28 avril 2014

Cartons & C°

Ma deuxième semaine de vacances a été productive et efficace : nous en sommes à environ cinquante cartons de prêts en vue du grand déménagement. Avant cela, il va falloir passer par le nettoyage complet du nouvel appartement (il y en a bien pour deux jours tant les propriétaires précédents étaient maniaques...), puis enduit, puis peinture. Le chantier est vaste, alors nous allons effectuer des devis de travaux car réaliser tout cela après les journées de boulot et les week-end de mai relèverait d'un défi fou. Et puis ce n'est pas notre métier, donc nous mettrions bien plus de temps qu'un professionnel.
Par ailleurs, je profite de cette période de transition pour refaire du tri (encore et encore...). Les encombrants sont nos amis.

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Je n'ai donc pas touché à une copie ni à un cours la semaine dernière. J'ai beaucoup dormi mais je sens que je suis loin d'avoir tout rattrapé encore. La route est longue avant de revenir à un état "normal" après ces mois intenses.

Hier, outre les activités quotidiennes classiques du type ménage, nous avons flemmardé devant des documentaires : l'un sur les sushis (et le poisson qui va avec), l'autre sur l'industrie du chocolat et le dernier, pas visionné jusqu'au bout, était sur le jambon. Bilan : il ne faudrait plus rien manger, à moins d'en avoir les moyens -et encore. La déprime totale, quoi.

A part ça, je reste toujours aussi scandalisée et perplexe de ne pas avoir encore été payée par l'EN pour le tutorat que j'ai effectué en septembre-octobre. La somme sera sans doute dérisoire, mais sur le principe, je suis très agacée. J'ai supporté avec beaucoup de patience une collègue totalement dérangée, et je n'ai aucun papier véritablement officiel pour ce travail, en dehors de mails (qui n'ont aucune valeur légale). L'inspectrice est bien embarrassée car c'est elle qui est à l'origine de mon "recrutement".

Bon, le devoir m'appelle : les copies de terminale L, les contrôles et cours à préparer pour la dernière ligne droite d'un mois environ. Autant dire que ce mois de mai sera on ne peut plus chargé et acrobatique...

 

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18 avril 2014

Vertigineuse

Hier, j'avais décidé d'emmener Cally à un concert d'une chanteuse qu'elle aime beaucoup : Emilie Simon. Nous étions dans une petite salle sympathique de banlieue, pour le premier concert de la tournée de la demoiselle. Malgré un début de concert tardif, dû à une première partie légèrement trainante, mais surtout à de menus soucis techniques, j'ai beaucoup aimé la voix si particulière -et pas du tout décevante en live- d'Emilie Simon.

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Sous des airs de poupée à l'ancienne, elle a un regard audacieux, et son côté chaperon rouge se transforme vite en chaperon trash avec sa guitare électrique et son énergie. Fan de technique, la chanteuse a mis au point un accessoire intéressant qu'elle fixe à son bras pour faire varier sa voix à distance, grâce à son ordinateur au logo de pomme.

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On oscille entre Mazzy Star, Camille, Charlotte Lebon, Emilie Loizeau... tant sur le plan physique qu'artistique. Quand Emilie Simon se met à parler, on dirait une petite fille timide, qui bascule dans une douce provocation l'instant d'après, quand elle chante.

Les morceaux du dernier album m'ont beaucoup plu, surtout celui sur Paris ("Paris j'ai pris perpète"). J'aurais aimé entendre la reprise de "Wicked game" en rappel, mais...

Mais sans vraiment prévenir, en l'espace de quelques secondes (minutes ? je ne sais), j'ai fait une sorte de crise vagale au milieu de la fosse... Cally a eu juste le temps de voir ma suée et ma couleur verdâtre, puis de m'attraper. Je ne sais ce qui s'est passé les instants d'après : je n'entendais plus rien, je ne voyais plus rien malgré mes yeux ouverts. Cally m'a emmenée jusqu'à la porte de la salle de concert je ne sais comment, avec l'aide d'une seule jeune femme qui m'a épaulée. (NB : tous les autres spectateurs ralaient et se plaignaient, alors que Cally scandait un "pardon, malaise !" à répétition... C'est très rassurant.)
Une fois assise (nous étions debout depuis 20h, et il était 23h15 environ), un gentil vigile m'a donné un verre d'eau et du sucre. J'avais recouvré la vue mais pas encore tout à fait l'ouïe. Je crois que j'ai raconté un peu n'importe quoi. Ensuite, nous sommes reparties avant que la foule ne sorte de la salle.
J'ai vaguement entendu "Wicked games" derrière la porte.


En soi, un malaise de ce type n'a rien d'exceptionnel, cependant cela m'est si peu arrivé dans ma vie que j'en suis fort étonnée. Par ailleurs, je me rends compte que je ne supporte pas de perdre le contrôle, de ne rien maîtriser. Et autre constat : je suis sans doute bien plus fatiguée que je ne le crois...

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15 avril 2014

Transition

Ces vacances ont un premier goût un peu particulier : je pense à ceux qui passent l'oral, au lycée Saint-Louis, en ce moment. Je lâche les vannes de la fatigue, aussi : hier après-midi, j'ai sombré deux heures dans le canapé, en ayant beaucoup de mal à émerger. Je reprends mes marques, cest-à-dire que je retrouve un peu le temps de vivre. Du moins, de faire autre chose que de culpabiliser ou travailler intellectuellement sans cesse.

Alors j'oscille entre soulagement et dépit.

Je repense à prendre soin de moi. Je cuisine à nouveau : hier soir, capellini au gorgonzola et à la pancetta. J'envisage de préparer un cheescake.
Petit tour de shopping samedi, même si j'ai une image de moi quelque peu négative en ce moment... J'ai acheté un joli chino bleu très clair chez Gap, et un pull chiné dans les mêmes tons.

Pas encore eu l'occasion de m'installer devant un film à la maison, mais nous avons vu ce week-end un film parfait pour débuter les vacances : 47 ronin avec Keanu Reeves. L'intrigue est téléphonée, mais j'adore ces ambiances japonaises. J'ai aussitôt pensé à la trilogie de Hearn, sur un Japon féodal et magique. On y retrouve la question de l'honneur -centrale-, l'amour impossible, les combats de samouraïs, les quêtes qui semblent perdues d'avance... Ce n'est pas une histoire à vous retourner la tête, c'est certain, mais il y a de quoi passer un agréable moment (malgré une araignée au rôle déterminant, la garce).

47 ronins

Sinon, côté lecture en liberté, j'ai choisi un roman aux antipodes de l'agreg : Matheson, Le jeune homme, la mort et le temps. De la science-fiction, quoi de mieux pour éloigner le spectre du concours ?

Matheson


Et puis le programme de terminale L est tombé pour l'an prochain : Eluard reste, comme prévu, et c'est... Flaubert qui débarque avec Madame Bovary. Cela m'enchante : je pense depuis plusieurs mois à relire ce roman, qui me fascine de plus en plus. Je vais donc demander à garder ce niveau et cette section l'an prochain. C'est un joli (et peu ambitieux) projet auquel je peux me tenir.

09 avril 2014

Is it a dream ?

Depuis lundi, la pilule de l'agreg émet des sécrétions acides et ne passe plus si bien.

Il y a deux nuits, j'ai fait un cauchemar digne de Buzzati, Kakfa, Poe et Villiers de L'Isle-Adam réunis. Des histoires de portes à ouvrir ou à laisser fermées, présentées en étoile; une angoisse étouffante; chaque bruit résonnait et je devais être silencieuse pour échapper à quelqu'un ou quelque chose; et la mort, au bout. Tué par des mains sortant de l'ombre, au corps non identifiable. Je n'ai pas accordé "tué" car, comble de tout, j'étais moi mais dans un corps d'homme : celui de Barton Fink, des frères Cohen...

barton fink

Cette nuit, j'étais admissible à l'agreg mais je m'étais trompée d'heure pour passer un oral : il avait lieu à 14h30 et j'arrivai à 15h30. J'ai cherché en vain à faire changer d'avis les profs du jury. Je sais que je devais passer sur un extrait de Montesquieu.
Et dans ma tête, je me disais (quelque chose de faux) : "Si je ne passe pas cet oral, je ne serai pas bi-admissible !" L'angoisse était à son comble, et je n'osai dire à Cally que je m'étais trompée d'horaire.

Après, comme dans toutes les mauvaises chutes, le réveil a sonné.

Je n'étais pas bi-admissible, mais bien vivante : les douleurs de l'éveil trop matinal me l'ont rappelé.

Sinon, ça va.

 

 

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07 avril 2014

Reine des planches

Malgré des nuits de plus de neuf heures le week-end, je reste épuisée physiquement : je viens encore de m'effondrer une heure cet après-midi. Même si j'ai déjà vécu l'agrégation, c'est comme si j'avais oublié à quel point on tire sur la corde pendant des mois.  Je ne sais combien de temps il va me falloir cette fois-ci pour m'en remettre.

Il faut quand même dire que le rythme du lycée n'aide pas. Par exemple, mla journée de jeudi dernier a ressemblé à ceci :

  • lever à 5h50
  • départ pour le lycée à 6h45
  • au lycée à 7h40. Photocopies
  • cours 8h-10h sur Montesquieu et l'argumentation
  • correction de copies 10h-11h30
  • déjeuner à la cantine 11h30-12h30
  • cours 13h-15h toujours sur l'argumentation
  • 15h-17h rattrapage d'oraux blancs pour une collègue (cinq élèves sur le grill)
  • 17h-20h15 remise des bulletins aux parents de seconde
  • retour à la maison à 21h

Certes, j'ai choisi le pire exemple, mais l'intensité me paraît identique les autres jours.

A part ça, Cally m'a emmenée samedi midi dans un restaurant japonais, Lengué, auquel elle songeait depuis des mois : elle attendait que j'aie un samedi de libre. Le principe est simple : il s'agit de sortes de tapas à la japonaise. Il existe très peu de restaurants de ce type à Paris. Celui-ci est perdu au milieu des arnaqueurs de Saint-Michel, dans une ruelle calme. Le midi, c'est menu bento. J'ai choisi des croquettes de pomme de terre au curry, et Cally des crevettes panées. Le tout accompagné d'un délicieux saké et d'un jus de yuzu. La cuisine est raffinée, équilibrée, goûteuse. Un délice, quoi.

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Malgré mon état de fatigue assez limite, j'ai vraiment apprécié le lieu et les bentos. Les serveuses sont en kimono de soie, en plus. Et pour couronner le tout, le dessert que j'avais choisi (glace entourée de pâte de haricot) était totalement régressif.

Ensuite, nous avons arpenté les rues de Paris avant de revenir à la maison. Le lendemain, nous recevions ma mère. Au menu, morue cuisinée à la créole. En dessert, j'avais opté pour un clafoutis maison aux myrtilles fraiches. Pour digérer, une balade en forêt couronna le tout.

clafoutis

Si je résume mon week-end, il fut donc fort gustatif.

Et surtout, loin du lycée.

Une planche de salut, donc.

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