11 décembre 2009
Devoir de mémoire
Avant de filer pour une journée chargée avec les STG, il fallait bien qu'à un moment ou à un autre, je parle de ça...
02 décembre 2009
Il court, il court...
Non non, je n'ai pas disparu de la planète. Je cours juste trop en ce moment, et je m'interroge sur l'utilité de l'écrire ici...
Je fais passer des oraux blancs à mes élèves; je participe à des conseils de classe; j'ai envie d'étriper mon co PP; je fais cours, évidemment; je classe, je range, j'ordonne mon bazar; j'organise mon projet anti homophobie au lycée; et là je ne vais pas tarder à filer au Louvre... Mes collègues me disent que c'est l'enfer, cette époque de l'année, et que ça ira mieux ensuite.
Je suis dans une période blanche, comme on parle d'une voix blanche : sans relief, un peu vide.
Et vous, la course aussi ?
18 novembre 2009
Tournez manège
Comme Emy me cause en engliche pour que je m'active côté blog (rendez-vous compte, elle a fait une note plus vite que moi !), je me dis que je manque un peu à mes lecteurs une lectrice.
Mais que s'est-il donc passé depuis, allez, deux jours ? Le suspense est haletant, vraiment...
Dans le désordre :
- j'ai continué à déprimer mais j'ai dû aller au boulot.
- alors j'ai travaillé comme une demeurée, en ayant l'impression d'avancer de deux mètres dans l'océan Atlantique à plein régime.
- j'ai rencontré des parents avant la réunion officielle (ben oui, ça ne me suffit pas).
- j'ai houspillé les secondes, imité Frédéric Mitterrand et les Inconnus en cours, tenté d'établir une liste définitive de volontaires pour les
Zorro, Zorro !oraux blancs. - j'ai regardé les Desperate housewifes en engliche, of course, et en riant (LOL).
- j'ai failli rater l'heure ce matin : 25 mn pour émerger, ça commence à faire long.
- j'ai aussi failli manquer de biscottes au pti déj, et ça, ce n'est pas possible : un crime de lèse-petit-déj risquerait d'entrainer un meurtre (cf. la note d'Ed).
- j'ai écrit une jolie lettre officielle au proviseur à propos des sorties scolaires de mes classes. La première envisagée n'est pas possible, mais c'est en partie de ma faute.
- j'ai entamé une psychanalyse avec Klaki un soir sur MSN. C'est beau, le progrès.
- il y a eu une alerte incendie hier après-midi, qui m'a fait perdre environ 20mn de cours et m'a décalée dans mon planning avec les ES.
- j'ai écrit un mail de réclamation à Karouf, suite à un paquet de jambon qui puait à l'ouverture (le cochon est fourbe : il attaque avec la grippe, et nous achève avec son jambon !) et à un lot de champignons moisis pourrissant sur des panés de colin pas encore ouverts...
- j'ai entendu Diam's en live, et je n'aurais jamais pensé dire ça un jour, mais j'ai bien aimé : "L'honneur d'un peuple". Je songe à faire une séance d'ECJS sur "être Français" avec des titres d'Abd Al Malik, Diam's, Zazie, Barbara...
A part ça, j'ai envie de dormir tout le temps. Je comate. Je m'active uniquement pendant les cours. J'ai toujours les mêmes paquets de copies entassés sur la table du salon.
J'aimerais changer deux trois agencements dans l'appartement, aussi. Histoire de me donner l'illusion d'un changement au moins, quoi.
Voilà.
Alors, Emy, heureuse ?
16 novembre 2009
ça sent la mer
J'ai rêvé sur le petit matin que je vivais dans un
appartement de type new-yorkais, au premier étage d'un immeuble, et mes
collègues de lettres et moi-même étions en train de le vider et de
ranger les bibliothèques. Il fallait entre autres peindre des lettres dessinées sur un mur, en écriture romaine,
très nettes comme celles que l'on voit sur... les pierres tombales.
Hum.
Mais le souci, c'est que je trouvais par terre des têtes de
crevettes roses. Juste les têtes. Je pensais que quelqu'une parmi nous
mangeait les crevettes, et jetait les têtes sur le sol. Je ronchonnais
et m'agaçais en pensant au ménage supplémentaire à faire. En plus, Clochette cherchait à en avaler une.
Soudain, je me retrouve dans la rue. Des policiers me disent qu'il y a un problème de canalisation, et que pendant quelques jours, il va y avoir des remontées dans les appartements. Les crevettes viendraient donc de là. Je pense à mes chats, aux portes qu'il va falloir fermer pour les empêcher d'avaler tout cela...
Je me suis réveillée avec mon noiraud sur le ventre, et Cloch' qui cherchait à aller sous la couette.
Après ces aventures pseudo new-yorkaises, il va falloir que je me noie sous la douche et que je bosse aujourd'hui : plus le choix.
14 novembre 2009
Il était un petit avion
Un pavé dans la mare, histoire de diffuser l'info... : c'est ici.
Et sinon, qu'est-ce qu'on fait quand on a mal et qu'on ne peut en parler à personne, ni expliquer pourquoi sur son blog ?
20h10 : Je vais m'engouffrer dans la tempête puis dans le métro pour rejoindre Emy, somewhere un the city...
13 novembre 2009
Feuillets d'automne
Dans la grisaille et la monotonie de mes journées, envie d'un peu de légèreté. Alors voici un petit air fort agréable, aux sons californiens... Il tourne pas mal sur les radios populaires, mais qu'importe.
J'ai fini mes deux paquets de copies de Bac blanc (perles amusantes en vue, et j'ai fait aujourd'hui des imitations en classe qui vont devenir cultes, je le sens...) mais j'ai encore quatre paquets en attente. De toutes les façons, jusqu'à janvier, ça va être de la folie douce, comme toujours. La routine, quoi.
Aujourd'hui, les STG ont été bavards et amorphes (si si, le mélange est possible !). J'ai passé un léger savon aux secondes. J'ai vu une mère d'élève en fin d'après-midi. Et ce soir, petit service à rendre après diner. Ensuite, enfin, je me coucherai pour aligner dignement mes quatre heures de cours demain matin. Puis deuxième rendez-vous avec des parents à midi.
Heureusement, pot en vue avec Emy demain soir. Et j'ai reçu son livre cadeau : il s'agit de Le Dieu des petits riens d'Arundhati Roy. Inconnu au bataillon (shame on me) mais le titre est beau, déjà...
Et puis mercredi j'ai reçu aussi de la Fée deux livres en cadeau : Char illustré par Braque dans Lettera amorosa, ainsi que Forêts, texte de théâtre de Wajdi Mouawad. C'est chouette d'être encore et toujours étonnée par des découvertes littéraires...
01 novembre 2009
Charbonneuse
Il y a des jours où je vois tout en gris. Gris souris, gris cendré, gris tout court.
Après une nuit de cauchemars assez terribles et de réveils en sursaut, j'ai décidé de m'attaquer enfin au travail à faire pour le lycée. Les bras m'en tombent tant cela me paraît énorme. Je ne parle pas des copies, qui sont finalement monnaie courante dans notre métier. Mais plutôt de ces fameuses sorties au théâtre qui me bloquent totalement. Je me sens ridicule et dépassée. Inapte. J'ai enfin envoyé un mail à la responsable du théâtre local, mais cela ne m'avance guère : je dois choisir une pièce obligatoire pour chaque classe de première, avec en sus une autre pour les volontaires. Je ne sais pas de combien le lycée pourra aider, ni s'il reste un peu de budget pour mes classes.
Mes collègues ont prévu en gros huit sorties (!) comme une fleur, alors que j'en suis toujours au point mort. Je sais que je vais lutter avec certains élèves, pour qui cette dépense sera scandaleuse. Je suis donc toujours dans le flou total, et mon inaptitude à préparer tout cela annihile mon énergie. Il y a des moments où j'aurais envie d'en pleurer, car je ne supporte pas de ne rien maîtriser...
Pour la seconde, pas de théâtre en vue avec moi, mais je voudrais les emmener très vite au musée d'Orsay avant que les travaux ne commencent (et que certaines toiles ne partent aux quatre coins du monde mi décembre). Cela aussi, je dois l'organiser...
Ensuite, j'ai trois contrôles de lecture à préparer, dont un qui me laisse perplexe. Je dois prévoir le planning des oraux d'entraînement pour novembre, tout en sachant que certains élèves vont se défiler, et que cela tombera soit sur mes jours de repos, soit le matin tôt ou tard l'après-midi.
Reste encore l'intervention contre l'homophobie à prévoir et à lancer, et, évidemment, les cours sur le théâtre à prévoir, les paquets de copies de type Bac à corriger, les notes à rentrer sur le logiciel des moyennes...
Et puis là, la pluie cogne contre mes vitres. J'aperçois à peine les tours de la Défense au loin. Je porte un simili pyjama d'intérieur, avec une grosse polaire peu flatteuse. Je vais remanger des piccolini ce midi, avant de réattaquer mes cours.
Journée grise. Vert-de-gris. Au charbon.
31 octobre 2009
Scorpions
Clochette a la tête couchée sur les pattes avant du gentil noiraud. La télé est évidemment éteinte. J'ai mangé des piccolini mini farfalle pour les enfants au roquefort, agrémentés d'un demi verre de vin blanc -reste du repas de samedi dernier. Entre régression et âge adulte, quoi.
Là, je mâchonne des bonbons halloween. La cuisine est en désordre. Un peu comme mon esprit. La nuit dernière a été pénible et douloureuse. Du coup, j'ai été assez molle dans mes démarches shoppinesques avec Micahuète aujourd'hui. La preuve, nous n'avons RIEN acheté du tout, l'une comme l'autre -c'est dire.
Heureusement, nous nous sommes délectées d'un délicieux japonais (l'un de mes deux préférés) le midi.
Au retour, vers 16h, j'étais décidée à faire la sieste puisque j'avais failli m'endormir dans le train. Mais rien à faire.
Demain, je tâcherai de me noyer dans le boulot, au milieu d'une journée morne, grise, froide, triste.
***
Il y a très longtemps, quelques jours après la mort de mon père, je suis tombée sur une cassette audio qu'il utilisait pour enregistrer à la va vite, comme nous pouvions en ce temps-là, des chansons qu'il entendait à la radio. Je m'étais effondrée, en larmes, agenouillée par terre, en tombant sur celle-ci, non seulement parce qu'elle est belle, mais aussi parce que je me suis dit à ce moment-là que j'ignorais beaucoup de lui, et que je ne saurais jamais ce qu'il aimait en cette musique, lui, l'amateur des grandes orgues de Notre-Dame... Il y avait aussi Kim Wilde...
Que de silences à jamais vides...
30 octobre 2009
Et c'est le temps qui court...
Depuis le début des vacances, je ne parviens pas à dormir moins de neuf heures par nuit. Et c'est un léger souci pour moi. En effet, je n'aime pas me lever tard, car j'ai l'impression de perdre ma matinée (ce qui me semble vrai ces derniers jours). En plus, je prends tout mon temps pour le petit-déjeuner, ce qui n'arrange rien à l'affaire.
Et si je continue ainsi, les levers matinaux pour le lycée vont s'avérer encore plus ardus qu'auparavant... Certes, l'actifed et le sirop contre la toux doivent alimenter ce sommeil massif. Mais quand même, cela m'agace quelque peu.
D'autant que je n'ai toujours pas ouvert un cahier, un livre ou une copie pour la rentrée... Et ça, c'est réellement flippant.
A part ça, je constate que nous allons avoir un vrai temps de Toussaint ce week-end. Evidemment.
Et j'ai pris conscience du changement d'heure hier seulement : la nuit est tombée lentement alors que je m'occupais de mes jardinières, vers 17h30-18h.
Ce matin, le ciel est totalement voilé. Je vois à peine la Défense. C'est un ciel blanc-gris. Le même à peu de choses près qu'il y a quinze ans -seize ans demain.
22 octobre 2009
La lumière du vide
Je crois qu'outre le manque de temps certain, je n'ai pas écrit depuis deux jours ici parce que j'aimais à me voir petite fille, au milieu de ce texte. Encore au centre de la pièce...
Mais il faut bien avancer. Encore et toujours. C'est usant, je trouve. Faire comme si on allait, faire comme si on savait encore le bonheur, la joie, faire comme si la douleur s'estompait...
Je vois S. plongée dans celle-ci, et je retrouve d'une certaine façon ce que j'ai vécu il y a un peu plus de quinze ans. Nos stigmates sont différents, notre deuil aussi -chaque deuil l'est-, mais c'est toujours, pour qui sait voir, la chair qui trinque, le corps qui dit la douleur à l'intérieur. Les yeux, la peau, la maigreur, les rondeurs, peu importe : rien ne ment.
Le vide occupe tout l'espace, alors.
Je ne sais que vous dire d'autre, là, ce matin. Je ne suis pas "que" dans ces angoisses et cette tristesse, même si elles ont la première place. Il y a aussi le vide sentimental subi/choisi, le côté je-suis-débordée-au-lycée et je m'y prends mal pour organiser des sorties (je ne sais ni n'ose faire), et puis le temps qu'il faut pour ranger l'appartement alors que je vis seule, organiser ma soirée de samedi...
Allez, je vais commencer le ménage pour cesser de geindre. Cela me sera toujours plus utile.





















