15 septembre 2014

Gemmes et germes

Mes élèves ont beau avoir l'air fort sympathiques au premier abord, et se tenir tout à fait correctement, je ne peux pas dire que je passe une bonne rentrée. Demain, nous aurons une troisième version des emplois du temps (classes et profs), et nous sommes toujours dans le flou quant aux décisions prises par l'administration. Par ailleurs, nous avons un véritable problème d'élèves redoublants non affectés (dans tout le département, et surtout dans les villes les moins riches, quel étrange hasard).

Préavis de grève déposé, heure syndicale, angoisses et énervements seront au programme de cette folle journée de mardi. NB : j'ai cauchemardé deux fois en trois nuits sur toutes ces turpitudes, je m'en passerais bien.

A part ça, dans la vraie vie, je suis traversée par pas mal de réflexions sur la mémoire, la transmission, la famille, et sur mon propre épanouissement dans le monde professionnel d'une part, et personnel d'autre part.
J'avais songé à un projet qui m'ouvrait d'autres perspectives, mais mon inspectrice m'a informée que c'était impossible : je voulais passer une certification d'anglais pour enseigner la littérature dans cette langue. Que nenni : on m'a répondu que je pouvais passer cette certification, mais qu'elle ne servirait qu'à faire joli sur un CV. Voilà de quoi refroidir mes ardeurs linguistiques.

Alors je réfléchis autrement. Une amie avec qui je communique par lettres depuis ma khâgne (elle était ma prof de philo en hypokhâgne, justement) m'a ouvert les yeux sur quelque chose que je savais déjà mais que j'avais besoin d'entendre d'une personne extérieure : l'agrégation, peut-être, ne correspond pas à ma façon de concevoir la littérature. Elle serait trop rigide, pas assez vivante ou souple. Je ne me cherche pas d'excuse sur le sujet. Je cherche juste à me décaler d'un pas, à voir ce concours comme une étape et non comme une fin en soi.
Ne pas avoir l'agreg (ou l'avoir) ne changera rien à ma façon de vivre la littérature et de la transmettre aux élèves, autant que faire se peut. Alors je tourne autour d'autres projets encore peu identifiables, mais en germe, et j'attends de voir ce qui ressortira de tout ce mûrissement.
Il en est de même pour m'inscrire au tir à l'arc : je ne sais que faire.

Sinon, nous avons vu hier soir Gemma Bovery avec Luchini. Je n'espérais pas le chef d'oeuvre de l'année, mais à cause du programme de TL (et de Luchini), j'avais envie de voir ce film. Je ne peux pas parler de déception ni d'enthousiasme : il y a des passages judicieux (sur la sensualité de Gemma ou sur l'indéfectible Charles), des décors très réussis, entre deux siècles, et une fin bien trop décevante car tirée par les cheveux. A mon sens, Fabrice Luchini "tient"  le film : avec un autre acteur, c'eut été un magistral flop.
Il me reste à lire la BD qui a inspiré le film, pour parfaire le tout.

gemma bovery

Posté par virgibri à 11:05 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,


29 décembre 2010

La tyrannie sous la démocratie

Poursuivons nos aventures culturelles.

Dimanche, nous nous sommes promenées dans Montmartre, celui que j'aime, pour le faire découvrir à Flûtine. Le temps était ensoleillé quoique fort froid. Avant de parvenir là, j'ai bavé devant des vitrines de guitares rue Pigalle. J'ai souri devant d'autres vitrines...

IMG_0130

Le but de la promenade était d'atteindre le théâtre de l'atelier, dans lequel se produisait... Fabrice Luchini. Oui, je sais, on ne compte plus les fois où je parle de lui ici.
Il "lisait" des textes de Philippe Muray, un philosophe/sociologue/critique mordant, pertinent, sans embages, que nous ne connaissions pas avant que Luchini se l'approprie. Sa théorie est celle de l'hyper festif : sous des airs de liberté, de démocratie, nous subissons la tyrannie du festif, sous toutes ses formes...
Le spectacle était évidemment génial, gavé d'intelligence, d'humour, de vitalité. Je me demande toujours où est la limite entre l'improvisation et ce qui est prévu, avec Luchini.
Après le théâtre, nous avons décidé de ne pas nous tenter avec des restaurants aux airs charmants, et avant pris une boisson chaude réconfortante avant de rentrer à la maison.

IMG_0131

Le lendemain, rien de culturel puisque nous avons déjeuné avec ma mère pour son anniversaire, sauf que nous avons fait l'aller-retour à pieds, c'est-à-dire 10km en tout. Ah, au fait, j'ai encore perdu 700gr. Cela doit vous paraître dérisoire, mais comme je suis en train d'attaquer les kilos de fond, donc les plus anciens, le moindre gramme perdu me semble important.

Sinon, j'alterne les sorties parisiennes avec le travail pour l'agreg : je poursuis la conception de mes fiches de citations. Hier, Mithridate a été achevé. Il me reste encore deux pièces de Racine, puis je pourrai tout imprimer et apprendre, apprendre, apprendre.

Allez, je vais me préparer et tâcher de faire passer un mal de tête lancinant avant de voir les coupines de blog dans Paname...

PS pour Comtesse : j'ai ajouté le moteur de recherche interne sur le blog, dans la colonne de gauche. Alors, heureuse ?

Posté par virgibri à 09:46 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

28 novembre 2010

Un dimanche de frimas

Voilà, tous mes bulletins sont remplis ! C'est fou comme cela peut prendre du temps. Et puis ce qui me désespère un peu, c'est que 1) certains élèves les liront à peine; 2) certains parents ne les liront ou comprendront pas; 3) beaucoup de collègues font des fautes, et cela m'insupporte. Mais au moins, cette corvée est faite pour mes trois classes.

bulletin_evolution

Sinon, ce matin, j'ai cuisiné : mes pommes s'abimaient, alors j'en ai fait un clafoutis allégé (maïzena, édulcorant de cuisson, lait de soja). C'est réjouissant. J'ai aussi bien rangé l'appartement, et nettoyé à fond. Bref, j'ai fait tout ce que je ne peux pas faire en semaine.
Pour encore peaufiner ces moments, j'ai écouté en alternance Mark Ronson en boucle, et France Inter. Luchini passait vers 11h, et je me suis une fois de plus régalée. A tel point que Flûtine et moi avons décidé d'aller l'écouter au théâtre de l'atelier pendant les vacances... J'ai hâte de m'alimenter intellectuellement et "parisiennement" pendant cette pause salutaire de décembre.

J'ai aussi discuté avec Tinette, ma "coach" d'agreg, car j'ai une période de creux. Un peu de peur, sans doute. Des vieux démons qui reviennent : jamais jusque-là je n'avais décidé de travailler pour moi-même. Alors je cherche certainement à savoir pour qui je la passe, en dehors de moi-même. Peur de décevoir, même si au fond je sais que ceux qui m'aiment ne me jugeront jamais. Mes lectures ont donc faibli ces derniers temps. Et les corrections du concours blanc ont fait paniquer tout le monde, et ont aussi révolté pas mal d'agrégatifs. Par exemple, mon corpus portait en fait sur le réalisme magique. Aucun d'entre nous ne connaissait cela, et donc tout le monde s'est planté. J'attends toujours ma note, soit dit en passant. Si j'ai plus de 6/20, ce sera la fête.

Il a fallu aussi que je gère cette semaine un semblant de révolte chez des élèves de seconde qui m'accusaient de leurs propres maux : face au canyon de leurs lacunes, ils ont cette parade d'accuser les enseignants d'être trop durs, trop exigeants, trop ceci, trop cela. Heureusement, ce genre de situation ne me déstabilise pas, mais cela prend énormément d'énergie pour la gérer.

A part ça, j'ai aussi pris des décisions qui relèvent du technologique : mon ordi commençait à fatiguer quelque peu, alors je l'ai rebooté, nettoyé, vidé, mis en vente et... vendu ! Du coup, je vous montrerai le prochain très vite... dès que je l'aurai !
Et j'ai dépensé tous mes points fidélité chez Bouygues pour m'offrir un Iphone ! Je suis épatée par ses applications.

iphone_cupakes_main

Là, je suis censée lire du Montaigne. Ou relire mes cours d'agreg. Allez, je m'y mets : je lirai vos potentiels commentaires après. ;-)

18 février 2009

La prof et le renard

Finalement, comme Clochette a vomi par deux fois et que j'avais des aigreurs d'estomac, le rendez-vous d'hier soir avec Comtesse a été annulé.
C'est dommage car je devais faire goûter mes cannelés à la comtesse bordelaise, et que nous devions assister à une avant-première du film de Claire Denis dans un Beaubourg désert (entrée rue du Renaaaaaaaaaaard -private joke).

Rue_du_Renard_prechant

Cet après-midi, visite de contrôle pour Cloch chez le vétérinaire. Je crains qu'il ne veuille lui mettre une collerette parce qu'elle se fait trop la toilette autour du pansement. :'(

Là, je devrais m'attaquer aux copies de Bac blanc mais je ne suis guère motivée. Je pense en faire cinq pour commencer. Histoire de voir, quoi.

D'ailleurs, j'ai des perles à remettre en ligne sur mes derniers (?) paquets de copies. Mon joli carnet longiligne Clairefontaine, entamé en 2002, a été renouvelé. Je suis certaine que ces centaines de perles intéresseraient des éditeurs peu scrupuleux...

Ceci étant et sans aucun rapport, j'ai appris que la célèbre fable du corbeau et du renard avait été écrite pour que les enfants ne mangent pas la bouche ouverte : "Avale ta Vache qui rit avant d'causer !" Faudrait peut-être la relire à certains adultes... Ah, c'est beau de se dire que des auteurs si éloignés de nous par l'âge nous sont si proches !

corborenard


Fabrice LUCHINI Fables mises en Musique

Posté par virgibri à 11:09 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,