02 juillet 2014

Pensée footballistique

Pourquoi faut-il attendre tous les quatre ans pour voir fleurir des drapeaux français aux fenêtres, sans que l'on pense tout de suite au FN ?

Je regrette vraiment que ce parti se soit octroyé de force ce drapeau national, en en faisant bien plus souvent que de raison, un objet de haine et de honte.

 

drapeau france3

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01 juillet 2014

Bac & C°

J'ai achevé hier mes corrections de TL : quatre-vingts copies, allant de 3 à 18. Comme disent nos inspecteurs, j'ai utilisé toute l'échelle des notes. J'ai pris conscience seulement hier soir que je m'étais fourvoyée dans la date : j'étais persuadée que nous étions le premier du mois, et qu'il fallait absolument enregistrer les notes pour midi. Bref, j'ai accéléré le tempo sans le vouloir, et j'ai gagné un jour d'avance sur mes prévisions. Il ne faudrait pas le dire trop haut, car on nous répondrait que, finalement, nous avons largement le temps de corriger et qu'on pourrait nous donner plus de copies à corriger.

copie bac

Bilan de cette nouveauté pour moi de corriger des terminales : globalement, c'est plus rapide à lire car mieux écrit (mais j'ai un florilège de perles grossières à publier sous peu). L'épreuve durant deux heures, je n'ai pas eu plus de dix-sept pages (copie record, et pas forcément la meilleure). La vraie différence pour les notes, c'est au niveau de l'esprit de synthèse et de l'organisation, car les connaissances sont généralement là (sauf exception, évidemment, et nous verrons cela dans les perles). Deux ou trois dilemnes à régler sur le paquet, pas plus. 
Par ailleurs, je suis bien contente de n'avoir pas eu les oraux de première : je commençais à me lasser, et c'est véritablement épuisant. Quand je vois déjà à quel point j'étais vidée après douze copies par jour, je ne sais pas comment j'aurais tenu une semaine d'oraux. Enfin, me connaissant, j'aurais tenu, bien sûr, mais à quel prix ? 
Je sens encore bien la fatigue de cette année intense, entre agrégation, lycée et déménagement. Je ne sais même pas si je parviendrai à récupérer correctement.

On ne peut pas dire en effet que je suis dans une forme éblouissante en ce moment. Je vais tâcher de me refaire une santé avant le départ en vacances.

A part ça, comme nous sommes plus près de Paris, nous reprenons le rythme de nos balades et visites : nous avons enfin vu l'expo Mapplethorpe au Grand Palais. 
Ce qui m'a tout d'abord frappée, c'est la qualité technique des photos : grain extrêmement fin; blancs et noirs véritables; cadrages magnifiques; tirages exceptionnels. Le travail sur le corps comme objet esthétique est vraiment beau, voire dérangeant parfois (l'expo n'est pas recommandée aux plus jeunes, et pour cause). J'ai largement préféré la première partie de la visite, dans laquelle les associations avec l'esthétique antique sont effectuées. Au final, les corps masculins étaient les plus intéressants et les plus réussis : on sent bien que la préférence de Mapplethorpe allait en ce sens.
Sur la fin, il y avait une chronologie de la vie du photographe. J'ai vu que sans un amant-mécène, il n'aurait sans doute pas émergé aussi aisément dans le monde artistique, et il ne serait sans doute pas venu à la photo. La vie tient parfois à un cadeau de type Polaroïd ou Hasselblad.
J'ai gardé en tête quelques images, et surtout celle qui tient lieu d'affiche : cet autoportrait de 1988, je le connaissais depuis longtemps, mais le découvrir "en vrai" et l'observer avec quelques années de plus, était d'autant plus fort. 

Robert-Mapplethorpe-Self-Portrait-1988

 

Il y a aussi le très beau cadrage sur des bas résille (Legs/Melody, 1987), dont le Grand Palais se sert pour vendre des magnets ou des carnets...

Mapplethorpe legs

Finalement, quand je regarde les images proposées par Google et quand je repense à l'exposition, je me dis qu'il est surprenant d'avoir des telles oscillations entre violence et douceur dans un même oeuvre.

Et puis, nous avons vu un film asiatique, Black coal (ours d'or à Berlin). Il s'agit d'un thriller étalé sur plusieurs années, avec un flic un peu paumé, une jeune femme travaillant dans un pressing, et des morceaux de corps disséminés dans des wagons de charbon aux quatre coins de la Chine. L'intrigue tient la route mais on bascule parfois dans l'absurde, l'étrange, et je dois reconnaître que j'ai eu quelques moments d'ennui. Ce n'est ni un mauvais film ni un excellent film. 

Serait-ce là la pire critique possible pour un film ?

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23 juin 2014

Lève-toi, et corrige

Forte de mes quatre-vingts copies de TL depuis vendredi soir, je tente de maintenir le rythme : j'en ai corrigé trente à ce jour. Cela signifie bien évidemment faire des sacrifices sur le we, mais le temps de correction s'avère court : il faut avoir enregistré les notes pour le lundi 1er juillet à midi, alors que nous rendons les copies le 3 (ne cherchez pas à comprendre, c'est illogique au possible).

Pour autant, il va bien falloir remplir le frigidaire, faire le ménage, et tutti quanti. Mais j'avais quand même envie d'évoquer avec vous la réunion d'harmonisation de vendredi matin, édifiante et toujours aussi inutile...

Nous étions convoqués à Versailles, dans un lycée que j'ai trouvé laid. Dans le train, j'ai eu un premier choc : une fillette d'environ dix ans était vêtue d'une jupe plissée bleu marine, au genou; de socquettes blanches; de petits mocassins à demi vernis; et elle arborait une magnifique natte dont aucun cheveu ne dépassait. A la gare de Saint-Cloud, elle est descendue et j'ai vu d'autres petites filles modèles, identiques, sur le quai. 
"C'est un autre monde", pensais-je. 

Je prends un bus pour rejoindre le lycée de la convocation. Versailles ressemble à un village par ses façades, et pourtant n'en est pas un. Je me demande pourquoi Louis XIV a choisi un endroit si éloigné de Paris, et quelle tête il ferait en voyant ce que "sa" ville est devenue.
Je descends et découvre le lycée vieillot, des années soixante ou soixante-dix. Nous sommes plusieurs à entrer au même moment et à chercher une affichette quelconque dans le hall. Rien. Nous ressortons pour rejoindre une autre entrée, et une collègue qui nous a précédés nous indique que la réunion a lieu dans un autre bâtiment, quelques numéros plus loin. L'inspectrice se mêle à nous (précision : elle m'a fait passer l'oral de la leçon sur Rimbaud à l'agreg... et ne s'en souvient guère, ce qui m'arrange).

Marchant d'un pas plus vif que d'autres, je m'installe avant le petit bloc de lettreux. Deux profs sont déjà installés. Il n'y aucune affiche, mais nous devinons que la salle nous est dédiée.
Les autres entrent, circonspects :

_ Vous êtes làààà pour la réunion de TL, littératuuuure ?

_ Nous sommes toujours là pour la littérature !

_ N'est-ce pas ? Huhuhu...

Petit rire entendu.

Je suis affligée par cet humour au rabais, entre "spécialistes" pédants. Je regarde autour de moi et je suis pour l'instant la plus jeune du lot. Comme un OVNI dans ce lot de professeurs cravatés, endimanchés, articulant profondément et allongeant les voyelles. On me trouve parfois un brin précieuse, mais dans ce contexte je suis l'engeance des lettres.

On évoque bien entendu le nombre de copies. Les petits nouveaux comme moi tendent l'oreille... pour entendre ceci : "Des cassandres prédisent que nous en aurons plus que l'an dernier..." ou "C'est le stakhanivisme de la correction !"
No comment.

profs_2

La réunion débute, cahin-caha. Les inspecteurs sont bien embêtés : il y a un problème sur l'une des questions (la mineure à huit points). Les sujets sont flous, mauvais, à côté des consignes données toute l'année à nos élèves. Une fois ce constat effectué, et nos indignations formulées, on nous dit que nous allons devoir composer avec.
Pour évaluer l'immensité du problème, nous commentons des copies à l'aveugle. Les disparités sont là, mais je ne les trouve pas affolantes. Certains s'offusquent de "la lannnnngue, la lannnngue !" qui n'est passez prise en compte. D'autres suggèrent en sourdine de "défaire la cravate pour corriger et se détendre". D'autres encore continuent les jeux de mots, indifférents dans leur tour d'ivoire : "J'ai une question majeure sur la mineure". Huhuhuhu.

J'ai l'impression d'être dans la BD des Profs : j'ai des caricatures en face de moi. J'en suis peut-être une moi-même, mais je m'abstiens d'intervenir de façon subjective.

prof désespéré

J'observe et je constate qu'une jeune collègue, qui doit avoir moins de trente ans, est toute perdue. Elle est juste devant moi et prend des notes. L'inspectrice rappelle que l'on n'annote pas les copies, et que l'on met une appréciation précise pour éviter tout malentendu en cas de réclamation. La jeune collègue écrit en rouge : "Pas d'anotation sur la copie"
Son côté oisillon sorti du nid me touche moins. C'est dur, et je m'en rends compte, mais elle enseigne les lettres, quand même...

La réunion s'achève dans une certaine confusion et un "bon courage !" de bon aloi mais presque déplacé.

J'appelle le lycée où je dois retirer mes copies à 17h pour savoir si je peux passer avant. Réponse affirmative qui me fait filer vers celui-ci en milieu d'après-midi. Je signe pour quatre-vingts merveilles, je recompte. Concernant le rattrapage (que je n'ai jamais fait passer), je pose une ou deux questions. Sur ces entrefaits, un collègue arrive. Il était à la même réunion que moi le matin. 
Je m'apprête à sortir, et la dame, toute guillerette, annonce à mon collègue : "Dans ce jury, vous en avez moins !" Ne pouvait-elle se taire une minute de plus, le temps que je sortisse ?

 

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16 juin 2014

Derrière les cartons, il y a...

Il y a bien sûr eu le déménagement, et donc un (court) laps de temps sans internet. Surtout, les cartons, encore vaillants, eux, ont occupé la place. L'administratif domine encore, et le bac est bel et bien là à son tour.

Ceci explique donc cela.

Passés ces différents tracas et ces incontournables obligations, je dois dire que je me sens parfaitement bien dans ce nouveau nid, perchée face à Paris : quand je lève la tête de mon bureau, la dame de fer me salue, avec la tour Montparnasse qui lui tient compagnie.

Je gagne environ quarante-cinq minutes (!) de sommeil en plus le matin, et comble du luxe, je me fais surprendre en arrivant au lycée en maximum quinze minutes au lieu de... quarante-cinq, voire cinquante minutes auparavant. Certes, surveiller les épreuves du bac n'est pas une sinécure, surtout quand on doit gérer des soucis d'organisation latents de l'adminitration; certes la centaine de copies de terminale L qui me tend les bras ne me réjouit guère; certes nous sommes exangues par ce déménagement; mais quelle récompense et quelle satisfaction de voir sa jolie vie se simplifier encore ! 

Le vrai luxe est là, je crois : dans la simplicité. Je reste donc contemplative, et je me mets à rêver de sorties parisiennes pour rattraper ces semaines de tunnel (j'ai raté Matthethorpe et je m'en veux terriblement), pour parachever ce doux bonheur.

En attendant, je relis Lorenzaccio par crainte d'avoir un sujet en TL sur cette oeuvre, et par souci de maîtrise de la pièce. Je continue à ranger mon farfouillis dans les cartons. Je cherche les bibliothèques de mes rêves. Et je m'occupe au mieux de Cally et moi, car l'essentiel est là.

construction_-tour_eiffel

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04 juin 2014

Le numéro que vous demandez...

Je ne suis pas très loin, juste la tête dans les cartons et préparatifs divers pour le déménagement de vendredi ET la fin d'année scolaire...
Je reviens dès que mon modem est installé, ailleurs, dans ma nouvelle jolie vie.

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26 mai 2014

Frightening

Avant de reprendre la correction marathon de mes copies de TL, j'ai besoin d'expulser mes idées noires ici.
Une fois de plus, un fois de trop, le FHaine prend la tête lors d'élections légales et démocratiques. Le vote pour ce parti ne semble plus se limiter depuis belle lurette aux racistes de tout bord, mais s'étendre comme un feu de paille. Sur mon portable, hier soir, les news arrivaient les unes après les autres, effrayantes. Et les chiffres, indiscutables.

Statistiquement, certains de mes collègues ont pu voter pour ce parti. Mais lesquels ? Dois-je me rendre encore plus invisible parce que je suis gay ? Et si je me mariais avant la prochaine présidentielle, devrais-je avoir peur de l'avenir ? J'ai songé que si nous avions une présidente d'un parti extrême, cela entrainerait une chose : qu'en tant que fonctionnaire représentant l'Etat, je la représenterais... La fierté que je peux ressentir parfois virerait en honte et en colère. Et si j'étais mariée, je serais automatiquement "fichée", je n'en doute pas.

J'ai peur pour tous ceux qui ne rentrent pas dans les clous, tous ceux qui ne sont pas immaculés de peau, tous ceux qui ne veulent pas régresser, tant sur le plan économique que social.

Je n'ai guère de haute pensée politique depuis hier soir. Juste une ombre immense, que je sens s'avancer dans la lumière, sans que personne depuis des années, dans les différents gouvernements successifs, ne semble réagir sainement et efficacement.

Le président actuel est totalement invisible; et moi, juste moi, j'aimerais lutter mais je me sens impuissante.

La révolte est salutaire, mais sera-t-elle suffisante ?

Einstein citation

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19 mai 2014

Ne vous déplaise...

J'avais beaucoup hésité, pour des raisons financières mais aussi et sourtout par peur d'être déçue.

Le première fois que je l'aie vue en concert, c'était à l'Olympia, en 1993. Elle m'avait bouleversée. Je l'écoutais depuis l'âge de quatorze ou quinze ans (oui, je n'avais que peu de goût pour les chanteurs de mon époque). Ensuite, je n'ai plus vraiment compté le nombre de fois où je l'ai vue, émerveillée, en me disant que si je pouvais être une autre, je serais elle, Juliette Gréco.

Progressivement, j'ai senti que l'âge l'atteignait, même si je m'y refusais. J'ai continué à acheter ses albums (en collaboration avec Jean-Claude Carrère, Marie Nimier, Abd Al Malik, Biolay...), et me suis convaincue qu'il fallait que je reste sur mes souvenirs déjà un peu anciens. Les années ont passé. De loin en loin, je souriais en l'entendant à la radio, en la voyant -rarement- à la télévision : son côté petite fille malicieuse, débordant de goût pour la vie, intact, m'a toujours émue.

Et puis, l'annonce de son dernier album m'a rendue méfiante : Juliette Gréco interprétant Brel n'avait rien d'exceptionnel. Et pourtant... Les nouveaux arrangements de Gérard Jouannest (immense monsieur !) et la maîtrise de Gréco sur le répertoire du grand Brel (elle reste à mes yeux sa plus grande interprète), ont su me convaincre à l'écoute de l'album.

greco brel

Mais ce n'est pas celui-ci qui est la source de mon article sur le blog.

Innocemment, je dis un jour à Cally que Gréco passe à l'Olympia pour deux soirs, mais que je crains d'être vraiment déçue, ou triste, ou les deux. En discutant ensemble, Cally trouve les mots pour me convaincre d'aller la voir, peut-être une dernière fois, osons le dire, puisque la dame a quatre-vingt-sept ans maintenant.

 

greco

C'était vendredi, après une semaine très chargée, que nous avons vu "la Gréco" chantant Brel et d'autres titres de son répertoire, sur la scène de l'Olympia. En nous installant dans la salle, je suis prise d'un doute : les trois-quarts des spectateurs ont au moins soixante-cinq ans, et le reste est definitly gay.

La première partie est à oublier : un jeune homme chante sur son synthé tel un adolescent dans sa chambre, en scandant des paroles insipides qu'il cherche à caser dans ses rythmes. Puis vingt minutes d'attente.

Jouannest ouvre le bal avec un accordéonniste (ce seront les seuls musiciens) et est acclamé à juste titre. Et Gréco entre, comme à son habitude, depuis le fond de la scène, entre deux spots lumineux verticaux, posés au sol. Je suis frappée par ses épaules qui tombent, comme chez les vieilles femmes, et très émue de "retrouver" la dame dans sa robe noire aux manches chauve-souris. Quelques secondes, et la voici devant le micro, dans un premier tonnerre d'applaudissements.
Et là, le miracle arrive : il n'y a plus de vieille femme, mais une chanteuse toute droite, habitée par les textes, maîtrisant son chant. Seul le détail d'un prompteur qui la rassure, à ses pieds, me dit que la mémoire pourrait être défaillante.

De bout en bout, je suis bouleversée de le revoir, de l'entendre, de partager avec elle les mots de Brel, Ferré, Gainsbourg... Le public sait quels sont les morceaux de bravoure et de génie : "Ces gens-là", "La chanson des vieux amants", "J'arrive", "La Javanaise"... Je souris, aussi, à son annonce : "Je ne devrais pas, mais je le ferai quand même !" avant d'entamer "Déshabillez-moi", et de trouver en cette femme encore tant de sensualité.

Après presque une heure trente de spectacle, elle repart, épanouie, pleine d'amour, au bras de son mari, portant dans ses bras des bouquets de roses offerts par les fans. Il n'y aura pas de rappel, et personne ne semble lui en vouloir.

Moi, je ravale mes larmes depuis plus d'une heure, je conserve cette émotion que si peu d'artistes me procurent, aussi longtemps que possible. Je me suis nourrie de tout; j'en ai fait mon miel.

Je regrette juste que cette dame qui a traversé plus de vingt ans de mon existence, n'ait jamais su ce qu'elle représentait pour moi, égoïstement.

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12 mai 2014

Madame Propre

Je sais, je sais : j' ai tardé à revenir un peu ici. Mais il faut dire que j'ai de bonnes raisons.

Tout d'abord, nous passons tout notre temps libre à nettoyer le nouvel appartement. Car, voyez-vous, les anciens propriétaires n'avaient jamais vraiment fait le ménage en... dix ans. Je vous épargne l'état des VMC, les fenêtres grises au lieu d'être blanches (quatre heures environ sur chacune d'elles, avec un nettoyant spécial PVC...), les tiroirs de la cuisine du même acabit, et tutti quanti.

Ensuite, il y a les allées et venues dans un magasin de bricolage à l'enseigne blanche et verte. Pour exemple, hier, nous avons transporté -à deux- les douze bottes de plancher pour la chambre. Pour ceux qui ne connaissent pas le principe, une botte représente environ 1,3m2 de parquet. Et chaque botte pèse entre 18 et 20kg (même si nous avons choisi du bambou). Ajoutez à cela six plinthes de 2,2m; mettez le tout dans une Twingo puis à remonter à l'appartement. Cela fait 220kg de matériel, monté en sept fois.

Mon appartement ressemble actuellement à un entrepôt de stockage : il y a par exemple dix-sept cartons dans mon bureau, que je viens de compter sous vos yeux ébahis.

N'oubliez pas non plus les démarches administratives de changement d'adresse, internet à déménager, le suivi de courrier, les ventes de produits d'occasion pour ne pas jeter, et aussi, détail qui a son importance, les encombrants... Quant au menuisier et au peintre, il faut gérer les devis, les négociations, les dates de travaux... Nous avons d'ailleurs dû reculer celle du déménagement en conséquence.

Enfin, mon lundi est consacré au travail pour le lycée. Sachant qu'il reste trois semaines avant les conseils de classe, c'est panique à bord, évidemment.

Pour nous détendre de ce rythme, nous regardons Game of thrones : la saison 1 y est passée allègrement. Saison 2 débutée hier soir, sans aucune déception. Tout y est : la manipulation, la cruauté, le sexe, la magie, l'honneur, la guerre, la violence, l'amour, la folie...

game-of-thrones

Mais comme nous sommes lundi, je dois corriger des copies et préparer mes cours...

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28 avril 2014

Cartons & C°

Ma deuxième semaine de vacances a été productive et efficace : nous en sommes à environ cinquante cartons de prêts en vue du grand déménagement. Avant cela, il va falloir passer par le nettoyage complet du nouvel appartement (il y en a bien pour deux jours tant les propriétaires précédents étaient maniaques...), puis enduit, puis peinture. Le chantier est vaste, alors nous allons effectuer des devis de travaux car réaliser tout cela après les journées de boulot et les week-end de mai relèverait d'un défi fou. Et puis ce n'est pas notre métier, donc nous mettrions bien plus de temps qu'un professionnel.
Par ailleurs, je profite de cette période de transition pour refaire du tri (encore et encore...). Les encombrants sont nos amis.

cartons1

Je n'ai donc pas touché à une copie ni à un cours la semaine dernière. J'ai beaucoup dormi mais je sens que je suis loin d'avoir tout rattrapé encore. La route est longue avant de revenir à un état "normal" après ces mois intenses.

Hier, outre les activités quotidiennes classiques du type ménage, nous avons flemmardé devant des documentaires : l'un sur les sushis (et le poisson qui va avec), l'autre sur l'industrie du chocolat et le dernier, pas visionné jusqu'au bout, était sur le jambon. Bilan : il ne faudrait plus rien manger, à moins d'en avoir les moyens -et encore. La déprime totale, quoi.

A part ça, je reste toujours aussi scandalisée et perplexe de ne pas avoir encore été payée par l'EN pour le tutorat que j'ai effectué en septembre-octobre. La somme sera sans doute dérisoire, mais sur le principe, je suis très agacée. J'ai supporté avec beaucoup de patience une collègue totalement dérangée, et je n'ai aucun papier véritablement officiel pour ce travail, en dehors de mails (qui n'ont aucune valeur légale). L'inspectrice est bien embarrassée car c'est elle qui est à l'origine de mon "recrutement".

Bon, le devoir m'appelle : les copies de terminale L, les contrôles et cours à préparer pour la dernière ligne droite d'un mois environ. Autant dire que ce mois de mai sera on ne peut plus chargé et acrobatique...

 

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18 avril 2014

Vertigineuse

Hier, j'avais décidé d'emmener Cally à un concert d'une chanteuse qu'elle aime beaucoup : Emilie Simon. Nous étions dans une petite salle sympathique de banlieue, pour le premier concert de la tournée de la demoiselle. Malgré un début de concert tardif, dû à une première partie légèrement trainante, mais surtout à de menus soucis techniques, j'ai beaucoup aimé la voix si particulière -et pas du tout décevante en live- d'Emilie Simon.

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Sous des airs de poupée à l'ancienne, elle a un regard audacieux, et son côté chaperon rouge se transforme vite en chaperon trash avec sa guitare électrique et son énergie. Fan de technique, la chanteuse a mis au point un accessoire intéressant qu'elle fixe à son bras pour faire varier sa voix à distance, grâce à son ordinateur au logo de pomme.

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On oscille entre Mazzy Star, Camille, Charlotte Lebon, Emilie Loizeau... tant sur le plan physique qu'artistique. Quand Emilie Simon se met à parler, on dirait une petite fille timide, qui bascule dans une douce provocation l'instant d'après, quand elle chante.

Les morceaux du dernier album m'ont beaucoup plu, surtout celui sur Paris ("Paris j'ai pris perpète"). J'aurais aimé entendre la reprise de "Wicked game" en rappel, mais...

Mais sans vraiment prévenir, en l'espace de quelques secondes (minutes ? je ne sais), j'ai fait une sorte de crise vagale au milieu de la fosse... Cally a eu juste le temps de voir ma suée et ma couleur verdâtre, puis de m'attraper. Je ne sais ce qui s'est passé les instants d'après : je n'entendais plus rien, je ne voyais plus rien malgré mes yeux ouverts. Cally m'a emmenée jusqu'à la porte de la salle de concert je ne sais comment, avec l'aide d'une seule jeune femme qui m'a épaulée. (NB : tous les autres spectateurs ralaient et se plaignaient, alors que Cally scandait un "pardon, malaise !" à répétition... C'est très rassurant.)
Une fois assise (nous étions debout depuis 20h, et il était 23h15 environ), un gentil vigile m'a donné un verre d'eau et du sucre. J'avais recouvré la vue mais pas encore tout à fait l'ouïe. Je crois que j'ai raconté un peu n'importe quoi. Ensuite, nous sommes reparties avant que la foule ne sorte de la salle.
J'ai vaguement entendu "Wicked games" derrière la porte.


En soi, un malaise de ce type n'a rien d'exceptionnel, cependant cela m'est si peu arrivé dans ma vie que j'en suis fort étonnée. Par ailleurs, je me rends compte que je ne supporte pas de perdre le contrôle, de ne rien maîtriser. Et autre constat : je suis sans doute bien plus fatiguée que je ne le crois...

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