05 juillet 2009

Une image en cache une autre

Ce matin, j'ai fait l'expo du Grand Palais qui se termine demain (comment cela, j'attends la dernière minute ?) : "Une image peut en cacher une autre".

Max_Ernst

Max Ernst, "L'ange du foyer", 1927

Le truc, c'est que j'ai la carte Sésame, qui vaut pour un coupe-file.  Normalement, on passe à gauche de la queue, mais à dix heures, il y avait aussi de l'attente côté Sésame. Les gens s'entassent. Et s'agacent. C'est vrai que niveau communication, on a fait mieux. Car l'attente dure : j'ai poireauté environ 45mn.
Et pendant ces trois quarts d'heure, j'ai supporté les commentaires et les agressions de mes voisins de derrière, au bord de l'envie de vomir à certains moments. Florilège obligatoire.

A chaque personne qui s'avançait en longeant la queue pour aller parler à l'appariteur, une dame beuglait : "A la queueeeeeeeeeeeee ! On ne double paaaaaaaaaaaaaas ! On attend  nous aussi ! Pas de triiiiiiiiiiiiiiiiiche !" Et ses amis de renchérir en cherchant à faire de l'esprit :

_ Nan mais t'as vu celui-là ? Il double ! Quoi ? Il serait invalide ? Mouais, tu parles, il a pas l'air très invalide...

_ Ils ont un sur-Sésame ?

_ Mais que fait Mitterrand ? Et Carla ?

Délicat envers une femme obèse, en pouffant :  "Et celle-là, elle est invalide aussi ? Ah ah, au-delà de 80 kg, on est invalide !"

Un autre, reprochant à l'appariteur de ne pas bloquer tel un rugbyman les resquilleurs : "Ah ça, aux Etats-Unis, ça n'arrivera pas ! On rattrape ceux qui doublent et on les renvoie au bout de la queue. (Un temps) Faut dire que ce sont des spécialistes de la queue, là-bas".

En fait, il y avait une panne d'électricité. Il était donc impossible non seulement de voir les toiles, mais aussi de les protéger. "Ben, laissez-nous entrer gratuitement ! On a fait 120km aller-retour, je travaille demain moi, je ne peux pas revenir ! Et j'ai fait la queue", couinait encore la gueularde de service. "Moi, j'suis une râleuse ! Les gens, i's taisent. Pas moi !"

Bref, elle voulait jouer à "j'ai un truc à dire sur tout" et "que fait la police ?", donc jouer elle-même à la fliquette. Il y a quand même des gens qui ont été agressés et lui ont dit gentiment de baisser d'un ton et de ne pas s'énerver aussi facilement.

Au final, le musée a ouvert ses portes, et pour contenter les grincheux, ils ont laissé entrer plein de monde d'un coup. Pas glop : plein de bruit, d'odeurs nauséabondes, de commentaires ineptes, de gens qui poussent... Oui, je sais, ça fait grincheuse. Ben tant pis !

L'expo en elle-même est ludique mais je ne dirais pas que c'est l'expo du siècle. Il y avait de beaux Dali (certains inconnus au bataillon) et un Ernst splendide. C'est déjà ça.

Dali_paranoia

Dali, "Paranoia"

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05 avril 2009

RMN

louvre33


Les musées nationaux sont gratuits depuis hier pour les enseignants (enfin, ils le redeviennent, quoi) ! Alors je vais peut-être en faire un aujourd'hui. J'irai, brandissant ma carte de prof et une fiche de salaire, puisque le fameux Pass Education ne doit être encore mis en place. D'ailleurs, pour rire, je le demanderai demain au collège. Gniark gniark gniark !
Ah que mon été sera culturel, à défaut d'être sous le soleil des tropiques... (Oui, je fais partie de la tranche du Français sur deux qui ne partira pas cet été en vacances)

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22 mars 2009

Pop flop

warhol_marylin

Aujourd'hui, j'ai fait l'expo Warhol. Celle dont on parle tant, celui que tout le monde croit connaître.
N'étant guère sensible à cette tranche de l'art (j'entends pas là que je reconnais le talent, mais que les toiles ne me "touchent" pas), j'y allais assez optimiste et relativement vierge puisque je n'avais jamais vraiment vu de toiles de Warhol.

Malheureusement, je reste sur ma faim : la scénographie était relativement mauvaise (chronologique mais sans explications claires), les toiles un brin répétitives, surtout vers la fin de l'expo. Je reconnais l'aspect novateur de l'artiste, cela est incontestable. Mais peut-être qu'ayant ouvert la porte à d'autres peintres, son oeuvre me paraît moins percutante, du coup.

Ceci étant, j'aime sa recherche sur l'autoportrait (le travestissement, les photomatons...) qui traverse sa vie. A mon humble niveau, j'en fais depuis pas mal d'années et cette quête de soi m'a toujours fascinée. Mais il n'y avait pas de quoi satisfaire ma curiosité à cet égard, loin s'en faut.

warhol_travesti

J'aurais aimé que l'on nous parle plus de l'époque underground, du côté trash de l'artiste (mais il faut sans doute rester politiquement correct auprès du grand public). A ce propos, le public était varié et chargé en cri d'enfants. L'ambiance était assez étrange : comme si, finalement, nous n'étions pas à l'exposition d'un artiste immense et impressionnant. Dans les premières toiles, on découvrait les célèbres Marylin. J'étais devant, les connaissant forcément, et je les voyais comme si elles étaient encore une fois tirées d'un magazine ou éditées sur une carte postale.
Les gens pensaient apparemment connaître l'oeuvre de Warhol, ce qui est fort prétentieux (mais comme chacun sait, les expositions sont les Champs-Elysées des pédants). Dans les perles entendues sur place, en voici deux.

Une quarantenaire à ses enfants et à sa mère : "Warhol, il a compris un truc, et ça c'est su-per bien. Et ça c'est important : il a compris un truc su-per !"

Un dame à la canne, à son amie : "Oui, Kafka... Avec ses oreilles de chauve-souris..." Et l'autre d'acquiescer.

Sinon, j'ai adoré les couvertures du magazine Interview qu'il avait créé.

warhol_interview

Donc, au final, je suis restée sur ma faim, face à une expo fort grand public (pour ceux qui voulaient en savoir plus, nada) et qui me semblait parfois bâclée (oui, ça fait élitiste et pédante, je sais). Warhol voulait critiquer et dénoncer l'aspect mercantile, futile et lisse de nos existences. Moi, j'étais plongée dedans (surtout dans la boutique bondée de la fin de l'expo, quand j'ai vu un débardeur à 75€ ou un porte-clef ridicule à 26€). C'est l'arroseur arrosé ou le chat qui se mord la queue ?

(Je risque de compléter cette critique progressivement, car je crois n'être pas assez précise ni avoir fait le tour de ma réflexion)

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21 janvier 2009

Solitude

Solitude

 

La solitude est comme une pluie

Elle monte de la mer à la rencontre des soirs,

Des plaines, qui sont lointaines et dispersées

elle va jusqu’au ciel qui toujours la possède

et là du ciel elle retombe sur la ville

Elle se déverse sur les heures indifférenciées

lorsque les rues se tournent vers le matin

Et lorsque les corps qui ne se sont pas trouvés

se détachent l’un de l’autre abusés et tristes

Et lorsque les hommes qui se haïssent

sont obligés de coucher ensemble dans un même et seul lit

Alors la solitude s’en va dans les fleuves


Rainer Maria Rilke

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22 décembre 2008

Incroyable talent

Hier, j'ai vu aussi cette toile d'Ingres, "Odalisque en grisaille" (1834) :

Ingres_Odalisque_in_Grisaille

La technicité d'Ingres est hallucinante : on croirait être face à une photographie en noir et blanc, ou une image couleur qui a été retouchée par un logiciel quelconque.
La variété des gris est extraordinaire. Comment un homme, avec simplement de la peinture à l'huile, parvient-il à réaliser ceci ?

Ce peintre ne me touche pas particulièrement en soi, mais je l'ai toujours admiré. D'autant plus avec cette odalisque...

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21 décembre 2008

Sésame, ouvre-toi

Nolde_mer_automne

Nolde, Mer d'automne

J'ai profité de ce dimanche aux boutiques ouvertes pour aller... au musée. Le Grand Palais étiat quasi désert. Comme je suis arrivée cinq minutes avant l'ouverture, et que j'ai la carte sésame, je suis entrée parmi les premiers dans les salles. C'est assez extraordinaire de se retrouver au milieu des tableaux, sans la foule.
L'expo Picasso est magnifique. Je m'y attendais, mais quand même. C'est intelligent, beau, vif... Picasso est un peintre galvaudé, ce qui est regrettable car on en oublie parfois le génie pur. Ses toiles de fin de vie (entre 1965 et 1973) sont splendides. Pour la plupart, il s'agit de prêts de musées étrangers ou de collections particulières. Je ne les connaissais donc pas (ni en reproductions, d'ailleurs).

La maîtrise de Picasso me laisse de plus en plus pantoise d'admiration. D'ailleurs, avec les années, j'ai appris à l'apprécier "correctement", je crois. Je suis loin d'avoir une grande connaissance des arts, mais je pense être juste assez amatrice pour m'émerveiller de ce que je vois.

Et l'hommage incessant de Picasso à ses maîtres, tout en les transcendant, est impressionnant, voire touchant.

J'ai découvert Zurbaran, admiré Velasquez, El Greco, et enfin vu la Nana de Manet dont j'avais fait l'analyse en cours ! J'ai une tendresse particulière pour cette toile, je l'admets. Normalement, elle est exposée à Hambourg.

picasso_M_nines_n_b

Picasso, Les Ménines, 1969

En sortant de cette expo, je me suis dit que, comme il était tôt, je pouvais tenter ma chance pour l'expo Nolde. J'ai bien fait : il n'y avait quasiment personne.

Cette découverte a aussi été un éblouissement. C'est un monde de couleur, d'art à l'état brut parfois, de raffinement aussi. Il y a une grande richesse dans ces toiles de Nolde, et une profonde humanité aussi.

Ce soir, j'ai les yeux emplis de couleurs, de lumière, de Beau. Même si les canons ne convenaient pas à Picasso, c'en est ainsi : ses toiles sont belles, résolument. Et celles de Nolde, fascinantes.

Je compte refaire ces deux expositions si la possibilité m'en est donnée parce que je ne me lasserai jamais de tout cela...

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20 novembre 2008

Mes hommages, Madame

veil74


Enfin une bonne nouvelle ! Cela ne sert à rien, dans le fond, car l'Académie ne sert plus à grand-chose mais symboliquement, c'est vraiment chouette !

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08 octobre 2008

Leçons de classe

Hier soir, je suis allée voir Master Class Maria Callas, pièce qui avait été jouée initialement par Fanny Ardant, mais dont le rôle a été repris par Marie Laforêt (mise en scène de Didier Long). C'était au théâtre de Paris, un très beau lieu, quoique les sièges fussent parfois vétustes malgré leur confort apparent.
La pièce était plutôt longue : 20h30-23h10, avec 20mn d'entracte. Mais je n'ai pas vu le temps passer. Beaucoup de gens ont été désarçonnés par la mise en scène, car ils semblaient s'attendre à entendre Marie Laforêt chanter des arias... Ce qui est impossible, et qui ne colle pas au dessein de la pièce : il s'agissait de reproduire assez fidèlement les cours que La Callas a donné à la fin de sa vie (après avoir été répudiée et "virée" de la Scala...) à de jeunes chanteurs d'opéra venus des quatre coins du monde.Nous sommes en 1972, et elle a "perdu" sa voix.
Les erreurs de langue de Callas (elle parlait quand même couramment grec, français, anglais et italien...) ont été laissées intactes ("le trape nigauds" par exemple), ses invectives aussi, sa rage, son désespoir, sa volonté, son humour qui taille en pièce; tout était là. Et c'est sans doute ce qui m'a touché : je savais que Callas n'était pas devant moi, mais j'avais l'impression de m'en rapprocher encore un peu plus.
D'autant que lorsqu'elle crie sa douleur face à son physique qui n'était pas celui d'une jeune première ("Quand je chante, quand je suis sur scène, je ne suis plus grosse ni laide !"), je m'y retrouve pas mal ("Quand je fais cours, je ne suis plus grosse !"). Oui, l'analogie pourra paraître pédante et/ou outrancière à certains, mais peu m'importe.
Admiratrice dès mon adolescence, j'ai toujours été fascinée par ce bourreau de travail, par son perfectionnisme et ses failles si terriblement humaines, dérangée par la cruauté de son entourage et par ce destin hors du commun, tant sur le plan du succès que des souffrances subies...

Cette femme a tout donné, et exigeait qu'on le reconnaisse, qu'on sache entendre, c'est-à-dire recevoir. Beaucoup de passages au cours de la pièce sont déchirants de vérité et de sincérité car on y voit la complexité de La Callas, son humanité, ses contradictions, sa soif de vaincre, sa lassitude, aussi...

J'ai toujours pensé -et je pense encore- être née un peu trop tard : j'aurais payé n'importe quel prix pour la voir en concert, juste une fois (et pour voir Brel, ainsi que Barbara à l'apogée de leurs carrières respectives, entre autres).Il me reste les enregistrements, au grain d'imperfection particulièrement touchant, qui me bouleversent autant à chaque écoute, malgré les années qui passent : j'ai l'estomac et la gorge noués d'émotion devant une telle beauté.

Quand j'écoute La Callas, je crois encore en l'humanité, puisqu'elle est capable de produire cela.


Maria Callas - Norma - Casta Diva

 

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01 septembre 2008

"La Tempête", Shakespeare

"La douleur est le poison de la beauté."

douleur_image

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07 août 2008

Sans voix

"La peur ne peut se passer de l'espoir et l'espoir de la peur."



spinoza_jouet

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