Avant toute chose : j'ai mon Ipod rouge ! Il est en train de se charger et a été synchronisé. Je suis très contente de cet achat.

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Ma journée aurait dû se dérouler dans le quartier de Chelsea (le quartier gay) mais la météo en a décidé autrement : pluie, vent et température basse m'ont expédiée tout droit vers le Moma.
Arrivée 30mn avant l'ouverture (assez tardive : 10h30), j'ai fait la queue pour acheter un billet à 20$. Ce n'est pas donné mais au Met (que je compte faire demain) on donne ce que l'on veut. Et les toiles valent bien ce prix. Une fois qu'on a passé la caisse, si on a, comme moi, le malheur de se balader avec un sac à dos, on doit refaire la queue pour tout déposer au vestiaire, c'est obligatoire. Mais on doit garder tout ce qui est précieux sur soi... Petit détail mignon : dans leur traduction, ils ont mis "garderobe" (sic) au lieu de "vestiaire".
J'ai donc pu pénétrer vraiment dans le musée vers 11h20.  Les audioguides sont gratuits mais... sur présentation d'une pièce d'identité... qui était dans mon sac à dos, évidemment. Direction le 4ème étage.
Le bonheur est là; je souris bêtement devant tant de merveilles. On peut prendre des photos sans flash; je me régale. Je me demande même si je ne vais pas créer un album rien que pour ça sur le blog. Anyway...

Malheureusement, je suis cernée par des Français plus abrutis les uns que les autres. Florilège de ce que j'ai entendu... Accrochez vos ceintures !

* Je kiffe les femmes à poil ! (référence à Matisse et Picasso...)
* C'est de l'art ?
* Tu ne vas pas prendre ça en photo ! (le "ça" étant les Nymphéas de Monet)

* J'en fais autant avec un tube de gouache.
* Tu crois que c'est des vrais tableaux ou des copies ?
* T'énerve pas, mimi, laisse tomber ! Tu me prends en photo devant Elvis Presley ?

 

Bêtement, à un moment donné, je n'ai pu me retenir et j'ai dit à une Française qu'il fallait remettre les oeuvres dans un contexte et une époque. Que ces toiles, en 1950, c'était la révolution. Sa réponse :
_ Je ne veux pas philosopher sur les toiles, pourtant j'aime bien la symétrie de celle-ci, tout ça ! Mais réfléchir, non ! Je suis dans le sentiment. Ah, vous êtes prof ? Evidemment, c'est bien une façon de penser propre aux profs de philosopher sur les tableaux. Les artistes, croyez-moi, ils rigolent bien quand on essaye d'expliquer leurs toiles. Souvent, ils font ça "comme ça". Et si on commence à vouloir les interpréter, ben on est élitiste. Je ne veux pas philosopher, vous voyez.

Au bout d'un moment, je l'ai laissée causer : on a fait semblant d'être d'accord sur le plaisir premier, presque instinctif que l'on peut avoir sans le savoir. Et puis j'ai juste fini sur : "Qu'est-ce qui est beau ? On est en droit d'y réfléchir..."

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J'ai eu un véritable coup de coeur pour Severini, que je ne connaissais pas (shame on me). Klimt m'a encore émerveillée. Mais mon plus grand choc a été Chirico : j'ai failli pleurer devant un tableau qui, pour moi, EST la Nadja de Breton. Je suis même retournée le voir avant de partir. il s'agit de La chanson de l'amour (1914). Un Vuillard rouge et vertical m'a conquise, un montage de Breton m'a renversée avant même que j'en connaisse l'artiste (et je souris encore bêtement !), Hopper est magnifique, Pollock est surprenant, Giacometti toujours aussi époustouflant... J'ai été moins sensible à l'art moderne récent mais je m'y intéresse plus qu'avant, c'est certain.

En redescendant, je suis passée par la boutique du musée. J'y ai achetée trois cartes postales (dont une de Chirico pour Sandy), trois badges soldés, et cinq cahiers japonais au format et papier idéaux. Rien de faramineux.

Ensuite, j'ai foncé à la boutique de bottes en plastique sous des trombes d'eau. J'en ai acheté une paire noire, arrivant à mi mollet, à la doublure rose pour 26$. Direction l'Apple store sur la 5th, toujours trempée, pour m'offrir mon beau cadeau. Petit bémol : j'avais oublié les taxes. Il me revient à 161$, ce qui fait environ 30€ de gagnés. Et puis j'aurai la joie de me dire que je l'ai acheté à New-York !

Après ça, il était quand même presque quinze heures, et j'ai cherché un Mc Do (solution de facilité pour me sécher) en passant faire un tour au Disney Store et dans un immense magasin de jouets pour le fun. Ensuite, direction le Virgin d'Union square pour voir s'ils vendaient des écouteurs JVC rouges. Le chemin en métro n'était pas pratique. Finalement, peu de choix d'écouteurs mais j'ai pris un best of de Donna Summer et un cabas extra Wonder woman. Retour à la maison sous la pluie (là, c'est le déluge).

Pour finir, j'ai oublié de vous dire que lors de ma randonnée de dimanche, j'ai quand même vu l'Apollo theatre, Strawberry fields, et l'avenue Duke Ellington. Et je ne sais plus quand, le repère des Hells Angels ! Yeah !

C'est beau, l'Amérique, finalement.