Je reviens avec mes copies de bac sous le bras.

Pardon, je reviens avec mes 65 copies de bac sous le bras. Alors que je devais en avoir environ 50. Tout cela était logique : dix professeurs, environ 540 candidats; il suffisait de diviser par dix.

Mais c'était sans compter sur les formules airthmétiques stupides du Siec (centre des examens) : on charge les premiers professeurs de la liste du maximum de copies par examinateur, puis, les derniers ont ce qui reste. Donc nous sommes huit à avoir 65 copies et les deux autres ont 11 et 12 copies.

Heureusement, dans ma commission, tout le monde s'en indigne. Le proviseur-adjoint, en revanche, nous la joue "on ne peut rien faire et je vous comprends". Il avait déjà grandement merdoillé concernant la répartition des descriptifs d'oraux, mais là, c'est la cerise sur le pompon. Son discours fataliste ne nous a guère plu, pour tout dire. Il faudrait que nous courbions l'échine silencieusement.
Du coup, nous avons nous-même appelé nos inspectrices : l'une d'elles doit venir lundi midi. C'est dire.

Ah, et puis une fois que j'aurai corrigé mon paquet, je devrai rentrer les notes moi-même sur le net. C'est nouveau. Et nous faisons cela gracieusement : c'est le pack all-included de l'Education Nationale. Ainsi, au moindre problème, sur les doigts de qui taperons-nous ? Sur ceux des professeurs, évidemment.

inquisition

Et puis au cours de cette réunion, nous avons évoqué d'éventuels problèmes dans les descriptifs des oraux. J'ai failli tomber de ma chaise en entendant une collègue dire que dans une de ses listes, il n'y avait que deux textes n'appartenant ni au XIXème ni au XXème siècle et que cela mériterait une inspection !
Elle était d'une raideur et d'une exigence inquiétantes. Diable, le professeur a choisi Duras ou Verlaine, quel outrage à la littérature ! Au bûcher !

J'ai précisé de ma voix posée que cela me paraissait un brin excessif et que, comme nous le rappellent les inspecteurs, le bac français porte sur les programmes de seconde et de première. Par ailleurs, l'enseignant a une liberté de choix à laquelle nous tenons tous...


Donc, si je résume ma matinée, c'était à la fois l'Inquisition et la Révolution. Drôle de mélange.