30 septembre 2014

"Pour ne pas vivre seul", chantait Dalida

Après une sixième (?) version des emplois du temps, nous appliquons ces derniers bon an mal an, en comblant comme nous le pouvons les derniers couacs. Je n'ai plus mon heure solitaire du lundi de 14h à 15h, et c'est déjà ça. On se contente de peu, cette année, face au fiasco de la rentrée.
Ceci étant, il reste encore des élèves mal affectés, au bout d'un mois de cours. C'est gênant, quand il y a le bac, au bout.

A part ça, je lutte contre la morosité ambiante et la loi des séries en voyant des amies autour d'un bon repas, en relisant Madame Bovary (diable, j'étais trop jeune la première fois !) -le comble sur la morosité- ou en allant au cinéma le dimanche soir. Nous avons vu Hippocrate, le week-end dernier. Le film est assez bon, et, je crois, dresse un portrait tout à fait juste du milieu médical dans lequel on demande d'accomplir des miracles avec des bouts de ficelle.

Hippocrate-Affiche-2-France

Mais ce n'est pas tant le film dans son ensemble qui m'a marqué pendant plusieurs heures; c'est le personnage de la vieille dame qui souffre et attend de mourir dignement. J'ai retrouvé en elle les mêmes expressions que celles de Mamy, la reine mère, ma grand-mère paternelle. J'ai vécu à nouveau les derniers instants où l'on parle à celle qui est déjà loin, en soins palliatifs. J'ai revu les dents usées par l'âge, et le sourire si doux, malgré tout. J'ai pleuré, sans aucun contrôle, en voyant les bleus sur sa peau si fragile, en entendant ses soupirs de lassitude, en devinant sa patience et sa conscience de la fatalité. Elle, l'ancienne gymnaste, clouée dans un lit d'hôpital à guetter les escarres et les métastases.
Et en me demandant ensuite s'il y aura quelqu'un, un jour, près de moi, pour décider d'arrêter les machines.

Tout s'est confondu;  Mamy, ma mère, moi, ces trois générations de femmes et je serai sans doute la seule, à la fin, à tenir le fil de notre histoire. 

Quand je vous disais que la question de la transmission me taraudait...

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15 septembre 2014

Gemmes et germes

Mes élèves ont beau avoir l'air fort sympathiques au premier abord, et se tenir tout à fait correctement, je ne peux pas dire que je passe une bonne rentrée. Demain, nous aurons une troisième version des emplois du temps (classes et profs), et nous sommes toujours dans le flou quant aux décisions prises par l'administration. Par ailleurs, nous avons un véritable problème d'élèves redoublants non affectés (dans tout le département, et surtout dans les villes les moins riches, quel étrange hasard).

Préavis de grève déposé, heure syndicale, angoisses et énervements seront au programme de cette folle journée de mardi. NB : j'ai cauchemardé deux fois en trois nuits sur toutes ces turpitudes, je m'en passerais bien.

A part ça, dans la vraie vie, je suis traversée par pas mal de réflexions sur la mémoire, la transmission, la famille, et sur mon propre épanouissement dans le monde professionnel d'une part, et personnel d'autre part.
J'avais songé à un projet qui m'ouvrait d'autres perspectives, mais mon inspectrice m'a informée que c'était impossible : je voulais passer une certification d'anglais pour enseigner la littérature dans cette langue. Que nenni : on m'a répondu que je pouvais passer cette certification, mais qu'elle ne servirait qu'à faire joli sur un CV. Voilà de quoi refroidir mes ardeurs linguistiques.

Alors je réfléchis autrement. Une amie avec qui je communique par lettres depuis ma khâgne (elle était ma prof de philo en hypokhâgne, justement) m'a ouvert les yeux sur quelque chose que je savais déjà mais que j'avais besoin d'entendre d'une personne extérieure : l'agrégation, peut-être, ne correspond pas à ma façon de concevoir la littérature. Elle serait trop rigide, pas assez vivante ou souple. Je ne me cherche pas d'excuse sur le sujet. Je cherche juste à me décaler d'un pas, à voir ce concours comme une étape et non comme une fin en soi.
Ne pas avoir l'agreg (ou l'avoir) ne changera rien à ma façon de vivre la littérature et de la transmettre aux élèves, autant que faire se peut. Alors je tourne autour d'autres projets encore peu identifiables, mais en germe, et j'attends de voir ce qui ressortira de tout ce mûrissement.
Il en est de même pour m'inscrire au tir à l'arc : je ne sais que faire.

Sinon, nous avons vu hier soir Gemma Bovery avec Luchini. Je n'espérais pas le chef d'oeuvre de l'année, mais à cause du programme de TL (et de Luchini), j'avais envie de voir ce film. Je ne peux pas parler de déception ni d'enthousiasme : il y a des passages judicieux (sur la sensualité de Gemma ou sur l'indéfectible Charles), des décors très réussis, entre deux siècles, et une fin bien trop décevante car tirée par les cheveux. A mon sens, Fabrice Luchini "tient"  le film : avec un autre acteur, c'eut été un magistral flop.
Il me reste à lire la BD qui a inspiré le film, pour parfaire le tout.

gemma bovery

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25 juillet 2014

"Faire le mal est plus aisé que faire le bien" (Hugo)

Malgré le fait que je sois en vacances, je ne m'y sens pas encore : je n'arrête pas. Nous continuons à nous installer (c'est sans fin !), et nous préparons notre voyage prochain en même temps (départ lundi !).

Dans nos dernières installations, il y a eu un grainetier acheté d'occasion, qui a été chargé par nos petits bras dans le coffre dans ma Twingo, attaché par des sangles multiples. J'ai aussi fait le tri dans mes breloques, et remis à neuf une boîte à bijoux qui date de l'époque où mon père était vivant, c'est dire. 

photo

A gauche, c'est briqué; à droite, pas encore.

 

Frotter les cuivres et l'argenterie prend du temps, j'avais oublié. En donnant de l'huile de coude, j'ai pensé à la série Downton Abbey (la saison 3 a été engloutie en peu de temps ces derniers jours) dans laquelle on voit les domestiques briquer l'argenterie, parfois. Je vais avoir du mal à patienter pour voir la saison 4, d'ailleurs.

Sinon, nous sommes allées à la Comédie Française voir Lucrèce Borgia, avec Guillaume Gallienne dans le rôle titre. J'avais miraculeusement réussi à avoir des places il y a quelques mois, et j'étais impatiente d'y assister. Ce ne fut pas du tout une déception. Volontairement, je n'avais lu aucune critique pour être vierge de tout a priori (jai bien fait, car F. Pascaud se lâche gratuitement, par exemple).

Gallienne Lucrèce


J'ai trouvé Gallienne crédible de bout en bout. L'arrivée de son personnage est très belle : poitrine offerte, il avance lentement au fil des planches placées sous ses pas, sur une musique sacrée. Puis, on l'habille progressivement d'une robe noire (de Christian Lacroix) pendant les premiers dialogues. La question du travestissement est particulièrement intéressante dans cette mise en scène, d'autant que le rôle de Gennaro est tenu... par une jeune femme.

Une ou deux scènes étaient un peu moins réussies que les autres, mais le pari d'être entre "le sublime et le grotesque" de Hugo était amplement tenu. Il n'est pas évident de ne pas sombrer dans le ridicule avec un tel texte.
L'ovation finale, très longue, était assez parlante, même si le public qui va assister à ce genre de spectacle est souvent acquis avant le lever du rideau.

Dans un tout autre genre, j'ai vu hier soir au cinéma Qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu ? : je craignais la caricature, et c'est ce qui s'annonce au début, mais le film s'améliore progressivement, et, il faut bien le dire, s'avère drôle -parfois malgré soi. Chantal Lauby est irrésistible. Quant au fond, on ne peut pas dire que l'on ressort perturbé dans ses fondements, mais je comprends le succès populaire de ce film : c'est un reflet comique de la société française brassée aujourd'hui, avec ses faux tolérants, ses idées préconçues, ses mélanges, ses échecs et ses réussites.

A part cela, je tenais à vous dire que je songe très sérieusement à rendre ce blog accessible uniquement sur autorisation. Au fil des années, je sais que j'ai gardé des lecteurs fidèles et indulgents, mais d'autres sont moins bienveillants. Par ailleurs, pour la première fois depuis que j'ai lancé ce blog (qui a presque douze ans !), je réfléchis beaucoup trop avant d'écrire : je commence à me censurer. 
Il ne me reste que peu d'alternatives : soit je débute un tout autre blog, mais je tiens à celui-ci; soit je restreins les accès (et cela signifie ne plus être visible pour de nouveaux lecteurs); soit j'arrête tout. Concernant cette dernière possibilité, je la récuse pour l'instant par principe : je ne vois pas pourquoi (et surtout pour qui) je m'empêcherais de tenir un blog, aussi futile fût-il (ah ah).
Je me donne jusqu'à septembre pour décider. D'ici-là, vous pouvez me donner votre avis : je serais ravie d'avoir d'autres regards sur cette question qui me turlupine depuis un moment.

 

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01 juillet 2014

Bac & C°

J'ai achevé hier mes corrections de TL : quatre-vingts copies, allant de 3 à 18. Comme disent nos inspecteurs, j'ai utilisé toute l'échelle des notes. J'ai pris conscience seulement hier soir que je m'étais fourvoyée dans la date : j'étais persuadée que nous étions le premier du mois, et qu'il fallait absolument enregistrer les notes pour midi. Bref, j'ai accéléré le tempo sans le vouloir, et j'ai gagné un jour d'avance sur mes prévisions. Il ne faudrait pas le dire trop haut, car on nous répondrait que, finalement, nous avons largement le temps de corriger et qu'on pourrait nous donner plus de copies à corriger.

copie bac

Bilan de cette nouveauté pour moi de corriger des terminales : globalement, c'est plus rapide à lire car mieux écrit (mais j'ai un florilège de perles grossières à publier sous peu). L'épreuve durant deux heures, je n'ai pas eu plus de dix-sept pages (copie record, et pas forcément la meilleure). La vraie différence pour les notes, c'est au niveau de l'esprit de synthèse et de l'organisation, car les connaissances sont généralement là (sauf exception, évidemment, et nous verrons cela dans les perles). Deux ou trois dilemnes à régler sur le paquet, pas plus. 
Par ailleurs, je suis bien contente de n'avoir pas eu les oraux de première : je commençais à me lasser, et c'est véritablement épuisant. Quand je vois déjà à quel point j'étais vidée après douze copies par jour, je ne sais pas comment j'aurais tenu une semaine d'oraux. Enfin, me connaissant, j'aurais tenu, bien sûr, mais à quel prix ? 
Je sens encore bien la fatigue de cette année intense, entre agrégation, lycée et déménagement. Je ne sais même pas si je parviendrai à récupérer correctement.

On ne peut pas dire en effet que je suis dans une forme éblouissante en ce moment. Je vais tâcher de me refaire une santé avant le départ en vacances.

A part ça, comme nous sommes plus près de Paris, nous reprenons le rythme de nos balades et visites : nous avons enfin vu l'expo Mapplethorpe au Grand Palais. 
Ce qui m'a tout d'abord frappée, c'est la qualité technique des photos : grain extrêmement fin; blancs et noirs véritables; cadrages magnifiques; tirages exceptionnels. Le travail sur le corps comme objet esthétique est vraiment beau, voire dérangeant parfois (l'expo n'est pas recommandée aux plus jeunes, et pour cause). J'ai largement préféré la première partie de la visite, dans laquelle les associations avec l'esthétique antique sont effectuées. Au final, les corps masculins étaient les plus intéressants et les plus réussis : on sent bien que la préférence de Mapplethorpe allait en ce sens.
Sur la fin, il y avait une chronologie de la vie du photographe. J'ai vu que sans un amant-mécène, il n'aurait sans doute pas émergé aussi aisément dans le monde artistique, et il ne serait sans doute pas venu à la photo. La vie tient parfois à un cadeau de type Polaroïd ou Hasselblad.
J'ai gardé en tête quelques images, et surtout celle qui tient lieu d'affiche : cet autoportrait de 1988, je le connaissais depuis longtemps, mais le découvrir "en vrai" et l'observer avec quelques années de plus, était d'autant plus fort. 

Robert-Mapplethorpe-Self-Portrait-1988

 

Il y a aussi le très beau cadrage sur des bas résille (Legs/Melody, 1987), dont le Grand Palais se sert pour vendre des magnets ou des carnets...

Mapplethorpe legs

Finalement, quand je regarde les images proposées par Google et quand je repense à l'exposition, je me dis qu'il est surprenant d'avoir des telles oscillations entre violence et douceur dans un même oeuvre.

Et puis, nous avons vu un film asiatique, Black coal (ours d'or à Berlin). Il s'agit d'un thriller étalé sur plusieurs années, avec un flic un peu paumé, une jeune femme travaillant dans un pressing, et des morceaux de corps disséminés dans des wagons de charbon aux quatre coins de la Chine. L'intrigue tient la route mais on bascule parfois dans l'absurde, l'étrange, et je dois reconnaître que j'ai eu quelques moments d'ennui. Ce n'est ni un mauvais film ni un excellent film. 

Serait-ce là la pire critique possible pour un film ?

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15 avril 2014

Transition

Ces vacances ont un premier goût un peu particulier : je pense à ceux qui passent l'oral, au lycée Saint-Louis, en ce moment. Je lâche les vannes de la fatigue, aussi : hier après-midi, j'ai sombré deux heures dans le canapé, en ayant beaucoup de mal à émerger. Je reprends mes marques, cest-à-dire que je retrouve un peu le temps de vivre. Du moins, de faire autre chose que de culpabiliser ou travailler intellectuellement sans cesse.

Alors j'oscille entre soulagement et dépit.

Je repense à prendre soin de moi. Je cuisine à nouveau : hier soir, capellini au gorgonzola et à la pancetta. J'envisage de préparer un cheescake.
Petit tour de shopping samedi, même si j'ai une image de moi quelque peu négative en ce moment... J'ai acheté un joli chino bleu très clair chez Gap, et un pull chiné dans les mêmes tons.

Pas encore eu l'occasion de m'installer devant un film à la maison, mais nous avons vu ce week-end un film parfait pour débuter les vacances : 47 ronin avec Keanu Reeves. L'intrigue est téléphonée, mais j'adore ces ambiances japonaises. J'ai aussitôt pensé à la trilogie de Hearn, sur un Japon féodal et magique. On y retrouve la question de l'honneur -centrale-, l'amour impossible, les combats de samouraïs, les quêtes qui semblent perdues d'avance... Ce n'est pas une histoire à vous retourner la tête, c'est certain, mais il y a de quoi passer un agréable moment (malgré une araignée au rôle déterminant, la garce).

47 ronins

Sinon, côté lecture en liberté, j'ai choisi un roman aux antipodes de l'agreg : Matheson, Le jeune homme, la mort et le temps. De la science-fiction, quoi de mieux pour éloigner le spectre du concours ?

Matheson


Et puis le programme de terminale L est tombé pour l'an prochain : Eluard reste, comme prévu, et c'est... Flaubert qui débarque avec Madame Bovary. Cela m'enchante : je pense depuis plusieurs mois à relire ce roman, qui me fascine de plus en plus. Je vais donc demander à garder ce niveau et cette section l'an prochain. C'est un joli (et peu ambitieux) projet auquel je peux me tenir.


07 février 2014

"Les petits justes" (Eluard)

En une semaine, j'aurais eu beaucoup de choses à exprimer ici. Mais cet espace de liberté, je le restreins et je m'auto-censure. Non pas que je veuille donner raison à certains collègues, mais j'ai sans doute mieux à faire que d'exprimer mes déceptions récentes, et ma perplexité. Je n'ai pas non plus à me justifier sur certains positionnements, ni ici, ni ailleurs. J'ai juste du mal à comprendre que l'on réduise le monde de façon manichéenne à "ceux qui sont dans le juste", et "ceux qui sont contre".

Alors je vais vous parler de mes récentes sorties, plutôt.

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Tout d'abord, l'exposition Cartier au Grand Palais. Honnêtement, j'y suis allée parce que j'ai la carte Sésame mais je n'étais pas particulièrement emballée. Beaucoup de monde se pressait autour des vitrines, souvent inaccessibles. Passé cet agacement premier, je me suis progressivement prise au jeu : les bijoux, quoique parfois datés, voire surannés, sont splendides. Sur le plan technique et artisanal, ce sont des merveilles. Et puis l'exposition a un côté glamour qui lui confère un certain charme. J'ai été aussi bêtement touchée de voir l'épée d'académicien de Cocteau. Enfin, la scénographie lumineuse est splendide (projection de bijoux superposés au plafond et sur les murs).

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Dans la foulée, puisqu'il s'agissait de se détendre un peu après l'agreg, nous avons vu YSL au cinéma. Ce n'est pas le film du siècle, mais j'aime décidément beaucoup Guillaume Gallienne : il est méconnaissable après son propre film, Les garçons et Guillaume, à table !. Le côté obscur et fragile d'YSL est souvent une découverte, mais je suis curieuse de voir l'autre version filmique de sa vie, qui paraitra dans quelques mois : c'est celle qui n'a pas été cautionnée par Pierre Bergé...

Sinon, la fatigue de l'agreg m'est tombée dessus à partir du vendredi soir, et j'ai du mal à m'en remettre. Il faut dire que le lever à 5h50 tous les matins n'arrange rien, ainsi que les cours à la fac repris dès le samedi.
Avec du recul, je n'ai toujours pas de regrets concernant mes copies : je n'aurais rien ajouté de mieux ou de pire, je crois. Alors il suffit d'attendre les résultats... deux mois.

En attendant, les relectures de la comparée sont au programme de mes prochaines semaines. Je commence par Nathalie Sarraute. Et bien sûr, je ne quitte pas les bancs de la fac, au cas où j'irais aux oraux, sait-on jamais...

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07 janvier 2014

Allô, Sigmund ?

Je ne sais si c'est la reprise, le mois de l'agreg, mes cauchemars, le chauffage au sol, nos recherches immobilières ou encore autre chose, mais depuis hier, ce n'est pas la grande forme.

Bon, d'accord, je reconnais que l'agrégation y est pour beaucoup. J'ai beau prendre du recul, je déteste ne pas me sentir au point. Je crains les regrets.
J'en ai même cauchemardé cette nuit, avec Tinette qui m'aidait et Asa qui m'enfonçait (évidemment).
Pour les cours de terminale L, cela me fait le même effet : je suis inquiète à l'idée de ne pas maitriser mon sujet, et d'être dépassée. Pourtant, Eluard est ma tasse de thé littéraire depuis un bail, et le surréalisme, n'en parlons pas. Mais c'est l'époque des doutes, et chez moi, ils sont importants.

Le travail que j'ai à faire, tant pour le lycée que pour le concours, me désespère. Je ne devrais même pas être devant l'écran de l'ordinateur, mais c'est une façon d'évacuer un peu mes angoisses.

Sinon, j'ai profité du dernier week-end des vacances pour aller voir l'expo Depardon au Grand Palais, ainsi que le film The Lunchbox. Pour Depardon, j'ai du mal à savoir si je trouve que c'est un génie ou pas. Mais comme il le dit si justement, il prend des photos que tout le monde pourrait prendre, et que personne ne prend. Il y en a deux ou trois que j'ai beaucoup aimées, entre autres parce qu'elles me rappellaient celles de Saul Leiter.
Quant au film, j'ai passé un très agréable moment. L'histoire est assez simple, mais fort bien trouvée : à Bombay, des boites repas sont livrées tous les jours via un système d'orgnaisation sidérant. Une femme veut reconquérir son mari avec ses repas, mais il y a une erreur de destinataire... La fin reste ouverte : j'ai eu envie d'être optimiste. Nous avons eu très envie de manger indien après. Ce que nous avons fait !
Cette journée à Paris m'a encore une fois donné envie de me balader avec mon boîtier photo, et surtout de me rapprocher de Paris avec Cally...

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03 janvier 2014

3.1

Il y a un an, jour pour jour, je ne savais pas que ma vie changerait. J'ignorais, en allant boire un café avec une quasi inconnue, que celle-ci entrerait en fanfare dans ma vie, et me ferait croire à nouveau en l'amour -puisqu'il faut appeler ces choses par leur nom, fût-il gnangnan. Je n'imaginais pas que je pourrais sortir de l'abyme dans lequel Flûtine m'avait plongée, même s'il allait encore me falloir du temps pour accepter que Cally m'aime telle que je suis.

L'évidence est apparue bien vite, mais je sais que j'ai encore bien du mal à gérer le bonheur, moi, l'autodestructrice, et que la peur de perdre ceux que j'aime me noue parfois au point de paniquer. Alors j'apprends, ou plutôt nous apprenons, Cally et moi, ensemble : nous méritons ce qui nous arrive, même si cela nous rend souvent incrédules. Je gère au mieux mes angoisses, et je tente de vivre, enfin.

Je m'y essaye tant que l'énergie accordée à l'agrégation est fort variable, puisque l'essentiel est ailleurs. Autant le dire de suite, je suis très inquiète pour la dissertation sur programme (au concours blanc, je n'ai pas rendu de copie). Les trois semaines qui restent avant l'écrit seront rocambolesques, c'est certain.

Sinon, les fêtes se sont globalement bien déroulées, de façon assez simple. Nous avons passé le nouvel an à deux, sans que cela ne me pose de souci particulier, mais j'ai été tout de même surprise de n'avoir aucun écho d'amis. Mes constats sur les changements dans ma vie depuis environ un an sont confirmés, sans que cela me perturbe autant qu'auparavant, je crois.
Cally m'a gâtée à Noyel avec un ouvrage d'estampes d'Utamaro (entre autres). Nous avons cuisiné ensemble tout au long des vacances, et notre entente dans ce domaine est assez saisissante aussi.

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J'ai vu le film de Guillaume Gallienne, Les garçons et Guillaume, à table ! : j'ai ri d'un sujet plutôt grave, et la sensibilité de ce monsieur me plaît décidément de plus en plus. J'ai très envie d'aller voir YSL, du coup.

Plus récemment encore, j'ai parcouru l'exposition Braque du Grand Palais, au milieu d'une foule assez imbuvable : il y a ceux qui font semblant de connaître Braque depuis toujours; ceux qui cherchent absolument à repérer la mandole, la guitare, le journal indiqués dnas le titre de l'oeuvre, et vont donc totalement à l'encontre du projet du peintre; ceux qui bousculent et se mettent pile devant vous au moment où vous lisez un panneau explicatif (au ton pédant)... Quoi qu'il en soit, j'ai trouvé un certain intérêt à cette exposition puisque je cherche à exercer mon oeil à la peinture moderne, de plus en plus, mais je sais que Braque ne m'émeut pas. J'admire le travail, l'originalité, le renouveau du peintre, cela est certain. J'ai aussi trouvé un sujet d'exposé pour les terminales L en me baladant, donc je suis loin d'avoir perdu mon temps. Cependant, je ne garderai pas un souvenir prégnant de ma visite.

Il me reste à voir Cartier, Depardon, les objets surréalistes, la beauté et la volupté sous l'ère victorienne, le tout avant l'agreg... Vaste gageure, n'est-il pas ?

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05 novembre 2013

Nos élèves m'ont donné une autorisation de sortie

Puisque je devrais être en cours, mais que nos élèves ont fait blocus ce matin (je suis arrivée en pleine arrestation d'un de mes anciens secondes...), le lycée a fermé ses portes à midi. Me voici donc revenue à la maison, alors que la pluie s'acharne à tomber dehors.

Je vais prendre le temps d'écrire un peu ici, car je sais bien que je déserte trop...

J'ai envie de parler musique tout d'abord. La dernière fois, j'évoquais Asaf Avidan. Là, je passe dans un tout autre genre, car j'avais remporté deux places pour un concert classique au théâtre des Champs-Elysées : un chef anglais dirigeait l'orchestre de Paris (Mozart, Dutilleux, Beethoven). J'ai beaucoup aimé entendre cet ensemble (environ quarante musiciens), car on n'a pas souvent l'occasion d'entendre des morceaux classiques en live.Le public était plutôt âgé, ce qui montre bien que ce type de musique en concert est peu accessible, globalement. Enfin, c'est ce qu'il m'a semblé.

Sinon, pour mon anniversaire, j'ai reçu les deux albums de Stromae. Très sceptique au début, je dois le reconnaître, j'ai pris le temps d'écouter et je trouve les paroles et les jeux de mots assez fins. Clairement, le premier album ("Cheese") est musicalement trop techno pour moi, mais je suis bien plus réceptive sur le second. Je ne pensais pas écouter ce genre musical un jour, mais Cally et moi avons des goûts tellement différents que je m'ouvre à d'autres sons.

Ensuite, toujours sous l'influence de Cally, je vais un peu plus au cinéma (ce qui n'est guère difficile puisque je n'y allais quasiment pas). Nous avons vu Blue jasmin de Woody Allen, La vie d'Adèle et Gravity.
Le dernier Allen est faussement drôle. Je l'ai même trouvé très sombre. On jongle et on oscille entre rire et gêne pour ce personnage féminin qui chute de très haut. J'étais à la fois contente d'avoir vu ce film, et comme assombrie par l'histoire de cette femme.
Sinon, plus je songe au dernier Kechiche, plus je le trouve profond, finement mis en oeuvre et en abyme.

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Quant à Gravity, je dois avouer que c'était la première fois que je voyais un film en 3D. Je m'attendais à quelque chose de spectaculaire, une expérience unique étant donné le bruit que l'on faisait autour de ce film. Au final, j'ai passé un agréable moment, mais rien n'a bouleversé mon existence. On est loin de La vie d'Adèle qui remue bien après son visionnage, ou d'Alabama Monroe (vous en ai-je parlé ?). Disons que Gravity est divertissant et bien fait. Et c'est déjà pas mal, en regard de ce qui est parfois proposé au cinéma... En plus, les images de l'espace sont belles et apaisantes, et Sandra Bullock s'en sort plutôt dignement.

Enfin, nous avons vu l'exposition du Luxembourg "La Renaissance et le rêve". Je ne sais si je dois la recommander ou non : rien ne m'a marquée, en dehors d'un manuscrit de sonnet de Michel-Ange. Voir son écriture m'a émue. Ceci étant, je crois qu'il faut avoir de solides connaissances sur le XVIème siècle pour apprécier et comprendre la démarche. J'avais beau savoir que le sommeil fascinait depuis l'Antiquité tous les artistes, j'ai été finalement peu réceptive aux oeuvres. Je suis bien plus intriguée par Braque et Valloton (à venir !).

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Bien, chers lecteurs fidèles, je vasi me concentrer sur un sujet de didactique de l'agreg, car je stagne totalement dans ce domaine... Et c'est bien ce qui m'inquiète et me prend du temps, aussi : les angoisses m'empêchent trop souvent d'agir.

 

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01 novembre 2013

La vie de Virgibri

Durant ces vacances, Cally m'a emmenée trois jours au bord de la mer, à Trouville. J'y ai mangé un plateau de fruits de mer (une première pour moi, et je suis assez fière d'avoir tenté les huitres, même si je n'en raffole guère); dormi dans une chambre d'hôte délicieuse, à la thématique vénitienne; déjeuné dans un restaurant gastronomique, ancin rendez-vous des impressionnistes... Trois jours enchantés, entre deux cours à la fac, et quasi aucun travail de fourni. Cela m'angoisse, mais j'ai du mal à faire autrement. Sans doute avais-je besoin de décrocher un peu.

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Hier, nous avons vu La Vie d'Adèle au cinéma. Jamais un film n'avait été aussi proche de la réalité, et j'ai aimé cette mise en scène de la passion entre deux êtres, de la naissance à la chute. A côté de nous, il y avait un couple de vieux schnocks, choqués par les scènes de sexe. Ils ont même failli quitter la salle.

Sinon, cette même journée, cela faisait vingt ans que mon père était mort. J'ai passé plus de temps sans lui, qu'avec lui, finalement. Cally m'a rendu l'événement plus doux.

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La semaine dernière, mon anniversaire a été très doux aussi : déjeuner dans un restaurant italien délicieux, avec ma mère et Cally. En tout, j'ai reçu un dictaphone MP3, les deux albums de Stromae, un sac Herschel, et je me suis offert un manteau. Là, je regarde d'un oeil Barton Fink des frères Cohen, en gérant de multiples tâches sur l'ordinateur.

A suivre...

 

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