03 novembre 2014

Délicieuse saturation

Quitte à être totalement en retard sur les copies (aucune des 120 n'a été touchée par la grâce divine de mon stylo plume durant les vacances), faisons-le allègrement.

Comme je travaille à un nouveau blog, je vais scinder mes entrées progressivement, donc pas de pêle-mêle (ou le moins possible) dans les sujets. 

J'ai envie de commencer par mes plaisirs gustatifs automnaux. J'ai passé ma journée d'anniversaire avec ma mère, dans Paris. Au programme, un petit tour par Uniqlo Opéra où j'ai été gâtée. Ensuite, direction l'Hôtel-de-ville à pied, pour se mettre en appétit : j'avais simplement envie d'un japonais. Ecco fato ! Sashimi de thon et california font toujours mon bonheur.

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Mais le souci de ce type de restaurant, c'est qu'il y a une faiblesse côté desserts. Et pour deux bouches sucrées, c'est regrettable. En se baladant dans le Bihètechvi, je (re)découvre que Philippe Conticini a installé un salon de thé dans les étages... Je montre à ma mère les merveilles sous cloches, et elle cède aisément à la tentation : découvrir "la pâtisserie des rêves" dans ce cadre est idéal. J'opte pour un délice aux fruits de saison (pomelo) et ma mère choisit le Paris-Brest.

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La veille, j'avais déjeuné avec Peaceandream dans un restaurant de couscous et tajines près de mon ancienne banlieue. Inutile de dire que ce rythme de restaurants et le fait de manger autant sont inhabituels. Mais une fois par an, c'est amusant et agréable.

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Le top était à venir le lendemain de mon anniversaire. Quand Cally est aux commandes pour choisir un endroit exceptionnel, elle sait y faire. Direction le Vème arrondissement, chez Sola... Restaurant gastronomique dirigé par un chef japonais, chaque menu est préparé en fonction de l'inspiration de celui-ci (qui a fait ses classes chez Robuchon, si je ne m'abuse...) et des arrivées du marché. Il y a deux salles : l'une japonaise, en bas, dans laquelle on retire ses chaussures; l'autre au rez-de-chaussée. Le hasard nous a placées dans cette dernière, ce que je ne regrette pas car il n'y avait que des Asiatiques (contrairement au sous-sol, demandé par les "autres" clients). Nous avons choisi de déjeuner uniquement au saké, sur le conseil de la sommelière, parfaite. L'avantage du saké, c'est qu'il s'accorde avec tout : viande, poisson, peu importe.

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Dans les assiettes, c'était une exposition de peintures diverses, pas forcément minimalistes, très belles. Les saveurs étaient extrêmement subtiles. Notre coup de coeur : le canard de Chaland, avec du lard de Collonata (le meilleur lard au monde, peut-être, et je le découvre à trente-neuf ans) et des cèpes...

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Tout dans ce restaurant respire la simplicité à son plus haut degré de réussite. Et cela, sans être inaccessible.

 

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06 octobre 2014

Ma petite Pologne

Vendredi soir, j'étais un peu plus polonaise que d'habitude. Car, pour ceux qui l'ignoreraient, je suis un quart polonaise. 

J'ai longtemps cherché à savoir en quoi je pouvais l'être, justement. Mon mémoire de maîtrise portait sur le sujet, par exemple. Je me suis concrètement confrontée à l'écart rencontré entre ce que l'on croit avoir en soi, et ce qui est vraiment. J'ai admis, parce que mon histoire personnelle m'y portait aussi, que le sang n'avait pas grand-chose à voir avec l'identité, finalement. 

Alors j'ai pris ce "quart polonais" pour ce qu'il était : un simple hasard, qui ne me constituait pas plus que les trois autres -sauf si je m'acharnais. 

Vendredi, pourtant, Cally et moi avons choisi un repas thématique préparé par un grand chef polonais, Adam Chrzastowski, qui a fait ses armes chez Robuchon. Il était venu de Cracovie pour préparer devant une dizaine de convives clients, un dîner gastronomique bien loin de la betterave et de la vodka.

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Cidre artisanal Lorek sur granité de cannelle

J'ai trouvé dans quasiment chacun des plats ce que j'avais relevé de caractéristique dans la culture polonaise : le mélange des genres, l'association des paradoxes, l'aspect parfois dur qui cache d'infinies subtilités.

Mon coup de coeur a été pour le premier plat principal : pierogi d'oie, fromage fumé de montagne, haricots blancs et pruneaux fumés, sur une sauce de bière brune. Selon moi, c'était l'harmonie parfaite. Les entrées n'étaient pas en reste (mosaïque d'esturgeon fumé et bouillon d'écrevisses "à la polonaise"), je dois bien l'avouer, mais j'ai remarqué qu'il y a toujours un plat qui nous marque, et pour moi ce fut celui-ci.

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Mosaïque d'esturgeon

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Essence d'écrevisses à la polonaise

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Ravioles d'oie d'avoine

 

Le second plat était fort bon aussi : une selle de chevreuil en croûte de sarrasin. Quant au dessert, il s'agissait d'un gâteau de fromage blanc revisité. Vous savez, ce fromage blanc épais au goût si caractéristique, que l'on retrouve dans les desserts de la rue des Rosiers ? C'était celui-là même, impossible à trouver en France, qui était servi avec des raisins imbibés d'alcool de groseilles, et recouvert d'un gâteau cuit à la vapeur (à 72°C, précisément).

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J'ai retrouvé autour de la table une sorte d'intelligentsia polonaise ou, du moins, certaines personnes qui cherchaient à se distiguer de cette façon. J'ai souri intérieurement devant cet entre-soi. J'ai surtout souri à Cally, car c'était notre anniversaire de rencontre, et que ce repas exceptionnel donnait à notre quotidien souvent lourd, un air de fête inattendu.

 

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27 août 2014

Le temps de la reprise

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Voilà, le retour s'est effectué, non sans mal :

  • avion bloqué à Saint-Denis presque trois heures à cause d'un problème de jauge (nous étions déjà à bord)
  • donc le trajet a duré quatorze heures au lieu de onze
  • le tapis à bagages s'est bloqué presque trente minutes
  • le périphérique était fermé pour travaux; en empruntant les maréchaux, il y a eu de petits bouchons à... 23h30

Mais tout cela n'est que le prix à payer pour des vacances de ce type. 

Depuis le retour, je gère le décalage horaire (seulement deux heures, mais c'est plus gênant parfois que des décalages majeurs); je trie les photos (album photos à découvrir); je commence à angoisser pour la rentrée (premier cauchemar cette nuit), comme chaque année; je remets tout à niveau (le frigidaire, les cartons, l'isolation des fenêtres, le nettoyage...).

Il va aussi falloir que je prépare mes cours de début d'année. Je repousse un peu l'échéance, je le sais.

Là, le nez de la Tour Eiffel est perdu dans les nuages, et même si c'est l'hiver à la Réunion, je regrette la douceur de l'air et les averses vespérales qui nous berçaient.

Comme j'étais "chez l'habitant", nous avons pu tranquillement sillonner sur l'île. Il reste encore beaucoup à découvrir, mais voici l'essentiel de mes périples réunionnais :

  • la côte est, de Bras-Panon à Saint Pierre (avec les coulées de lave, entre autres)
  • le cratère du Piton de la Fournaise, grandiose
  • Saint-Denis, ses maisons coloniales, son musée Dierx, ses boutiques
  • la distillerie-surcrerie de Bois-Rouge, l'une des deux seules restantes sur la quarantaine de l'île qui ont fermé progressivement...
  • Saint-Gilles (la plage, juste une journée)
  • Kelonia et ses tortues, magnifiques
  • les musées Villèle et Valliamé, qui permettent de deux façons fort différentes de comprendre l'esclavage, le mode économique de l'île comme colonie, et de voir de très belles demeures
  • Hellbourg et la maison Folio, la seule maison de ce type que l'on peut visiter sur l'île. Le jardin, malgré des araignées que je n'ai pu éviter du regard, est splendide et contient toutes les espèces endémiques de la Réunion, même les plus rares. Leurs orchidées sont superbes.
  • les temples hindous, chinois et autres, qui montrent que les communautés se mélangent sans que cela tourne à l'animosité (le temple du Colosse est le plus impressionnant)
  • le village de La Nouvelle dans le cirque de Mafate, uniquement ravitaillé par hélicoptère ou par la marche (2h30 aller et idem au retour). Hors du temps, coloré, isolé, modeste, le village allie de nombreuses qualités. J'y aurais bien dormi une nuit, mais cela n'a pas été possible.
  • la vanilleraie Roulof, l'une des très rares à tout produire et à vendre la vanille de façon indépendante. La vanille de la Réunion est considérée comme la meilleure au monde. Pour avoir une première gousse, il faut six ans de travail et de patience...
  • tous les repas en famille, ainsi que le mariage qui était la raison initiale de notre voyage, m'ont permis de goûter à mille choses (ma curiosité culinaire semble avoir fait plaisir) : le songe gris, les rougails les plus répandus et les plus rares (saucisse, ti jacques, chevaquine...), les bichiques, les petites bananes, le palmiste, les letchis (ils avaient été congelés, car ce n'est pas la saison), le pinpin, le fruit à pain, la confiture de papaye maison, le gâteau de patate douce, et j'en passe...

J'ai fait le grand tour sans entrer trop dans les détails de mon quotidien là-bas. Je réfléchis toujours à une solution adéquate pour mon blog, et pour l'instant, je pense à le mettre en blog privé avec mot de passe à me demander par mail... Je n'ai pas tranché.

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07 avril 2014

Reine des planches

Malgré des nuits de plus de neuf heures le week-end, je reste épuisée physiquement : je viens encore de m'effondrer une heure cet après-midi. Même si j'ai déjà vécu l'agrégation, c'est comme si j'avais oublié à quel point on tire sur la corde pendant des mois.  Je ne sais combien de temps il va me falloir cette fois-ci pour m'en remettre.

Il faut quand même dire que le rythme du lycée n'aide pas. Par exemple, mla journée de jeudi dernier a ressemblé à ceci :

  • lever à 5h50
  • départ pour le lycée à 6h45
  • au lycée à 7h40. Photocopies
  • cours 8h-10h sur Montesquieu et l'argumentation
  • correction de copies 10h-11h30
  • déjeuner à la cantine 11h30-12h30
  • cours 13h-15h toujours sur l'argumentation
  • 15h-17h rattrapage d'oraux blancs pour une collègue (cinq élèves sur le grill)
  • 17h-20h15 remise des bulletins aux parents de seconde
  • retour à la maison à 21h

Certes, j'ai choisi le pire exemple, mais l'intensité me paraît identique les autres jours.

A part ça, Cally m'a emmenée samedi midi dans un restaurant japonais, Lengué, auquel elle songeait depuis des mois : elle attendait que j'aie un samedi de libre. Le principe est simple : il s'agit de sortes de tapas à la japonaise. Il existe très peu de restaurants de ce type à Paris. Celui-ci est perdu au milieu des arnaqueurs de Saint-Michel, dans une ruelle calme. Le midi, c'est menu bento. J'ai choisi des croquettes de pomme de terre au curry, et Cally des crevettes panées. Le tout accompagné d'un délicieux saké et d'un jus de yuzu. La cuisine est raffinée, équilibrée, goûteuse. Un délice, quoi.

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Malgré mon état de fatigue assez limite, j'ai vraiment apprécié le lieu et les bentos. Les serveuses sont en kimono de soie, en plus. Et pour couronner le tout, le dessert que j'avais choisi (glace entourée de pâte de haricot) était totalement régressif.

Ensuite, nous avons arpenté les rues de Paris avant de revenir à la maison. Le lendemain, nous recevions ma mère. Au menu, morue cuisinée à la créole. En dessert, j'avais opté pour un clafoutis maison aux myrtilles fraiches. Pour digérer, une balade en forêt couronna le tout.

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Si je résume mon week-end, il fut donc fort gustatif.

Et surtout, loin du lycée.

Une planche de salut, donc.

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31 mars 2014

Deuxième tour de piste

Je me demande bien comment je faisais pour tenir mes impératifs au lycée, quand j'allais à la fac le mercredi après-midi et le samedi. La semaine dernière a été infernale. Je n'ose compter mes heures, mais ça doit tourner autour de cinquante, à la fourchette... Ce rythme de dingue m'a aussi permis d'avoir la tête dans le guidon, et donc d'éviter de trop penser. Ne pas penser pour panser, je confirme que cela fonctionne.

Je prends peu à peu du recul, même si cela se fera au fil des semaines, voire des mois. Je digère, cahin caha, et surtout je me dis qu'il est bon de se retrouver, soi, et soi avec les autres. Une sortie entre copines dans un pub, un week-end complet avec Cally, aller au restaurant, cuisiner à la maison (velouté de carottes au lait de coco et curry, gâteau grand-mère, tarte rhubarbe-framboises, agneau...) : voilà les plaisirs simples sur lesquels je m'extasiais déjà avant l'agreg, et qui me comblent encore plus aujourd'hui.

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Je me suis fait un tout petit cadeau, symbole de mon temps de loisirs retrouvé : un jeu d'énigmes pour ma console 3DS. Sinon, je suis très sage, en prévision des frais à venir pour changer de lieu de vie. Ah si, j'ai investi dans de la gelée royale, absolument nécessaire pour que je ne m'écroule pas.

A part ça, je suis allée voter, évidemment. C'est vrai, ce n'est pas évident pour tout le monde, j'oubliais l'abstention grandissante, qui permet à un certain parti de s'installer confortablement, tout en regardant les autres s'écharper. Une sorte de charognard politique.
A ce propos, je suis atterrée (et fort naïve) de voir certains maires être réélus, alors qu'ils n'ont plus des cassseroles aux fesses, mais des marmites en fonte. Ces maires qui pratiquent le clientélisme, qui volent les communes, s'octroient des services sans vergogne : les électeurs les choisissent encore et toujours, et massivement.
Vous excuserez les majuscules mais JE NE COMPRENDS PAS. En en discutant avec Cally, j'ai trouvé son interprétation intéressante : selon elle, les différences entre les très riches et les très pauvres se creusent. Ainsi, les pauvres rêvent d'être un jour riches et jettent leur espoir là où ils le peuvent. La télévision ne fait que renforcer cet espoir vain (épouser un homme jeune, beau, riche qui offre une rose à une femme convoitée dans une horde de femelles prises pour des objets sexuels; gagner une somme importante en répondant à des questions stupides; devenir célèbre parce qu'on a de gros seins en plastique; se prendre pour Madonna ou Bowie parce qu'on chante sous sa douche depuis tout petit et que Jennifer nous fait des compliments; etc).
Du coup, des électeurs votent pour des escrocs car ceux-ci réussissent. Peu importe la manière. Honnêtes ou malhonnêtes, on s'en moque.
J'espère rester naïve quand même encore longtemps, et croire que l'on peut "réussir" tout autrement, avec le style, et certaines valeurs en bandoulière.

Ou alors je désespère.

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03 janvier 2014

3.1

Il y a un an, jour pour jour, je ne savais pas que ma vie changerait. J'ignorais, en allant boire un café avec une quasi inconnue, que celle-ci entrerait en fanfare dans ma vie, et me ferait croire à nouveau en l'amour -puisqu'il faut appeler ces choses par leur nom, fût-il gnangnan. Je n'imaginais pas que je pourrais sortir de l'abyme dans lequel Flûtine m'avait plongée, même s'il allait encore me falloir du temps pour accepter que Cally m'aime telle que je suis.

L'évidence est apparue bien vite, mais je sais que j'ai encore bien du mal à gérer le bonheur, moi, l'autodestructrice, et que la peur de perdre ceux que j'aime me noue parfois au point de paniquer. Alors j'apprends, ou plutôt nous apprenons, Cally et moi, ensemble : nous méritons ce qui nous arrive, même si cela nous rend souvent incrédules. Je gère au mieux mes angoisses, et je tente de vivre, enfin.

Je m'y essaye tant que l'énergie accordée à l'agrégation est fort variable, puisque l'essentiel est ailleurs. Autant le dire de suite, je suis très inquiète pour la dissertation sur programme (au concours blanc, je n'ai pas rendu de copie). Les trois semaines qui restent avant l'écrit seront rocambolesques, c'est certain.

Sinon, les fêtes se sont globalement bien déroulées, de façon assez simple. Nous avons passé le nouvel an à deux, sans que cela ne me pose de souci particulier, mais j'ai été tout de même surprise de n'avoir aucun écho d'amis. Mes constats sur les changements dans ma vie depuis environ un an sont confirmés, sans que cela me perturbe autant qu'auparavant, je crois.
Cally m'a gâtée à Noyel avec un ouvrage d'estampes d'Utamaro (entre autres). Nous avons cuisiné ensemble tout au long des vacances, et notre entente dans ce domaine est assez saisissante aussi.

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J'ai vu le film de Guillaume Gallienne, Les garçons et Guillaume, à table ! : j'ai ri d'un sujet plutôt grave, et la sensibilité de ce monsieur me plaît décidément de plus en plus. J'ai très envie d'aller voir YSL, du coup.

Plus récemment encore, j'ai parcouru l'exposition Braque du Grand Palais, au milieu d'une foule assez imbuvable : il y a ceux qui font semblant de connaître Braque depuis toujours; ceux qui cherchent absolument à repérer la mandole, la guitare, le journal indiqués dnas le titre de l'oeuvre, et vont donc totalement à l'encontre du projet du peintre; ceux qui bousculent et se mettent pile devant vous au moment où vous lisez un panneau explicatif (au ton pédant)... Quoi qu'il en soit, j'ai trouvé un certain intérêt à cette exposition puisque je cherche à exercer mon oeil à la peinture moderne, de plus en plus, mais je sais que Braque ne m'émeut pas. J'admire le travail, l'originalité, le renouveau du peintre, cela est certain. J'ai aussi trouvé un sujet d'exposé pour les terminales L en me baladant, donc je suis loin d'avoir perdu mon temps. Cependant, je ne garderai pas un souvenir prégnant de ma visite.

Il me reste à voir Cartier, Depardon, les objets surréalistes, la beauté et la volupté sous l'ère victorienne, le tout avant l'agreg... Vaste gageure, n'est-il pas ?

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30 septembre 2013

Hauts les coeurs !

Il y a trois ans, j'avais 21h de cours hebdomadaires, et j'avais l'impression de mieux m'en sortir que cette année avec 18h. Je m'organisais pour l'agreg, et je gardais la tête hors de l'eau. Mais là, comment dire ? Les soucis d'emplois de temps (profs et classes), les acrobaties pédagogiques, les rattrapages administratifs ont eu raison de beaucoup d'entre nous.

Par ailleurs, comme je suis PP, coordinatrice, et tutrice, je ne vois plus le bout de mes journées. Ajoutez à cela les cours d'agreg, et le compte est bon. J'ai voulu tenter de participer à la nouvelle chorale du lycée, mais je crois que je vais devoir renoncer. Mes heures de trous ? Elles ont fini en photocopies/réunions/rdv tutorat/gestion de classe/copies (au choix ou en même temps).

La semaine dernière, il n'y a pas eu UN jour SANS accident sur la route. Je ne sais combien d'heures j'ai passé en voiture. Le soir, à 21h, j'avais l'impression qu'il était une heure du matin...

Pour parachever le tout, ma stagiaire (la prof qui ne va pas bien) ne va vraiment pas bien et j'ai dû en discuter avec le proviseur deux fois, ainsi que contacter l'inspectrice (au téléphone et par mail, j'adore ça). J'attends la suite des événements...

Vendredi soir, Cally et moi sommes sorties rejoindre certains de ses amis dans le Xème arrondissement (après un passage chez le coiffeur pour moi : j'avais l'air de sortir des 90's avec mes cheveux qui poussent trop vite). Vers 22h30, je comprenais de moins en moins ce que l'on me disait. J'ai tenu jusqu'à minuit trente quand même, pour m'effondrer, hagarde, jusqu'au matin. Puis j'ai enchaîné samedi sur un cours à la fac, en didactique : j'avais à peine lu le sujet, et surtout j'étais passée à côté de la problématique. Ça m'en a fichu un coup sur la nuque, je le reconnais. D'un autre côté, mon cerveau est décapsulé et c'est ce que je demande à cette formation, aussi.
J'ai ensuite récupéré Cally qui sortait d'une formation culinaire, et nous avons fait un peu de shopping dans des magasins de déstockage. Le wee commençait enfin.

Hier, mon dimanche a été tout doux et j'en avais bien besoin. J'ai lu un peu de critique sur Sévigné (qui m'intrigue de plus en plus), quand même. Cally cuisine pour moi des plats réconfortants et raffinés (et même des sushis !). Et moi, je lui ai fait aujourd'hui un cake au thé matcha et aux cranberries. L'amour nous va bien, et finalement, c'est juste ce qui compte.

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31 juillet 2013

Saveurs épicées

Je ne comprends pas où est passé le mois de juillet. Quelqu'un l'aurait-il vu ? Il a filé sans que je m'en rende compte...

Il faut dire que je n'arrête pas : entre les menues préparations de dernière minute pour le voyage (J- 3 !), le rangement de mastodonte (une journée complète pour les papiers...), les lectures d'agreg, les nuits d'orage, les siestes, le shopping soldes, l'ostéopathe, les week-end à la mer ou à la campagne, et les recettes de cuisine, cela laisse peu de temps pour voir le temps défiler.

Hier soir, j'ai cuisiné ma première soupe asiatique : lait de coco, sauce soja, poulet, bouillon Pho, piment, citronnelle, kumbawa, nouilles de riz... En dessert, un pain d'épices allégé (peu de miel, cardamome, cannelle, gingembre, fenouil, noisettes, amandes) a complété le tout. J'étais ravie de préparer tout cela pour Cally.

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Sinon, je trouve que Nabokov est bien trop intelligent dans son écriture. Cela me ralentit, que diable ! Et le sujet de la comparée de l'agreg cette année me remue et me chamboule : poétique du récit d'enfance. Le souvenir, ce qui reste, ce qui s'efface, la filiation, la famille, les morts, être vivant, le recul face au passé... Tous ces sujets se bousculent en moi et je résiste parfois en ralentissant la lecture, car cela m'est douloureux et/ou perturbant.
Il me restera Walter Benjamin à lire le long des plages et des volcans (indices sur ma destination !), si je parviens à finir Nabokov avant samedi.

A part ça, je crois que je vais bien, globalement, et ce n'est pas une évidence ni un acquis, d'où l'intérêt de le dire.

Et vous, rares lecteurs estivaux, vous allez comment ?

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10 juillet 2013

C'est par où le garage ?

Mes deux premiers jours de vacances, j'ai fait ceci :

  • nettoyé le scooter plein de toiles, de feuilles, de poussière et rechargé sa batterie, évidemment à plat. Il fallait donc démonter et remonter celle-ci.
  • enregistré mes prouesses d'examinatrice sur le site consacré, afin d'être payée au mieux en novembre, pour avoir corrigé le bac en juillet.
  • fait les courses, dont des chemises cartonnées en vue de trier la masse de documents qui fait des montagnes au sol, dans mon bureau.
  • rangé la cuisine et fait un premier nettoyage de l'appartement.
  • arrosé mes plantes.
  • déposé le chèque des charges de l'appartement, ainsi que deux colis à la poste.
  • fait mon premier cauchemar de rentrée cette nuit. Comme d'habitude, je ne pouvais tenir une classe, et un élève m'appelait même par mon prénom (qui était Claude, allez comprendre).

 

Heureusement, il y a eu aussi du plaisir :

J'ai d'abord pris un pot, puis déjeuné avec Ed dans Paris. Nous avons rencontré un charmant poisson sur notre table, que j'ai baptisé Siek (toute ressemblance avec un organisme existant ou ayant existé ne serait que fortuite). Ensuite, nous sommes allées ensemble chez Gibert, où j'ai acheté mon cahier de prof pour la rentrée, ainsi que quelques livres (avec l'excuse de l'agreg, évidemment).

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Je me suis baladée dans Paris, et cela faisait un bail, en scooter (mais j'habite vraiment bien trop loin de la capitale maintenant...).

J'ai acheté un pot sur trois étages, comme je le voulais depuis longtemps, afin de ranger les oignons, les échalotes (malheureusement, il y a une faute d'orthographe sur ce pot-là : ils ont mis deux L à échalote) et l'ail. Et oui, j'ai des tocs.

J'ai enfin fait ma première sieste, cet après-midi.

Je viens de cuisiner pour Cally une salade truite fumée/fenouil/radis émincés/feta, accompagnée de sa sauce au fromage blanc, menthe et ciboulette fraîches, huile d'olive, fleur de sel de yuzu; ainsi que des biscuits à l'avoine et aux noisettes, parfumés à la fleur d'oranger.

J'entends le vent dans les feuilles des arbres devant chez moi : c'est le son que je préfère au monde, je crois.

Et puis si ça vous dit, je peux vous reproduire les perles les plus saisissantes du bac 2013...

 

 

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14 juin 2013

Dubitative

Parfois, je ne comprends pas bien le monde qui m'entoure.

Voici deux jours que je vois sur des panneaux une publicité pour "le premier quatre quarts coupé en tranches". Les gens sont-ils si fainéants que prendre un couteau pour couper un gâteau contient un seuil de pénibilité latent qui m'aurait échappé ? Aurions-nous perdu ce plaisir de la tranche épaisse, qui en vaut bien deux, sur laquelle on fait dégouliner de la confiture -car c'est ainsi que j'aime le quatre quarts- pendant que l'on récupère les grosses miettes tombées dans le papier gras ? On uniformise donc même le bon vieux quatre quarts breton. Quelque chose m'échappe, en ce bas monde.

quatre quarts

Ce midi, j'ai eu les oreilles cassées par un animateur d'une course au profit d'action contre la faim. La sono avait vraiment un problème, ou bien était-ce ce type qui hurlait "Vous êtes foooooooooooooormiiiiiiiiiidaaaaaaaaaaaaaables !", ou bien c'était les deux cumulés. A deux mètres des barrières, un pauvre homme était assis par terre, derrière une pancarte "J'ai faim svp". Pendant ce temps, l'autre stentor beuglait que l'on atteignait les 90.000€ de récoltés. Quelque chose m'échappe, en ce bas monde.

Un peu avant, Cally et moi avons déjeuné ensemble puis erré dans le centre commercial avant qu'elle ne reprenne le travail. Les lieux étant infestés de ses milliers de collègues, nous devons nous tenir à carreau, contrôler sourires et regards, et feindre l'indifférence. "Nous devons" ? Cette obligation me révulse particulièrement aujourd'hui. Quand je vois des brutes épaisses hétéros ne pas se gêner, et que je me dis que Cally et moi devons être prudentes, surtout à cause des retournements de ces dernières semaines, j'ai des envies de vomir. Prudentes, parce que nous nous aimons.

Quelque chose m'échappe, en ce bas monde.

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