03 juillet 2007
Ca sent les vacances
Il y avait un moment que j'échafaudais cette liste de lecture. Comme on se délecte à l'avance d'un cadeau, je me réjouissais de ces futurs achats de nourriture spirituelle.
Alors voilà mes compagnons de voyage ibérique cette année :
Pierre Jourde, L'Heure et l'ombre
Luis Fernando Verissimo, Le Doigt du diable
Ronald Wright, Chronique des jours à venir
Javier Cercas, A la vitesse de la lumière
Jane Austen, Orgueil et préjugés
Ray Bradbury, La Foire des ténèbres
Philip José Farmer, Les amants étrangers
Daniel Keyes, Des Fleurs pour Algernon
Carmen Posadas, Cinq mouches bleues
(Et, logiquement, Muriel Barbery, L'Elegance du hérisson, si je le trouve d'occasion)
29 juin 2007
Une chaîne
Le premier livre qui vous a marquée : J'hésite, mais je dirais André Breton et Rimbaud que j'ai découverts en 3ème. Je n'y comprenais pas grand-chose, mais je trouvais ça extraordinairement beau.

Celui que vous reliriez avec plaisir : Je relis très peu de livres, en fait. Sans doute parce que j'ai peur d'être déçue par une deuxième lecture...
Celui qui vous a fait le plus pleurer : J'ai souvenir d'avoir eu des noeuds à la gorge plus que d'avoir pleuré. Mais je pense avoir versé des larmes pour L'ami retrouvé de Fred Ulhman (et sa suite, La Lettre de Conrad) ainsi que pour quelques Stefan Zweig.

Celui qui vous a le plus déçue : Philip Roth, La Tache.
Celui que vous n'avez jamais pu terminer : Malraux, La Condition humaine. Incroyable : j'ai essayé au moins trois fois, et je n'ai jamais passé le cap de la page 20, en gros.

Celui que vous ne lirez jamais
: Le Da Vinci code. Tout ce qui est surmédiatisé me saoûle à un point... (C'est comme le film Titanic que je 'nai jamais vu et ne verrai jamais)

Celui que vous attendez avec impatience : Harry Potter tome 7, évidemment. Le prochain Gavalda, aussi.

Un auteur dont vous avez lu tous les livres : Christian Bobin, Stefan Zweig et Yukio Mishima. Impossible de n'en choisir qu'un.

Un auteur dont vous prévoyez de lire tous les livres : Truman Capote, peut-être.
Un livre qui n'a rien d'un chef d'oeuvre mais que vous avez quand même beaucoup aimé : Sais pas.
Un livre qu'on vous a recommandé à l'école et que vous avez (contre toute attente) beaucoup aimé : Eugénie Grandet, de Balzac, en 3ème. Ou plus tard, à la Fac, des oeuvres du XVIIIème siècle quasiment inconnues du grand public.

Un classique français qui vous tombe des mains ? Stendhal et Rousseau, et je n'en ai même pas honte, en plus.


Le dernier livre que vous avez acheté : Henry Miller, Lire aux cabinets et Renée Vivien, un recueil de nouvelles (les deux en Folio à 2 euro).

Les livres que vous lisez en ce moment
: Je viens de finir Les Chutes de Oates. Je feuillette Les Lettres de mon moulin de Daudet.
Le prochain livre que vous lirez : il y en a plusieurs, et l'ordre va être aléatoire. L'Elégance du hérisson de Muriel Barbery, L'Impératrice de la soie de Frèches, Pourquoi la Grèce ? de Jacqueline de Romilly, De Sang-froid de Capote... Plein d'autres, encore.

Livres et écrivains que vous recommandez absolument : Laurent Gaudé, Anna Gavalda, Toni Morrison, Jim Harrison, Yourcenar, les premiers Bobin, Lilian Hearn, Proust, Mishima... Trop dur de se limiter !
18 avril 2007
Identité
José SARAMAGO, L'Autre comme moi,
Points, 347 p., 7€
C'est un roman surprenant; un de ceux que j'aime lire car, au lieu de me sentir amoindrie par tant d'intelligence, j'admire la maîtrise de la réflexion menée par Saramago.
En gros, l'histoire est la suivante : un professeur d'histoire-géographie découvre par hasard en regardant un film qu'il a un double parfait. Il va rechercher qui est cette personne, et cela va entraîner des réactions en chaîne...
C'est une réflexion sur l'identité fort intéressante, écrite dans une langue assez élevée (traduction du portugais) aux phrases longues fréquentes : cela est logique étant donné que les règles standard du dialogue sont abrogées, et que toute forme de dialogue direct est intégrée dans le discours indirect. Les premières fois, on cherche peut-être qui parle, mais c'est tellement bien fait qu'il n'y a guère d'hésitation à avoir.
Encore un roman "intello" me direz-vous. Et je répondrais : "Oui, et alors ?" J'adore mettre en route mes méninges. Pas vous ?
José Saramago est prix Nobel de littérature 1998, au fait.
21 mars 2007
Lian Hearn
Lian HEARN, Le Clan des Otori,
4 tomes, environ 400 pages chacun, Gallimard, de 5 à 23€
Le quatrième et dernier tome de la saga Le Clan des Otori vient de sortir. Ces romans, destinés initialement à la littérature jeunesse, ont été applaudis par des critiques littéraires et des journaux tels que Le Monde des livres ou Télérama.
Je ne me plie pas toujours à ceux-là, mais il faut reconnaître que l'on a du mal à lâcher chaque tome. L'histoire se déroule dans un Japon à la fois médiéval et fantastique, mêlant spiritualité, combats, passions... Lian Hearn est très bien traduite, en plus.
Les trois premiers tomes existent en format poche, chez Folio, sous forme de coffret ou à l'unité. Le dernier volume est en grand format (les couvertures sont très belles), chez Gallimard. Courez les lire !
16 novembre 2006
Coin coin
"S'intéresser à un écrivain parce qu'on aime son livre,
c'est comme s'intéresser aux canards
parce qu'on aime le foie gras."
Jonathan Littell (citant Margaret Atwood),
Prix Goncourt 2006,
dans le Monde des Livres (16/11/2006)
18 octobre 2006
Envies




Je reviens d'une balade dans Paris, avec les pieds fatigués... J'ai acheté quelques livres : John von Düffel, Les Houwelandt dont j'ai lu le plus grand bien; Vincent Delacroix, Ce qui est perdu, un coup de coeur impulsif; Olivier Adam, Falaises, qui vient de sortir en format poche; José Saramago, L'Autre comme moi, prix Nobel de littérature 1998; Paul Valéry, Dialogue de l'arbre, car F. m'en a parlé ce midi à propos des larmes; et le dernier Bobin (Une Bibliothèque de nuages), une sorte de vieil ami que j'avais perdu de vue et qui semble revenir :
"Je ne vois pas la mort comme une montagne de cendres mais comme un fleuve qui sort de la poitrine du mort, une barque chargée à ras bord de fleurs odorantes, une extase dans le noir, la vie à son zénith." (Quatrième de couverture)


17 septembre 2006
Ténèbres

Joseph CONRAD, Au coeur des ténèbres,
214 p., 5.30€
Pour pouvoir lire un troisième roman de T. Findley, je me devais de le faire précéder de Conrad : un des personnages de Au Coeur des ténèbres est repris dans l'oeuvre de Findley.
Je ne m'attendais pas à ce type de récit, pris entre aventure marine, Afrique, colonialisme, réflexions diverses... La langue est belle, très riche (trop en anglais : dans mon édition bilingue, j'étais souvent larguée, alors que je me débrouille dans cet idiome), profonde, comme les idées du personnage principal, Marlow.
J'ai mis du temps à être dans l'ambiance, sans doute à cause du monologue de ce dernier. Mais je comprends en quoi cette oeuvre est aussi essentielle et à quoi tient sa réputation.
Moi qui n'aime guère les romans d'aventure/de voyage, j'ai plutôt opté pour l'aspect initiatique et critique du Coeur des ténèbres. A lire donc, pour se faire une opinion et faire sa propre lecture d'un roman sombre et fascinant.
Je vais maintenant pour voir attaquer Le Chasseur de têtes de Findley, dans lequel on retrouve Kurtz, le personnage qui fascine Marlow (vous suivez ?)...
30 août 2006
L'Ombre du vent

Carlos Ruiz Zafon, L'Ombre du vent,
Livre de Poche, 637 p., 8€
Etrangement, j'ai beau être clouée chez moi, je ne lis guère, sauf le soir avant de m'endormir. Mais je me devais de vous parler de ce second chef d'oeuvre de mes lectures estivales. Dès les premières lignes, on est plongé dans un univers à part, fait de rêves et de souffrances, où la réalité se mêle au fantastique... Je n'ai pas lâché cet ouvrage de presque 700 pages, en voulant toujours plus. Entre Timothy Findley (voir entrée précédente dans la catégorie "Lektur") et Carlos Ruiz Zafon, j'ai été fort gâtée cet été : on lit rarement deux oeuvres de cette trempe. Les personnages sont justes, attachants, et ne tombent jamais dans la caricature.
Allez, juste pour vous lancer un hameçon, voici la quatrième de couverture :
"Dans la Barcelone de l'après-guerre civile, "ville des prodiges" marquée par la défaite, la vie est difficile, les haines rôdent toujours. Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon -Daniel Sempere, le narrateur- dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L'enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d'occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y "adopter" un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l'entraîner dans un labyrinthe d'aventures et de secrets "enterrés dans l'âme de la ville" : L'Ombre du Vent. Avec ce tableau historique, roman d'apprentissage évoquant les émois de l'adolescence, récit fantastique dans la pure tradition du Fantôme de l'Opéra ou du Maître et Marguerite, énigme où les mystères s'emboîtent comme des poupées russes, Carlos Ruiz Zafon mêle inextricablement la littérature et la vie."
07 août 2006
La vie continue

Timothy FINDLEY, Pilgrim,
Folio, environ 800 pages, 10.90€
Parce que ce livre est aux confins des plus grands troubles, entre fantastique, réalisme, poésie et histoire, je vous dis de l'acheter les yeux fermés. Il se dévore sans façons.
Je compte poursuivre mes lectures de cet auteur canadien très rapidement car la langue, même traduite, est belle, et la trame de l'oeuvre excellente.
Pour vous faire une vague idée du "pitch", voici la quatrième de couverture :
"17 avril 1912 : deux nuits après le naufrage du Titanic, un homme du
nom de Pilgrim, auteur d'un livre fameux sur Léonard de Vinci, se pend
dans son jardin à Londres. Il est retrouvé le lendemain et
l'attestation de son décès est signée par deux médecins. Cinq heures
plus tard, son cœur recommence à battre. La mort a refusé Pilgrim.
Réfugié
dans le mutisme, Pilgrim est interné à la clinique psychiatrique
Burghölzli de Zurich où l'un des médecins, Carl Gustav Jung, est
immédiatement fasciné par ce cas hors du commun. Pilgrim, qui dit avoir
vécu plusieurs vies, côtoyé Léonard de Vinci, sainte Thérèse d'Avila et
participé à la construction de la cathédrale de Chartres, est-il un
malade mythomane, un rêveur de génie ou la victime d'une étrange
malédiction? Un roman ambitieux, fantastique, métaphysique,
dans lequel apparaissent Henry James, Oscar Wilde, Monna Lisa... Un
roman d'une construction brillante et hardie, à l'écriture jubilatoire."
12 juillet 2006
Tromper l'ennui ?

Philippe Claudel, La Petite fille de Monsieur Linh,
Roman Stock, 160 p., 15.50€
Afin de vaincre une insomnie la nuit dernière, j'ai lu d'une traite La petite fille de monsieur Linh de Philippe Claudel. C'est "frais", disons. La relation entre le grand-père et le nourrisson est joliment trouvée, ainsi que celle de l'amitié entre deux hommes étrangers l'un à l'autre; mais je trouve que le reste du livre est presque sans surprise.
Le pitch : un vieil homme asiatique est obligé de fuir son pays avec ses seuls et uniques biens, une photographie jaunie, de la terre de son village, et surtout son trésor, sa petite fille, rescapée miracle d'un massacre.
Disons que pour une lecture de vacances, c'est plutôt bien. Il ne faut pas espérer avoir pour autant un traité de philosophie orientale, malgré quelques passages assez poétiques.



















