02 novembre 2006
In money we trust

Nous avons l'accord d'un garant on ne peut plus sérieux. L'agence va être satisfaite, mais cette humiliation (est-ce un mot trop fort ?), je m'en serais bien passée. Il faut gagner des mille et des cents dans cette société mercantile. Même les étiquettes "fonctionnaire et propriétaire" ne suffisent plus...
Comment fait-on pour survivre ?
Mécanismes
Il y a un grain de sable dans le mécanisme : les gestionnaires immobiliers nous demandent un garant. Ils se sont basés sur les revenus de 2005, sans vouloir entendre que nous gagnons plus aujourd'hui.
Bilan : situation délicate. Car : 1) il faut trouver un garant très à l'aise financièrement; 2) il faut qu'il accepte.
Et nous n'avons guère de choix...
04 octobre 2006
Timbrée

Aujourd'hui, j'ai mis mes oreillettes d'Ipod pour aller à la Poste chercher un colis, et histoire de me faire oublier ma lancinante migraine de trois jours.
Armée de mon habituelle compagne anglaise en plastique (fausse devinette à deux balles, euh pardon, à 0.30€), j'ai clopiné jusqu'au bureau de poste "principal" : un bureau aux pancartes branlantes, pathétiquement obsolète, ringard et fouillis.
Evidemment, on ne me propose pas de passer au guichet plus rapide malgré ma béquille. Pas grave. Même pas mal.
Je jongle avec mon sac pour attraper ma carte d'identité et le fameux avis de passage jaune pisseux habituel. Of course, la facteur a coché la case "Vous étiez absente". Ben voyons. Il faudrait en inventer une autre : "Vous habituez trop haut et j'ai la flemme".
Bref, j'arrive face à une grosse dame noire qui a l'air de m'en vouloir, mais je ne sais pourquoi. Grâcieusement, je lui dis bonjour et lui indique que je viens chercher un colis. Intérieurement, je me dis qu'à son retour, je l'informerai que, comme d'habitude, le facteur n'est pas monté chez moi et ment effrontément, le rustre.
J'attends, tel un flamant rose au milieu d'un lac de prospectus, en train de somnoler. La dame revient, armée d'un gros paquet mal en point : il a été (une fois de plus) ouvert au centre de tri : de gros scotches jaunes à l'écriture bleue "Poste de Saint-Ouen", l'indiquent ouvertement.
Je m'en offusque : "Et voilà, un colis de plus d'ouvert !" La dame noire marmonne quelque chose qui ne me semble pas sympathique. D'un coup, je ne suis plus très aimable : je porte mon masque hargneux de vengeresse des clients abusés.
Elle me met sous le nez la case à signer et, comme j'hésite un quart de seconde, me lance amicalement un : "Case de droite ! C'est là qu'vous signez !"
"Tout à fait, madame, et je vous remercie de m'aider aussi élégamment car je n'avais vraiment rien compris à ce que je devais faire; mais figurez-vous que je me demandais si je pouvais potentiellement refuser le dit colis avant ou après avoir signé." J'ai dit ça en plus court.
"Vous signez, me dit-elle en éloignant encore plus le paquet du comptoir et en le gardant serré contre elle, et APRES vous pourrez le refuser".
Fait rarissime, je ne lui ai même pas dit merci ni au revoir. Je me suis débrouillée pour prendre colis et béquille sous le bras, afin de vérifier le contenu sur une table adjacente. Nous avions toutes deux un oeil mauvais et sombre, je crois. Par miracle, rien ne manquait (tant mieux, c'est l'un de mes futurs cadeaux d'anniversaire : des produits Adidas !). J'ai rabiboché la carton avec tous les scotches "Colissimo" qui trainaient sur le comptoir. Na.
C'est extrêmement frustrant et agaçant de dépendre d'incapables (quoi ? je suis intransigeante ? et on en l'est pas avec les profs, pitêtre ?). J'en suis à ma deuxième lettre de réclamation auprès des services de la Poste en moins d'un an. Je n'ai d'ailleurs jamais eu de réponse.
Et, bizarrement, ma migraine n'est pas passée malgré mon triptan pris au retour. Dingue.

12 septembre 2006
Tire la chevillère
Par quel bout commencer le récit de ma matinée hospitalière (je suis partie de la maison à 9h40 et revenue à... 13h30) ?

Arrivée à l'accueil en avance, on me fait payer la consultation et on me remet un papier blanc.
_ Merci, au revoir !
_ Euh, je vais où et je fais quoi du papier ?
_ Avancez au bout du couloir, et voyez avec les infirmières. Suivant !
Poum poum, me voilà à l'accueil orthopédie. Echange papier blanc contre papier jaune. On appelle les urgences pour récupérer mes premières radios, sans savoir si je les ai en ma possession (ce qui est le cas).
_ Voilà ! (dit-elle en me posant le susdit papier jaune vif sous le nez, et elle s'apprête à me laisser comme ça, surfant sur mes béquilles, l'infirmière molassonne)
_ Quoi, "voilà" ? Je fais quoi, maintenant ?
_ Ben, vous allez à la radio et vous revenez après.

Evidemment. Ellipse sur le passage radio. Retour à la case accueil orthopédie. Personne derrière le comptoir. J'attends. Une infirmière toute ronde, que je n'avais pas encore vue, me demande avec qui j'ai rdv. "Ah, le Dr F. ... Je vois". Moi, je ne vois encore rien.
_ Asseyez-vous, on va vous appeler.
_ Je vous laisse les radios ?
_ Non, reprenez-les, ce n'est pas nécessaire puisque vous les montrerez au docteur.
Une heure quinze plus tard, je vois le docteur F. s'éloigner dans un couloir. 3ème passage à l'accueil, avec l'infirmière molle-tête-à-claques :
_ Excusez-moi, mais c'est normal de n'avoir pas encore été appelée ? J'avais rdv à 10h30 et il est 11h45...
_ Vous aviez rdv avec qui ?
_ (Soupir) Le Dr F..
_ Ohlala, mais il fallait me laisser les radios ici ! Comme ça je vous aurais appelée.
_ Votre collègue m'a dit le contraire !
_ Ah mais non, sinon on ne vous appelle pas. Et puis vous étiez assise là-bas ? (Elle désigne deux sièges à deux mètres sur sa droite) Ah, ce ne sont pas les bons sièges pour le docteur F. ! (Ceux-là sont un mètre en face du comptoir) C'est pour ça !
_ Vous plaisantez, j'espère ? Je n'étais pas assise sur les bons sièges ? Et je le devine comment, moi ?
_ Bon, je rappelle le docteur. (Elle sent qu'un truc dans ma voix qui l'empêche de poursuivre plus avant la discussion shadockienne)
Dix minutes plus tard, le voilà qui débarque, grand dadais à cravate rose, la cinquantaine, parlant fort. Il se jette dans son fauteuil, ne regarde pas mes radios, et me dit :
_ Votre nom, c'est ?
_ Votre accident, date de quand ? (bis bis)
_ Bien, vous allez marcher ! (Alléluia !) Avec une chevillère. (Damned !) Vous travaillez ? Ah, prof dans quelle matière ? Ca doit être dur, surtout dans cette zone. Je connais bien ce public, vous savez : je travaille dans les prisons. Les enfants aujourd'hui sont infernals ! N'est-ce pas, qu'ils sont infernals ?
_ Le problème n'est pas tant qu'ils sont infernaux, mais violents.
Et toc. Je sors. Direction la pharmacie, pour acheter la fameuse chevillère. Et là, ce que je craignais arriva : la chevillère ne me servait strictement à rien, étant donné que cette partie de mon pied va relativement bien. La chevillère protège des mouvements latéraux intempestifs, mais mon métatarse était ouvert à tous les risques. On essaye d'appeler l'hôpital, en vain.
4ème passage à l'accueil orthopédie. Il n'y a plus aucun patient, et le docteur F., spécialiste des accords adjectivaux, a disparu.
Je retrouve Queen Mollassonne. Une de ces collègues prend le relais, car je suis plutôt agacée. Dieu merci, un chirurgien orthopédiste est encore là, et il accepte de me recevoir. Le Dr P. est le versant opposé du Dr F. : il m'écoute, me conseille, me pose des questions sur ce que je veux, et me donne 20 séances de kiné pour réapprendre l'autonomie de mon pied plus rapidement (l'argument du tir à l'arc a eu son poids, car je suis toute tristounette de "flinguer" ma saison salle). Et mon pied est LIBRE ("La seule limite, c'est la douleur"...).
En changeant le rdv pris trois semaines à l'avance avec le Dr F., les infirmières se marrent : c'est un guignol qui perd tous ses patients (un sur deux change d'orthopédiste après une première consultation avec lui...). Je retrouverai donc le Dr P. le 17/10.
J'ai beau être moi-même fonctionnaire, et connaître des amis qui bossent dans le milieu de la santé, j'écris quand même ce soir que la mauvaise foi et l'incompétence me révoltent.

07 septembre 2006
Connerie organique
"Dans le vaste monde des Shadocks..."
La maison de retraite de ma grand-mère décédée veut un certificat d'hérédité prouvant que je suis la seule héritière. OK. Pour produire un tel certificat, il me faut une foule de papiers, dont une preuve écrite des différents organismes qui me le réclament. OK.
Mais la maison de retraite, qui est à l'origine de cette demande, a dit à ma mère qu'elle ne pouvait me fournir cette preuve écrite car... elle ne me connaît pas ! La responsable administrative ne m'a jamais rencontrée, donc je n'existe pas. OK ?
Comme en plus elle est embouchée, elle a eu bien du mal à comprendre que toute la famille de la Reine était morte et que nous étions les seules survivantes ("Ah bon ? Ah oui, je vais relire vos livrets de famille et je vous rappelle"). Elle va donc faire cette demande à ma mère (qui, légalement, est "une pièce rapportée", dixit...), qui va me la redonner. OK...
Ensuite, nous devrons aller, ma mère et moi, avec les livrets de famille, et tout le tintouin, accompagnée de deux témoins n'ayant aucun lien de famille avec la personne décédée ("Puisqu'on vous dit qu'ils sont tous morts !"), qui jureront que je suis bien sa petite-fille.
Le pompon étant que nous devons aller effectuer cette démarche au service d'état-civil de la mairie de résidence de ma grand-mère. Son lieu de "résidence" (la maison de retraite...) étant dans le 91 (heureusement qu'elle n'était pas à 500 bornes d'ici : je m'imagine bien faire des allers-retours parce qu'il manque un document...), je vais m'armer de mes béquilles pour aller là-bas avec mes deux témoins, sur rendez-vous, bien entendu. OOOOOKKKKKKK...

11 mai 2006
La Poste (suite... et fin ?)
Après un parcours géographique folklorique, mon paquet est enfin arrivé à destination ! Alléluia, chanterais-je si j'étais baroque. Mais je n'ai pas de quoi m'extasier sur le fait qu'un colis parti de banlieue arrive en banlieue en plus de deux semaines...
09 mai 2006
Aventures postales (suite)
Alors, j'ai appris que mon colis était resté une journée seulement dans une autre agence de ma ville, et qu'il est actuellement à Saint-Ouen, après être passé par Paris. Ne cherchez pas à comprendre, il n'y a aucune logique interne dans tout cela. Si tout va bien, on va essayer de me représenter le paquet prochainement. De toutes les façons, j'ai le numéro de téléphone du service des colis...
En attendant, j'ai déposé un petit courrier de réclamation aujourd'hui, signé "Shadockement vôtre"... C'est dire.
06 mai 2006
Lamentable
Je reviens de mon bureau de Poste. Oui, je sais, mon histoire commence mal.
J'attends depuis plusieurs jours un colis du site Vente Privée. Dieu merci, je peux suivre mon colis grâce à son n° d'envoi. Jeudi, on m'annonce que le livreur est passé mais que je n'étais pas là. Premier mensonge. Hier, on me dit qu'il est repassé et blabla again, mais que le colis est disponible pendant 15 jours dans mon bureau de poste. Deuxième mensonge : aucun avis de passage n'a été déposé et je n'ai vu la tête d'aucun livreur, malgré le post-it que j'avais mis sur ma boîte aux lettres.
Donc, ce matin, de bonne humeur, je vais à la Poste... Je suis restée polie, quoiqu'interloquée. La Poste ne traite plus les colis : elle passe par un prestataire (qui ne fournit aucun service) et dont la grande folie est de ne laisser aucun avis de passage (j'ai d'autres exemples autour de moi, malheureusement). Ce qui siginifie que :
1) lorsqu'on ne sait pas qu'un colis nous est envoyé, celui-ci reste à la Poste deux semaines, puis repart chez son expéditeur. Conclusion : il faut être médium.
2) lorsque l'on sait qu'on attend un colis, il faut faire le pied de grue devant sa boîte aux lettres ou bien aller quémander régulièrement à la Poste son colis -encore virtuel. Conclusion : il faut avoir beaucoup de temps libre, de patience, et un petit don de voyance aussi.
Nous sommes en pleine régression de ce service dit "public". Ce n'était pas glorieux avant, mais là c'est le pompon. La petite nana du guichet a eu le culot de me dire que la Poste n'avait aucun contact avec le prestataire des livraisons. Ben voyons. C'est pour ça qu'avec le code du Colissimo, elle peut en faire le tracé.
Et quand je lui ai gentiment dit : "Vous savez, depuis que la Poste est devenue la banque postale, elle ne fait plus son travail de poste. Parce qu'à la base, vous n'êtes pas une banque, mais un service postal", elle s'est retrouvée sans argument (elle en avait fort peu déjà, je le concède).
Alors bienvenue dans un monde où "la confiance grandit" avec la Poste (cf.leur nouveau slogan), mais l'absurdité aussi.
La Poste, parce qu'elle ne vaut rien.
05 mai 2006
Dédouanée
Corvée administrative à envisager trois mois avant un voyage : le passeport. Etant donné que je gagne allègrement ma vie en tant que fonctionnaire, je n'ai pas fait de lointains voyages, et donc pas fait renouveler mon passeport depuis sa date de péremption -avril 2005.

Mais avec le championnat d'Europe d'août, pas moyen d'y couper. Je lis donc les formalités à remplir sur le site de ma ville. On a carrément un document d'une page avec les consignes pour la photo : le visage doit tenir sur 75 à 85% de l'espace photographique, prise sur fond clair, ne pas sourire, fixer l'objectif en face à face... Bref, ils font tout pour je ressemble à Nikita ou à une terroriste.
Pas grave : j'intensifie le maquillage, je me pomponne comme pour mon premier passeport (j'adorais ma photo là-dessus, on aurait dit une espionne... Mais je dois rendre l'ancien pour avoir le nouveau. Grumf.). Et j'ai de quoi faire... En me maquillant, j'ai pris une baffe virtuelle : the next one sera pour mes quarante ans... Screugneugneuhhhhhhh.....
Ajout de 11h10 : j'avais tout ce qui'l fallait sauf...une copie intégrale d'acte de naissance... Bientôt il leur faudra la longueur de mes pieds (en pouces et centimètres), la taille de mes oreilles, mes mensurations complètes (censuré) et mes préférences au petit-déj'. Si ça me donne droit à un expresso et un croissant dans l'avion, je veux bien, remarquez.
03 avril 2006
Caddies
Exaltante matinée chez Carrefour; aucune place pour décharger la voiture; retour du parking comme un âne, évidemment.
Bonne nouvelle, au fait : pour ceux qui ont suivi, j'avais eu un P.V. absurde (erreur de modèle de voiture) lors du championnat de France d'Eaubonne, début mars. Après réclamation, la police me l'a annulé ! Le vice de forme était trop flagrant, à mon sens. Héhé, j'adore ce genre de petite victoire sur l'administration.












