En ma fin d'année libératrice, j'en ai entendu de belles... Et de la part des élèves, et de la part de quelques collègues.

Pour mes 6èmes, puisque nous avons fini sur l'héritage biblique, cela a donné lieu à de multiples questions en cours. Le jour où nous avons traité dans les grande lignes l'épisode de l'arche de Noé, cela a été rocambolesque... Extraits :

* Mais Madame, les animaux, ils sont dans un monde parallèle ?

* Quand les chiens se marient, ils mettent une bague ?

* Le frère de Noé, il a emmené les animaux avec une flûte !

Du coup, ils ont dérivé sur les pouvoirs magiques... Et là, j'ai pris conscience du fossé qui les séparait de la réalité :

* Harry Potter, ça existe aux Etats-Unis !

* Ouais ! Et les arbres qui bougent et qui parlent, y'en a ! Ils ont repris ça de l'Afrique !

* Superman, il existe aussi aux Etats-Unis : ils l'ont montré aux infos !

Quand j'ai dit, sourire aux lèvres, que tous les matins je garais mon vaisseau spatial sur le parking et que je rangeais ma cape dans l'armoire avant de faire cours, deux ou trois m'ont crue...

supertomate

Et puis, les deux dernières heures, nous avons fait le jeu du baccalauréat. J'avais changé des catégories pour compliquer les choses, mais certains n'ont besoin que de catégories simples. Pour la lettre L, par exemple, deux élèves en équipe se disputaient :

_ Lafghanistan !

_ Mais non, ça commence pas par un L !

_ Mais si ! Lafghanistan.

_ C'est un A ! T'es bête ou quoi ? L'Afghanistan !

J'essaye de les aider un peu en précisant au Pierrot lunaire que "la France" par exemple, c'est par un F  que ça commence et que l'on ne compte pas l'article.

_ La France, Pierrot...

_ Ben, c'est par un L aussi, me lance-t-il tout content.

Enfin, côté prof, une collègue de sport un peu grande gueule mais plutôt gentille, qui utilise des "c'est le frère à ... bidule" (faute grossière et courante que j'ai toujours du mal à entendre) et "c'est une panel intéressante"...

Pour finir, une autre collègue d'anglais qui s'adresse à moi sans connaître mon nom ni mon prénom, et attend que je lève la tête pour me lancer un : "Et heu... tu viendrais au repas de fin d'année s'il a lieu lundi soir ?" J'ai répondu d'un laconique et péremptoire "Non", évidemment.

Quand je pense qu'en premier contact avec une coordo de LycéeDésiré, j'ai eu droit à mon prénom, au tutoiement, 45 mn de causerie, une requête pour que je vienne au conseil d'enseignement et une invitation sincère pour que je reste à la fête du lycée après, ça change...