Prof et plus si affinités

Je ne revendique rien de ce que je suis, mais j'assume tout ce que je fais.

28 septembre 2009

Femmes, je vous aime (attention, cette entrée risque d'être fort longue...)

Il y a bien longtemps que je n'ai fait une entrée sur mes lectures... Celles que j'envisage, ou celles qui sont achevées. Et comme Ed a lancé une petite requête aux bloggeurs qui la lisent, je me lance ! (Même si je ne crois pas en une écriture féminine...)

Voici donc des lectures d'écrivains femmes qui m'ont marquées (NB : je déteste l'appellation nouvelle d'écrivaine ou de professeure, que vous ne verrez jamais sous ma plume). Mes choix vous paraitront souvent classiques, et je m'en excuse à l'avance...

duras_douleurDuras_mer__crite

La première qui me vienne à l'esprit, c'est Marguerite Duras. J'ai eu ma grande époque, depuis le lycée jusqu'à la fin de mes années d'études. Mes deux livres les plus marquants ont été La Douleur et L'Amant. Pour des raisons fort différentes, d'ailleurs. Le premier parce qu'il est la douleur sur papier, et que j'y ai découvert un aspect de sa vie que j'ignorais : la résistance, le lien fort avec celui qui allait devenir plus tard président de la République, son mari déporté... Le second, bien plus connu, pour sa sensualité, ce regard acéré sur l'existence, l'adolescence, la famille. Enfin, un dernier ouvrage m'a bouleversée : La Mer écrite. Il est paru juste après sa mort, que j'avais apprise alors que je passais un stage BAFA. J'étais la seule à être bouleversée, et peu connaissaient Duras. Ce petit livre est composé de photographies, commentées par Duras. C'est la quintessence de son art et de toutes ses années d'écriture, à mon sens. Un écriture sèche, humaine, désarçonnante.

Yourcenar_Anna_sororColette_pur_et_impur

Ensuite, j'hésite entre deux monuments de la littérature, qui m'ont toujours impressionnée fortement par leur intelligence -et le mot est faible. Il s'agit de Marguerite Yourcenar et de Colette.
Assez vite, vers quatorze ans, j'ai voulu lire la série des Claudine, sans trop savoir pourquoi. Enfin, si : Comtesse adorait Colette, je voulais donc à la fois comprendre pourquoi, et me rapprocher d'elle de cette façon, sans doute (la littérature a été toujours été pour moi un moyen de grande proximité intellectuelle avec ceux que j'aime). J'ignorais que j'allais tomber sur une écriture aussi magistrale, à la fois simple et ciselée comme les plus merveilleux cristaux de Bohême... J'ai vite arrêté les Claudine pour passer à d'autres oeuvres telles que La Chatte ou Le Pur et l'impur. Depuis, j'ai investi dans les volumes de la Pléiade, jamais ouverts : ils me font presque peur par leur beauté... Je dis toujours que si je pouvais avoir le dixième du vocabulaire de Colette, je serais ravie, par exemple.
Mais je crois que ce syndrome d'infériorité est encore pire avec Yourcenar. C'est l'une des intellectuelles qui me foudroie par son intelligence. Elle n'avait même pas besoin de parler : son regard brillait autant que son intellect. Son écriture me paraît souvent trop profonde; j'ai l'impression que quelque chose d'important m'échappe et que je ne suis pas capable de la comprendre... J'ai lu son autobiographie, dont la première phrase m'est restée en mémoire : "L'être que j'appelle moi vint au monde le 8 juin 1903..." Mais aussi Anna Soror et Feux. Je n'ai jamais dépassé quelques pages sur Les Mémoires d'Hadrien. J'ai en mémoire un entretien de Pivot avec Yourcenar, qui m'avait saisi et hypnotisée. J'aimerais beaucoup le revoir, d'ailleurs.

Lajja

Ensuite, même si l'écriture en soi n'est pas excellente, j'avais envie de mettre dans cette liste Taslima Nasreen, lue dans les années 90. Cet écrivain était condamné à mort dans son pays, le Bangladesh, pour avoir défendu le droit des femmes... Livrée à une fatwa systématique, elle s'est exilée dans de nombreux pays, dont la France. Son parcours m'intéressait et j'étais dans mes années de révolte. Du coup, C. m'avait offert son roman à sa sortie : Lajja.

Woolf_OrlandoBeauvoir_2_me_sexe

Pour finir, car il y a peu de femmes dans ma bibliothèque, mais c'est l'histoire de nos sociétés qui veut cela, je terminerai avec encore deux "classiques"  : Virginia Woolf et Simone de Beauvoir.
Woolf, je l'ai lue progressivement, à partir de la khâgne, je crois, ou un peu avant. Mon souvenir le plus net, c'est Orlando. Et Woolf, c'est comme Yourcenar : trop intelligent pour moi, je pense. J'aime pourtant sa perception du temps et de la solitude... Entre les actes m'avait laissée perplexe, et je crois me souvenir que Mrs Dalloway aussi.
Quant à Simone de Beauvoir, le coup de coeur est venu après celui pour Sartre (il semblerait que pour beaucoup de lecteurs ce soit le cas), alors que j'avais eu en cadeau pour mes dix-huit les Mémoires d'une jeune fille rangée, avec une superbe dédicace de mes professeurs d'espagnol et de dessin de terminale, époux à la ville et parents d'un ami. Je reviens à Beauvoir, sans doute avec l'âge et grâce à mes études. J'avais dû la lire trop jeune, sans doute. Et l'un de ses romans, L'Invitée, n'est quasiment plus lu aujourd'hui. Là, j'ai décidé de me plonger dans Le Deuxième sexe et de peut-être relire ses mémoires, avec la suite, La Force de l'âge.

Ce que je constate surtout dans cette liste réduite, c'est qu'il m'est fort difficile de scinder les oeuvres de la vie de ces auteurs. Je m'explique : je crois qu'elles me fascinent parce qu'elles ont des parcours qui me passionnent, parce que leur courage, leur foi en ce qu'elles faisaient est admirable, parce que j'aurais aimé avoir leur force, leur subtilité, aussi.

Si je reprends tous ces noms, il ne s'agit que d'intellectuelles engagées, qui ont lutté quelle que fusse leur époque, pour s'imposer dans leur art et vivre ce qu'elles avaient à vivre. Duras engagée politiquement, mais aussi pour le droit à l'avortement avec de Beauvoir (pensez au manifeste des 343 salopes); Nasreen avec l'épée de Damoclès au-dessus de sa tête depuis des années; Colette qui divorce, pratique le mime, aime femmes et hommes, fume; Yourcenar, aussi discrète que possible, qui vit son histoire d'amour avec une femme (connue en 1937... jusqu'en 1979, à la mort de celle-ci) et entre la première à l'académie française; Woolf, femme torturée et touchante, investie comme son mari dans la publication des auteurs en qui ils croyaient, et qui se suicide avec des cailloux dans les poches, en s'enfonçant dans l'eau...

Oui, elles me fascinent et j'ai envie de les relire, quitte à lutter contre ma petite intelligence, parce qu'elles le méritent tant, et que je n'aurai jamais fait le tour de leurs mondes...

"Le véritable lieu de naissance est celui où l'on a porté pour la première fois un coup d'oeil intelligent sur soi-même : mes premières patries ont été les livres." Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien

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06 avril 2009

Voyage littéraire

Dans quatre jours et moins de 19 heures, je serai sur le départ pour New-York ! Alors, selon vous, dois-je me lancer dans mes lectures américaines maintenant, ou attendre  d'être sur place pour en savourer la quintessence ?
Il s'agit de la désormais célèbre Trilogie new-yorkaise de Paul Auster et de Tout ce que j'aimais de Siri Hustvedt (sa femme).

Auster_trilogie
Hustvedt

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17 mars 2009

Livrez-vous (mes réponses)

Petit questionnaire juste pour moi, et même pas issu d'une chaîne ! J'y répondrai ensuite, évidemment... (cf. ci-dessous !)

  1. Quel est le dernier livre que vous ayez lu et quand ?
  2. Votre dernier livre acheté (pour vous) ? Offert à quelqu'un ?
  3. Quel est votre endroit préféré pour lire ?
  4. Votre lecture la plus originale (à prendre dans le sens que vous voulez !) ?
  5. Votre lecture défendue, secrète, interdite ?
  6. Le livre que vous ne lirez jamais et pourquoi ?
  7. La lecture la plus douce ?

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Comme promis, voici mes réponses. Vous pouvez bien sûr encore participer.

 

 

  1. Dernier lu : un roman japonais dont j'ai fait la critique (mot pompeux !) qui s'intitule Parfum de glace. C'était il y a quinze jours peut-être. Je poursuis dans le Japon avec Murakami actuellement.
  2. Dernier acheté : Paul Auster, La Trilogie new-yorkaise et Siri Hustvedt, Tout ce que j'aimais. La chose étonnante, c'est que Siri est la femme de Paul et que je l'ignorais... Dernier offert : Murakami, Kafka sur le rivage. Le tout acheté samedi après-midi dans la super librairie an bas de chez moi.
  3. Malheureusement, je ne peux profiter de mes endroits préférés pour lire puisque j'adore lire dans un fauteuil club en cuir ou dans un canapé profond. Je n'ai ni l'un ni l'autre.
  4. Lectures les plus originales : de la littérature jeunesse en nombre mais que l'on n'étudie pas au collège (Mary Poppins de Travers, Peter Pan de Barrie par exemple, qui sont initialement des romans avant d'être des dessins animés) ou bien Duras que j'ai lue très tôt (vers l'âge de quinze ans). Le choix de l'auteur n'a rien d'original, mais mon âge pour commencer à la lire, peut-être.
  5. Ma lecture interdite : de la littérature érotique. J'ai eu ma grande période, suite à une UE à la Fac sur "Littérature et érotisme" (avec Pauline Réage, Sade, Baudelaire...). Au final, peu de romans sont vraiment érotiques (je vous recommande Vivant Denon, surtout et la littérature érotique asiatique qui est fort surprenante), mais j'ai lu aussi des ouvrages que certains considéreraient vulgaires. Je pense que ces lectures m'ont permis de désacraliser un peu ce qui m'effrayait tant et d'être plus légère, moins "coincée" (ce qui était le cas). Evidemment, ma mère n'en a rien su !
  6. Je ne lirai jamais le Da Vinci code ni d'autres Marc Lévy (un seul m'a suffi !), ni la Saga fascination. Tout simplement parce que je trouve Léry mauvais et insipide, que Brown a été lu par tous et que je n'aime pas faire comme tout le monde (je suis souvent déçue) et que Meyers est la plus grande imposture littéraire qu'il m'ait été donné de voir : c'est nullissime sur le plan de l'écriture (ou alors la traduction est très très très mauvaise, mais j'ai en haute estime le travail des traducteurs).
  7. Lecture la plus douce : de la poésie à haute voix, que l'on me lit soit en direct, soit au téléphone. Mes favoris : Baudelaire, Eluard, Desnos.

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20 février 2009

Lot de consolation

consolante

Anna Gavalda, La Consolante, éd. Le Dilettante, 636 p., 24.50€

Anna Gavalda fait partie des auteurs contemporains que je respecte. Pas racoleuse, pas gnangnan, écrivant fort bien et ayant une acuité psychologique étonnante. J'avais dévoré en deux fois Ensemble c'est tout, durant un été ibère. Je l'avais découverte il y a quelques années avec ce recueil au titre merveilleux, Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part.
Alors forcément, quand La Consolante a paru, j'ai frémi d'impatience. Mais mon porte-monnaie aussi. J'ai donc dû attendre. Finalement, je l'ai lu tardivement grâce à ma mère qui l'a emprunté à la bibliothèque.
Mon impression est mitigée : ma lecture étant hâchurée (période de déprime et de fatigue durant laquelle je m'effondrais le soir), mon plaisir aussi. Comme si tant d'attente avait été gâchée. Là, tout de suite, j'ai un souci, par exemple : je voulais vous en faire le pitch, et j'ai un trou de mémoire. C'est dire.
Ce qu'il m'en reste, c'est une grande maîtrise de l'écriture, qui a donné du fil à retordre à ma mère (petite lectrice, elle a abandonné). Il y a de nombreuses références culturelles et architecturales (le personnage principal est architecte), des anglicismes, des jeux sur la narration. Ce n'est pas un livre que je classerais dans les lectures "faciles".
L'histoire d'un retour à la vie en recherchant le passé heureux est assez belle. Les personnages sont très réussis, et l'on retrouve dans leurs portraits -directs ou en pointillés- la sensibilité qui est propre à Gavalda.
Disons simplement qu'à force d'être au top, on espère toujours plus d'un auteur, et que lorsqu'il nous donne six cents pages de talent, nous avons encore le culot d'être un soupçon déçus...

parfum_de_glace

Yôko Ogawa, Parfum de glace, éd. Actes Sud Babel, 304 p., 8.50€

Dans un tout autre genre, j'ai fini hier soir Parfum de glace de Yôko Ogawa, offert par la Fée. Roman japonais assez court et mystérieux, onirique par instant, dans un style tout à fait propre aux romanciers du Soleil Levant : épuré, simple, elliptique, quasi clinique. Nous n'avons pas toutes les réponses aux questions posées par Ryoko, le personnage principal, mais l'intérêt du roman est sans doute ailleurs. L'homme qu'elle aime, Rooky, s'est suicidé, sans que rien n'ait permis de s'y attendre. Il était nez dans un laboratoire de parfumerie. En tentant de s'accrocher à la vérité et à la famille du défunt, elle va découvrir qu'elle ne connaissait pas si bien Rooky, esprit supérieur en beaucoup de points...

Ma prochaine lecture sera sans doute elle aussi japonaise : il s'agira de Murakami, avec Les Chroniques de l'oiseau à ressort. Je reviendrais à mes premières amours en littérature étrangère, moi ?

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23 janvier 2009

Lettre

Michelle, nous avons été de ces oiseaux
Qui se frôlent, portés en flèche à la lumière,
Et se poursuivent en criant toujours plus haut
Jusqu'à l'extase, trop pareille à l'éphémère ...
- Mais plus d'images entre nous : j'ai dit en rêve
les mots qui rendent la distance un peu plus brève
entre nos corps, ces personnages infernaux ;
tu savais en former d'assez étroits anneaux
pour qu'ils exultent à en oublier leurs frontières
et la mort qui attend, curieuse, derrière ;
moi, j'étais trop souvent comme un enfant distrait,
je voyageais, je vieillissais, je te quittais,
et quand nous sommes remontés vers l'aube crue,
c'est un spectre que tu guidais de rue en rue,
là où le chant du coq ne pourrait plus l'atteindre.
Et pourtant cette ombre t'aimait ... On ne sait pas
ce que l'on trouvera là-bas pour vous étreindre ...
- Habitante de cette nuit, tu penseras
sans trop de haine à qui demeure on ne sait où
et te frôla comme un oiseau sur les paupières
puis monta, sans cesser d'apercevoir dessous
ton sourire scintiller comme une rivière...   

Philippe Jaccottet

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12 novembre 2008

Chaîne de livres

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Sur le blog de Leto, ce questionnaire a été lancé. Je m'y colle, pour une fois, puisque l'on parle de livres...

Le livre que tu as le plus adoré lire

Bonne question... Merci de l'avoir posée.

Celui que tu as relu dix fois

Aucun... Si tel était le cas, j'aurais tout de suite une référence en tête, non ?

Celui que tu emmènerais sur une île déserte

J'opterais pour de la poésie : Rimbaud et Baudelaire.

Celui que tu aurais voulu écrire

Ensemble, c'est tout de Gavalda, avoir le talent de Marguerite Yourcenar ou de Fred Vargas,  dans un autre genre, aussi. Je me cantonne aux contemporains, c'est plus simple... Ou encore la trilogie de Lilian Hearn, à laquelle j'avais pensé pour la question 1...

Celui qui t'a fait pleurer

Euh, j'ai peu de souvenirs de livres m'ayant fait pleurer. Peut-être La Cicatrice de Lowery quand j'étais ado. Plus tard, quelques Bobin, aussi. Et le journal de Claude Roy, dans lequel il relate toutes les étapes de son cancer.

Celui qui t'a fait rire

La trilogie des Pennac.

Celui qui t'a gavée

Généralement, ceux qui étaient au programme de l'agrégation ! Le dernier lu en date aussi... Sinon, Orgueil et préjugés d'Austen, Crime et Châtiment de Dostoievski.

Celui que tu n'as jamais eu le temps de terminer, et pourquoi

Je n'ai jamais manqué de finir un livre à cause d'une histoire de temps : la lecture, c'est comme le reste, si on veut en trouver le temps, on le trouve.

Celui que tu aurais aimé que ton écrivain préféré écrive

Je n'ai pas vraiment d'écrivain préféré...Cette question -tout comme la première- me fait penser à celle que l'on pose aux enfants : "Tu préfères ton papa ou ta maman ?"

Celui que tu n'as jamais réussi à lire en entier, et pourtant tu as essayé !

J'ai recommencé environ trois fois La Condition humaine de Malraux, en vain. Au bout d'une quinzaine de pages, je m'arrête : je ne comprends pas, je n'accroche pas.

Celui que tu as déjà conseillé à tes amis

Piouh, il y en a pas mal ! Pennac, Vargas, Mishima, Tirtiaux, Bobin, Findley, Yourcenar, Duras, Gavalda, Schulz, Sartre...

Celui que tu conseilles tout le temps à tes amis

Pour faire original, Gavalda ?

Celui que tu as acheté en premier dans ta vie

J'ai sans doute eu droit aux séries incontournables du Club des cinq, tout ça, mais en littérature poids-lourd, j'hésite entre Rimbaud et un Balzac. Ma première Pléiade était pour Rimbaud, et il ne pouvait en être autrement dans ma tête.

Celui que tu as acheté en dernier

Murakami, Chroniques de l'oiseau à ressort.

Celui que tu as lu en dernier

Aderhold, Mort aux cons. Vous pouvez l'éviter. Je vais entamer maintenant le dernier Vargas.

Celui que tu as volé

Un livre d'art sur la couleur bleue alors que je bossais dans un CE... Petite vengeance personnelle car nous subissions un harcèlement psychologique féroce. Oui, c'est petit. Tant pis.

Celui que tu as emprunté et jamais rendu

Euh, là je ne vois pas non plus.

Celui qu'on t'a volé

Aucune idée ! Si tant est qu'on m'en ait volé un.

Celui qu'on t'a emprunté et jamais rendu

M., le mari de C., m'avait emprunté quelques livres dont un volume ancien appartenant à mon père d'un certain J.Claudel, contenant de beaux croquis, schémas, etc du XIXème siècle. Je ne l'ai jamais récupéré.

Celui que tu as perdu

Je ne vois pas ! Ou alors il n'avait guère d'importance. Ceux qui comptent, j'en prends grand soin.

Celui que tu as lu à la Fnac, assis sur la moquette dans un coin du rayon livres

Quelques BD du Chat, de la série "Profs" aussi, ou d'autres bandes dessinées...

Celui qu'on t'a prêté

Sandy m'en prête de temps à autre. Le dernier en date était de Delerm sur les pré-raphaëlites (Autumn).

Celui que tu as lu à l'école et que tu as adoré

Fred Ulhman, L'Ami retrouvé. J'avais même acheté la suite, quelques années plus tard : Lettres à Conrad.

Celui que tu as lu à l'école et que tu as détesté

J'élargis à la Fac, ce sera plus simple : Lucien Leuwen de Stendhal (je n'apprécie pas du tout cet auteur), beaucoup de mal aussi avec quatre lectures du Voyage au bout de la nuit de Céline (même si le talent est phénoménal), Rousseau dans ses Confessions ou La Nouvelle Héloïse. Je vous choque pour une prof de lettres ? ;-)

Celui que tu devais lire à l'école et que tu n'as jamais lu...

Aucun ! Quelle élève sage j'étais...

Bon, ça prend du temps ces questionnaires. A votre tour, si le coeur vous en dit !

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13 juin 2008

Ceci n'est pas un article

Andre_Breton


J'aurais presque envie de m'offrir trois Pléiades pour avoir l'album Breton en cadeau... Un bel article est consacré à la parution du tome IV de son oeuvre.
Rimbaud et le Surréalisme : mes premières amours littéraires. J'y reviens toujours, à un moment ou à un autre. Et c'est si bon de s'y enfoncer, de s'y perdre, de s'y laisser porter !

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09 mai 2008

Mes lectures du moment

Bouraoui

Nina BOURAOUI, La Vie heureuse,
Stock, 339 p., 19.80€ (existe en poche à 5.50€)

J'avais un léger a priori sur Bouraoui étant donné qu'elle avait l'étiquette "écrivain homo", mais les critiques étaient bonnes aussi. En effet, son style est travaillé, plutôt ciselé, et souvent déconcertant : les phrases sont courtes, et la chronologie parfois floue. Je suis satisfaite de l'avoir lue, mais je n'ai pas particulièrement "accroché". Dommage, car elle est intéressante et parle très bien de la passion...


 

Delerm_autumn

Philippe DELERM, Autumn,
Folio Gallimard, 306 p., 6.80€

Sinon, je lis actuellement cet ouvrage (prêté par Sandy). J'avais découvert Delerm comme beaucoup avec La Première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules. Ici, il retranscrit de façon romanesque le mouvement préraphaélite. Différents points de vue s'alternent, avec des missives, aussi. J'ai eu un peu de mal à me plonger dans l'histoire dans les premières pages, sans doute parce Delerm maîtrise bien son sujet et qu'il faut un temps d'adaptation.
Par ailleurs, Sandy connaissait déjà pas mal de choses sur Rossetti et les autres peintres, alors que mes connaissances se révèlent assez basiques, somme toute.
Finalement, j'aime assez ce livre. Une fois que je l'aurai fini, je complèterai cet article.

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05 avril 2008

Barbery, encore

Barbery_gourmandise

Muriel Barbery, Une Gourmandise,

Folio, 165 p., 4.80€

J'ai lu le premier succès de Muriel Barbery, Une Gourmandise.  Le principe d'écriture ressemble beaucoup à celui utilisé dans L'Elégance du hérisson : roman à plusieurs voix, dans lequel les narrateurs sont alternés à chaque chapitre.
L'histoire, en très gros, est la suivante : le plus grand critique culinaire au monde -une sorte de légende vivante- se meurt. Il cherche la saveur ultime; ses proches vivent son agonie de façons diverses et variées.
Le vocabulaire est truculent, savoureux, et il y a quelques bonnes surprises sur le plan narratif. J'ai peut-être été un tout petit peu déçue par la fin, mais je la trouve malgré tout cohérente, et c'est un joli pied-de-nez du gastronome.
Au final, j'ai préféré ce roman à L'Elégance etc. Quelqu'un d'autre les a lus aussi ?

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03 avril 2008

J'ai parlé de Breton ce soir, alors forcément...

breton_andr_

"Union libre"

Ma femme à la chevelure de feu de bois
Aux pensées d'éclairs de chaleur
A la taille de sablier
Ma femme à la taille de loutre entre les dents du tigre
Ma femme à la bouche de cocarde et de bouquet d'étoiles de dernière grandeur
Aux dents d'empreintes de souris blanche sur la terre blanche
A la langue d'ambre et de verre frottés
Ma femme à la langue d'hostie poignardée
A la langue de poupée qui ouvre et ferme les yeux
A la langue de pierre incroyable
Ma femme aux cils de bâtons d'écriture d'enfant
Aux sourcils de bord de nid d'hirondelle
Ma femme aux tempes d'ardoise de toit de serre
Et de buée aux vitres
Ma femme aux épaules de champagne
Et de fontaine à têtes de dauphins sous la glace
Ma femme aux poignets d'allumettes
Ma femme aux doigts de hasard et d'as de coeur
Aux doigts de foin coupé
Ma femme aux aisselles de martre et de fênes
De nuit de la Saint-Jean
De troène et de nid de scalares
Aux bras d'écume de mer et d'écluse
Et de mélange du blé et du moulin
Ma femme aux jambes de fusée
Aux mouvements d'horlogerie et de désespoir
Ma femme aux mollets de moelle de sureau
Ma femme aux pieds d'initiales
Aux pieds de trousseaux de clés aux pieds de calfats qui boivent
Ma femme au cou d'orge imperlé
Ma femme à la gorge de Val d'or
De rendez-vous dans le lit même du torrent
Aux seins de nuit
Ma femme aux seins de taupinière marine
Ma femme aux seins de creuset du rubis
Aux seins de spectre de la rose sous la rosée
Ma femme au ventre de dépliement d'éventail des jours
Au ventre de griffe géante
Ma femme au dos d'oiseau qui fuit vertical
Au dos de vif-argent
Au dos de lumière
A la nuque de pierre roulée et de craie mouillée
Et de chute d'un verre dans lequel on vient de boire
Ma femme aux hanches de nacelle
Aux hanches de lustre et de pennes de flèche
Et de tiges de plumes de paon blanc
De balance insensible
Ma femme aux fesses de grès et d'amiante
Ma femme aux fesses de dos de cygne
Ma femme aux fesses de printemps
Au sexe de glaïeul
Ma femme au sexe de placer et d'ornithorynque
Ma femme au sexe d'algue et de bonbons anciens
Ma femme au sexe de miroir
Ma femme aux yeux pleins de larmes
Aux yeux de panoplie violette et d'aiguille aimantée
Ma femme aux yeux de savane
Ma femme aux yeux d'eau pour boire en prison
Ma femme aux yeux de bois toujours sous la hache
Aux yeux de niveau d'eau de niveau d'air de terre et de feu.

 

  André Breton, Clair de terre (1931)

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