : passage à la mairie pour voir s'il n'y a pas un "kit du nouvel arrivant", inscription à la médiathèque (youpi, je pourrai emprunter des dvd !), peut-être un passage au centre des impôts...
Et puis je vais cuisiner des bricks de brousse à la menthe, et inaugurer ma yaourtière (offerte par Flûtine). Comment cela, je procrastine la rentrée ? Oui, oui, je m'y mettrai dans l'après-midi, promis. Rien que de défaire mon cartable et de sortir mon planning, j'en ai des petits noeuds à l'estomac...

A part ça, j'ai entamé le roman de Delillo, Cosmopolis, et je sens la densité de l'écriture, une certaine "profondeur" qui ne sied pas à la lecture tardive à moitié endormie. J'avais lu un roman de cet auteur il y a quelques années (dont j'ai même oublié le titre) tant il était passé loin de moi -ou le contraire.

Celui-ci, j'ai hâte de l'avoir lu pour voir ensuite ce que Cronenberg en a fait. Car le concept est bien curieux...

Delillo

Pour finir, je me suis offert deux cd bradés à la Keufna : Jeanne Moreau et Etienne Daho lisant/disant Genet, et l'album live d'Antony & the Johnsons. Je me les réserve, je ne les ai pas encore écoutés pour apprécier, imaginer, peut-être être déçue mais l'attente prolonge le désir...