22 septembre 2014

Les sept plaies d'Egypte, ou le mauvais karma

Alors que j'attends le réparateur TV de la Keufna, sans savoir exactement quand il va arriver, je mets à jour mes mails pour le travail, suite à la dernière mouture d'emplois du temps que nous avons eue vendredi, à 14h... Applicable dès aujourd'hui, je pense que de nombreux collègues et élèves ignorent cette information.

 

plaie egypte

 

Comme nous l'avons fait depuis la pré-rentrée, nous voilà tous -pour la énième fois- à l'attaque des problèmes divers et variés rencontrés dans nos classes. Par exemple, dans la première dont je suis PP, il y a soit une heure d'histoire-géo hebdomadaire, soit quatre selon la semaine dans laquelle nous sommes, et cela ne donne pas le compte d'heures légales. 
Côté emploi du temps professeurs, ce n'est pas toujours reluisant : l'adjointe m'a laissée une heure de demi groupe le lundi. J'entends par là que je n'ai que cette heure de cours sur la journée, de 14h à 15h. C'est bizarre, mais les professeurs ayant pris la parole en plénière se retrouvent pour beaucoup dans cette situation...

Par ailleurs, tout va de mal en pis dans mon lycée : 

  • L'adjointe semble avoir été convoquée au rectorat car elle a tenu des propos diffamatoires sur les enseignants, devant des personnels. Nous avions voté une motion dénonçant ceci, et maintenant, elle fait la chasse aux sorcières en brandissant cette feuille partout et en demandant des noms.
  • L'adjointe, toujours elle, a retenu des élèves dans son bureau pour... avoir des noms de professeurs qui auraient parlé des problèmes d'emplois du temps. Les élèves s'y sont refusés, le ton est monté, et c'est devenu du grand n'importe quoi. Elle a même montré des mails de profs aux élèves.
  • En lettres, il nous manque quelqu'un car une TZR avait été chargée comme un âne de vingt-trois (!) heures de cours. Elle a refusé car c'était insensé. Une classe lui a été retirée. Jusque-là, tout allait presque bien. Mais devinez qui a été nommé sur le poste de remplaçant de cette classe : ma stagiaire de l'an dernier, celle qui avait "pété un plomb", et à qui l'on avait suggéré fortement de changer de métier... La situation est délirante au plus haut point, puisque cette dame m'en veut d'avoir fait un rapport circonstancié, et que les relations étaient mauvaises (car la stagiaire, disons-le, avait un grain) entre elle et nous. En outre, elle va massacrer une classe...
  • Samedi matin avait lieu une réunion entre parents des élèves de seconde, direction, et profs. Je vous laisse imaginer l'ambiance après tout ce qui s'est passé depuis la rentrée...

Alors, je me dis que peut-être, on a jeté un sort sur mon lycée. Ou qu'il y a des consignes pour le massacrer. Bref, si vous connaissez un marabout guérisseur "je-te-ramène-ton-lycée-ou-l'être-aimé-en-24h-maxi", n'hésitez pas à me contacter.

marabout-nounoursin

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29 août 2012

Cosmogirl

Les vacances se réduisent à une peau de chagrin. J'ai du mal à croire qu'elles sont passées comme un coup de vent, absorbées par mon projet immobilier. Hormis quelques jours sur Avignon, je n'aurais pas beaucoup bougé... J'ai presque honte de l'avouer, mais je suis fatiguée. Pourtant, m'approprier de plus en plus mon appartement m'apporte un certain équilibre. Même si je mets bien plus de temps pour aller et venir sur Paris en transports, le retour est si apaisant qu'il compensera ces aléas.

Aujourd'hui, je vais effectuer quelques démarches dans ma nouvelle ville : passage à la mairie pour voir s'il n'y a pas un "kit du nouvel arrivant", inscription à la médiathèque (youpi, je pourrai emprunter des dvd !), peut-être un passage au centre des impôts...
Et puis je vais cuisiner des bricks de brousse à la menthe, et inaugurer ma yaourtière (offerte par Flûtine). Comment cela, je procrastine la rentrée ? Oui, oui, je m'y mettrai dans l'après-midi, promis. Rien que de défaire mon cartable et de sortir mon planning, j'en ai des petits noeuds à l'estomac...

A part ça, j'ai entamé le roman de Delillo, Cosmopolis, et je sens la densité de l'écriture, une certaine "profondeur" qui ne sied pas à la lecture tardive à moitié endormie. J'avais lu un roman de cet auteur il y a quelques années (dont j'ai même oublié le titre) tant il était passé loin de moi -ou le contraire.

Celui-ci, j'ai hâte de l'avoir lu pour voir ensuite ce que Cronenberg en a fait. Car le concept est bien curieux...

Delillo

Pour finir, je me suis offert deux cd bradés à la Keufna : Jeanne Moreau et Etienne Daho lisant/disant Genet, et l'album live d'Antony & the Johnsons. Je me les réserve, je ne les ai pas encore écoutés pour apprécier, imaginer, peut-être être déçue mais l'attente prolonge le désir...

07 novembre 2011

Cachetouffer : s'empêcher de tousser la nuit pour éviter de réveiller l'autre ou essayer de dormir.

Dans le genre un peu stupide par honnêteté, je demande Virgibri : à l'arrêt vendredi, aphone, et passant des nuits extrêmement courtes à cause de ma toux agressive, je suis quand même allée au lycée samedi matin pour surveiller un DST de français. En gros, si je n'y allais pas, personne ne pouvait me remplacer : nous avons perdu mille heures d'aides depuis la rentrée (mais comme le dit le gouvernement, tout va bien dans l'EN), alors on fait du colmatage, du rafistolage et de l'exploitation de profs. J'étais donc dans la salle des profs, presque transparente de pâleur, et je croise l'adjoint.

Il me serre la main et me demande par automatisme si ça va mieux. Je lui lance, pathétique avec ma voix de chèvre, que non, évidemment. Et là, j'ai droit à une phrase que je trouve complètement vide, creuse, déplacée et énervante : "Ben, ça ira mieux lundi !"

Sachant qu'il y a des collègues absents depuis un mois, qui ne préviennent ni les élèves ni l'administration, et que je viens surveiller quatre heures un samedi matin, cette phrase a eu le chic pour m'agacer. Même ma grand-mère un peu simplette aurait trouvé mieux.

J'ai manqué de m'étouffer en l'entendant, mais aussi en évitant de faire trop de bruit face aux 43 élèves (deux classes, sinon, c'était moins drôle) que j'avais à surveiller. Ensuite, je suis partie pour la fac. Samedi soir, j'étais rincée. J'ai tenté de dormir sur un fauteuil du salon pour ne pas trop déranger Flûtine dans son sommeil; la cortizone me tenait éveillée à 3h malgré la fatigue.

Allez, j'arrête de me plaindre, mais il y avait longtemps que je n'avais pas été malade : j'avais oublié.

le jour où nina

Sinon, j'avais promis que je vous parlerais de la pièce "Le jour où Nina Simone a cessé de chanter". N'allez pas croire que cela raconte la vie de la chanteuse, loin s'en faut : j'ai été la première surprise par le thème. En fait, il s'agit de la vie réelle, dure, pleine d'humanité et d'horreurs, d'une femme libanaise, chahutée par l'Histoire du Moyen-Orient. L'actrice est aussi l'auteur du texte d'origine, publié chez Actes sud. C'est au théâtre de l'Essaion, à Paris, et c'est à voir car plutôt déroutant. Si vous y allez, prévoyez un maillot de bain : il fait atrocement chaud dans ce lieu.

Ce soir, nous allons encore sortir, cette fois-ci au cinéma, mais dans un cadre particulier... Je vous raconterai.

19 septembre 2010

Mignon potret

Dès potron-minet, me voici levée, car couchée tôt, donc réveillée tôt ! A 6h30, j'ai ouvert les yeux, et j'ai sommeillé ensuite une heure.

photocabine_8_

Petit-déjeuner du dimanche : je me donne le droit à du pain grillé, et non à des biscottes. Mon programme du jour s'annonce chargé, et je pense que je l'étalerai aussi sur lundi...

  • Ranger l'appartement. Passer l'aspirateur et laver les sols. M'occuper de mes plantations de jardinières.
  • Aller chez Monop pour deux trois courses d'appoint.
  • Relire mes cours d'agreg, souligner, réfléchir, tenter de construire des plans... Lire les oeuvres. Encore et encore.
  • Préparer mes cours de la semaine.
  • Repasser l'Everest de linge qui m'attend.
  • Chercher les documents que l'assurance me réclame concernant le vol du scooter (pas retrouvé, évidemment). J'y apprends que ma franchise est de 308€. Je me demande ce qu'il me restera une fois cette somme retirée, sur un scooter qui avait cinq ans.
  • Remplir des papiers administratifs pour la formation d'agreg : je dois retrouver mon ancien numéro d'étudiante à la fac ! Impossible autrement d'avoir une carte d'accès.
  • Aller voir Tinette pour causer agreg.
  • Me faire tirer le portrait par quatre dans un photomaton.
  • Lutter contre l'envie de changer de tête en allant chez le coiffeur.
  • M'entrainer au tir.

Je sens que j'oublie des choses, là. C'est le comble.

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11 septembre 2010

Une petite semaine, vraiment

A la demande générale, j'entame le récit de ma semaine de rentrée haletante...

Lundi

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Préparation de cours, envois à la poste, plein de courses chez Karouf (avec foire aux vins, je me suis fait plaisir en blancs moelleux et vendanges tardives !), présentation au nouveau club de tir à l'arc. L'accueil est plutôt sympathique; on ne me met pas la pression. On me propose de venir m'entraîner dès mercredi soir, pour voir l'ambiance.

Mardi

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Normalement, première journée de cours mais je suis en grève. Je vais quand même au lycée pour 9h, afin d'anticiper mes cours du lendemain : casier à remplir, beaucoup de photocopies à faire, et rdv avec l'adjoint (plus d'une heure) pour améliorer quelque peu mon emploi du temps.
Je déjeune rapidement, et file en scooter à une station de métro pratique pour se rendre à la manif. C'est la tête à l'envers, sans doute, que je laisse mes clefs sur la serrure du top case. Au retour, je me rends compte de ma bévue, mais les clefs ont disparu. Entre temps, j'avais pris un pot avec Asa après le défilé. Je rentre en bus, longuement.
Leçon de la journée : comme m'a dit hier une collègue de philo, la veille d'une rentrée, il ne faut rien faire, ne pas sortir de chez soi.
Et malgré le tracas lié au scooter, je travaille en soirée pour le lycée. Pas le choix.

Mercredi

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Cinq heures de cours non stop le matin, et ce sera tout le temps comme ça. Je découvre les élèves de seconde toute la matinée. Pas de sursaut rebelle pour l'instant, ni de souci particulier. La fournée de cette année me semble pas mal. Mais il faut se méfier de l'eau qui dort... Sinon, passées les trente premières secondes de cours, je me sens particulièrement à l'aise, et beaucoup moins "raide" que les années précédentes. Au bout des cinq heures, je suis plutôt satisfaite de moi.
A 13h, j'écoute mon répondeur de portable. Ma mère est allée vérifier si mon scooter était toujours là et n'a rien vu. Je file en voiture, sans repasser par la case maison, pour constater le vol.
En rage contre moi-même, je vais au commissariat. Naïve, je pense que cela ne va pas me prendre trop de temps. Las ! Attente de 2h30, qui me permet de trouver un scénario passable du vol, sans l'épisode des clefs. Et de corriger mes test de connaissances littéraires de seconde...
Je joue, je l'avoue, de mon charme, pour amadouer le policier qui me reçoit enfin -et qui se laisse faire. Entre fonctionnaires, on se comprend, semble-t-il me dire. Je ne suis pas très fière de moi, mais je me sens au bord de la migraine à ce moment-là, et totalement déconfite par ma bévue. Alors je n'ai plus rien à perdre... D'autant que "l'accueil" des policiers était particulièrement agressif avec nous tous, et que j'avais du mal à retenir ma colère (une vieille dame qui était là depuis 2h, avec une béquille et une attelle, a été la cible de ces messieurs à chaque fois qu'elle demandait si elle allait passer).
En ressortant, je passe à l'agence de mon assureur. Là, une femme d'une quarantaine d'années, mâchonnant son chewing-gum, me tend une feuille à remplir. Soit. Mais je comprends bien vite qu'elle n'a pas du tout envie de bosser : je remplis même les numéros de série seule, et me dépatouille pour cette première déclaration. Je constate que la déclaration de vol est bourrée de fautes d'orthographe. Je découvre qu'il faudra fournir les deux jeux de clefs à l'assurance dans un mois, si le scooter n'est pas retrouvé... Gloups. J'enrage deux fois plus.

Je rentre, éreintée, sans avoir avalé quelque chose depuis 6h30, mais je me force à aller à l'entraînement de tir. Je me dis que si dès le premier je renonce, c'est trop facile. J'ai réussi à tirer seulement 50 flèches, parce que j'étais raide musculairement et encore trop tendue par l'affaire du scooter. Par ailleurs, je n'avais pas tiré depuis bien longtemps. Début donc en douceur, mais avec des sensations agréables, malgré tout.

Jeudi

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Quatre de cours et deux heures de trou, je découvre les élèves de première SMS. Une classe complète de filles. Un vrai poulailler au début. Je les recadre et fais mon Cerbère. Elles ont l'air intéressé et je leur fais le grand jeu sur le Bac, et tout et tout. Une fois canalisée, c'est une classe qui m'a l'air très chouette.

Vendredi

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Longue journée au lycée, agrémentée de trois heures de trou -encore, et comblés, évidemment. Je me sens particulièrement à l'aise, comme au bout de trois mois de cours. Sauf que je ne connais pas encore les élèves. Je suis contente car les poulettes de SMS ont fait le travail demandé et j'avance bien plus vite ainsi. C'est le jour de l'Aïd, on a de nombreux absents, ce qui donne une journée particulière. Les deux dernières heures -qui disparaitront dans deux semaines, ouf !-, j'ai du mérite à les tenir car il fait chaud dans la salle, j'ai environ quinze absents, et je parle d'argumentation... Je rentre un peu cassée par la semaine, mais plutôt satisfaite.

Samedi

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La veille au soir, je me suis effondrée sur le lit, épuisée. J'avale lentement la pilule pour le vol du scooter. D'autant qu'il fait un temps superbe ce matin, et que j'aimerais beaucoup me rendre à la fac en deux roues. Bref.
Je retrouve des lieux connus, et une ou deux têtes familières au premier cours, qui n'est qu'une simple présentation, avec des conseils bibliographiques. Ce qui me rassure, c'est que la prof est humaine d'entrée de jeu. Par ailleurs, j'entends des remarques ineptes et je me dis que j'aurai peut-être une chance de dépasser l'écrit, finalement. Je ne veux pas paraître élitiste, mais quand des collègues semblent découvrir que l'on rédige une introduction avant de se lancer dans le développement, ben moi, ça me fait drôle...
Intellectuellement, je sens que ça va me plaire, et me faire le plus grand bien, même si le planning est assez dingue pour moi cette année. Je l'ai choisi, et je ferai mon maximum.
Je rentre en passant par la Keufna pour deux trois choses, et retour maison, enfin. Ménage complet l'après-midi, car l'appartement ressemblait à un champ de bataille : je n'avais pas eu le temps de ranger durant la semaine...

Et me voilà ce soir, en train de tapoter ma semaine pendant plus d'une heure, au lieu de lire Racine...

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01 avril 2009

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Ce matin, en arrivant au collège, je lis sur un panneau une info de la veille pour le lendemain du type : "Jeudi, 2 heures banalisées suite à un CA sur la vie dans notre établissement. Prévenez vos élèves si vous y participez." Moi, je me dis que je vais faire cours car je ne suis là que de passage. La vie de TZR, c'est cela aussi : n'être qu'une passante. Bref.
J'arrive dans ma classe, je m'installe, la cloche sonne (j'aime imaginer une vraie cloche comme quand j'étais à l'école primaire), les élèves arrivent progressivement dans le couloir. Et là, j'apprends par eux que ces deux heures ont été banalisées pour tous les élèves. Sans qu'aucun prof ne fût prévenu, évidemment. Sinon, c'est pas marrant.
Donc, je suis obligée d'y aller demain à la même heure que d'habitude, sauf que j'assisterai à une réunion qui ne me concerne que très moyennement.

Remarquez, c'est comme la semaine dernière, quand on a découvert une nouvelle élève dans la sixième fusée, en ignorant son nom et d'où elle venait... Même le prof principal l'a eue en pochette surprise, sans avoir été aucunement mis au courant. Hum. Et encore aujourd'hui, je ne connais que son prénom...

Sinon, je crois que je couve un rhume ou quelque chose du genre. Forcément, il fallait que cela arrive avant New-York. Et mes chers petits collégiens n'arrangent rien en me cassant les oreilles, et en provoquant des débuts de migraine...

A part ça, ma vie sentimentale se réduit à néant. Je fais mon deuil de certaines choses, et envisage un célibat sur le long terme. Je ne vis pas ma fin de relation comme une libération, loin de là, mais j'essaye de la transformer en un tournant : le régime y participe, évidemment.

Il faudra aussi que je fasse une entrée sur mon renouvellement de carte d'identité que j'ai voulu effectuer en ce jour béni du premier avril. Quelle idée j'ai eue !

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