13 septembre 2013

Parfois, la vie sans fessebouc, c'est bien

réseau

Parfois, je suis fatiguée. Pas physiquement, non, mais comme lasse des réactions de certains. Je viens de constater qu'une collègue m'avait supprimée de fessebouc sans même chercher à discuter avec moi. Non pas que ma vie sociale se résume à si peu, heureusement, mais avec mon côté "j'enfile ma cape et je vole au devant de la justice", je ne supporte pas cette hypocrisie.

Je me sens pointée à tort, par quelqu'un qui, finalement, n'a pas d'affinités avec moi. Cela, je peux l'entendre sans souci. Mais je me sens remise en question dans mon travail (nous étions dans les mêmes équipes), et c'est bien ce qui m'insupporte.

Entre Asa qui m'a cassé du sucre sur le dos en fin d'année dernière, et ce dernier événement, j'ai comme un goût amer dans la bouche. Jamais la qualité de mon travail n'avait été remise en question et je ne devrais pas en tenir compte : je sais ce que je fais mal et ce que je fais bien. Alors pourquoi accorder de l'importance à ces opinions faussées et subjectives ?

Le fait d'avoir aussi une observatrice dans mon cours neuf heures par semaine ne doit rien arranger à ma crise de doute. Ma stagiaire est effectivement d'un autre monde : elle découvre qu'il faut un cadre (voire des cadres) en classe, des rituels, qu'il faut intéresser les élèves... Pour précision, elle enseigne depuis plus de quinze ans. Ses échos me montrent à quel point ce qui me paraît évident ne l'est pas pour tout le monde.

Et puis mon réseau, pour reprendre un terme d'époque, change, se réduit, se fragilise et se fortifie à la fois. Je tente de comprendre comment cela fonctionne, et d'avancer, de m'améliorer mais je me sens comme dépassée. Certains jours un peu plus que d'autres : c'est le cas aujourd'hui.

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31 août 2013

Intermède

J'aurais dû continuer le récit de mon périple mais hier j'ai reçu un mail du lycée qui m'a beaucoup agacée et aujourd'hui angoissée.
Mon service a été changé sans aucune concertation : on m'ajoute une classe de première techno. Trois niveaux et quatre classes : on n'a jamais vu ça en lettres.
Je gère comme je peux lundi, en vous épargnant le récit de la journée d'hier...

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21 juin 2013

Pour la révolution, rappelez lundi

Je reviens avec mes copies de bac sous le bras.

Pardon, je reviens avec mes 65 copies de bac sous le bras. Alors que je devais en avoir environ 50. Tout cela était logique : dix professeurs, environ 540 candidats; il suffisait de diviser par dix.

Mais c'était sans compter sur les formules airthmétiques stupides du Siec (centre des examens) : on charge les premiers professeurs de la liste du maximum de copies par examinateur, puis, les derniers ont ce qui reste. Donc nous sommes huit à avoir 65 copies et les deux autres ont 11 et 12 copies.

Heureusement, dans ma commission, tout le monde s'en indigne. Le proviseur-adjoint, en revanche, nous la joue "on ne peut rien faire et je vous comprends". Il avait déjà grandement merdoillé concernant la répartition des descriptifs d'oraux, mais là, c'est la cerise sur le pompon. Son discours fataliste ne nous a guère plu, pour tout dire. Il faudrait que nous courbions l'échine silencieusement.
Du coup, nous avons nous-même appelé nos inspectrices : l'une d'elles doit venir lundi midi. C'est dire.

Ah, et puis une fois que j'aurai corrigé mon paquet, je devrai rentrer les notes moi-même sur le net. C'est nouveau. Et nous faisons cela gracieusement : c'est le pack all-included de l'Education Nationale. Ainsi, au moindre problème, sur les doigts de qui taperons-nous ? Sur ceux des professeurs, évidemment.

inquisition

Et puis au cours de cette réunion, nous avons évoqué d'éventuels problèmes dans les descriptifs des oraux. J'ai failli tomber de ma chaise en entendant une collègue dire que dans une de ses listes, il n'y avait que deux textes n'appartenant ni au XIXème ni au XXème siècle et que cela mériterait une inspection !
Elle était d'une raideur et d'une exigence inquiétantes. Diable, le professeur a choisi Duras ou Verlaine, quel outrage à la littérature ! Au bûcher !

J'ai précisé de ma voix posée que cela me paraissait un brin excessif et que, comme nous le rappellent les inspecteurs, le bac français porte sur les programmes de seconde et de première. Par ailleurs, l'enseignant a une liberté de choix à laquelle nous tenons tous...


Donc, si je résume ma matinée, c'était à la fois l'Inquisition et la Révolution. Drôle de mélange.

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24 mai 2013

"Ce matin y'avait de la givre !" dit une dame dans une boutique

Voilà, je sature. J'en ai assez de penser à mille choses à la fois, de courir après le temps, de sombrer sous les copies qui s'entassent telles le tonneau des Danaïdes, sans fin. Les secondes m'insupportent au point que je m'étrangle par moment en cours. Du coup, j'ai la voix cassée (aphone ce we ?). 

Comme j'ai rendu ce matin mes descriptifs de bac, pas peu fière du travail accompli, je suis allée me balader en sortant de cours : cette semaine m'a éreintée. Et quand je vois ce qui me pend au nez pour les quinze jours à venir, je préfère m'acheter deux paires de baskets pour oublier...

Alors, si je reprends dans le désordre, j'ai envie de vous parler tout d'abord du dernier conseil d'enseignement en lettres, qui a eu lieu vendredi dernier. J'ai été stoïque : je ne voulais pas m'élever contre le diktat d'Asa toute seule. Mais mes collègues sont montées au créneau sans prévenir, en étant courtoises et directes,  sans langue de bois. Asa refuse de laisser une seconde européenne, qu'elle se garde depuis au moins trois ans... Nos arguments, fort sensés et cohérents, n'ont rien changé : nous étions face à un mur. J'ai pu constater que cet accroc a permis de libérer la parole de nombreux collègues, qui n'en peuvent plus de l'autoritarisme donneur de leçons d'Asa. En gros, elle a des" vrais projets" et mérite de bonnes classes, elle... Elle a par ailleurs mis en avant le fait qu'elle passait l'agreg (pour la troisième année consécutive), mais il s'agit d'une décision personnelle à assumer, ce me semble.

Pour ma part, mon service serait plus original que je ne croyais : deux secondes (après quatre années à ce rythme, je maîtrise le niveau, je vous le dis !) avec ECJS, et les deux terminales L. A cela s'ajouterait une partie de la coordination, ce qui me fait plaisir. En plus, nous serions deux profs pour les terminales, et les cours seraient annualisés : cela me permettrait de pouvoir bien travailler l'agreg jusqu'aux écrits.

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A part ça, il y a eu ma semaine sur Budapest ! J'ai été frappée par les traces visibles de la guerre (la ville a été détruite à 60%) et du communisme dans ce pays. Par instant, on retourne cinquante ans en arrière (l'expérience du métro avec les poinçonneurs-contrôleurs est édifiante). On voit aussi partout de l'art déco, des façades burinées par le temps, de beaux vélos (des fixies)... Nos visites nous ont conduites dans des musées (holocauste, palais des arts), dans un cimetière semblable au Père Lachaise, le long du Danube marron-rouge, dans le quartier juif (la grande synagogue est impressionnante) et... à l'opéra.

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Le deuxième soir, nous sommes allées voir Madame Butterfly de Puccini. Je n'avais jamais assisté à une réprésentation de ce type, et j'ai adoré. On prendrait vite goût à ces sorties...
Et puis il y a eu l'expérience des bains. Je me suis baignée dans des thermes aux eaux pleines de vertus (c'est fou comme la peau travaille), entre 30 et 38°; le tout soit en plein soleil car il faisait très beau, soit en intérieur dans des galeries anciennes.
Côté culinaire, les plats sont bons mais ce n'est pas forcément très fins, plutôt familiaux. J'ai goûté un verre de Tokay blanc délicieux (même s'il le serve bien trop froid); j'ai tenté la réputée "maison du strudel" (celui aux cerises noires et chocolat paprika était délicieux, meilleur que les versions salées au saumon, par exemple); nous avons bu pas mal de bières et de limonades, et goûté au goulasch (la météo française en ce moment s'y prêterait particulièrement).
Donc, malgré le manque d'amabilité à l'égard des touristes, c'est vraiment une destination à recommander.

Et comme vous avez été fort patients, je vous ai mis en ligne un album photo idoine... ;-)

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22 avril 2013

Ma pauvre république...

J'aimerais à nouveau vous parler de musique, mais j'étouffe en ce moment. J'ai un poids sur l'estomac -ou sur le coeur, c'est pareil.

Je me sens à court d'arguments puissants, logiques, sensés face à la haine, face à ce mépris, face à ce qui m'écoeure. Comment peut-on oser chanter Le chant des partisans ou parler des pires horreurs de l'histoire pour abroger un projet égalitaire ? Heureusement, peu d'anciens résistants assistent à cette déchéance des valeurs.

Je comprends que l'adoption par des couples homosexuels puisse gêner. Mais les amalgames qui sont faits ces dernières semaines me révulsent. Je commence à craindre des réactions dans mon quotidien, dans mes balades parisiennes, dans mon travail. L'homophobie devient une opinion que l'on est libre d'exprimer.

Même un de mes élèves de seconde s'est laissé prendre au piège : ils devaient rédiger une satire des moeurs de notre temps, sur le modèle de La Bruyère qui se moquait de la cour et de la mode. Mon élève a pris l'homosexualité : "Mais madame, je ne suis pas homophobe !" Voilà, le niveau de "réflexion" s'en tient là. Comment lui expliquer que c'est déjà rejeter l'autre ?

homophobie patates

Si je n'étais pas moi-même homosexuelle, je pense que je serais tout autant dégoûtée par ces milliers de personnes qui se cachent derrière des "valeurs" qu'ils veulent imposer à tous. J'aurais honte pour ceux qui veulent faire couler le sang, en s'appuyant sur la Révolution française et en chantant des chants de guerre. Que l'on ne vienne plus brandir devant moi cette image de la France, pays des droits de l'homme, si évoluée et civique. 
Nous devrions encore sourire et dire amen à tout ce foin médiatique, à toutes ces phrases qui me donnent la nausée.

Je n'en peux plus de ces mouvements de haine. Je n'en peux plus de sentir la crainte monter. Je n'en peux plus de redouter les prochaines présidentielles. Je n'en peux plus de devoir me cacher.

Et si la loi passe demain en deuxième lecture à l'assemblée, je ne sauterai pas au plafond. Je serais soulagée mais je me demanderais : "Et après ?" Car les premières demandes en mariage, les premières cérémonies, comment se dérouleront-elles ? Dans quelles conditions ? N'y aura-t-il pas des flots de violence en voyant des couples de même sexe sortir heureux de la mairie ? Toutes les communes ne seront pas dans l'application de la loi, je le crains.

Et de me dire que les élus locaux ou nationaux n'incarnent plus du tout les valeurs de la dite république, cela atteint mon moral et fendille mes propres convictions. Pas plus tard que vendredi, je montrais ma carte d'électeur aux élèves en leur disant avec animation que c'était notre arme pour changer le monde. Avec du recul, ridicule (?). Je voulais leur faire comprendre que pour les prochaines présidentielles, ils seront des électeurs, et que seul leur vote pourra peut-être éviter la montée d'une femme extrême au plus haut rang de la République.

Là, je doute. J'en aurais envie de pleurer de rage, par instant. De mon impuissance.

Sur mon estrade, carte d'électeur en main, voix vibrante, quelques élèves m'ont dit naïvement que je devrais être présidente ou en tout cas "faire un truc". Mais quoi faire, mes chers petits ? Quoi faire ?

Je n'ai que ce pauvre blog pour exposer ma colère et ma tristesse. Comme tout cela n'est rien, face à la haine...

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30 septembre 2012

Super héroïne du quotidien

Je n'ai rien vu de ma semaine, passée avec Flûtine et dans le travail jusqu'au cou. Mon emploi du temps m'éreinte deux jours par semaine, dont je dois me remettre rapidement. Comme il y a eu une énième mise à jour de nos plannings et des salles attribuées, cela crée aussi des flottements.

Par ailleurs, j'ai eu un grand agacement mercredi soir. Alors que Flûtine travaillait et que je me réjouissais de retrouver les Desperate housewifes, j'ai eu la mauvaise idée de consulter mes mails sur l'iphone. Grand mal m'en a pris : Asa avait écrit un message collectif à l'ensemble des professeurs, concernant notre salle. En effet, vendredi dernier, au matin, nous avons découvert avec étonnement que les tables avaient été bougées en un système alvéolaire (j'associe dorénavant la salle des profs à une ruche), et surtout que le haut des casiers avait totalement disparu. Certains ont cherché leurs polycopiés, leurs cours, et... leurs copies, en vain : tout avait été jeté. Mais par qui ? De murmures en soupçons, quatre noms ont émergés : Asa et trois autres profs, qui étaient tous présents au fameux stage pédagogo fumeux le mardi d'avant...

Ils n'ont pas vraiment revendiqué leur geste, comprenant leur bévue d'avoir tout jeté sans prévenir sans doute. Le soir même pourtant, ils s'occupaient de l'étiquetage des casiers (l'administration en ayant été incapable depuis la rentrée...), en vidant ceux qui posaient problème... Donc, presque une semaine plus tard, Asa écrit un mail à la centaine de profs que nous sommes.

Aucun mot d'excuse ou d'explication concernant les pertes subsidiaires des uns et des autres, mais des auto compliments et une information présentée en quatre points numérotés, pour expliquer que le changement est loin d'être achevé : ce n'était qu'un début. Un plan de la future salle des profs a été établi (par maximum quatre profs) puis présenté au proviseur, qui est d'accord, évidemment.

Dans mon canapé, malgré la délicieuse Lynette et ses comparses, j'ai senti la colère poindre. D'autant plus que je n'étais pas du tout d'accord avec des décisions absurdes et illogiques. J'ai aussi constaté que certaines idées que j'avais pu proposer il y a deux ou trois ans étaient reprises, alors qu'elles avaient été balayées avec mépris d'un revers de la main... J'ai décidé de ronger mon frein, de patienter au lieu de répondre sous les effets de l'agacement, car ce qui en résulte n'est jamais bon.
J'ai évacué avec Flûtine, qui a eu les mêmes réactions que moi. J'ai lu les six ou sept mails de remerciements de collègues à Asa, mais aucun retour négatif : pourtant, ça avait bien causé le vendredi et après.

Jeudi, j'ai effectué ma journée tunnel de huit heures de cours. La colère est retombée seulement vers 13h. En rentrant, je me suis tranquillement installée, et j'ai rédigé une réponse très mesurée, contenant une seule pointe finale, et proposant arguments et alternatives potentielles aux différents points qui étaient proposés. J'ai tout pesé, fait relire à Miss R, et envoyé mon mail.

Qu'elle n'a pas été ma surprise de recevoir des remerciements de collègues, presque chuchotés, dès mon arrivée à 7h30 au lycée le lendemain ! Ou des sourires, des regards complices. J'ai eu aussi deux mails de collègues de lettres, adhérant totalement à mes propos...

Je sais bien que ces petites histoires sont dérisoires, mais j'ai eu l'impression alors d'être légitimée, et d'avoir dit ce que je devais dire. Je verrai l'accueil d'Asa mercredi, mais pour l'instant, c'est calme plat côté réponses.

Sinon, il y a eu aussi des balades en forêt avec Flûtine, qui m'ont occupée. Et puis nous sommes allées voir "Camille redouble" : étrangement, j'ai moins aimé que "Du vent dans mes mollets", mais j'ai plus pleuré (j'ai même continué dans le train en rentrant, en parlant de mes impressions à Flûtine : deux jeunes hommes ont dû croire que je traversais une épreuve, en me voyant). Yolande Moreau est sublime d'humanité.

Ce matin, j'ai déposé ma douce à la gare avec regret, mais je souriais tout de même de tant de chance dans mon existence. Je suis repartie et au lieu de rentrer directement, je suis allée au rayon orchidées de chez TruffO : j'aurais voulu en prendre une de chaque espèce. J'ai acheté un oncibium jaune soleil (1) qui était bradé car il allait certainement être jeté. Je mets un point d'honneur à le sauver.

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Ma préférée est un cambria d'un violet foncé tigré (2).

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Et j'ai craqué pour une troisième, un dendrobium blanc à tiges (3 le mien avec plein de bourgeons, et en 4 une version fleurie).

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Là, je viens de réaménager le salon en fonction des plantes. Et c'est beaucoup plus joli encore qu'avant.

Je vous propose un jeu, ou du moins une contribution : j'aimerais donner un nom à chacune de ces orchidées. J'écoute toutes vos propositions ! Cela peut aller du nom inventé à celui d'un personnage littéraire en passant par une couleur ou ce que vous voudrez. A vous !

Vous dites ? Les copies ? Les cours à préparer ? Ah oui, c'est vrai...

 

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12 avril 2012

Oscillations

J'oscille entre découragement, enthousiasme, sensation de liberté, et étouffement. Là, un début de migraine m'inquiète pour ma journée.

Hier, deux commissions éducatives : une élève a démissionné, l'autre passera en conseil de discipline. Sentiment d'échec, même si j'ai tout essayé pour les aider. Quand l'autre ne veut pas recevoir, il n'y a pas grand-chose à faire.

Et puis ma banquière m'a refroidie en m'annonçant ce que je pourrais emprunter en cas d'achat immobilier. Je dois revoir mes projets à la baisse. Vivre en région parisienne est vraiment un défi. Pour autant, je visite des appartements, et j'aime bien : j'ai l'impression d'avoir encore mûri.

Beaucoup de colère en moi, toujours. Ai-je été bête, l'an dernier, de faire cours au moment des révisions alors que d'autres se font porter pâle et se payent dix jours (dix !) pour préparer les oraux ? Trop d'honnêteté nuit, souvent.

Mais le soleil repointe son nez. Alors ça va aller.

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12 février 2012

Because

Une vilaine semaine longue comme un tunnel, avec des déceptions, des trahisons, des pièges, des désillusions, beaucoup de fatigue et des larmes de rage et d'impuissance.

I'll be back soon, dès que j'en aurai l'énergie, promis.

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18 juin 2011

Canal bug

Cette semaine a encore été fort chargée et donc plutôt épuisante. Une réunion plénière inutile (nous n'avons aucune réponse concrète à nos préoccupations pour la prochaine rentrée), un conseil d'enseignement, seize heures de surveillance en deux jours, et quelques agacements justifiés (profs tire-au-flanc ou peu doués pour des tâches simples; pas de suite donnée à mon rapport sur les événements de la semaine dernière, etc).

A cela s'ajoute une commémoration pour le frère de S., qui m'a remuée.

Hier soir, crevée, je suis rentrée à 18h30; j'ai allumé l'ordinateur, et j'ai regardé les prix des trains pour voir Flûtine. Même si mes finances sont en berne, je suis partie sur un coup de tête. Je ne reviendrai que mardi, puisque les copies de bac seront récupérées mercredi.

Et à partir de jeudi prochain, farandole des oraux de français : j'ai 53 candidats à faire passer, à 35km de chez moi.

Alors passer trois jours près de celle que j'aime, ce n'est pas un luxe.

(Cette entrée est sans grand intérêt, mais je passais juste faire un signe...)

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15 février 2011

J'ai l'âme slave

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Je lis actuellement Anna Akhmatova, que je ne connaissais pas avant l'agrégation, je le reconnais. Sa vie à elle seule est déjà une aventure, une douleur, à la mesure d'autres auteurs russes qui ont subi les régimes totalitaires bien connus de ce pays. Quant à son écriture, elle est très... russe. Je ne sais comment dire cela autrement. J'ai toujours eu du mal avec les romans de Dostoievski ou les pièces de Tchekhov mais je reconnais l'aspect torturé, l'ambiance pesante, les silences, la cruauté, la beauté qui se mêlent dans ces pages. Akhmatova, c'est pareil. C'est très russe. Et le quart de Polonaise que je suis tente (comme si nous étions encore à l'époque des théories génétiques fumeuses : comment le sang pourrait-il transmettre une culture ? Pfff, n'importe quoi, moi !) de s'y plonger.
D'autant que ces derniers jours, je ne me sens pas au mieux de ma forme psychologique. Ce matin, j'ai insulté Conforama et tous ses saints en effectuant le montage hasardeux d'un meuble... Car j'essaye d'améliorer mon quotidien et ma santé mentale en réaménageant, dans la mesure de mes possibilités, certaines parties de mon appartement. Je pleure aussi facilement. Je m'endors en lisant l'après-midi. J'étouffe.
Je n'ai qu'une envie : souffler. Etre dans les bras de Flûtine, en silence. Tant de mots, parfois, m'épuisent. Les mots des livres du programme, les citations à apprendre, mes propres mots en cours, la répétition, les mots vains, les discussions plates, les mots inutiles de la plupart de mes cours de fac, les mots vides des mails commerciaux, et tous les autres.

Et pourtant. Pourtant il est bon se s'y lover dans les transports, en oubliant l'agitation ambiante. J'ai fait cela hier avec Akhmatova. Une sorte de bulle, un espace feutré offert à moi, même si elle dit la souffrance de la solitude, de la censure, de la violence.

Je lutte contre mes anciens démons, ceux que certains ont lu ici parfois -souvent. L'image de soi sur un plan intellectuel est beaucoup au centre de mes tourments. J'ai beau savoir que je ne dois rien espérer de l'agrégation, que je ne dois pas en attendre un changement quelconque, j'y accorde bien plus d'importance que je n'aurais cru.
J'ai, pendant des années, chercher à me tirer une balle dans le pied pour que ce que je suis corresponde à ce que je crois être. C'est-à-dire une fille banale, pas bien brillante, besogneuse mais pas une lumière.
Cependant, de façon paradoxale, je n'arborais comme seule valeur, comme seule qualité, que ma culture. Forcément, le concours me ramène au point zéro : je ne sais pas grand-chose. Tinette me disait il y a peu de temps que passer l'agrégation dans ces conditions et à mon âge, c'était l'équivalent d'une psychanalyse. Je confirme que je suis retournée comme une crêpe, et bien plus chamboulée que prévu (l'avais-je même prévu ?).

Alors imaginez mon état actuel, face aux pronostics de l'écrit... Scenarii divers et variés :

1) Je ne suis pas admissible.
Je n'aurai pas assez de recul pour me dire que ce n'est pas bien grave, que "c'est déjà un honneur que d'être nominée", une belle performance, une riche expérience, blablabla. Car il y aura le regard de Flûtine, celui de Tinette, celui de Comtesse, celui d'Asa, celui de et de et de (et le vôtre !)... En tout cas, le regard que je leur/vous imagine. Et je me conforterai dans ce que j'ai toujours cru : ne pas être bien douée.

2) Je suis admissible mais je ne décroche pas l'agreg.
Encore pire, peut-être. Regret de ne pas avoir saisi ma chance, surtout avec un sujet de didactique taillé sur mesure (ça n'arrive pas deux années de suite). La "place du con", comme en sport, quand on est au pied du podium, quatrième. La honte d'avoir échoué si près. La gêne de mon entourage sans doute. La réjouissance de certains collègues jaloux, qui eux aussi se sont plantés de la même façon. Ma crainte d'avoir fait exprès de rater l'oral.

3) Je suis admissible puis admise.
Je penserai qu'il s'agit d'une erreur. Le niveau était vraiment bas, cette année. Et puis, une fois que j'aurais admis le fait que oui, je suis agrégée, il faudra que je m'adapte à ce nouveau moi qui accepte de réussir, même dans des conditions peu évidentes (plein temps, formation pas extraordinaire).

Tout est là, en fait : j'ai tellement changé en un an, qu'il s'agisse du plan physique ou mental, que je suis perdue. Je ne me reconnais plus vraiment. Les spectres refont surface sans doute parce que je ressens une fatigue de coureuse de fond, que l'échéance des résultats approche, et puis, allez savoir à quoi tout cela tient. Des idées ?

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