03 novembre 2014

Délicieuse saturation

Quitte à être totalement en retard sur les copies (aucune des 120 n'a été touchée par la grâce divine de mon stylo plume durant les vacances), faisons-le allègrement.

Comme je travaille à un nouveau blog, je vais scinder mes entrées progressivement, donc pas de pêle-mêle (ou le moins possible) dans les sujets. 

J'ai envie de commencer par mes plaisirs gustatifs automnaux. J'ai passé ma journée d'anniversaire avec ma mère, dans Paris. Au programme, un petit tour par Uniqlo Opéra où j'ai été gâtée. Ensuite, direction l'Hôtel-de-ville à pied, pour se mettre en appétit : j'avais simplement envie d'un japonais. Ecco fato ! Sashimi de thon et california font toujours mon bonheur.

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Mais le souci de ce type de restaurant, c'est qu'il y a une faiblesse côté desserts. Et pour deux bouches sucrées, c'est regrettable. En se baladant dans le Bihètechvi, je (re)découvre que Philippe Conticini a installé un salon de thé dans les étages... Je montre à ma mère les merveilles sous cloches, et elle cède aisément à la tentation : découvrir "la pâtisserie des rêves" dans ce cadre est idéal. J'opte pour un délice aux fruits de saison (pomelo) et ma mère choisit le Paris-Brest.

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La veille, j'avais déjeuné avec Peaceandream dans un restaurant de couscous et tajines près de mon ancienne banlieue. Inutile de dire que ce rythme de restaurants et le fait de manger autant sont inhabituels. Mais une fois par an, c'est amusant et agréable.

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Le top était à venir le lendemain de mon anniversaire. Quand Cally est aux commandes pour choisir un endroit exceptionnel, elle sait y faire. Direction le Vème arrondissement, chez Sola... Restaurant gastronomique dirigé par un chef japonais, chaque menu est préparé en fonction de l'inspiration de celui-ci (qui a fait ses classes chez Robuchon, si je ne m'abuse...) et des arrivées du marché. Il y a deux salles : l'une japonaise, en bas, dans laquelle on retire ses chaussures; l'autre au rez-de-chaussée. Le hasard nous a placées dans cette dernière, ce que je ne regrette pas car il n'y avait que des Asiatiques (contrairement au sous-sol, demandé par les "autres" clients). Nous avons choisi de déjeuner uniquement au saké, sur le conseil de la sommelière, parfaite. L'avantage du saké, c'est qu'il s'accorde avec tout : viande, poisson, peu importe.

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Dans les assiettes, c'était une exposition de peintures diverses, pas forcément minimalistes, très belles. Les saveurs étaient extrêmement subtiles. Notre coup de coeur : le canard de Chaland, avec du lard de Collonata (le meilleur lard au monde, peut-être, et je le découvre à trente-neuf ans) et des cèpes...

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Tout dans ce restaurant respire la simplicité à son plus haut degré de réussite. Et cela, sans être inaccessible.

 

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25 juillet 2014

"Faire le mal est plus aisé que faire le bien" (Hugo)

Malgré le fait que je sois en vacances, je ne m'y sens pas encore : je n'arrête pas. Nous continuons à nous installer (c'est sans fin !), et nous préparons notre voyage prochain en même temps (départ lundi !).

Dans nos dernières installations, il y a eu un grainetier acheté d'occasion, qui a été chargé par nos petits bras dans le coffre dans ma Twingo, attaché par des sangles multiples. J'ai aussi fait le tri dans mes breloques, et remis à neuf une boîte à bijoux qui date de l'époque où mon père était vivant, c'est dire. 

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A gauche, c'est briqué; à droite, pas encore.

 

Frotter les cuivres et l'argenterie prend du temps, j'avais oublié. En donnant de l'huile de coude, j'ai pensé à la série Downton Abbey (la saison 3 a été engloutie en peu de temps ces derniers jours) dans laquelle on voit les domestiques briquer l'argenterie, parfois. Je vais avoir du mal à patienter pour voir la saison 4, d'ailleurs.

Sinon, nous sommes allées à la Comédie Française voir Lucrèce Borgia, avec Guillaume Gallienne dans le rôle titre. J'avais miraculeusement réussi à avoir des places il y a quelques mois, et j'étais impatiente d'y assister. Ce ne fut pas du tout une déception. Volontairement, je n'avais lu aucune critique pour être vierge de tout a priori (jai bien fait, car F. Pascaud se lâche gratuitement, par exemple).

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J'ai trouvé Gallienne crédible de bout en bout. L'arrivée de son personnage est très belle : poitrine offerte, il avance lentement au fil des planches placées sous ses pas, sur une musique sacrée. Puis, on l'habille progressivement d'une robe noire (de Christian Lacroix) pendant les premiers dialogues. La question du travestissement est particulièrement intéressante dans cette mise en scène, d'autant que le rôle de Gennaro est tenu... par une jeune femme.

Une ou deux scènes étaient un peu moins réussies que les autres, mais le pari d'être entre "le sublime et le grotesque" de Hugo était amplement tenu. Il n'est pas évident de ne pas sombrer dans le ridicule avec un tel texte.
L'ovation finale, très longue, était assez parlante, même si le public qui va assister à ce genre de spectacle est souvent acquis avant le lever du rideau.

Dans un tout autre genre, j'ai vu hier soir au cinéma Qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu ? : je craignais la caricature, et c'est ce qui s'annonce au début, mais le film s'améliore progressivement, et, il faut bien le dire, s'avère drôle -parfois malgré soi. Chantal Lauby est irrésistible. Quant au fond, on ne peut pas dire que l'on ressort perturbé dans ses fondements, mais je comprends le succès populaire de ce film : c'est un reflet comique de la société française brassée aujourd'hui, avec ses faux tolérants, ses idées préconçues, ses mélanges, ses échecs et ses réussites.

A part cela, je tenais à vous dire que je songe très sérieusement à rendre ce blog accessible uniquement sur autorisation. Au fil des années, je sais que j'ai gardé des lecteurs fidèles et indulgents, mais d'autres sont moins bienveillants. Par ailleurs, pour la première fois depuis que j'ai lancé ce blog (qui a presque douze ans !), je réfléchis beaucoup trop avant d'écrire : je commence à me censurer. 
Il ne me reste que peu d'alternatives : soit je débute un tout autre blog, mais je tiens à celui-ci; soit je restreins les accès (et cela signifie ne plus être visible pour de nouveaux lecteurs); soit j'arrête tout. Concernant cette dernière possibilité, je la récuse pour l'instant par principe : je ne vois pas pourquoi (et surtout pour qui) je m'empêcherais de tenir un blog, aussi futile fût-il (ah ah).
Je me donne jusqu'à septembre pour décider. D'ici-là, vous pouvez me donner votre avis : je serais ravie d'avoir d'autres regards sur cette question qui me turlupine depuis un moment.

 

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15 juillet 2014

Mon premier 14 juillet dans les hauteurs

La petite chose que vous voyez à droite, c'est ma jolie Tour Eiffel.

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16 juin 2014

Derrière les cartons, il y a...

Il y a bien sûr eu le déménagement, et donc un (court) laps de temps sans internet. Surtout, les cartons, encore vaillants, eux, ont occupé la place. L'administratif domine encore, et le bac est bel et bien là à son tour.

Ceci explique donc cela.

Passés ces différents tracas et ces incontournables obligations, je dois dire que je me sens parfaitement bien dans ce nouveau nid, perchée face à Paris : quand je lève la tête de mon bureau, la dame de fer me salue, avec la tour Montparnasse qui lui tient compagnie.

Je gagne environ quarante-cinq minutes (!) de sommeil en plus le matin, et comble du luxe, je me fais surprendre en arrivant au lycée en maximum quinze minutes au lieu de... quarante-cinq, voire cinquante minutes auparavant. Certes, surveiller les épreuves du bac n'est pas une sinécure, surtout quand on doit gérer des soucis d'organisation latents de l'adminitration; certes la centaine de copies de terminale L qui me tend les bras ne me réjouit guère; certes nous sommes exangues par ce déménagement; mais quelle récompense et quelle satisfaction de voir sa jolie vie se simplifier encore ! 

Le vrai luxe est là, je crois : dans la simplicité. Je reste donc contemplative, et je me mets à rêver de sorties parisiennes pour rattraper ces semaines de tunnel (j'ai raté Matthethorpe et je m'en veux terriblement), pour parachever ce doux bonheur.

En attendant, je relis Lorenzaccio par crainte d'avoir un sujet en TL sur cette oeuvre, et par souci de maîtrise de la pièce. Je continue à ranger mon farfouillis dans les cartons. Je cherche les bibliothèques de mes rêves. Et je m'occupe au mieux de Cally et moi, car l'essentiel est là.

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10 juillet 2013

C'est par où le garage ?

Mes deux premiers jours de vacances, j'ai fait ceci :

  • nettoyé le scooter plein de toiles, de feuilles, de poussière et rechargé sa batterie, évidemment à plat. Il fallait donc démonter et remonter celle-ci.
  • enregistré mes prouesses d'examinatrice sur le site consacré, afin d'être payée au mieux en novembre, pour avoir corrigé le bac en juillet.
  • fait les courses, dont des chemises cartonnées en vue de trier la masse de documents qui fait des montagnes au sol, dans mon bureau.
  • rangé la cuisine et fait un premier nettoyage de l'appartement.
  • arrosé mes plantes.
  • déposé le chèque des charges de l'appartement, ainsi que deux colis à la poste.
  • fait mon premier cauchemar de rentrée cette nuit. Comme d'habitude, je ne pouvais tenir une classe, et un élève m'appelait même par mon prénom (qui était Claude, allez comprendre).

 

Heureusement, il y a eu aussi du plaisir :

J'ai d'abord pris un pot, puis déjeuné avec Ed dans Paris. Nous avons rencontré un charmant poisson sur notre table, que j'ai baptisé Siek (toute ressemblance avec un organisme existant ou ayant existé ne serait que fortuite). Ensuite, nous sommes allées ensemble chez Gibert, où j'ai acheté mon cahier de prof pour la rentrée, ainsi que quelques livres (avec l'excuse de l'agreg, évidemment).

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Je me suis baladée dans Paris, et cela faisait un bail, en scooter (mais j'habite vraiment bien trop loin de la capitale maintenant...).

J'ai acheté un pot sur trois étages, comme je le voulais depuis longtemps, afin de ranger les oignons, les échalotes (malheureusement, il y a une faute d'orthographe sur ce pot-là : ils ont mis deux L à échalote) et l'ail. Et oui, j'ai des tocs.

J'ai enfin fait ma première sieste, cet après-midi.

Je viens de cuisiner pour Cally une salade truite fumée/fenouil/radis émincés/feta, accompagnée de sa sauce au fromage blanc, menthe et ciboulette fraîches, huile d'olive, fleur de sel de yuzu; ainsi que des biscuits à l'avoine et aux noisettes, parfumés à la fleur d'oranger.

J'entends le vent dans les feuilles des arbres devant chez moi : c'est le son que je préfère au monde, je crois.

Et puis si ça vous dit, je peux vous reproduire les perles les plus saisissantes du bac 2013...

 

 

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17 juin 2013

La dernière séance

Cally adore le cinéma. Pour ma part, j'y vais (allais ?) fort peu. Je suis difficile à convaincre et souvent peu motivée. Pourtant, je ne voulais pas léser Cally et la freiner dans ses envies cinéphiles. Donc, nous sommes allées voir quelques films ces dernières semaines. Il est grand temps de les évoquer ici.

MUD

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La bande-annonce semblait assez alléchante, et présentait un film sur la manipulation, dans la lourdeur de l'ambiance propre aux états américains du sud.
J'ai eu une petite déception : finalement, il n'y a guère de plan machiavélique, et l'histoire qui se voulait pesante est relativement banale (un amour passionnel toujours décevant). Pourtant, les enfants qui jouent sont impressionnants de naturel, et Matthew Mc Conaughey est très convaincant dans un rôle plutôt sérieux. Quant à Sam Shepard, il est totalement crédible. Ils participent à la création de ce tableau du Mississipi à la fois beau, pauvre et injuste.
Nous avons donc passé un bon moment, mais ce film ne laissera pas un souvenir impérissable.

 

SONG FOR MARION

song for marion

Pour faire plaisir à ma mère, après un excellent restaurant japonais, nous avons vu ce film avec Terence Tramp (excellent) et Vanessa Redgrave (lumineuse). On ne peut pas dire que la mise en scène soit époustouflante, mais cette histoire très humaine est fort touchante, quoique simpliste (la femme a un cancer, elle veut chanter, son mari est un ours et se révèle progressivement). J'ai à la fois ri et pleuré, certainement grâce au talent des acteurs principaux, sortes de monuments du cinéma qui pourraient transcender n'importe quel film kleenex. Evidemment, ma mère a adoré.

 

GATSBY LE MAGNIFIQUE

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Je connaissais l'histoire, sans avoir lu le livre (comme cela arrive pour de nombreuses oeuvres). J'avais beaucoup aimé l'adaptation de Shakespeare par Luhrmann (à tel point qu'il est même sur la liste de bac de mes élèves). Là, je dois reconnaître que la patte du réalisateur est reconnaissable, avec une maîtrise technique en plus. Malheureusement, on devine les images trafiquées pour la 3D, même dans la version standard.
La blonde -dont je ne retiens jamais le nom- qui joue Daisy est passablement insipide, alors que Di Caprio est véritablement excellent. Je trouve qu'il a un relief incroyable, son jeu "actor studio" étant totalement maîtrisé. A cet égard, la scène au cours de laquelle il sombre dans la rage et la violence contre son rival est d'une grande justesse. Quant au narrateur-personnage, interprété par l'acteur de Spiderman (Tobey Mc Guire), il reste dans une gamme plutôt monocorde, avec le même air de ravi de la crèche que dans d'autres films. Sinon, le côté mélo de l'histoire ressort parfois trop (le coup de la lumière verte au bout de la jetée). J'ai quand même passé un bon moment, admirant les scènes de fête et le jeu de Di Caprio.

SHOKUZAI 1 & 2

Shokuzai

SHOKUZAI+CELLES+QUI+VOULAIENT+OUBLIER

SHOKUZAI+CELLES+QUI+VOULAIENT+SE+SOUVENIR

Dans un tout autre genre, nous avons vu les deux volets de la série japonaise de Kurosawa sous forme de films, deux samedis d'affilée. Le principe de l'histoire semble simple : une petite fille joue avec quatre de ses camarades dans la cour désertée de l'école. Un homme parvient, sous un prétexte fallacieux, à faire venir cette enfant dans le gymnase, devant le regard de ses amies. Il la viole et la tue. La mère de l'enfant cherche à savoir pourquoi les autres enfants ne se souviennent de rien. Elle exige un tribu d'elles, en échange de la mort de sa fille, car elle les estime responsables.
On retrouve ses fillettes quinze ans plus tard, sous forme de quatre épisodes. Elles ont effectivement oublié le visage de l'agresseur, mais elles sont toutes profondément marquées par cet événement : l'une vit dans la peur des agressions, une autre n'a jamais eu ses règles et refuse d'être femme, certaines vivent recluses, etc...
L'ambiance de ces deux films est étonnante : avec rien ou quasiment, le malaise est créé. La peur, aussi. On assiste à la déconfiture de ses vies, au massacre de ces existences dans un Japon aux codes exigeants, et pourtant moderne. L'esthétique est très épurée, tant sur le plan des décors que de la mise en scène, ce qui rend certains passages extrêmement efficaces.
L'actrice (Kyôko Koizumi) qui joue le rôle de la mère est inquiétante et très belle, je trouve, même si certains plans ne la flattent pas toujours.

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11 novembre 2012

Des vacances, vraiment (2)

"J'ai vu aussi l'autre expo du Grand Palais, "Bohêmes" : intéressante, surtout la partie sur le XIXème siècle avec une mise en scène assez juste (murs au papier déchiré, par exemple). Et j'ai enfin vu en vrai la toile de Georges de la Tour, avec le jeune homme qui se fait joliment trousser par "La diseuse de bonne aventure".

(Ma note sera à continuer mais Ed s'est levée depuis le début de ma rédaction à 9h, et je dois me préparer avant d'aller voir "Dans la maison" d'Ozon cet aprèm et il faudra aussi que je vous parle de Melody Gardot, de L'Avare et de Racine par la Racine... Teasing !)"

Je reprends donc le fil de ce que je disais il y a quelques jours.

Ed et moi sommes allées voir le dernier film d'Ozon, Dans la maison. Il est difficile de ne pas trop en dire, mais voici le pitch : Luchini (génial, évidemment) interprète un prof de lettres marié à une galeriste d'art contemporain (Kristin Scott-Thomas, un délice) et mène sa vie de prof sans grand enthousiasme, jusqu'au jour où un nouvel élève de seconde s'avère être un potentiel futur écrivain. Un échange se crée entre eux, qui tourne parfois au malsain car la réalité rencontre la fiction, et la fiction repose sur la réalité...

Ozon

Le film lui-même s'interroge et nous interroge sur ces tiroirs imbriqués, et sur l'inspiration artistique "réaliste". Jusqu'au dix dernières minutes, j'étais totalement "dans" le film : et puis tout s'accélère, et on y croit de moins en moins... ce qui semble être la volonté d'Ozon : où le vrai ? où est le réel ? cette fin est-elle vraiment la fin ?

Outre ce rapport ambigu entre le prof et l'élève (les adolescents sont tout aussi excellents dans leurs rôles), il y a des passages très drôles, surtout quand on est dans le milieu éducatif (les premières minutes du film sont grandioses). C'est donc un film à voir, et à revoir, je pense. Y a-t-il des gens dans la salle qui veulent en parler ?

Sinon, je suis allée deux fois au théâtre  : l'une pour voir une mise en scène de L'Avare de Molière pour jeune public (au théâtre Michel), et l'autre une présentation drôle et enlevée des onze tragédies de Racine (créée au festival d'Avignon en 2010, et qui tourne depuis), Racine par la Racine. Pour l'une comme pour l'autre, je vous suggère d'y aller : c'est bien fait, c'est drôle, c'est énergique; ce n'est ni pompeux ni docte et c'est pourtant intelligent. L'Avare s'adresse tout autant aux adultes qu'aux adolescents (il y a de véritables trouvailles côté mise en scène).

Enfin, pompon sur le cake, Flûtine et moi avons vu Melody Gardot à l'Olympia lundi dernier. Nous avions les places depuis six mois, presque incrédules. Le concert a été... comment dire ? au-delà de nos espérances, parfois trop intense pour Flûtine. Les musiciens qui accompagnent Gardot sont époustouflants, et la dame elle-même est sublime : sa voix, identique à celle des albums, est un véritable velours sur lequel on glisse; ses facilités vocales sont déroutantes; et physiquement, quelle grâce ! Quelle féminité "facile", au sens où celle-ci se dégage naturellement de Melody Gardot.

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Telle que nous l'avons vue

(Photo de M. Thomas)

 Elle était très touchante de ne pas vouloir quitter la scène de l'Olympia car elle était là, à Paris, heureuse et épanouie. Le concert a duré presque deux heures trente, et après trois rappels, la dame est sortie comme une fée de scène, s'appuyant légèrement sur sa canne, et ses talons sans fin...

Melody Gardot

Et demain soir je vais à un concert seule, alors que j'ai deux places... La vie est mal faite, parfois : c'est si bon de partager ces moments-là.

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08 novembre 2012

Quel heureux hasard ! Vous ici ?

Je sais bien que je dois terminer ma précédente entrée, mais je m'y attellerai demain ou samedi : ce matin, je vais travailler un peu et préparer une activité de l'après-midi... J'ai proposé à mes premières S de nous retrouver de façon totalement fortuite (hum hum) au Louvre. Six d'entre eux ont accepté.

Je leur mets le pied à l'étrier, et peut-être y retournont-ils plus tard, seuls. Là, ils n'osent pas encore même si c'est gratuit pour eux. Et leur donner rdv en dehors de toute sortie scolaire me donne plus de liberté. Je leur ferai un petit retour à la gare en nous promenant dans Paris à pied.

Finalement, mes ambitions sont modestes.

Et incroyables.

Ajout du 9/11 à 10h

Les six élèves prévus étaient là, et à l'heure, en plus. Trois filles, trois garçons, ce qui équilibrait bien les choses. Deux discrets, quatre plus sonores, mais ils ont tous été impeccables. Ils m'ont suivie dans le petit parcours prévu, alors que les galeries se refusaient à moi (une fermée, et les autres dans lesquelles on se perd facilement). Ils ne m'ont pas tenu rigueur de devoir remonter les siècles en arrière, alors que j'avais prévu le contraire.

Face à la Joconde, ils étaient plus intéressés par "Les noces de Cana" de Véronèse. J'en étais baba, mais je ne l'ai pas montré. Je pense avoir été très simple, à la fois parce que ces élèves le permettent, et parce que je ne voulais pas tomber dans l'intellectualisme docte et repoussant (parfois). Ils ont vu des toiles de David, Vigée-Lebrun, Watteau, Fragonard, Delacroix, Ingres, Chardin, la victoire de Samothrace et des statues antiques.

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J'ai adoré que l'un d'eux me demande pourquoi on exigeait peu de bruit dans le musée : ils pensait que c'était pour les tableaux, que cela influait sur eux, comme un flash d'appareil photo... Et une fille s'est interrogée sur le fait que le sexe des statues antiques était tout petit.

Ensuite, les sentant un peu fatigués, nous sommes ressortis par la pyramide, avons traversé les Tuileries, puis la rue Royale et la Madeleine. Je les ai laissés du côté des grands magasins, car certains rêvaient d'un... Mc Do.

Pour ma part, je me suis trouvé deux pulls "à raclette/à ski" chez H&M et une très jolie doudoune bleu marine chez Uniqlo : Flûtine m'en a adorablement "emprunté" une...  J'ai profité du quartier, puis suis rentrée en train pour reprendre ma voiture au parking, et j'ai filé rejoindre Micahuète dans un restaurant japonais.

Si je résume donc, ce fut encore une très bonne journée.

Il me reste plein de copies, des cours à préparer, des lectures massives pour ceux-ci à effectuer, des courses rudimentaires à faire, mais je me sens plutôt bien.

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18 janvier 2012

Shopping revival

Je suis assez lasse, quoique pleine d'envies de changements et donc motivée pour y parvenir. Je songe par exemple aux mutations acrobatiques en établissement "éclair" : je sais bien que cette proposition de l'Etat est un piège, mais cela me permettrait de rejoindre Flûtine dès cet été, par exemple, et de déménager (mon propriétaire me sort par les oreilles, si je résume : il ne mérite pas mon argent).

L'administration du lycée nous soutient de moins en moins et surtout reconnait de moins en moins le travail que nous fournissons. Tire-au-flanc ou prof dévoué, on a autant de respect...

Le concours, c'est dans une semaine, et je suis à la fois soulagée d'y être enfin, et évidemment inquiète car mes connaissances sont globalement approximatives. Je révise quand même avec régularité. J'aimerais beaucoup tomber sur Maupassant, qui est l'auteur que je maitrise le mieux -sans surprise.

photo shopping

Pour sortir de ma routine et me faire plaisir, je suis allée aujourd'hui du côté de Rivoli, juste après les cours, comme si je faisais quelque chose d'interdit. J'ai révisé dans les transports, et songé aux nouvelles de Guy en faisant les boutiques. J'ai trouvé, pour des prix dérisoires, une jupe en jean (oui oui, moi en jupe, dingue !), un jean Esprit (une première dans ma vie : normalement ils sont trop petits), un joli gilet gris beige de la même boutique, un pull framboise chiné chez Gap, et un ensemble tour de cou/bonnet "mou" en laine mélangée et chiné. Ce petit ensemble était hors de prix initialement : 44.95€ et 22.95€. Du délire. Là, j'ai eu le tout pour... 9.98€ ! Passionnant, hein ?

En fait, si je vous parle de ça, c'est parce que j'ai l'intention de faire un grand vide dans mes affaires après l'agreg, et que je veux renouveler mon stock de vêtements, ainsi que mon style. J'ai très envie de garder uniquement ce qui me met en valeur et ce qui me plait. Le reste sera donné aux bonnes oeuvres et/ou vendu sur une brocante au printemps.

Et puis l'an dernier, quand j'ai passé les écrits, j'étais habillée comme un sac. Cela m'a perturbée. Là, j'ai envie de me sentir sûre de moi, jusqu'au bout des ongles (de pied). J'adorerais m'offrir une nouvelle petite doudoune colorée et légère, mais je dois tenir mes finances un brin, quand même. J'en ai acheté une violette pour ma mère, chez Gap, et je souhaite secrètement (bouh, c'est mal !) qu'elle ne lui plaise pas pour la lui piquer...

Rhaaaaa, c'est bon d'être futile entre deux pages de Rabelais !

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19 décembre 2011

Le cavalier bleu et le pont

Dans mon programme de Noyel, il y a aussi des expositions. Aujourd'hui, c'était celle de la Pinacothèque, consacrée à l'expressionnisme allemand. J'avais peur d'être déçue comme cela m'arrive au Luxembourg, quand il y a peu de toiles, mais là c'était vraiment une belle expo. J'y ai découvert des peintres inconnus au bataillon (dois-je en avoir honte ?), au milieu de Kandinsky : Jawlenski; Franz Marc; Nolde (que je connaissais et que j'aime décidément beaucoup); Münter; Kirchner; Macke; Schmidt-Rottluff... Mais mon coup de coeur -et celui de Flûtine aussi- a été pour Marianne von Werefkin.

werefkin par jawlensky

Voilà pour les présentations : son portrait a été réalisé par son compagnon, Jawlenski, en 1906.

Son univers fantasmagorique, sombre et coloré, les personnages dignes de contes merveilleux, les montagnes envahissantes, les chemins tracés : tout cela m'a attiré. J'étais ravie de m'éduquer le regard encore autrement, de m'obliger à voir des toiles abstraites (cela me pose souvent problème : je n'ai pas d'émotion face à ce type de peinture) et d'aller voir une exposition qui n'avait pas toutes mes faveurs a priori. J'avais réservé suite à une opération de promotion à la Keufna : une place achetée, une offerte. Sinon, c'est plutôt cher, comme partout : environ 11€. Là, 12€ à deux, ça me plait ! Et il n'y avait pas grand monde, quel plaisir...

Vivement la prochaine sortie : je suis ravie de vous parler d'autre chose que du lycée, de l'agreg, et/ou de ma fatigue attenante.

werefkin écoliers

 

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