Prof et plus si affinités

Je ne revendique rien de ce que je suis, mais j'assume tout ce que je fais.

03 novembre 2009

Retour au réel

copies

Allez, c'est juré, j'attaque un paquet d'interrogations juste après cette petite entrée. Il me reste deux jours pour les faire (enfin trois, car je n'ai pas cours le jeudi), mais le souci, c'est que je n'ai même pas ouvert une seule copie de type Bac alors que j'en ai 42 à corriger en sus des interros. Sans compter celles des commentaires maison que j'ai donnés pour la rentrée et les contrôles de lecture prévus aussi au retour... Nawak, vraiment.
Donc aujourd'hui, un paquet, et des cours si j'ai fini. Faut dire que la météo n'incite pas à sortir, là. Une chance.
Ah et puis il faudra aussi que je vous parle des prix littéraires tombés hier, à l'occasion. Pour le Renaudot, je suis perplexe, vraiment...

Edit de 12h30 : le paquet est terminé ! Ce type de devoir est plus rapide à corriger (dix minutes "seulement" par copie), mais tout aussi déprimant que le reste... Seuls deux élèves sur 28 ont la moyenne. Je leur demandais de réfléchir, voyez-vous... Je vous donne la plus jolie perle du jour : "Jean Marie Arouet alias Jean de La Fontaine..." Là, pause repas et j'aviserai ensuite : cours ou bien copies...

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01 novembre 2009

Charbonneuse

charbon

Il y a des jours où je vois tout en gris. Gris souris, gris cendré, gris tout court.
Après une nuit de cauchemars assez terribles et de réveils en sursaut, j'ai décidé de m'attaquer enfin au travail à faire pour le lycée. Les bras m'en tombent tant cela me paraît énorme. Je ne parle pas des copies, qui sont finalement monnaie courante dans notre métier. Mais plutôt de ces fameuses sorties au théâtre qui me bloquent totalement. Je me sens ridicule et dépassée. Inapte. J'ai enfin envoyé un mail à la responsable du théâtre local, mais cela ne m'avance guère : je dois choisir une pièce obligatoire pour chaque classe de première, avec en sus une autre pour les volontaires. Je ne sais pas de combien le lycée pourra aider, ni s'il reste un peu de budget pour mes classes.
Mes collègues ont prévu en gros huit sorties (!) comme une fleur, alors que j'en suis toujours au point mort. Je sais que je vais lutter avec certains élèves, pour qui cette dépense sera scandaleuse. Je suis donc toujours dans le flou total, et mon inaptitude à préparer tout cela annihile mon énergie. Il y a des moments où j'aurais envie d'en pleurer, car je ne supporte pas de ne rien maîtriser...

Pour la seconde, pas de théâtre en vue avec moi, mais je voudrais les emmener très vite au musée d'Orsay avant que les travaux ne commencent (et que certaines toiles ne partent aux quatre coins du monde mi décembre). Cela aussi, je dois l'organiser...

Ensuite, j'ai trois contrôles de lecture à préparer, dont un qui me laisse perplexe. Je dois prévoir le planning des oraux d'entraînement pour novembre, tout en sachant que certains élèves vont se défiler, et que cela tombera soit sur mes jours de repos, soit le matin tôt ou tard l'après-midi.

Reste encore l'intervention contre l'homophobie à prévoir et à lancer, et, évidemment, les cours sur le théâtre à prévoir, les paquets de copies de type Bac à corriger, les notes à rentrer sur le logiciel des moyennes...

Et puis là, la pluie cogne contre mes vitres. J'aperçois à peine les tours de la Défense au loin. Je porte un simili pyjama d'intérieur, avec une grosse polaire peu flatteuse. Je vais remanger des piccolini ce midi, avant de réattaquer mes cours.

Journée grise. Vert-de-gris.  Au charbon.

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17 octobre 2009

Une surprise par semaine !

Quelque chose d'étrange m'est arrivé ce matin,  à la fin de mes deux heures de cours avec les ES. Amouna, élève un peu dissipée et souvent en franche camaraderie avec un groupe de garçons hâbleurs, est venue me voir. Elle a patiemment attendu que le dernier élève, le plus lent, sorte de la salle. Elle avait l'air embarrassé.
Elle m'a demandé si je serais d'accord pour qu'intervienne en cours une association, et qu'elle préférait me le demander à moi plutôt qu'à l'administration directement. Forcément, je demande quel type d'association. "Une association contre l'homophobie".

symbole_femme

Et pas la moindre, apparemment : la LGBT. Amouna a un contact dans l'association, qui a l'air de connaître les procédures : le lycée doit inviter des intervenants extérieurs à entrer dans l'enceinte de l'établissement, avec une autorisation. J'avais remarqué des rainbow flags (elle semble ignorer le sens de la chose car elle découvrait l'expression dans ma bouche, même en lui montrant sa dernière copie parsemée d'arc-en-ciel) et le symbole de la femme, disséminés sur sa trousse ou ses feuilles...
Je ne m'avance pas trop, et dis qu'il me faudrait plus d'informations si je veux parler en plus hauts lieux de cette idée.

Avant de sortir de la salle, je lui demande, en précisant bien qu'elle n'a aucune obligation de me répondre, pourquoi elle s'investit dans ce type de lutte et d'association. C'est une fausse question et je le sais, mais Amouna ne s'en doute guère, je crois. Elle bafouille, rougit comme un coquelicot, et me fait deviner qu'elle est gay. Les seuls mots qui ressortent de son embarras, sont "Ben... moi...", accompagnés d'un geste de la main.

Je lui dis qu'elle peut me parler quand elle le veut, si elle me comprend bien. Je la rassure en banalisant l'aveu, et pour cause.

Ceci étant, je descends les escaliers en souriant, dans un premier temps : la confiance qu'elle me porte en moins de deux mois de cours est touchante et flatteuse, surtout que je ne suis pas prof principal de la classe. Mais que faire de cette bombe à retardement concernant l'association ? Justement, je ne suis pas PP. Je ne suis pas l'infirmière, non plus. Et encore moins CPE ou CO PSY.

Je n'ai pas non plus souvenir d'avoir parlé d'homosexualité en cours, ou de tolérance à cet égard. Alors pourquoi Amouna m'a-t-elle choisie ? Ai-je été percée à jour sans le vouloir, contre mon gré ? A-t-elle déjà ce fameux gaydar que je n'ai pas ? Damned !

Il me reste deux ou trois alternatives : m'assumer et revendiquer le droit des homosexuels au sein du lycée ou me montrer gay friendly, comme on dit. Cela me créerait une sacrée réputation, là... Ou bien refiler le bébé et l'eau du bain à autrui, ce qui ne me convient guère non plus : si Amouna s'est adressée à moi, et qu'elle est sincère, elle m'a tendu une perche, que je ne peux décemment laisser tomber sans rien faire. Ou encore essayer de lui parler à part, afin de savoir ce qu'elle veut vraiment au travers de cette intervention, qui pourrait aussi la mettre en porte-à-faux dans la classe ou le lycée : elle est arabe ET gay... Dernière solution, que je dois envisager même si cela ne m'arrangerait guère : je lui plais... :-s

Bon, vivement les vacances, que je ne doive pas gérer un Jack-in-the-box toutes les semaines...

jack

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06 octobre 2009

Je lisse ma moustache

fausse_moustache

Je sais bien que vous n'êtes pas fébriles devant vos écrans en attendant de mes nouvelles, mais je pense qu'il est nécessaire de faire un petit bilan de la journée.
Ce matin, en arrivant, maux de ventre, je dois l'admettre. C'est bête, je le sais, pourtant ne rien avoir reçu du proviseur hier m'inquiétait. Arrivée au lycée, j'ai pu constater que je n'avais rien non plus dans mon casier. Super rassurant. Moi qui étais à peu près claire dans ma démarche dimanche, je me retrouvai fort dépourvue devant un tel vide.
Heureusement, mes collègues étaient là, quoique rares en ce mardi matin.
Je suis passée voir le CPE, qui avait appris presque par hasard l'affaire hier, en consultant ses mails... Hum. Il m'a soutenue et a décidé de passer voir les STG deux heures après, juste avant que je fasse mon cours. Savon et compagnie, devant un adjoint transparent, inodore, insonore. Les STG étaient égaux à eux-mêmes, inébranlables. Ils pensaient apparemment que je ne ferais pas cours aujourd'hui. Je les ai refroidis avec mon "Voltaire, chapitre III, vous sortez votre cours. Et si vous n'avez pas vos affaires, une feuille et de quoi écrire." Certains trainaient des pieds pour s'y mettre. Ils ont été déçus de me voir aussi gaillarde, je crois.

D'autant que j'ai fait mon petit laïus du type : "Je tenais à remercier les coupables. J'ai eu de jolis témoignages d'amitié, une bouquet de fleurs, des mails ce week-end... C'était un mal pour un bien, vraiment." Les STG ont feint l'indifférence, les ES se sont amusés de ma boutade -pourtant sincère. L'humour est vraiment ma meilleure arme, surtout en situation de conflit.

Sinon, toujours aucun coupable en vue (personne ne veut se dénoncer) et je crois que l'enquête stagne. Quoi qu'il en soit, les élèves ont vu que je ne lâcherai rien et que l'on continuerait notre travail en vue du Bac.

Bon, j'ai beau fanfaronner, tout cela m'a fatiguée. Alors j'ai décidé de ne pas corriger de copies ce soir. Je serai tranquillou devant les Desperate housewifes comme chaque mardi, peut-être avec un panaché.

Pour vous faire sourire, sachez que j'ai envisagé des commentaires sur les copies du type : "vous êtes rasoir/barbant, là" ou "vous avez un poil dans la main", ou encore "votre remarque est poilante". Et puis comme j'ai réussi à me faire saigner de la lèvre supérieure nerveusement depuis samedi, si l'un des élèves m'avait chambrée là-dessus, j'aurais évidemment répondu que je m'étais mal rasée ce matin... ;-)

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04 octobre 2009

Florilège

Snapshot_20091004

J'ai parlé presque deux heures avec une collègue de lettres au téléphone ce matin, et cela m'a fait du bien. J'ai un peu dédramatisé, pour pouvoir reprendre les classes mardi. Ma collègue a été très franche avec moi, et j'ai eu droit à des compliments que je n'avais  jamais entendus jusque-là à mon égard.

Sinon, je laisse l'administration gérer le problème et l'enquête. En attendant, je reprends mes cours car je ne veux pas sanctionner les élèves sympa et bosseurs. N'oublions pas une chose : nous ne sommes que début octobre, et j'ai encore sept mois à passer avec mes élèves. Je ne veux pas que tout soit gâché à cause deux ou trois élèves en mal (mâle ?) de reconnaissance.
Par ailleurs, le proviseur m'a fait un mail à l'instant et va agir demain. Il dit la situation "intolérable et inacceptable". Sans doute aussi parce qu'il a su que j'étais soutenue par les délégués du personnel... Mais peu importe : le message aux élèves sera d'autant plus fort : je suis soutenue par tout le monde, et toc.

Du coup, j'ai décidé de faire mardi quelque chose qui va dérouter les coupables : en rire et les remercier, puisque cela m'a permis d'avoir un bouquet de fleurs, ainsi que des témoignages d'amitié touchants.

Les surprendre est encore ma meilleure arme, surtout par le rire et l'ironie. Les autres -la majorité-, ceux qui condamnent l'acte en silence, me suivront. J'ai d'ailleurs appris que certains adoraient mes cours ! Par quoi ne faut-il pas passer pour avoir des bouquets de fleurs et/ou de compliments !

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03 octobre 2009

Les Experts Paris

Par quoi commencer ? Mon état de fatigue morale et ma déception, peut-être. Ou encore ma naïveté. Ou plutôt les faits. Oui, les faits, car sinon vous ne comprendrez rien...

Hier, outre le fait qu’une partie de la STG se faisait insolente de façon exceptionnelle durant mon heure de cours en classe entière, un petit paquet a émergé de nulle part vers 15h40. Une élève me l’a signalé, en m’annonçant qu’on lui avait envoyé quelque chose.

Le paquet se trouvait par terre, entre la rangée de droite et celle du milieu, face à moi. Une seconde élève l’a ramassé, et a lu qu’il m’était destiné. Elle a suggéré de le jeter, ce à quoi j’ai rétorqué que je voulais le récupérer. J’ai entendu quelqu’un dire «Si c’est un cadeau pour Mme Virgibri, il faut lui donner ».

J'ai eu la présence d'esprit de ne pas ouvrir le paquet, l’ai posé sur mon bureau, et j’ai tenté de finir le cours. Ils étaient très agités, et je ne voulais trop m’attarder sur cet envoi, d’autant qu’étant de face, je n’ai rien vu voler : cela signifie donc que le paquet est passé entre plusieurs mains avant d’atterrir par terre. J’ai eu ensuite une légère altercation avec le Mou de la classe, et d’autres élèves m’ont alpaguée sur la méthodologie du commentaire composé de façon assez agressive.

Ceci étant, le cours s’est terminé cahin caha, avec d'autres prises de bec plus ou moins marquées. Je suis descendue en salle des professeurs. Une fois là, j’ai ouvert le dit « paquet cadeau » mentionné précédemment, devant deux collègues de lettres. Elles ont été aussi atterrées et choquées que moi-même : le paquet, scotché consciencieusement, contenait deux rasoirs jetables neufs, eux-mêmes scotchés à la feuille. Sur celle-ci, un « mode d’emploi » pour utiliser les rasoirs était écrit en capitales d’imprimerie, avec nombre de fautes d’orthographe, au stylo à bille bleu clair.

Le caractère insultant des propos ne me paraît pas être le plus grave : c’est la préméditation et la volonté d’intimidation que je trouve fort inquiétantes –à mon égard, et en règle générale.

Le paquet avait été préparé à l’avance, les rasoirs ont été achetés dans ce but, tout a été calculé pour que cet événement arrive un vendredi soir, en fin de cours, alors que la classe avait fini sa semaine et ne me revoit que le mardi suivant en demi groupe. La symbolique du rasoir est aussi très dérangeante, à mon sens. Ce n’est pas n’importe quel objet qui a été glissé là.

rasoirs_bic

 

Ceci étant, je suis allée voir le proviseur et l'adjoint illico, sous le choc mais n'ayant pas encore bien réalisé les faits. Le comble, c'est qu'à un moment donné, la proviseur m'a renvoyée dans la ligne des trente mètres, comme si mes interrogations étaient illégitimes. Je suis restée très calme mais ferme, et n'ai pas démordu quant à la gravité du geste. En face de moi, aucune réaction quelconque de sollicitude ou d'empathie. Pas une fois on ne m'a demandé si j'allais bien. Bilan : un rapport à faire, chercher à reconnaître les écritures, et on se croise demain. Hop-là, emballé c'est pesé.
Un peu abasourdie et les jambes en coton, j'ai redescendu les étages pour repasser par la salle des profs. Mes collègues m'attendaient et culpabilisaient de ne pas m'avoir accompagnée. Là, je me suis sentie moins seule, et c'était une première depuis quelques années -mes années TZR, quoi.
Ce matin, donc, j'ai croisé le chef qui m'a gratifiée d'un "J'ai bien reçu votre rapport" et nous a laissés en plan dans la salle des profs, mes cernes et moi. 

Sonnerie de première heure. J'entre dans la salle de classe, j'installe mes affaires, les élèves de ES entrent. Comme je compte quelques retardaires, je sors quelques secondes dans le couloir, pour regarder qui arrive. De retour à mon bureau, stupeur : un rasoir jetable y trône, accompagné d'un mot scotché du même acabit qu'hier (sauf que là, on me suggérait de me raser de haut en bas, je cite).

J'ai envoyé un délégué chercher le proviseur. Celui-ci m'a d'abord dit de "faire un rapport". J'ai posé une question rhétorique du type : "Parce que là je dois leur faire cours comme si de rien n'était pendant deux heures ?" Il a hésité environ cinq secondes, et a dû prendre la mesure de la chose -enfin.

Il est entré, a annoncé que tant que rien ne serait démêlé, il n'y aurait pas de cours de ma part : les élèves ont donc planché sur un commentaire, que je leur destinais initialement en devoir maison.

Au bout d'une heure, le proviseur a demandé à voir les délégués. Ensuite, il est revenu à 9h45 pour savoir si nous avions une réponse et imposer un délai pour résoudre l'affaire. Entre temps, une collègue, choquée hier soir, m'a déposé un bouquet de fleurs en guise de soutien. J'ai trouvé cela adorable.
A midi, personne n'était venu se dénoncer ni témoigner en ES. Les élèves de STG n'ont pas cours le samedi, ce qui les arrange pour l'instant. Bilan du jour : des collègues extra, qui vont faire front lundi, exiger des résultats et une prise de conscience à l'administration (je précise que je n'ai rien demandé), des cernes un peu plus marqués, des suspicions qui vont m'enquiquiner un temps, de la déception, des remises en cause...

Je devais sortir cet aprèm pour faire réparer mon scooter, mais je sens bien fatiguée, là.

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02 octobre 2009

The bisounours are dead

Aujourd'hui, les STG m'ont fait un cadeau surprise. Du genre cadeau empoisonné, qui cherche à m'intimider et qui est menaçant. Je dois rédiger le rapport officiel ce soir.
Vous aurez plus de détails dès que je le pourrai.
Une chose me fait du bien, cependant : mes collègues me soutiennent, et cela m'est fondamental.

Edit de samedi, 13h30 : rebelote ce matin, avec une autre classe... Je me remets, je déjeune puis je raconterai...

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18 septembre 2009

Une journée...

Je sens que je ne vais guère aimer le vendredi. De mon côté, j'ai trois heures les STG. Pour eux, ça ne fait "que" deux heures avec moi. La classe s'avère à la hauteur de nos espérances... C'est triste de se dire que certaines filières ne nous surprennent pas.
Pour couronner l'ambiance délétère de cette fin d'après-midi, après avoir mis environ vingt minutes à chauffer la machine, voilà t'y pas que l'alarme incendie retentit. Ce n'est pas un exercice, il faut donc descendre. Mes chers petits se dispersent mollement, certains n'omettant pas de prendre le plus important : leur casquette NYC. Une fois dans la cour, il m'en manque cinq. Les autres s'éparpillent en une forme géométrique sans nom, alors que je suis face à eux, sorte de figure de proue devant le chiffre de leur classe, peint au sol.
Une fois le feu vert donné par l'administration pour remonter, j'alpague quatre fois de suite ma classe, presque en vain. Même ma voix de stentor n'y change rien. Tant pis, je retourne vers la salle d'un pas agacé dynamique.
Manque de chance, une fois dans le hall, la sonnerie est relancée. Rien de tel pour dézinguer totalement une reprise de cours éventuel. Grand flottement volontaire des élèves, grand flottement des profs tout court. Il nous reste moins de quinze minutes de cours à tenir. Car il s'agit de cela : tenir et les tenir. On disait d'ailleurs ce midi à quel point le métier d'enseignant est physique. Pour ceux qui ne connaissent pas, cette remarque doit leur paraître étrange. Pourtant, notre métier est tout autant d'ordre psychologique et intellectuel que physique. Bref.
Je décide de remonter quand même, malgré le son délicat qui me chatouille les oreilles et va finir par anesthésier mes tympans.
Petit sermon sur leur attitude puis devoirs lancés à la cantonade - car il est impossible de reprendre le cours, évidemment.

Sinon, ce matin, en ECJS, j'ai bien aimé les voir réagir sur le code de la route (classé en "droit") et se poser les bonnes questions, s'interroger, s'offusquer ou bien acquiescer.

Et puis ça y est, c'est officiel, je suis accompagnatrice sur une sortie avec ma collègue d'anglais option européenne.

Demain matin, quatre heures marathon sur la nouvelle, l'argumentation et les fables. Allez, je dois bosser un peu tout cela encore.

tortue_li_vre

Cette image m'amuse follement !

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16 septembre 2009

Show me your casier !

Casier_1_nom_modifi_

Allez, je vous sens friands de niouz zéducatives, alors je fais z'un effort.
Ce matin, j'avais choisi des élèves pour l'AI (aide individualisée). C'est comme si  qu'on avait des antennes -comme dirait l'autre-, nous les profs, concernant les difficultés desdits apprenants. Premier bilan en seconde, suite à l'interro de culture littéraire :

  • Mes sept zozos ne connaissaient pas Agatha Christie. Soit !
  • Ils ne savaient pas non plus me dire quelles pièces de Molière ils ont étudiées au collège. Soit.
  • Encore moins les romans qu'ils ont pu lire : "Si vous m'dites des noms, j'saurai, m'dame !" Soit.
  • Le journal d'Anne Frank leur dit vaguement quelque chose : "Y'a pas eu un film, m'dame ?" Soit...
  • Ils n'ont aucune idée des dates de la seconde guerre mondiale. Soit ?

Ils sont tout gentils et tout et tout, mais bon, ça donne une idée de l'hétérogénéité de la classe : certains ont pu me dire qui avait écrit Cyrano de Bergerac, quand même...

A part ça, respirez un grand coup, et éternuez dans votre coude en me lisant : un cas non officiel de grippe H1N1 est déclaré dans mon LycéeDésiré. On tait l'affaire en haut lieu, mais un petit mot a été mis dans les casiers des profs de cet élève. Basta... Vous vous doutez bien que les collègues concernés ont diffusé la nouvelle, contrairement à notre garçon-boucher de proviseur, et à son boute-en-train d'adjoint qui-sourit-quand-il-se-brûle.

Mais j'ai de quoi lutter. Admirez l'intérieur de mon (mon Mon MON mon) casier :

Casier_1


Voilà, vous pouvez redéplier le coude et aller jeter votre mouchoir à usage unique (ou votre veste/pull/chemisier). Pensez à compter jusqu'à 30 en vous lavant les mains (perso, je n'ai pas le temps d'admirer mes mimines aussi longuement).

Pffff, quand je pense qu'on nous refuse toute forme de célébrité grippale !

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15 septembre 2009

J'ai la tête comme un ballon, mais j'gagne pas des millions

(Mes titres s'allongent, la faute à Papistache, d'abord.)

Ma tête est énorme, oui. Non du savoir qui en découle, soyons modeste, mais bien de la gestion pendant deux heures des groupes de TPE en première. Mon collègue d'histoire-géo -parfait, d'ailleurs- a été convoqué à la session de septembre du bac et n'a pu m'aider cet aprèm... J'ai donc géré tout ce petit monde au mieux. Je ne suis pas mécontente de moi, mais parler non stop, alimenter les "idées" de ces esprits encore verts, les aider à mettre en place l'ombre d'une ébauche d'organisation, et leur donner au pied levé des références littéraires et culturelles, ça use.

bisounours

A part ça, je suis bien embêtée : je n'ai pas encore trouvé de cas parmi les collègues, dont je pourrais dresser le portrait. A croire que je suis chez les bisounours, ou que mon sens de l'observation pâtit de ma joie intrinsèque (due, je le rappelle pour ceux du fond de la classe, à mon affectation en poste fixe).

Promis, je vais tâcher de faire attention.

Là, je dois me reposer un peu, je crois : je vois des bisounours partout, malgré les forces que j'ai récupérées ce midi, grâce à la plâtrée quenelles/frites/ratatouille.

Posté par virgibri à 18:00 - Pedagogik Land - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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