20 octobre 2014

"Chacun son Marcel"

Samedi, je suis allée visiter l'exposition consacrée à Marcel Duchamp au centre Pompidou. Inutile de dire que j'étais déjà enthousiaste rien qu'à l'idée, puisque les expos sur le surréalisme ont toujours cet effet sur moi. 

Je reconnais que j'ai été assez bluffée par la scénographie, qui n'était pas prétentieuse -comme cela arrive souvent- et s'avérait intelligente : l'idée est de montrer les filiations, les inspirations de Duchamp en peinture. C'est d'autant plus judicieux que l'on connaît mal cet artiste dans ce domaine.

Ce qui m'a frappée, c'est la souplesse et l'ouverture d'esprit de Duchamp : il regarde des toiles, va à des présentations, des salons, des expositions, et fait son miel de tout cela. Du fauvisme, il passe au cubisme en y mettant sa touche personnelle. Il est capable de créer trois toiles totalement différentes sur le même thème (le jeu d'échecs, qui l'a passionné toute sa vie). Le portrait de son père était saisissant sur le plan de l'intensité et des couleurs froides (affadies sur mes photographies).

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Quant à ses oeuvres les plus célèbres, la roue de vélo, par exemple, j'ai adoré les explications de Duchamp.

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Sur à la toile la plus célébre de l'artiste, "Nu descendant un escalier", j'ai appris que l'on considérait à l'époque (en 1912) que Duchamp avait peint une toile qui tuait définitivement la peinture, et que l'on ne pourrait plus rien peindre après cela -mazette ! 
J'ai senti que tous les visiteurs n'étaient pas aussi enthousiastes que moi, et que certains venaient là car il faut avoir vu cette expo parisienne, même si l'on est vierge de tout surréalisme... C'est risqué, car quand on s'y frotte, même depuis longtemps, on peut être surpris.

En tout cas, j'ai pris tout mon temps pour voir cette exposition assez longue et fort riche. J'ai souvent souri des prises de notes de Duchamp; j'ai aimé revoir des toiles de Kupka et de Redon, ainsi qu'un Cranach magnifique qui a inspiré Duchamp pour une couleur.

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"Nu descendant un escalier"

 

Et puis, évidemment, j'ai pris des photos et des notes pour mon cours de TL puisque l'on retrouvait ça et là du Man Ray, entre autres.

Vous l'aurez compris, j'ai aimé ce moment à Pompidou. Si vous n'avez pas peur d'être contenancés, courez-y vous aussi.

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21 février 2014

Aux abonnés absents

J'aurais dû retrouver un semblant de vie sociale cette semaine, voir deux ou trois amies, et visiter l'exposition sur les objets surréalistes à Pompidou (j'avais déjà mon ticket, valable une journée seulement, sinon ce n'est pas drôle).

J'aurais dû corriger mes copies de seconde, lire Sarraute à nouveau et entamer la préparation des oraux du bac blanc, pour le retour des vacances.

J'aurais dû.

Mais, comme m'a dit mon médecin mercredi, à la moindre faiblesse, après six mois d'efforts, le corps se relâche et attrape ce qui traîne. Et bing, gastro-entérite ! Je suis léthargique depuis, d'une mollesse agaçante pour moi qui déteste les gens mous (je n'ai pas dit lents). Je suis incapable de bosser.

D'après Cally, me voici comme une poupée chiffon sans défense.

Alors au lieu de vous parler sur un ton docte de surréalisme, je viens geindre un peu ici. Je crois qu'une fois que l'agreg sera vraiment loin, je changerai sans doute "d'air blogguesque". En tout cas, il sera temps de faire un ménage de printemps, qu'elle que soit la saison.

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07 février 2014

"Les petits justes" (Eluard)

En une semaine, j'aurais eu beaucoup de choses à exprimer ici. Mais cet espace de liberté, je le restreins et je m'auto-censure. Non pas que je veuille donner raison à certains collègues, mais j'ai sans doute mieux à faire que d'exprimer mes déceptions récentes, et ma perplexité. Je n'ai pas non plus à me justifier sur certains positionnements, ni ici, ni ailleurs. J'ai juste du mal à comprendre que l'on réduise le monde de façon manichéenne à "ceux qui sont dans le juste", et "ceux qui sont contre".

Alors je vais vous parler de mes récentes sorties, plutôt.

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Tout d'abord, l'exposition Cartier au Grand Palais. Honnêtement, j'y suis allée parce que j'ai la carte Sésame mais je n'étais pas particulièrement emballée. Beaucoup de monde se pressait autour des vitrines, souvent inaccessibles. Passé cet agacement premier, je me suis progressivement prise au jeu : les bijoux, quoique parfois datés, voire surannés, sont splendides. Sur le plan technique et artisanal, ce sont des merveilles. Et puis l'exposition a un côté glamour qui lui confère un certain charme. J'ai été aussi bêtement touchée de voir l'épée d'académicien de Cocteau. Enfin, la scénographie lumineuse est splendide (projection de bijoux superposés au plafond et sur les murs).

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Dans la foulée, puisqu'il s'agissait de se détendre un peu après l'agreg, nous avons vu YSL au cinéma. Ce n'est pas le film du siècle, mais j'aime décidément beaucoup Guillaume Gallienne : il est méconnaissable après son propre film, Les garçons et Guillaume, à table !. Le côté obscur et fragile d'YSL est souvent une découverte, mais je suis curieuse de voir l'autre version filmique de sa vie, qui paraitra dans quelques mois : c'est celle qui n'a pas été cautionnée par Pierre Bergé...

Sinon, la fatigue de l'agreg m'est tombée dessus à partir du vendredi soir, et j'ai du mal à m'en remettre. Il faut dire que le lever à 5h50 tous les matins n'arrange rien, ainsi que les cours à la fac repris dès le samedi.
Avec du recul, je n'ai toujours pas de regrets concernant mes copies : je n'aurais rien ajouté de mieux ou de pire, je crois. Alors il suffit d'attendre les résultats... deux mois.

En attendant, les relectures de la comparée sont au programme de mes prochaines semaines. Je commence par Nathalie Sarraute. Et bien sûr, je ne quitte pas les bancs de la fac, au cas où j'irais aux oraux, sait-on jamais...

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03 janvier 2014

3.1

Il y a un an, jour pour jour, je ne savais pas que ma vie changerait. J'ignorais, en allant boire un café avec une quasi inconnue, que celle-ci entrerait en fanfare dans ma vie, et me ferait croire à nouveau en l'amour -puisqu'il faut appeler ces choses par leur nom, fût-il gnangnan. Je n'imaginais pas que je pourrais sortir de l'abyme dans lequel Flûtine m'avait plongée, même s'il allait encore me falloir du temps pour accepter que Cally m'aime telle que je suis.

L'évidence est apparue bien vite, mais je sais que j'ai encore bien du mal à gérer le bonheur, moi, l'autodestructrice, et que la peur de perdre ceux que j'aime me noue parfois au point de paniquer. Alors j'apprends, ou plutôt nous apprenons, Cally et moi, ensemble : nous méritons ce qui nous arrive, même si cela nous rend souvent incrédules. Je gère au mieux mes angoisses, et je tente de vivre, enfin.

Je m'y essaye tant que l'énergie accordée à l'agrégation est fort variable, puisque l'essentiel est ailleurs. Autant le dire de suite, je suis très inquiète pour la dissertation sur programme (au concours blanc, je n'ai pas rendu de copie). Les trois semaines qui restent avant l'écrit seront rocambolesques, c'est certain.

Sinon, les fêtes se sont globalement bien déroulées, de façon assez simple. Nous avons passé le nouvel an à deux, sans que cela ne me pose de souci particulier, mais j'ai été tout de même surprise de n'avoir aucun écho d'amis. Mes constats sur les changements dans ma vie depuis environ un an sont confirmés, sans que cela me perturbe autant qu'auparavant, je crois.
Cally m'a gâtée à Noyel avec un ouvrage d'estampes d'Utamaro (entre autres). Nous avons cuisiné ensemble tout au long des vacances, et notre entente dans ce domaine est assez saisissante aussi.

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J'ai vu le film de Guillaume Gallienne, Les garçons et Guillaume, à table ! : j'ai ri d'un sujet plutôt grave, et la sensibilité de ce monsieur me plaît décidément de plus en plus. J'ai très envie d'aller voir YSL, du coup.

Plus récemment encore, j'ai parcouru l'exposition Braque du Grand Palais, au milieu d'une foule assez imbuvable : il y a ceux qui font semblant de connaître Braque depuis toujours; ceux qui cherchent absolument à repérer la mandole, la guitare, le journal indiqués dnas le titre de l'oeuvre, et vont donc totalement à l'encontre du projet du peintre; ceux qui bousculent et se mettent pile devant vous au moment où vous lisez un panneau explicatif (au ton pédant)... Quoi qu'il en soit, j'ai trouvé un certain intérêt à cette exposition puisque je cherche à exercer mon oeil à la peinture moderne, de plus en plus, mais je sais que Braque ne m'émeut pas. J'admire le travail, l'originalité, le renouveau du peintre, cela est certain. J'ai aussi trouvé un sujet d'exposé pour les terminales L en me baladant, donc je suis loin d'avoir perdu mon temps. Cependant, je ne garderai pas un souvenir prégnant de ma visite.

Il me reste à voir Cartier, Depardon, les objets surréalistes, la beauté et la volupté sous l'ère victorienne, le tout avant l'agreg... Vaste gageure, n'est-il pas ?

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13 septembre 2013

Parfois, la vie sans fessebouc, c'est bien

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Parfois, je suis fatiguée. Pas physiquement, non, mais comme lasse des réactions de certains. Je viens de constater qu'une collègue m'avait supprimée de fessebouc sans même chercher à discuter avec moi. Non pas que ma vie sociale se résume à si peu, heureusement, mais avec mon côté "j'enfile ma cape et je vole au devant de la justice", je ne supporte pas cette hypocrisie.

Je me sens pointée à tort, par quelqu'un qui, finalement, n'a pas d'affinités avec moi. Cela, je peux l'entendre sans souci. Mais je me sens remise en question dans mon travail (nous étions dans les mêmes équipes), et c'est bien ce qui m'insupporte.

Entre Asa qui m'a cassé du sucre sur le dos en fin d'année dernière, et ce dernier événement, j'ai comme un goût amer dans la bouche. Jamais la qualité de mon travail n'avait été remise en question et je ne devrais pas en tenir compte : je sais ce que je fais mal et ce que je fais bien. Alors pourquoi accorder de l'importance à ces opinions faussées et subjectives ?

Le fait d'avoir aussi une observatrice dans mon cours neuf heures par semaine ne doit rien arranger à ma crise de doute. Ma stagiaire est effectivement d'un autre monde : elle découvre qu'il faut un cadre (voire des cadres) en classe, des rituels, qu'il faut intéresser les élèves... Pour précision, elle enseigne depuis plus de quinze ans. Ses échos me montrent à quel point ce qui me paraît évident ne l'est pas pour tout le monde.

Et puis mon réseau, pour reprendre un terme d'époque, change, se réduit, se fragilise et se fortifie à la fois. Je tente de comprendre comment cela fonctionne, et d'avancer, de m'améliorer mais je me sens comme dépassée. Certains jours un peu plus que d'autres : c'est le cas aujourd'hui.

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19 juillet 2013

Une entrée légère

Je suis en vacances, et pourtant je n'arrête pas. Mais tout ce que je fais, je le fais à mon rythme, et c'est cela le grand luxe.

J'avance un peu plus dans mes lectures d'agreg : j'ai fini Stendhal (cette oeuvre à elle seule pourrait faire le programme intégral tant c'est énorme sur le plan littéraire), entamé Sarraute (son opposé) et établi ma Dropbox (sorte de serveur de stockage, consultable sur ordinateur, tablette, téléphone) avec tous mes documents. Je pourrai ainsi travailler pendant les vacances.

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Plus que quinze jours à attendre avant de partir pour des îles assez peu touristiques... D'ici-là, petit week-end normand qui débutera ce soir.

C'est bon, de vivre vraiment.

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10 juillet 2013

C'est par où le garage ?

Mes deux premiers jours de vacances, j'ai fait ceci :

  • nettoyé le scooter plein de toiles, de feuilles, de poussière et rechargé sa batterie, évidemment à plat. Il fallait donc démonter et remonter celle-ci.
  • enregistré mes prouesses d'examinatrice sur le site consacré, afin d'être payée au mieux en novembre, pour avoir corrigé le bac en juillet.
  • fait les courses, dont des chemises cartonnées en vue de trier la masse de documents qui fait des montagnes au sol, dans mon bureau.
  • rangé la cuisine et fait un premier nettoyage de l'appartement.
  • arrosé mes plantes.
  • déposé le chèque des charges de l'appartement, ainsi que deux colis à la poste.
  • fait mon premier cauchemar de rentrée cette nuit. Comme d'habitude, je ne pouvais tenir une classe, et un élève m'appelait même par mon prénom (qui était Claude, allez comprendre).

 

Heureusement, il y a eu aussi du plaisir :

J'ai d'abord pris un pot, puis déjeuné avec Ed dans Paris. Nous avons rencontré un charmant poisson sur notre table, que j'ai baptisé Siek (toute ressemblance avec un organisme existant ou ayant existé ne serait que fortuite). Ensuite, nous sommes allées ensemble chez Gibert, où j'ai acheté mon cahier de prof pour la rentrée, ainsi que quelques livres (avec l'excuse de l'agreg, évidemment).

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Je me suis baladée dans Paris, et cela faisait un bail, en scooter (mais j'habite vraiment bien trop loin de la capitale maintenant...).

J'ai acheté un pot sur trois étages, comme je le voulais depuis longtemps, afin de ranger les oignons, les échalotes (malheureusement, il y a une faute d'orthographe sur ce pot-là : ils ont mis deux L à échalote) et l'ail. Et oui, j'ai des tocs.

J'ai enfin fait ma première sieste, cet après-midi.

Je viens de cuisiner pour Cally une salade truite fumée/fenouil/radis émincés/feta, accompagnée de sa sauce au fromage blanc, menthe et ciboulette fraîches, huile d'olive, fleur de sel de yuzu; ainsi que des biscuits à l'avoine et aux noisettes, parfumés à la fleur d'oranger.

J'entends le vent dans les feuilles des arbres devant chez moi : c'est le son que je préfère au monde, je crois.

Et puis si ça vous dit, je peux vous reproduire les perles les plus saisissantes du bac 2013...

 

 

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06 avril 2013

En ces jours étranges

Il est des semaines étranges, où de micros événements prennent toute la place sans que l'on s'en méfie.
Deux heures de devoir sur table ont mis mes nerfs en pelote dans la classe de seconde qui m'insupporte de plus en plus : retards, pas de feuilles, de la mauvaise foi, du désabusement et de l'amusement, un pantalon qui tombe mi fesses, des questions ineptes... Ajoutez à cela que quinze copies de devoir maison n'ont pas été rendues malgré un mois (!) de délai, et vous comprendrez peut-être que jeudi matin, j'étais énervée.
Après huit heures de cours, je rentre. J'avais déposé dans la journée mes copies de bac blanc corrigées, dans les casiers des collègues concernés, dont Asa. Le soir, vers 20h, je reçois un sms de cette dernière me demandant de "relire certaines copies" le lendemain. Je le voyais venir gros comme une maison : ses élèves n'ont pas brillé, mais c'est ma façon de corriger qui est un problème.
Ce n'était pas la première fois que nous évoquions certaines différences "de style", mais là, j'ai fulminé très vite, dès le jeudi soir. Rendez-vous était pris pour le vendredi 11h. Je n'ai pas tenu : à 7h45, devant la machine à café, j'ai demandé de quoi il en retournait. J'avais décidé de garder mon calme, et pourtant, dès la première phrase d'Asa, je l'ai perdu : tout sourire, elle me dit que "ohlala, c'est délicat... mais tu comprends... certains de tes commentaires sont... comment dire ? humiliants".
Tout en perversité, elle a cherché à me faire douter et j'ai compris qu'au passage, elle voulait semer la zizanie dans l'équipe de lettres en sous-entendant qu'en amie, elle me disait ce que les autres pensaient tout bas. Ce qui est faux, bien entendu. Tout y est passé : Asa SAIT mieux que les autres et ne supporte pas que l'on fasse autrement qu'elle. Pour ma part, je ne reviens jamais sur la correction de mes collègues car je trouve cela incorrect, et malhonnête pour les élèves : ils seront notés par des correcteurs divers et variés, comme nous. D'autre part, il y a peu d'écart entre nos estimations.
Pourtant, Asa veut faire sa loi et surprotège ses chers petits. Le ton est monté et je lui ai tourné le dos quand elle m'a dit qu'elle ferait faire une double correction (précision pour ceux qui ne sont pas profs : c'est outrageant car on le fait dans des cas extrêmes, avec des examinateurs totalement barrés) et qu'elle mettrait du tipp-ex sur mes commentaires "humiliants".  Juste après, sans le savoir, une collègue de lettres prenait ma défense et trouvait très bien que l'on soit tous exigeants...
A 11h, je suis allée signer mon rapport d'inspection. Etrangement, l'inspectrice était dithyrambique sur ma façon de corriger les copies. D'un coup, l'affront d'Asa a été tourné en ridicule par celle-la même qu'elle idolâtre de par sa fonction pédagogique.

J'avais compris l'an dernier qu'Asa n'était pas une amie. Cette fois-ci, la relation est rompue. J'estime avoir été humiliée injustement. Cela facilitera les choses pour la préparation de l'agreg 2014 : n'ayant pas été admissible cette année, Asa repique pour la troisième fois. Autre précision : une phrase d'elle m'était restée en travers : "L'admissiblité n'est qu'une formalité. Avec un minimum de travail, on l'a." J'avais trouvé cela méprisant non seulement pour moi, mais pour tous ceux qui préparent comme des fous et qui ne savent pas s'ils atteindront les oraux ou pas.
Justice semble rendue, d'une certaine façon.
Je me sens légitime à ma place, et Asa n'est pas ma supérieure. Elle a oublié que nous étions tous des collègues, et qu'elle devrait éviter de se placer en parangon de pédagogie.

Décidément, cette inspection aura eu sur moi plus d'effets positifs que je ne croyais.

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Du coup, ce week-end, j'ai décidé que je m'offrais un Ipad, puisque je tourne autour de cette idée depuis plusieurs semaines. Sa fonction sera essentiellement de m'aider à travailler l'agreg partout, et de gérer mes cours sur écran, au lycée. Je vivais bien sans, je vivrai bien avec. Et je l'emporterai dans mes trois journées de stage en histoire de l'art : je vais adorer !

Sinon, il faut que je pense à vous parler du concert de Benjamin Biolay !

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28 janvier 2013

Fluidité

Je sais bien que j'ai donné un maigre signe de vie post inspection, alors je repasse par ici, même si le bonheur est généralement ennuyeux. L'inspection m'a fait du bien, alors que j'avais tendance à me rire des remarques pédagogo à outrance. Depuis ma titularisation, en 2004, je n'avais jamais eu d'écho réel concernant mes compétences, et je commençais à fatiguer un peu; à douter, aussi. Je sais que j'ai passé l'agreg à cause de cela, entre autres : me prouver ma valeur sur le plan intellectuel ET pédagogique.

Rétrospectivement, et après avoir entendu le retour de mes autres collègues inspectés, j'ai été... encensée, osons le mot. Seule Dolly a été aussi proposée pour être conseillère pédagogique. Il reste encore six profs à inspecter, mais je suis déjà flattée, alors que je me plaçais dans un rang inférieur comparée à mes collègues.

J'ai donc trinqué avec Tinette (qui m'a beaucoup aidée sur Montaigne) et Cally samedi midi, autour d'un délicieux repas (purée de patates douces et crevettes marinées revenues à la poêle).

Je n'ai quasiment rien fait du week-end, hormis profiter des délices qui me sont offertes en ce début 2013... J'ai aussi décidé d'inverser deux pièces, avec l'aide de Cally : ma chambre est dorénavant dans ce qui était la chambre d'amis (et accessoirement le bureau de Flûtine), et cette dernière pièce a migré dans ce que j'appelle maintenant le dressing. La chambre est lumineuse, spacieuse, avec des airs de loft new-yorkais. J'y ai passé ma première nuit avec beaucoup de plaisir. J'envisage d'y placer des photos variées sur le grand mur gris perle.

Là, je vais filer déjeuner avec Cally qui a oublié son téléphone chez moi (acte manqué ?). Ensuite, quelques courses à faire et je rentrerai corriger des copies : mes quatre paquets m'attendent de pied ferme depuis plus d'une semaine...

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03 janvier 2013

Laisser agir

J'ai frôlé l'insomnie, cette nuit. C'est si rare que j'avais envie de le noter quelque part. Vers une heure du matin, j'ai fini le roman que Miss R m'avait offert, L'Homme qui voulait vivre sa vie de Douglas Kennedy. J'avais de bons espoirs car je voulais lire un livre de cet auteur depuis un moment. Je trouve que l'intrigue fait un assez bon scénario de film, mais elle est prévisible, et sur le plan littéraire, je n'ai rien vu de fulgurant. (Désolée, miss R...)

Mes journées passent dans une ambiance étrange : à la fois angoissée par instant (avec des pointes selon les jours), anesthésiée à d'autres, ou encore tranquille. Je ne sais pas trop où en j'en suis.

Je lutte parfois violemment pour ne pas contacter Flûtine (avant-hier, par exemple) ou alors j'ignore royalement cela, sachant que c'est inepte (comme hier). Elle voudrait que nous nous voyions courant janvier, pour nous rendre nos affaires et "parler en face à face". Pour se dire quoi, exactement ? La grosse différence entre elle et moi, c'est qu'elle me souhaite d'être heureuse, qu'elle me dit que "ohlala qu'est-ce qu'elle va être chanceuse celle qui me rencontrera"; tout cela dans une sérénité plus ou moins apparente (un soulagement ?). Alors que de mon côté, l'idée que Flûtine soit dans les bras d'une autre me révulse toujours autant.
Sans doute cherche-t-elle à s'ôter de la culpabilité en agissant ainsi (-> tu as mal maintenant, pourtant tu seras tellement bien sans moi, avec une autre qui t'aimera vraiment), mais ma colère ne retombe pas et mon dégoût à l'imaginer avec Mamie Nova (ou une autre) reste le même.

Alors, pour lutter contre ces passages à vide et ces angoisses qui me coupent les jambes, j'agis. J'ai par exemple transformé ma table de cuisine. Cette ancienne table de salon était noire, et j'avais décidé de la garder lors du déménagement car elle tenait dans ma nouvelle grande cuisine. Mais la couleur me gênait. J'ai alors opté pour un enduit d'application (n°1), une peinture à glacis (couleur artichaut, n°2) et une cire mat (rouge, n°3), qui m'attendaient depuis août.

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n°2

 

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Le résultat final me plaît, même s'il ne faudra pas que je pose sauvagement des objets dessus :

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Sinon, toujours dans mes "actions", j'ai rechargé la batterie de mon scooter qui ne démarrait plus. Je l'ai démontée puis remontée, branchée sur un appareil spécial, et tout fonctionne à nouveau. J'aime bien me sentir débrouillarde : cela flatte mon petit ego mal en point.

Pour le reste, je tâche de corriger un peu mais les copies avancent au ralenti. Ce n'est rien comparé aux cours qui n'ont pas bougé d'un iota. Evidemment, la reprise m'angoisse aussi beaucoup car je ne me sens pas reposée (euphémisme) ni prête à affronter certaines difficultés vaillamment.  D'un autre côté, le rythme de forcené qu'on nous impose m'aidera à moins penser à Flûtine, peut-être...

Ah et puis sinon, je ne sais que faire pour les places de concert que j'avais achetées pour elle et moi (le 31 janvier) : c'était mon cadeau pour son anniversaire (le 9 janvier...) et nos trois ans (le 10...). Je ne peux les rendre; je vais avoir un mal fou à les revendre; je ne me vois pas y aller avec quelqu'un d'autre, ou alors je vais pleurer tout du long; je ne sais si elle ira ni avec qui si je les lui donne. C'est ce que l'on appelle un choix cornélien, si je ne m'abuse...

 

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