14 juin 2013

Dubitative

Parfois, je ne comprends pas bien le monde qui m'entoure.

Voici deux jours que je vois sur des panneaux une publicité pour "le premier quatre quarts coupé en tranches". Les gens sont-ils si fainéants que prendre un couteau pour couper un gâteau contient un seuil de pénibilité latent qui m'aurait échappé ? Aurions-nous perdu ce plaisir de la tranche épaisse, qui en vaut bien deux, sur laquelle on fait dégouliner de la confiture -car c'est ainsi que j'aime le quatre quarts- pendant que l'on récupère les grosses miettes tombées dans le papier gras ? On uniformise donc même le bon vieux quatre quarts breton. Quelque chose m'échappe, en ce bas monde.

quatre quarts

Ce midi, j'ai eu les oreilles cassées par un animateur d'une course au profit d'action contre la faim. La sono avait vraiment un problème, ou bien était-ce ce type qui hurlait "Vous êtes foooooooooooooormiiiiiiiiiidaaaaaaaaaaaaaables !", ou bien c'était les deux cumulés. A deux mètres des barrières, un pauvre homme était assis par terre, derrière une pancarte "J'ai faim svp". Pendant ce temps, l'autre stentor beuglait que l'on atteignait les 90.000€ de récoltés. Quelque chose m'échappe, en ce bas monde.

Un peu avant, Cally et moi avons déjeuné ensemble puis erré dans le centre commercial avant qu'elle ne reprenne le travail. Les lieux étant infestés de ses milliers de collègues, nous devons nous tenir à carreau, contrôler sourires et regards, et feindre l'indifférence. "Nous devons" ? Cette obligation me révulse particulièrement aujourd'hui. Quand je vois des brutes épaisses hétéros ne pas se gêner, et que je me dis que Cally et moi devons être prudentes, surtout à cause des retournements de ces dernières semaines, j'ai des envies de vomir. Prudentes, parce que nous nous aimons.

Quelque chose m'échappe, en ce bas monde.

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22 avril 2013

Ma pauvre république...

J'aimerais à nouveau vous parler de musique, mais j'étouffe en ce moment. J'ai un poids sur l'estomac -ou sur le coeur, c'est pareil.

Je me sens à court d'arguments puissants, logiques, sensés face à la haine, face à ce mépris, face à ce qui m'écoeure. Comment peut-on oser chanter Le chant des partisans ou parler des pires horreurs de l'histoire pour abroger un projet égalitaire ? Heureusement, peu d'anciens résistants assistent à cette déchéance des valeurs.

Je comprends que l'adoption par des couples homosexuels puisse gêner. Mais les amalgames qui sont faits ces dernières semaines me révulsent. Je commence à craindre des réactions dans mon quotidien, dans mes balades parisiennes, dans mon travail. L'homophobie devient une opinion que l'on est libre d'exprimer.

Même un de mes élèves de seconde s'est laissé prendre au piège : ils devaient rédiger une satire des moeurs de notre temps, sur le modèle de La Bruyère qui se moquait de la cour et de la mode. Mon élève a pris l'homosexualité : "Mais madame, je ne suis pas homophobe !" Voilà, le niveau de "réflexion" s'en tient là. Comment lui expliquer que c'est déjà rejeter l'autre ?

homophobie patates

Si je n'étais pas moi-même homosexuelle, je pense que je serais tout autant dégoûtée par ces milliers de personnes qui se cachent derrière des "valeurs" qu'ils veulent imposer à tous. J'aurais honte pour ceux qui veulent faire couler le sang, en s'appuyant sur la Révolution française et en chantant des chants de guerre. Que l'on ne vienne plus brandir devant moi cette image de la France, pays des droits de l'homme, si évoluée et civique. 
Nous devrions encore sourire et dire amen à tout ce foin médiatique, à toutes ces phrases qui me donnent la nausée.

Je n'en peux plus de ces mouvements de haine. Je n'en peux plus de sentir la crainte monter. Je n'en peux plus de redouter les prochaines présidentielles. Je n'en peux plus de devoir me cacher.

Et si la loi passe demain en deuxième lecture à l'assemblée, je ne sauterai pas au plafond. Je serais soulagée mais je me demanderais : "Et après ?" Car les premières demandes en mariage, les premières cérémonies, comment se dérouleront-elles ? Dans quelles conditions ? N'y aura-t-il pas des flots de violence en voyant des couples de même sexe sortir heureux de la mairie ? Toutes les communes ne seront pas dans l'application de la loi, je le crains.

Et de me dire que les élus locaux ou nationaux n'incarnent plus du tout les valeurs de la dite république, cela atteint mon moral et fendille mes propres convictions. Pas plus tard que vendredi, je montrais ma carte d'électeur aux élèves en leur disant avec animation que c'était notre arme pour changer le monde. Avec du recul, ridicule (?). Je voulais leur faire comprendre que pour les prochaines présidentielles, ils seront des électeurs, et que seul leur vote pourra peut-être éviter la montée d'une femme extrême au plus haut rang de la République.

Là, je doute. J'en aurais envie de pleurer de rage, par instant. De mon impuissance.

Sur mon estrade, carte d'électeur en main, voix vibrante, quelques élèves m'ont dit naïvement que je devrais être présidente ou en tout cas "faire un truc". Mais quoi faire, mes chers petits ? Quoi faire ?

Je n'ai que ce pauvre blog pour exposer ma colère et ma tristesse. Comme tout cela n'est rien, face à la haine...

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11 avril 2013

Dézar !

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Je m'étonne parfois moi-même d'être si pertinente dans mes choix : j'avais demandé plusieurs stages l'été dernier, et je participe en ce moment à une formation en histoire de l'art sur Paris, Zola et le XIXème siècle. Aujourd'hui, nous avons passé la journée aux Arts décoratifs et au Jeu de Paume. Je me suis éclatée avec mon nouvel ipad pour prendre des notes et des photos. La semaine prochaine, je remets le couvert dans d'autres musées parisiens, avec des conférences pour couronner le tout.
Je sens que je vais vraiment m'amuser en classe à montrer tous les tableaux qui m'exaltent, toutes les images qui, évidemment, rendront mes cours encore plus clairs, grâce à cet objet dont je me passais jusque-là, mais qui me semble maintenant totalement nécessaire.

Sinon, je devais parler de Benjamin Biolay, que j'ai vu au Casino de Paris pour son dernier concert dans cette salle. Je l'avais déjà vu il y a deux ou trois ans, avec l'album La Superbe, dans une petite salle de banlieue qui n'était pas à la dimension du bonhomme. Cependant, je l'avais déjà trouvé très bon, à la fois techniquement, musicalement et sur le plan de l'ambiance. Certes, il fume et boit entre deux couplets, mais qu'importe.
Cette fois-ci, donc, grande salle, public parisien bobo (et beaucoup homo), et nouvel album. Pourtant, Biolay a eu l'élégance de chanter pas mal de morceaux des précédents albums, voire des plus anciens. L'ampleur musicale est impressionnante. On pense inévitablement à Gainsbourg, dans une version plus pop, plus tendance, plus profonde, aussi. Cerise sur le gâteau, le dernier soir, en rappel, Vanessa Paradis et Orelsan (présents en duo sur Vengeance) ont chanté avec Biolay. Le grand luxe pour ce concert de deux heures, que Cally a adoré. Pendant plusieurs jours, et encore maintenant, j'ai gardé des airs complets en tête, au réveil, en journée, chantonnés du bout des lèvres au lycée ou plus "vocaux" chez moi.

Sinon, je suis dans la lecture d'Eluard pour l'agreg : il me fait le même effet que Rimbaud il y a deux ans. C'est beau. Ah oui, c'est beau. Mais comment l'analyser ?

Et puis hier soir, nous étions dans le flot des parapluies sur le parvis de l'hôtel de ville pour manifester contre l'homophobie. Je n'aime pas avoir à faire cela car je nous croyais plus évolués, mais ça m'a fait du bien de me sentir à nouveau moins seule face à la bêtise. L'ambiance était bonne enfant, le tout manquait d'organisation, mais qu'importe.

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Pour finir sur un art culinaire, je vous le dis : si vous avez l'occasion de goûter au sublime en venant sur Paris, avec les patisseries de Conticini, faites-le. J'ai offert pour nos trois mois deux merveilles (l'éclair au chocolat et la tartelette à l'orange) à Cally, car elle est d'un palais fin et adore les grands cuisiniers. Après cette expérience, je ne mangerai plus jamais d'autres éclairs (et ce n'est pas ma patisserie favorite, loin s'en faut). Je veux aussi absolument goûter à son Saint-Honoré. Le dessert qui paraît simple est totalement sublimé par Conticini. C'est la perfection sucrée. Tout simplement.

 

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13 novembre 2012

Pour qu'un jour je puisse...

... chanter cette chanson en me ridiculisant peut-être.

Yeah, i knew the first night
that it wasn't wrong or right
it was too strong, so bright
we were caught in a storm of starlight

I tried to escape, to hide
I couldn't behave
and I couldn't live a lie

so many different kinds of love
but this one was handmade for us
even if it took me a while
many tries I am yours now
so many different kinds of love
there's a flavor for everyone
and even if it took us a while
many tries I am yours now

did you know at first sight
did you feel love or just like
were you ready to fall, to fly
to the highest high of your life

never tried to escape, to hide
you knew how to behave
so you let me inside

so many different kinds of love
but this one, was handmade for us
even if it took me a while
many tries I am yours now

so many different kinds of love
there's a flavor for everyone
and even if it took us a while
many tries
I am yours you're my pride

 

ariane-moffatt-loi-speciale

Ariane Moffatt, album MA, vue hier soir en concert au Trabendo. J'en reparlerai, mais là, ma première journée fut lourde, alors repos.

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27 mai 2011

Y croire encore

Ce soir, je suis lasse. Pas vraiment désabusée, non. Lasse.
Aujourd'hui, juste avant 11h, j'ai craqué. J'ai tenu bon devant les élèves, et puis j'ai pleuré avant de faire entrer la classe suivante. J'ai pleuré de rage, d'impuissance. Impression de n'avoir rien apporté à ces gamins aux vies lourdes, aux idées étroites.
Nous travaillions sur un texte de Maupassant, "Rose". Et ça a dérapé, sans trop savoir pourquoi : tout est bon pour eux. J'ai supporté vaillamment un concert de propos racistes, antisémites et homophobes de "ma" seconde. Environ une quinzaine d'élèves auxquels je tentais de répondre point par point, que je voulais ramener à un véritable discours cohérent et réfléchi.
En vain.

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Alors je me suis assise, j'ai pris ma tête entre mes mains, et j'ai attendu quelques instants. Le chaos s'est amoindri. J'ai lancé, d'un ton lugubre et la voix serrée : "Vos propos me donnent envie de vomir. Vomir. Ce n'est pas une métaphore."
J'ai tenté de leur faire comprendre mon sentiment d'échec pédagogique après neuf mois de travail ensemble. De leur montrer que non, on ne peut pas lancer de telles phrases sans penser aux conséquences et sans les assumer. De leur dire que le racisme, tout racisme (même celui que j'ai subi quand j'étais adolescente, le racisme anti-blanc, et auquel ils ne veulent croire) est condamné par la loi et que ce n'est pas qu'une opinion. Que je voudrais les sortir de leur prisme, ou plutôt leur montrer qu'il y a des centaines de prismes possibles pour regarder le monde. J'avais la gorge serrée. Ils l'ont senti : quand la sonnerie a retenti, ils n'ont pas osé bouger.
D'un geste vague de la main, j'ai murmuré "Sortez..." Une petite élève toute gentille a trainé volontairement pour être la dernière : "... ça va aller, madame ?"
C'est à ce moment-là qu'une boule de larmes est remontée. J'ai fait un signe et opiné pour qu'elle s'en aille, mais elle a bien compris. J'ai tourné la tête à l'opposé de la porte, et j'ai pleuré.
Il a bien fallu enchainer avec un cours de première. Une heure plus tard, j'étais à la cantine avec des collègues, pleurant encore. Heureusement, j'ai la chance d'être dans un établissement où je peux me permettre cela sans être jugée, au contraire. Ils me soutenaient tous, et tentaient de me faire prendre du recul. Nous sommes impuissants face aux difficultés que nous rencontrons.

Ce soir, je suis lasse. Mais pas découragée. Je continuerai à me battre contre toutes les formes d'intolérance en cours. Mais diable, quelle énergie cela prend...

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09 avril 2010

Un air de printemps

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Un pot de pensées de mon balcon

Comme je me sens un peu mutine et que le printemps me titille méchamment, j'ai décidé de déplacer mes cours de demain matin (entre autres à la demande des ES, les pauvres chéris sont fatigués le samedi en ne faisant rien) à mardi et de filer vers le sud... Enfin, de filer rejoindre Flûtine pour le week-end. Je renonce à la soirée déguisée des profs sur les seventies.
Donc, ce soir, à l'heure où les carrosses se transforment en citrouilles, j'arriverai le long du fleuve en souriant. Mon sac est prêt, moi aussi. 

Il faut quand même que je vous dise que j'ai atteint le chiffre symbolique des dix kilos perdus, je crois que c'est officiel, maintenant. Il paraît que je rayonne et que ça se voit beaucoup... J'ai encore quelques difficultés à m'adapter à ce "nouveau moi " mais j'écoute les amis qui me l'assurent. Et puis je dois continuer, car j'en ai encore au moins autant à perdre, ne l'oublions pas.

Sinon, autre bonne nouvelle, les interventions de l'association de lutte contre l'homophobie se sont très bien passées. Les élèves ont eu l'air d'apprécier de pouvoir parler librement, de poser des questions, de lutter contre des a priori. Pour ma part, j'ai eu du mal à me taire et je m'interroge évidemment encore plus sur ma "visibilité" dans le cadre du travail -ou pas.

Côté boulot, il y a aussi le cas Kracoukass. Il rumine un rdv avec l'adjoint, demandé par ce dernier (à cause de plusieurs erreurs de jugement de Krak, mais celui-ci semble ne même pas en avoir conscience...) : Krak estime que je mets le nez dans ses affaires (dixit) -c'est-à-dire la gestion des élèves de seconde que nous nous partageons, hum- et que je ne le soutiens pas. Il commence à avoir un sérieux problème, et canalise sa paranoïa sur moi. Je le trouve un brin inquiétant. Nous ne pouvons discuter de rien. Mes collègues commencent aussi à voir qu'il va très mal. Ce qui m'a le plus agacée aujourd'hui, c'est qu'il a remis en question mon intégrité en sous-entendant que je causais à la classe derrière son dos. Vais-je perdre patience ou rester dans une forme de compassion ? Ceci étant, je tâche de ne pas trop m'attarder là-dessus, car il en fait déjà une montagne. Il parle du "sujet qui nous préoccupe", et je ramène cela à de simples "désaccords".

A part ça, il fait doux, les chats se baladent sur le balcon, mes premiers bulbes manifestent leur joie en pointant dans les jardinières, et j'ai changé de parfum. Enfin, je suis revenue à un ancien parfum.

Je suis entrée dans une nouvelle ère, je crois. Dans un nouvel air, aussi.

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17 octobre 2009

Une surprise par semaine !

Quelque chose d'étrange m'est arrivé ce matin,  à la fin de mes deux heures de cours avec les ES. Amouna, élève un peu dissipée et souvent en franche camaraderie avec un groupe de garçons hâbleurs, est venue me voir. Elle a patiemment attendu que le dernier élève, le plus lent, sorte de la salle. Elle avait l'air embarrassé.
Elle m'a demandé si je serais d'accord pour qu'intervienne en cours une association, et qu'elle préférait me le demander à moi plutôt qu'à l'administration directement. Forcément, je demande quel type d'association. "Une association contre l'homophobie".

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Et pas la moindre, apparemment : la LGBT. Amouna a un contact dans l'association, qui a l'air de connaître les procédures : le lycée doit inviter des intervenants extérieurs à entrer dans l'enceinte de l'établissement, avec une autorisation. J'avais remarqué des rainbow flags (elle semble ignorer le sens de la chose car elle découvrait l'expression dans ma bouche, même en lui montrant sa dernière copie parsemée d'arc-en-ciel) et le symbole de la femme, disséminés sur sa trousse ou ses feuilles...
Je ne m'avance pas trop, et dis qu'il me faudrait plus d'informations si je veux parler en plus hauts lieux de cette idée.

Avant de sortir de la salle, je lui demande, en précisant bien qu'elle n'a aucune obligation de me répondre, pourquoi elle s'investit dans ce type de lutte et d'association. C'est une fausse question et je le sais, mais Amouna ne s'en doute guère, je crois. Elle bafouille, rougit comme un coquelicot, et me fait deviner qu'elle est gay. Les seuls mots qui ressortent de son embarras, sont "Ben... moi...", accompagnés d'un geste de la main.

Je lui dis qu'elle peut me parler quand elle le veut, si elle me comprend bien. Je la rassure en banalisant l'aveu, et pour cause.

Ceci étant, je descends les escaliers en souriant, dans un premier temps : la confiance qu'elle me porte en moins de deux mois de cours est touchante et flatteuse, surtout que je ne suis pas prof principal de la classe. Mais que faire de cette bombe à retardement concernant l'association ? Justement, je ne suis pas PP. Je ne suis pas l'infirmière, non plus. Et encore moins CPE ou CO PSY.

Je n'ai pas non plus souvenir d'avoir parlé d'homosexualité en cours, ou de tolérance à cet égard. Alors pourquoi Amouna m'a-t-elle choisie ? Ai-je été percée à jour sans le vouloir, contre mon gré ? A-t-elle déjà ce fameux gaydar que je n'ai pas ? Damned !

Il me reste deux ou trois alternatives : m'assumer et revendiquer le droit des homosexuels au sein du lycée ou me montrer gay friendly, comme on dit. Cela me créerait une sacrée réputation, là... Ou bien refiler le bébé et l'eau du bain à autrui, ce qui ne me convient guère non plus : si Amouna s'est adressée à moi, et qu'elle est sincère, elle m'a tendu une perche, que je ne peux décemment laisser tomber sans rien faire. Ou encore essayer de lui parler à part, afin de savoir ce qu'elle veut vraiment au travers de cette intervention, qui pourrait aussi la mettre en porte-à-faux dans la classe ou le lycée : elle est arabe ET gay... Dernière solution, que je dois envisager même si cela ne m'arrangerait guère : je lui plais... :-s

Bon, vivement les vacances, que je ne doive pas gérer un Jack-in-the-box toutes les semaines...

jack

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28 juin 2009

Restons gais !

Hier, la journée a été ensoleillée.
Restaurant de poisson le midi (la Fée m'y a invitée) : l'excellent Winch, rue Damrémont. Le truc rigolo, c'est que deux tables plus loin, il y avait Anne Roumanoff.
Ensuite, direction Saint Michel pour affronter Gibert et ses rayons étouffants. Cool, me dis-je en pilotant le scooter : nous avons évité la Gay pride. Et puis, pas loin du rayon littérature anglaise, une fenêtre ouverte : les cris, la musique, tout nous dit que le défilé arrive. On se dépêche de finir de choisir nos livres (ceux de prépa pour la Fée, que je sélectionne de façon quelque peu autoritaire et professorale, et puis vaguement l'ébauche d'une tendance vers l'agrégation interne pour moi...),  pour filer voir la gay pride. Oui, je sais, le nom a changé, mais je reste là-dessus, vieille schnock que je suis.

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L'ambiance est festive, il fait très chaud, la musique est à fond, les gens sont joyeux. Quelques énergumènes indécents m'étonnent (il y a bien longtemps que je n'ai pas vu ce défilé) à être presque nus, en slip, seins à l'air, ou que sais-je encore... Je suis peut-être vieux jeu, mais la visibilité peut se contenter d'une certaine pudeur, aussi.

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J'aime malgré tout le côté bon enfant qui domine globalement. Grâce à la Fée, je récupère un petit drapeau rainbow en papier, qui trônera quelque temps dans mes toilettes. Je prends des photos à l'arrachée, nous remontons le boulevard pour nous acheter une glace chez Amorino, et je vois enfin au loin le char sur lequel était l'un de mes anciens élèves... On s'est ratés de peu; c'est étrange la vie, parfois.

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Les homos écolos défilent non sur un char polluant mais dans des sortes de vélos au design aérien, et cela me plaît.  Les préservatifs sont banalisés, et j'aime cette idée : je fais partie de cette génération à qui l'on faisait peur  parce que le Sida avait commencé ses ravages, et pour certains, on pouvait l'attraper en buvant dans le même verre ou en utilisant les mêmes wc... Et Barbara qui en faisait distribuer gratuitement à chacun de ses concerts. Et Clémentine Célarié qui avait embrassé sur la bouche un séropositif pour montrer qu'il n'y avait aucun risque...  Alors oui, les capotes géantes, les chapeaux en forme de préservatifs, oui, oui, oui : on en rit, plutôt que d'en pleurer... Act up avait des slogans forts, cette année, d'ailleurs, pendant le défilé...
Homos, hétéros, tout le monde se mélange et chante, danse... Nous, nous sommes coincées là (impossible de repartir) et le resterons jusqu'à environ 19h, mais tant pis. La journée était belle.

En retournant au scooter, je trouve, glissé sous le pare-brise, un petit magazine gay. Je souris.

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22 décembre 2008

Somewhere, over the rainbow

La lutte pour les droits des homosexuels est loin d'être finie... Article à lire sur Rue89.

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