09 mai 2008
Mes lectures du moment
Nina BOURAOUI, La Vie heureuse,
Stock, 339 p., 19.80€ (existe en poche à 5.50€)
J'avais un léger a priori sur Bouraoui étant donné qu'elle avait l'étiquette "écrivain homo", mais les critiques étaient bonnes aussi. En effet, son style est travaillé, plutôt ciselé, et souvent déconcertant : les phrases sont courtes, et la chronologie parfois floue. Je suis satisfaite de l'avoir lue, mais je n'ai pas particulièrement "accroché". Dommage, car elle est intéressante et parle très bien de la passion...
Philippe DELERM, Autumn,
Folio Gallimard, 306 p., 6.80€
Sinon, je lis actuellement cet ouvrage (prêté par Sandy). J'avais découvert Delerm comme beaucoup avec La Première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules. Ici, il retranscrit de façon romanesque le mouvement préraphaélite. Différents points de vue s'alternent, avec des missives, aussi. J'ai eu un peu de mal à me plonger dans l'histoire dans les premières pages, sans doute parce Delerm maîtrise bien son sujet et qu'il faut un temps d'adaptation.
Par ailleurs, Sandy connaissait déjà pas mal de choses sur Rossetti et les autres peintres, alors que mes connaissances se révèlent assez basiques, somme toute.
Finalement, j'aime assez ce livre. Une fois que je l'aurai fini, je complèterai cet article.
05 avril 2008
Barbery, encore
Muriel Barbery, Une Gourmandise,
Folio, 165 p., 4.80€
J'ai lu le premier succès de Muriel Barbery, Une Gourmandise. Le principe d'écriture ressemble beaucoup à celui utilisé dans L'Elégance du hérisson : roman à plusieurs voix, dans lequel les narrateurs sont alternés à chaque chapitre.
L'histoire, en très gros, est la suivante : le plus grand critique culinaire au monde -une sorte de légende vivante- se meurt. Il cherche la saveur ultime; ses proches vivent son agonie de façons diverses et variées.
Le vocabulaire est truculent, savoureux, et il y a quelques bonnes surprises sur le plan narratif. J'ai peut-être été un tout petit peu déçue par la fin, mais je la trouve malgré tout cohérente, et c'est un joli pied-de-nez du gastronome.
Au final, j'ai préféré ce roman à L'Elégance etc. Quelqu'un d'autre les a lus aussi ?
03 avril 2008
J'ai parlé de Breton ce soir, alors forcément...

Ma femme à la chevelure de feu de bois
Aux pensées d'éclairs de chaleur
A la taille de sablier
Ma femme à la taille de loutre entre les dents du tigre
Ma femme à la bouche de cocarde et de bouquet d'étoiles de dernière grandeur
Aux dents d'empreintes de souris blanche sur la terre blanche
A la langue d'ambre et de verre frottés
Ma femme à la langue d'hostie poignardée
A la langue de poupée qui ouvre et ferme les yeux
A la langue de pierre incroyable
Ma femme aux cils de bâtons d'écriture d'enfant
Aux sourcils de bord de nid d'hirondelle
Ma femme aux tempes d'ardoise de toit de serre
Et de buée aux vitres
Ma femme aux épaules de champagne
Et de fontaine à têtes de dauphins sous la glace
Ma femme aux poignets d'allumettes
Ma femme aux doigts de hasard et d'as de coeur
Aux doigts de foin coupé
Ma femme aux aisselles de martre et de fênes
De nuit de la Saint-Jean
De troène et de nid de scalares
Aux bras d'écume de mer et d'écluse
Et de mélange du blé et du moulin
Ma femme aux jambes de fusée
Aux mouvements d'horlogerie et de désespoir
Ma femme aux mollets de moelle de sureau
Ma femme aux pieds d'initiales
Aux pieds de trousseaux de clés aux pieds de calfats qui boivent
Ma femme au cou d'orge imperlé
Ma femme à la gorge de Val d'or
De rendez-vous dans le lit même du torrent
Aux seins de nuit
Ma femme aux seins de taupinière marine
Ma femme aux seins de creuset du rubis
Aux seins de spectre de la rose sous la rosée
Ma femme au ventre de dépliement d'éventail des jours
Au ventre de griffe géante
Ma femme au dos d'oiseau qui fuit vertical
Au dos de vif-argent
Au dos de lumière
A la nuque de pierre roulée et de craie mouillée
Et de chute d'un verre dans lequel on vient de boire
Ma femme aux hanches de nacelle
Aux hanches de lustre et de pennes de flèche
Et de tiges de plumes de paon blanc
De balance insensible
Ma femme aux fesses de grès et d'amiante
Ma femme aux fesses de dos de cygne
Ma femme aux fesses de printemps
Au sexe de glaïeul
Ma femme au sexe de placer et d'ornithorynque
Ma femme au sexe d'algue et de bonbons anciens
Ma femme au sexe de miroir
Ma femme aux yeux pleins de larmes
Aux yeux de panoplie violette et d'aiguille aimantée
Ma femme aux yeux de savane
Ma femme aux yeux d'eau pour boire en prison
Ma femme aux yeux de bois toujours sous la hache
Aux yeux de niveau d'eau de niveau d'air de terre et de feu.
André Breton, Clair de terre (1931)
24 mars 2008
La Folle allure (2)
"Aimer moins, c'est ne plus aimer."
"Les plus petites distances sont des distances infranchissables."
Je relis Bobin, plus de dix ans après l'avoir lu sans fin. Et c'est bon de reprendre ce chemin.
17 mars 2008
La Folle allure
"J'ai appris ça en écoutant le gros [Bach] : le bonheur, ce n'est pas une note séparée, c'est la joie que deux notes ont à rebondir l'une contre l'autre. Le malheur c'est quand ça sonne faux, parce que votre note et celle de l'autre ne s'accordent pas. La séparation la plus grave entre les gens, elle est là, nulle part ailleurs : dans les rythmes."
"(...) quand on ne croit qu'à l'amour, on n'a pas d'humeur matinale, on reste entre les draps parce que l'amour est là. Ou parce qu'il manque."
Christian BOBIN, La Folle allure
17 février 2008
L'internationale

C'est étrange comme j'ai toujours eu des "périodes" de lecture assez tranchées : les classiques en long en large et en travers de l'adolescence jusqu'à mes études littéraires incluses; des incartades vers l'Asie (Basho, Mishima...), la littérature érotique (une UE extra à la Fac avec Montaigne -si, si !-, Baudelaire, Pauline Réage...), la psychanalyse (Freud, Bettelheim, un peu de Lacan)...
Et puis il y a eu un peu de littérature hispanique, quelques polars (surtout Fred Vargas), la SF. Depuis quelques mois, je me suis tournée vers la littérature contemporaine étrangère, surtout anglo-saxonne et américaine. A quoi ces choix tiennent-ils, finalement ?
Le printemps passe.
Les oiseaux crient
Les yeux des poissons portent des larmes.
Quel plaisir!
La Vallée de sud
Embaume la neige.
Le vent d'automne
Plus blanc
Que les pierres de la colline rocheuse.
De tous les côtés
Les vents apportent des pétales de cerisier
Au lac des grèbes.
Matsuo Basho (XVIIème s.), Haiku
26 décembre 2007
Espèce de moldu !
Voilà, j'ai fini le dernier tome des aventures de Harry Potter ! Malgré certaines étapes aux cordes un peu trop grosses, j'ai vraiment bien accroché. Je l'ai lu en trois fois (325 pages, puis une petite centaine, et enfin un peu plus de 300).
Certes, je le lis bien plus tard ce dénouement que beaucoup de fans, mais je ne regrette rien : je m'en suis délectée pendant ces journées de repos; chose que je n'aurais pas pu faire avant.
Etrangement, même si l'écriture de J.K.Rowling n'est pas flamboyante, je reste pendue à ces pages très facilement : on y trouve de nombreuses références culturelles, des aspects psychologiques plus complexes qu'il n'y parait, et les histoires magiques abreuvent notre imaginaire encore enfantin (ou, du moins, qui a besoin de ce genre de choses à tout âge).
Quoi qu'il en soit, je n'ai pas à me trouver d'excuses pour lire la série des Harry Potter. C'est une réussite. Et cela m'a fait le plus grand bien de les lire.
C'est déjà pas mal, je trouve, car combien d'auteurs, combien de livres peuvent se vanter d'avoir le même essor ?...
27 octobre 2007
Des chiffres et des lettres


Je lis en ce moment L'Elégance du hérisson. Une merveille, comme je m'en doutais. (Il suffit de revenir en arrière dans cette catégorie pour constater que je l'avais repéré depuis un bail)
Mais tout comme pour ce livre, j'ai un souci avec le dernier Harry Potter : le prix.
Parce que l'air de rien, ils valent neufs environ 22€. Que je multiplie par deux, et le compte est bon : 45€ dans le troufignon.
Sachant qu'hier j'ai refait un plein de courses pour 200€ (cela fait deux fois que je m'étrangle à la caisse), et que mes 60km aller-retour au lycée me poussent à reprendre de l'essence régulièrement, le prix des livres devient un facteur important.
Et ça a le chic pour m'énerver.
20 août 2007
Sylvia Plath
| An Appearance |
| The smile of iceboxes annihilates me. Such blue currents in the veins of my loved one! I hear her great heart purr. From her lips ampersands and percent signs Exit like kisses. It is Monday in her mind: morals Launder and present themselves. What am I to make of these contradictions? I wear white cuffs, I bow. Is this love then, this red material Issuing from the steele needle that flies so blindingly? It will make little dresses and coats, It will cover a dynasty. How her body opens and shuts -- A Swiss watch, jeweled in the hinges! O heart, such disorganization! The stars are flashing like terrible numerals. ABC, her eyelids say. ![]() |
03 juillet 2007
Ca sent les vacances
Il y avait un moment que j'échafaudais cette liste de lecture. Comme on se délecte à l'avance d'un cadeau, je me réjouissais de ces futurs achats de nourriture spirituelle.
Alors voilà mes compagnons de voyage ibérique cette année :
Pierre Jourde, L'Heure et l'ombre
Luis Fernando Verissimo, Le Doigt du diable
Ronald Wright, Chronique des jours à venir
Javier Cercas, A la vitesse de la lumière
Jane Austen, Orgueil et préjugés
Ray Bradbury, La Foire des ténèbres
Philip José Farmer, Les amants étrangers
Daniel Keyes, Des Fleurs pour Algernon
Carmen Posadas, Cinq mouches bleues
(Et, logiquement, Muriel Barbery, L'Elegance du hérisson, si je le trouve d'occasion)






















