31 janvier 2008
Etre lu
"Ecrivain, c'est le métier qui suppose la plus grande liberté, le plus grand oubli, la plus grande paresse, la folie. Il faut être fou pour exposer, comme ça, son écriture. Se mettre dans un livre et vendre le livre. Il y a plus de pudeur chez la pute du Bois de Boulogne qui se montre toute nue. Ecrire est plus impudique. Il y a le livre entre la peau, le corps et le dehors. Et il faut surmonter tout ça."
Marguerite Duras
21 janvier 2008
Concours perso
Ayant gagné au quizz lancé par Ed il y a quelque temps, j'ai remporté le premier prix : écrire une note de mon choix sur son blog.

J'ai décidé d'offrir à tous les vents une courte nouvelle que j'avais écrite en 1994 (tout cela ne nous rajeunit pas !). Il faudra donc être indulgent, puisque je venais tout juste d'avoir 19 ans... Quasiment aucune retouche n'a été effectuée, malgré l'envie qui me taraudait. Mais j'ai voulu jouer le jeu jusqu'au bout.
En la relisant, j'ai pensé à Ed. Lui offrir m'a alors paru être une évidence.
Pour lire La Femme d'en face, cliquez ici.
La seule chose qui m'embête, c'est que les remarques que vous ferez sur ce texte se retrouveront chez Ed... :-p
07 janvier 2008
Luciole

Je devais passer dans une rivière chargée et agitée. L'eau m'arrivait à la taille. Je portais un treillis, et pourtant, je semblais assez belle et féminine.
L'eau tournoyait autour de moi. Elle est entrée à son tour dans le flot inquiétant.
Elle est venue tout prêt de moi, me serrant à la ceinture, m'entourant de son bras. Elle a posé son front contre le mien, m'a souri puis a glissé sa tête au creux de mon cou, comme un oiseau.
J'avais eu le temps de voir ses grands yeux lumineux et d'un bleu profond. Ses cheveux longs ondulés étaient attachés lâchement en une queue de cheval approximative. Sa bouche était petite, très bien dessinée. Elle portait un rouge à lèvre coquelicot, étrange coquetterie dans ce contexte.
Une fois enserrée dans ses bras, son sourire en tête, je n'eus plus peur de cette rivière. Plus rien n'existait que cette tendresse et ce réconfort silencieux.
Au matin, mon réveil fut moins douloureux que je ne l'aurais crû : quelqu'un m'avait sauvée dans la nuit.
22 août 2007
"Tu retourneras poussière..."

elle a passé
sa vie
à enterrer
ses hommes
elle a passé
son temps
à nous happer
comme un monstre
merveilleux
elle a passé
sa fin de vie
dans le silence
et la recherche
de l'oubli
elle a passé
elle a passé
et son regard reste intact
gourmand
gouailleur
elle a passé
sur les roses
douce poussière
il vente peut-être
aujourd'hui
elle a passé
son coeur meurtri
le mien nourri
de son amour unique
et possessif
elle a passé
sa mort
à me sourire encore
et à se moquer
de ceux
qui ne profitent
de rien
elle a passé
elle ne peut
être
passé
passée seulement
23 juin 2007
Les oiseaux

Finalement, je comprends la Reine.
Donner quelques miettes aux oiseaux, c'est donner un sens à sa vie. On relativise. L'air triste de l'un, la malice de l'autre : tout nous ramène à des choses simples.
La Reine était tombée sur son balcon en voulant distribuer des biscuits aux moineaux. Et puis tout s'est enchaîné; sa mort semblait programmée. Irrémédiable. Rapide et terriblement lente.
Pour les oiseaux. Sans eux, sa vie n'avait plus de sens. Plus de joie. Malgré nous.
J'ai nourri quelques moineaux ce soir. Lasse de ma journée, ils m'ont fait sourire. Comme si mon bonheur dépendait du leur. Ou le contraire. Je ne sais plus.
On relativise. Une miette, du bonheur. De l'or friable.
Je suis riche, ce soir. Et la Reine me sourit.
18/06/07, 19h40






