27 mai 2006
La vraie vie
J'ai toujours dit que la vie était une question de détails. Ce petit goûter plus ou moins improvisé chez S. fait parti des choses qui m'émerveillent et me procurent beaucoup de plaisir. On ne voit plus le temps passer, d'ailleurs, autour de ces délices sucrées et d'une discussion à bâtons rompus.
Pendant que S. était au téléphone, j'ai été heureuse de constater que son environnement était parsemé de mes traces (anciens cadeaux essentiellement). C'est fou comme cela rassure, surtout lorsque la vie nous hâpe et repousse nos rencontres.
S. se marie le week-end prochain, et je serai l'un de ses témoins...
14 mai 2006
Construire ses souvenirs
N'a-t-elle pas l'air d'une reine que le monde ignore ?
Elle ne voyait pas même mon boîtier photo, ni n'entendait le déclencheur... Photos volées, mais j'en suis heureuse.
Et ce cadre photo, impossible de le sortir du champ, rempli d'images de mon père...
Hommage silencieux et virtuel à cette reine despotique et tendre, qui implore lorsque nous partons de ne pas la laisser, car elle n'a plus que nous. Puis elle nous embrasse au goût d'eau de Cologne douce, du fond de son fauteuil roulant.
Regards
En cette belle journée de soleil, je vais sans doute aller m'enfermer avec ma mère dans une maison de retraite...
Ma grand-mère paternelle, avec ses 91 ans, ne se porte pas bien depuis son opération du col du fémur : elle ne plaisante plus, ne râle plus, n'exige rien, et surtout, n'a envie de rien... Son regards de vieille femme coïncide de façon troublante avec celui de mon père à la fin de sa vie...
Envie de prendre en photo, version noir et blanc, son visage. Est-ce pour rendre un dernier hommage à cette femme ou pour retrouver un peu de mon père, après toutes ces années ? Le seuil entre voyeurisme, fascination, admiration, et regrets est bien mince. Mais j'ai toujours dit que l'Art n'avait de morale que ce qui pouvait nuire à autrui. Si je fais ces photos, à qui nuirai-je ? Telle est la question.
04 mai 2006
Citation
"Le véritable ami est celui à qui on n'a rien à dire. Il contente à la fois notre sauvagerie et notre besoin de sociabilité." (Tristan Bernard, 1979)
(Merci à Helène pour cette citation trouvée sur son blog.)
23 avril 2006
Vieillir
Visite dominicale à la maison de retraite de mes deux grands-mères.
L'infirmier :
_ Vous voulez un petit quelque chose, Mme L. pour votre goûter ?
Ma grand-mère maternelle :
_ Oh, ben oui... Un p'tit café.
_ Va pour un café pour Mme L. ! (Un silence) Vous voulez du sucre ou pas du tout ?
_ Oh surtout non, pas de thé !
Plus tard, après le départ du gentil infirmier, pliée de rire à 82 ans à cause de ses cachets euphorisants contre Alzheimer : "Il me fait du gringue, celui-là !"
Ma grand-mère paternelle, perdant la vue, n'ayant plus envie de rien depuis son opération du fémur, à 92 ans : "Merci d'être venues, ça m'a fait plaisir. Et vous m'excuserez pour mon manque de conversation..."
09 avril 2006
Cadeau
Pour ceux qui se souviennent du bouquet de roses évoqué au détour d'un récent message...
15 décembre 2005
Pensée du soir
"Famille, je vous hais."
André GIDE

09 novembre 2005
Date
Mon père aurait eu 56 ans aujourd'hui. Je me demande comment il aurait été en vieillissant...
Et comment il aurait perçu ma vie.
02 novembre 2005
Bizarre

Etrangement, c'est la première fois en douze ans que j'ai passé une journée "normale" à la date "anniversaire" (que fête-t-on ? faudra m'expliquer un jour) de la mort de mon père (je viens de me corriger : j'avais écrit "la mort de mon mort"... Méchant lapsus). Peut-être mes angoisses de trentenaire ont-elles primé. Ou bien j'avance. Ou bien la vie reprend ses droits, vraiment. Ou bien mon deuil va enfin finir par se faire. Ou bien...ou bien...
Comme c'est compliqué, la douleur...
23 octobre 2005
Mélancolie
Etrangement, cela m'a fait tout drôle que l'on me dise que j'allais vivre le dernier jour de ma vingtaine aujourd'hui... Plus que de me dire que j'allais avoir trente ans.
Comme à chaque anniversaire, mais bien plus pour celui-ci car on y accorde une valeur symbolique, je pense beaucoup à C. (sans parler de mon père, car cela est une évidence). Avant d'être l'amie, elle fut mon professeur; celle qui devint mon plus grand modèle intellectuel et pédagogique, aussi. Notre proximité géographique me frustre terriblement face à la distance qui nous sépare aujourd'hui.
Avec une sorte de naïveté poétique, je me mets à rêver qu'elle va m'écrire, me faire un signe, lancer un drapeau blanc en ma journée d'anniversaire, comme une enfant croit aux miracles à Noël... Somme toute, c'est mon petit Noël, d'une certaine façon.
Et puis rien ne viendra, évidemment.
Je continuerai à attendre, à lui envoyer des signaux de temps à autre.
Je ne sais pas, je ne veux pas faire de croix sur mon passé heureux. Est-ce si affligeant que cela, à en croire certains ?










