10 avril 2008
Ton univers impitoyaaaaaaaaaableuuuuuuuuuu
1) Les élèves sont totalement démotivés et désagréables pour la plupart. Une classe a refusé de faire un contrôle avec une jeune collègue : ils ont râlé (le dit contrôle a été reporté trois fois à cause des blocus/grèves/journées mortes) et n'ont pas sorti de copies. Les miens râlent aussi : leurs mauvaises notes viennent de moi. Et quand ils font un commentaire sur table, en Première, ils parlent, s'amusent, rendent copie blanche pour certains, etc.
2) Le Rectorat me chauffe les oreilles : mon premier lycée a mal fait son boulot, et le service gestionnaire envisage de me rembourser seulement un mois de frais kilométriques au lieu de six ! Parce que, voyez-vous, il faut envoyer tous les mois au Saint Rectorat mon planning, une demande de remboursement, et mon procès-verbal d'installation.
On ne sait jamais, je m'envolerais avec tout l'argent que l'on me donne, hein...
3) Le secrétariat du fameux premier lycée n'est pas joignable pour l'instant.
Evidemment, sinon ce serait trop simple.
4) Comment ça, je râle ?
11 décembre 2007
Les vilains profs prennent en otage les élèves et leurs parents
Les communes volontaires qui mettront en place cet accueil des élèves recevront «des subventions» qui proviendront de «tout ou partie des retenues sur salaires opérées les jours de grève», selon Xavier Darcos.
LIBERATION.FR : mardi 11 décembre 2007
Xavier Darcos a confirmé aujourd’hui qu'il souhaitait instaurer un service minimum dans les écoles primaires dès la rentrée 2008, sollicitant la participation des communes qui seraient dédommagées par le reversement de tout ou partie des retenues de salaires des grévistes.
«Je souhaite
rendre, dès la rentrée prochaine, possible un service minimum d'accueil
dans les écoles et j'ai engagé, et je poursuivrai, une discussion avec
les représentants des collectivités locales, des familles et des
partenaires sociaux pour en définir les modalités», a déclaré le ministre de l'Education nationale au cours d'une conférence de presse, confirmant une information du Figaro.
«Je souhaite que partout où les communes l'accepteront (de mettre
en place un service minimum, ndlr), nous puissions reverser des aides,
des subventions» qui proviendront de «tout ou partie des retenues sur salaires opérées les jours de grève», a ajouté Xavier Darcos.
Selon son entourage, l'accueil des communes volontaires se fera «au
sein des écoles, par du personnel administratif ou du personnel
extérieur, comme par exemple des associations. Ce sera aux communes de
choisir qui elles recrutent».
Les discussions avec les partenaires sociaux porteront sur trois points: «la
manière de prévenir les conflits afin que la grève ne constitue que le
moyen d'un ultime recours», «l'information des familles et des
collectivités» et «la mise en place du service minimum d'accueil qui pourra être assuré lors des grèves», selon un document du ministère.
Seules les écoles primaires, qui ferment s'il y a trop d'adultes
grévistes pour accueillir l'ensemble des enfants dans des conditions de
sécurité, seront concernées par cette mesure.
Continuer l'assouplissement de la carte scolaire
Sur l'assouplissement de la carte scolaire, entamée en juin dernier pour la rentrée 2007, le ministre a indiqué vouloir «franchir un pas supplémentaire» en 2008. Ainsi «les
recteurs et inspecteurs d'académie auront pour instruction de répondre
favorablement à toutes les demandes de dérogation à la carte scolaire
dès lors qu'il y aura de la place dans l'établissement souhaité».
Dans les 30 collèges ayant perdus plus de 10% des effectifs prévus pour l'entrée en 6e, les classes y seront «dédoublées».
Le ministre a aussi souhaité la création de «2 500 places d'internat de réussite éducative» d'ici trois ans.
Xavier Darcos a par ailleurs annoncé que les activités proposées depuis
les vacances de la Toussaint de 16 à 18 heures dans les collèges de
l'éducation prioritaire (soutien, activités culturelles et sportives),
seraient étendues, non seulement à l'ensemble des collèges, mais aussi «dans toutes les écoles relevant de l'éducation prioritaire».
Les communes volontaires ne relevant par de l'éducation prioritaire
bénéficieront également du concours financier de l'Education nationale,
a aussi expliqué le ministre.
24 septembre 2007
Revers

Aujourd'hui, petite claque : comme je suis sur le poste d'une agrégée, moi, simple certifiée, on m'a dit que je devais 2,5h de cours au lycée.
J'ai trouvé cela charmant, et pas du tout vexant. Le Proviseur, que je n'ai jamais rencontrée, a fait transmettre le message à l'adjoint.
Je serais curieuse de savoir si, dans le cas inverse, un agrégé peut revendiquer le fait qu'il fait 2,5h de trop lorsqu'il remplace un certifié. Juste pour rire.
On voulait que je fasse du soutien, alors que je fais déjà de l'aide individualisée. Je ne vois aucune différence entre les deux, et l'adjoint a dû reconnaître que lui non plus. Seul souci : les emplois du temps de mes classes sont blindés, et il n'y a pour l'instant aucune solution.
J'ai bien précisé que je m'attendais toujours à être mangée toute crue, comme un sushi, avec l'EN, et que l'on serait bien capable de me faire travailler sur mes jours actuels de congé.
L'adjoint s'est un peu senti mal devant l'absurdité de la chose. En effet, si je n'étais pas en poste, je serais payée comme si j'effectuais un plein temps. Mais là, avec 15,5 h de cours par semaine, je suis censée compléter mon planning pour ne pas "voler" l'EN.
Ai-je choisi le poste sur lequel j'allais être affectée ? Non. Ai-je sciemment décidé de pas être agrégée ? Non. Ai-je voulu être TZR ? Non. Alors le credo de "TZR = bouche-trou de l'EN" et/ou "TZR, bonne à tout faire" revient au grand galop.
On croit rêver.
21 septembre 2007
Allons z'enfants

Ayè, j'ai reçu les 32 pages d'Iznogoud. Je n'ai pas ouvert l'enveloppe, mais en haut à gauche l'expéditeur est indiqué en lettres capitales : "LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE".
Et là, j'essaye de visualiser ce que ça représente, 500.000 €.
Je crois que je vais mettre l'enveloppe aux toilettes.
07 septembre 2007
Paniquée, moi ?
J'ai eu trois messages ce matin d'un lycée à une vingtaine de kilomètres de chez moi. J'y suis affectée, pour six mois minimum. Je connaîtrai tout à l'heure mes classes, mon emploi du temps, et tout et tout. J'ai rendez-vous avec l'adjoint cet après-midi, et je commencerai les cours lundi...
Précision : je n'ai jamais enseigné en lycée.
Au secours.
Ajout de 19h : j'ai deux classes de seconde et une classe de...BTS ! Ouhlalalalalalalalalalala... 

05 septembre 2007
Bouche-trou de l'EN

Mon RAD (terme barbare qui signifie seulement établissement de rattachement administratif) vient de m'appeler : avec mon beau Capes, et sans poste pour l'instant, je vais faire la distribution des livres de rentrée demain et après-demain... Magnifique, non ?
Tiens, sur Libé, on peut répondre à Iznogoud... Ecco fato.
04 septembre 2007
Pour quelques 500.000 euro de plus...

Article du Monde d'aujourd'hui (ce qui est en gras et en rouge est souligné par mes soins, et en bleu mes commentaires):
e n'est pas une "lettre", comme l'avait
annoncé François Fillon, que Nicolas Sarkozy va adresser aux
enseignants. C'est un manifeste de 32 pages que le chef de l'Etat leur
consacre, sous le titre "Lettre aux éducateurs". La présentation est sobre, le style élégant, le propos humaniste. Non sans lyrisme, M. Sarkozy demande "une nouvelle Renaissance, qui n'adviendra que grâce à l'éducation".
Waouh, de la lecture pour aller aux toilettes !
Rédigé par le conseiller spécial de M. Sarkozy, Henri Guaino, et présenté au ministre de l'éducation, Xavier Darcos, qui a "fait quelques remarques" et y a trouvé "quelque chose de très républicain et de très fondateur…",
ce texte devait être lu devant un public d'enseignants à Blois
(Loir-et-Cher), mardi 4 septembre. Il sera adressé à quelque 850 000
enseignants, nommément et à domicile, pour un coût qui devrait
avoisiner 500 000 euros.
Avec cette somme, que pourrait-on faire pour l'EN ?
C'est la première fois qu'un président
de la République s'adresse ainsi directement aux enseignants. L'Elysée
dit s'inspirer de la circulaire adressée aux instituteurs par Jules
Ferry en 1883. Le début de ce texte a été cité dans presque tous les
discours de campagne du candidat Sarkozy : "Monsieur l'instituteur…", commençait-il, avant d'ajouter avec emphase : "Monsieur… Déjà on sent que l'on est dans une civilisation."
La tonalité de la "Lettre aux éducateurs" est pourtant différente. Les accents de tribune, stigmatisant
l'adversaire et l'héritage de Mai 68, ont cédé la place à un discours
ciselé pour séduire les enseignants. On y retrouve les thèmes chers au
candidat : autorité, respect, transmission du savoir et des valeurs,
condamnation du relativisme culturel.
Démagogie ?
Pour Xavier Darcos, cette lettre
présente l'avantage de subordonner la question des moyens à celle du
contenu. "Il s'adresse aussi bien au professeur débutant qui
achèvera sa carrière à l'horizon 2047 qu'aux jeunes élèves qui mourront
à la fin du siècle."
2047 ! Oh, my God ! Vous avez des anti-dépresseurs en stock, m'sieur ?
LES MISSIONS DE L'ÉCOLE
"Eduquer, énonce M. Sarkozy dans sa "Lettre aux éducateurs", c'est chercher à concilier deux mouvements contraires : celui qui porte à aider chaque enfant à trouver sa propre voie et qui pousse à lui inculquer ce que soi-même on croit juste, beau, et vrai." "Longtemps, estime-t-il, l'éducation a négligé la personnalité de l'enfant", car le savoir "était placé au-dessus de tout".
Encore un coup sur la nuque de mai 68 ?
Cette éducation "avait sa grandeur", mais beaucoup d'enfants "en souffraient". "Par une sorte de réaction", au départ "salutaire", on est "tombé dans un excès contraire" : "On ne s'est plus assez appliqué à transmettre." "Il serait vain pourtant, de chercher à ressusciter un âge d'or de l'éducation, de la culture, du savoir qui n'a jamais existé", assure-t-il.
Ben voui, normal : certains essayent d'éviter les lancers de chaises, d'autres l'apocalypse en classe, d'autres encore luttent contre les partisans du moindre effort...
"Donner le maximum à chacun au lieu de se contenter de donner le minimum à tous. Voilà comment je souhaite que nous prenions désormais le problème de l'éducation", résume-t-il.
"A nous, conclut solennellement le chef de l'Etat, de reprendre le fil qui court depuis l'humanisme de la Renaissance jusqu'à l'école de Jules Ferry, en passant par le projet des Lumières. Le temps de la refondation est venu (…). Nous la conduirons ensemble. Nous avons déjà trop tardé."
LES VALEURS
M. Sarkozy reprend ses thèmes habituels sur "l'école du respect" où "les élèves se lèvent lorsque le professeur entre". Abordant la question de la "transmission de l'identité nationale", il évite toute embardée polémique en constatant que "c'est l'école qui en est le creuset".
"Nos enfants, remarque-t-il, ne seront jamais des citoyens du monde si nous ne sommes pas capables d'en faire des citoyens français et des citoyens européens."
Merdum, je suis d'accord avec Iznogoud !
LE MÉTIER D'ÉDUCATEUR
"Nous sommes tous des éducateurs", affirme M. Sarkozy, définissant l'éducateur comme celui qui "s'efforce de donner à chacun le maximum d'instruction qu'il peut recevoir en poussant chez lui le plus loin possible son goût d'apprendre, sa curiosité, son ouverture d'esprit, son sens de l'effort".
"L'estime de soi, ajoute-t-il, doit être le principal ressort de cette éducation", en excluant toute forme de "renoncement" comme de "démagogie".
Aux enseignants, dont le "merveilleux métier" est "devenu difficile et parfois ingrat depuis que la violence est entrée dans l'école", M. Sarkozy assure que la nation "doit
une reconnaissance plus grande, de meilleures perspectives de carrière,
un meilleur niveau de vie, de meilleures conditions de travail".
Ah bon ? Je n'avais pas remarqué.
La revalorisation de leur métier "est l'une des priorités de mon quinquennat", répète-t-il. Le chef de l'Etat aborde d'autres points de son programme comme le libre choix par les enseignants de la pédagogie qui leur semble la mieux adaptée et la "plus grande autonomie" donnée à des établissements scolaires dans lesquels il y aura "moins d'heures de cours", confirme-t-il, du fait que "les moyens seront mieux employés".
Et si au bout de cinq ans, rien n'a changé, on a le droit opposable, comme mentionné lors du débat contre Royal ?
LES PROGRAMMES
M. Sarkozy juge aussi que "notre éducation doit devenir moins passive", qu'elle doit faire une plus grande place "à l'observation, à l'expérimentation, à la représentation, à l'application", cesser "d'opposer ce qui est manuel à ce qui est intellectuel", ou bien le corps à l'esprit.
"Ce qu'il nous faut retrouver, c'est la cohérence du projet éducatif, qui passe par la remise à plat des rythmes et des programmes scolaires." C'est pourquoi "il nous faut élever progressivement le niveau d'exigence à l'école primaire, puis au collège et au lycée".
En faisant comment, concrètement ?
LA CULTURE GÉNÉRALE
Voulant "remettre la culture générale au cœur de notre ambition éducative", M. Sarkozy insiste sur la nécessité de "structurer" ce savoir. Il ajoute que "l'interdisciplinarité
doit trouver sa place très tôt dans notre enseignement parce que
l'avenir est au métissage des savoirs, des cultures, des points de vue", et souhaite que les élèves "apprennent obligatoirement au moins deux langues en plus du français".
Euh, c'est déjà le cas, m'sieur... MDR !
S'élevant contre "une spécialisation souvent excessive et trop précoce", M. Sarkozy condamne l'idée "absurde" selon laquelle "celui qui se destinerait aux sciences n'aurait rien à faire de la poésie" ou "celui qui est né dans l'un de ces quartiers difficiles (…) n'aurait pas besoin d'être confronté aux grandes œuvres de l'esprit humain".
"Nos enfants, estime-t-il, ont besoin de plus d'humanisme et de plus de science. Sur ces deux terrains, nous avons trop cédé", et il faut maintenant "nous battre sur les deux fronts".
Oui, je veux voir des Blaise Pascal du XXIème siècle !

03 septembre 2007
C'est plus

Apparemment, il y a ce soir sur Canal+ un grand documentaire sur la faillite du système scolaire : Education nationale, un grand corps malade. Je n'ai pas de décodeur, donc je ne verrai pas cette émission.
Ceci étant, la critique semble bonne, même si parfois elle remet en question le tableau (très) noir établi par les auteurs du documentaire. Ce qui m'étonne, c'est que l'on remette en question l'avis des profs sur la question, alors que nous sommes le nez dans le guidon.
Oui, environ un quart des élèves de sixième ne sait pas lire; oui, des élèves de troisième vont en seconde avec 4 de moyenne générale annuelle, etc.
Les journalistes semblent nous enfermer dans une logique manichéenne : il y a les extrêmistes pessimistes tels que Brighelli, et les autres, les optimistes.
La réalité est mille fois plus complexe. Pourtant, ce qui est certain, c'est que notre école a besoin d'un sacré changement...
02 septembre 2007
D'une passante
Bon, allez, je ne vais pas être chienne : je souhaite à tous mes collègues sympa, grands fans de mon blog extraordinaire sur l'ordinaire de ma vie, une bonne pré-rentrée.
Un zouli cartable avec de beaux stylos neufs, un cahier -customisé ou non- sur lequel on pourra inscrire toutes les réunions qui ne servent à rien, un carnet de bord dans lequel on verra apparaître les noms de nos petits protégés ainsi que leurs notes et moyennes...
Tout le monde parlera de ses vacances, les clans des copains se reformeront autour d'un potentielle machine à café ou, miracle, autour d'une vraie cafetière.
C'est ce qui me manque en tant que TZR, ça : la connivence des profs qui se retrouvent à la pré-rentrée en se connaissant déjà.
Moi, je ne suis que celle qui passe.
30 août 2007
Argent pas content

Me voilà rassurée : un article de Libé me dit que les prix ont augmenté, et que les Français vont avoir mal au porte-monnaie. Je confirme : hier, en remplissant mon caddy des choses habituelles, j'en ai eu pour 150 € au lieu de 120. Mon frigo n'est pas plein, et j'espère tenir au moins 15 jours avec ces achats.
N'empêche que j'ai toujours un coup de chaud arrivée en caisse.Faire régime semble coûter plus cher que de manger sans rigueur : les légumes et fruits sont hors de prix, les laitages ont augmenté de 7% environ.

Xd veut revaloriser le métier de prof (quand, comment, on n'en sait rien). On pourrait peut-être penser à les augmenter un peu car un jeune prof en début de carrière gagne 1.3 fois le SMIC. Si je reste certifiée, sans avoir l'Agreg, j'arriverai péniblement à plus de 2000€ dans, disons, quinze à vingt ans.
Je vois déjà ce que vont dire les bull-dogs qui haïssent les profs. Mais je leur rappelle que nous n'avons aucun comité d'entreprise, que mes frais de kilométrage ne sont pas remboursés, que je ne pars jamais pendant mes fameuses vacances (je n'en ai pas les moyens) et que nos salaires n'ont pas été revalorisés depuis des années.
Si on ajoute les frais de santé qui vont eux aussi augmenter, les tarifs des transports qui ne cessent de grimper pour diverses raisons, alors oui, je m'inquiète, et je crois que j'ai raison.






